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  Les poings sur les hanches, l’homme arpente la pièce.
    - Vous lui avez fait une peur bleue et avez-vous seulement pensé à ma réputation ?
    - Mais tes affaires vont mieux marcher, non ? Nous t’avons fait de la publicité ! dit une voix aiguë de petite fille.
    - Oh, quelle publicité ! Je rends  mes employés fous et je ne les informe pas du genre d’établissement que je tiens.
    - Mais il s’en remettra, tu verras. Une fois le choc passé, il finira par accepter la situation. rétorque une voix de baryton d’un ton traînant.
    - Justement, non ! Et ses parents veulent me rencontrer pour comprendre ce que je lui ai fait. Je vous demande de rester tranquilles et de ne pas vous manifester durant leur visite. reprend l’homme qui fait le tour de la pièce, les mains dans les poches.
    - C’est entièrement de ta faute, tu aurais dû l’informer de notre présence. dit une dame distinguée qui tourne lentement sa cuillère dans une tasse de thé.
    - Je pensais qu’il était au courant ! hurle l’homme dans la solitude de son bureau. Comment ai-je pu être assez stupide pour croire qu’il ignorait dans quel type d’établissement il postulait ?  
    - Ne t’énerve pas comme ça. reprend la dame distinguée qui s’avance dans sa sévère robe grise. C’est de sa faute, il aurait dû se renseigner.
    - Non, c’est de ma faute, j’aurais dû lui dire la vérité. Pourtant, j’étais certain qu’il savait où il mettait les pieds. Ils le savent tous et lui, si jeune et si naïf ne se doutait de rien.
    - Tu lui trouveras un remplaçant, ne te tourmente pas ainsi. dit la vieille dame en buvant un peu de thé.
    - En plus d’être morts, vous souffrez d’amnésie ou quoi ? J’ai oublié de lui dire que ce lieu était hanté par vous. Ce jeune garçon n’a rien fait pour mériter cela. dit le pauvre homme en pleurant.
     
      Un silence de mort plane dans le bureau. La voix de baryton s’élève de nouveau :
    - Ce qui est fait est fait, nous n’avons pas de baguette de sorcier pour remonter le temps. Nous devons aller de l’avant, les accidents arrivent. Ce jeune homme a été imprudent, il aurait dû en parler lorsque que nous avons commencé à le tourmenter. Nous aimons faire des blagues, il en a fait les frais comme tout le monde ici. Nous ne pouvions pas deviner qu’il était si fragile et délicat.
    L’homme médite ces paroles en silence. Son interlocuteur n’a pas tort, si son employé avait évoqué ses difficultés, ils n’en seraient pas là. L’homme s’essuie les yeux et se redresse. Il songe au jeune homme si prometteur qui vient de les quitter mais il se reprend.
    - Les domestiques, ce n’est plus ce que c’était. dit la vieille dame en sirotant sa tasse de thé. A mon époque, quelqu’un aurait parlé, nous l’aurions aidé à aller mieux.
    - Les temps ont changé Elisabeth, les employés sont facilement impressionnables et on ne parle pas de ce genre de chose. Heureusement que tu ne l’as pas arrosé de thé brûlant cette fois-ci. rit l'homme en costume gris.
    - Tu parles de nous, un peu de retenue. Ce n’est pas parce que tu es le seul être vivant dans cette pièce que tu dois manquer de respect à tes aînés. dit la vieille femme en continuant à savourer sa tasse de thé. Il s’en remettra avec le temps, tu verras. Ce n’est pas bien grave, il retrouvera certainement sa lucidité lorsqu’il nous rejoindra. J’ai besoin de me dégourdir les jambes. Allons troubler le sommeil de tes invités.
     
        L’homme n’a pas le temps de réagir qu’il est déjà seul. Il se sert un verre de cognac et il médite, assis à son bureau. Comment expliquer à ces fantômes que les vivants n’apprécient pas toujours leur compagnie et qu’ils en ont parfois si peur qu’ils refusent de croire à leur existence ? Avec un nouveau soupir, l’homme se ressert un verre de cognac. Il allume un cigare avant d'aller ouvrir la fenêtre. Du balcon, il voit la mer et il pense au domestique qu’il a perdu récemment, si jeune, emporté par la folie parce qu’il n’a pas pu croire à l’impossible

Texte publié par Bleuenn, 16 juin 2017 à 17h41
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