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Tome 1, Chapitre 8 « Police Magique Fédérale » Tome 1, Chapitre 8
Arrivée à un kilomètre du village, Amalia pressa le pas, sourcils froncés. Il y avait un problème. Des lumières s’élevaient à l’orée du bourg. À cette heure-ci, seules quelques ampoules à basse consommation et bougies des maisons auraient dû illuminer le ciel. La tâche, qui maquillait l’horizon d’un dégradé de jaune vers le bleu de la nuit, ne pouvait être naturelle. Un incendie ?
    
    Amalia accéléra, de plus en plus inquiète. La lumière ne venait pas du port. La lumière s’élevait du hameau, à la périphérie des Communs. De son quartier. De sa rue.
    
    L’évidence la médusa : cet éclairage inhabituel était d’origine magique. Le cœur emballé, la jeune femme tenta, sans succès, de se transférer. La zone devait être triangularisée ; de puissants artefacts empêchaient les sortilèges de déplacement, même autonomes.
    
    Amalia se mit à courir. Elle était la seule sorcière du port d’Aon et elle n’avait pas lancé ces enchantements. Il ne pouvait pas y avoir mille raisons à l’installation d’un tel dispositif.
    
    Elle déboula au début de la rue et passa devant la maison de Wilma qui marquait l’angle du quartier. La peur des habitants, calfeutrés chez eux, lui fit l’effet d’un coup de couteau dans le ventre. Elle s’arrêta, complètement essoufflée, et hoqueta de douleur. Ils étaient terrifiés. Cela la prit aux tripes.
    
    Des policiers sortaient de partout. Pas des humains. Des Policiers Mages Fédéraux. L’un d’eux aperçut le concentrateur d’Amalia.
    
    « Halte ! »
    
    La jeune femme ignora son ordre et elle passa à côté de lui sans se préoccuper ni de qui il était ni de ce qu’il foutait là. Elle courait vers sa maison, tout au bout de la rue, à l’endroit où les policiers étaient les plus nombreux. Ils ne stationnaient pas exactement devant chez elle et cela la rassura.
    
    « Serge ! Serge, arrête-la ! »
    
    Il n’y eut pas que le dénommé Serge pour lever son arme contre la sorcière. Une multitude de mains gantées, bagues, bracelets ou autre concentrateur, se dressèrent pour neutraliser l’intruse. Amalia stoppa net, prise d’une rage soudaine contre ces hommes et femmes qui l’empêchaient de rejoindre Cédric et Abby.
    
    « Laissez-moi passer ! grogna-t-elle.
    
    — Stephen, on a des enchanteurs déclarés dans le coin ? demanda une petite sorcière d’une quarantaine d’années.
    
    — Nop.
    
    — J’habite ici ! Laissez-moi passer ! s’énerva Amalia, partagée entre la violence de sa colère et la panique.
    
    — Au nom de la Fédération, vous êtes en… »
    
    Stephen n’acheva pas sa phrase. Il se retrouva propulsé au sol, plusieurs mètres plus loin.
    
    Le combat fut rapide, mais intense. Amalia ne savait pas se battre, mais elle était très douée, tant pour user de sa magie que dans sa façon de maîtriser son corps. La peur et la rage prirent le dessus.
    
    En moins de dix secondes, elle envoya quatre hommes au tapis. Elle se surprit à lancer son poing dans le menton d’une femme dans quelque chose qui ressemblait, de très loin, à un uppercut. La policière décolla de plusieurs centimètres. D’instinct, Amalia augmentait la puissance de ses coups grâce à la magie.
    
    D’abord déstabilisés par cette attaque complètement désordonnée, les P.M.F. se ressaisirent. La furie face à eux se déchaînait dans une frénésie brutale, sans aucune stratégie de défense. En un instant, ils l’avaient encerclée.
    
    Un sort l’atteignit dans les reins. Amalia frappa le ventre de l’homme le plus proche, sans le moindre effet. Le maléfice la privait de sa force. Le soldat lui saisit le bras et le lui tordit dans le dos. Avec un cri furieux, elle tenta de lui envoyer un sortilège dans l’entrejambe, mais on lui passa des menottes. La magie, d’un seul coup, se refusa à elle. Elle s’écroula à genoux dans un frisson horrifié. Prise de convulsion, elle hoqueta et vomit tout ce qu’elle avait dans l’estomac.
    
    Les P.M.F. s’écartèrent brusquement, étonnés. Ceux de l’Ordre étaient formés à supporter les artefacts anti-magie.
    
    Le calme retomba. On la releva pour l’emmener plus loin, les deux mains toujours liées dans le dos. Elle était pâle et tremblante quand Serge s’approcha d’elle. Il la fit s’asseoir sur un banc et demanda :
    
    « Votre nom, s’il vous plaît. »
    
    Résignée, Amalia murmura :
    
    « Amalia Elfric. Laissez-moi passer, j’habite ici. Mon mari et ma fille. Je veux les voir.
    
    — Aucune famille sorcière n’est signalée dans les environs.
    
    — J’ai pris le nom de mon mari. Il est humain. Hohenhoff. Mon nom de jeune fille est Hohenhoff. »
    
    Serge la quitta quelques secondes pour vérifier l’information auprès de son supérieur. Ils prirent contact avec le gouvernement fédéral et identifièrent la sorcière.
    
    Le soldat revint vers Amalia avec les clés des menottes. Il peinait à dissimuler son malaise. Elle le sentait, mais elle l’ignora.
    
    « Bien, je vous libère. L’Ordre a fait une descente ici.
    
    — Sans blague… » souffla la jeune femme en se frottant les poignets.
    
    Elle se releva et marcha vers sa maison, il lui saisit le bras, elle s’arrêta, la tête basse, les dents serrées.
    
    « Famille Elfric, 1 rue Perpendiculaire du Quartier des Macareux ? demanda-t-il avec douceur.
    
    — Oui. »
    
    Elle refusait de le regarder. Qu’il la lâche. Cédric devait encore se cacher avec Abby dans l’armoire-bunker. Elle l’avait mise en place lorsqu’ils avaient emménagé ensemble. Cédric pouvait y survivre plusieurs mois. C’était leur sécurité, un meuble dans leur chambre, l’autre dans celle d’Abby, deux entrées qui ouvraient sur le même espace. Ils avaient testé. Cela ne leur prenait pas plus d’une minute pour se cacher.
    
    « Madame. Amalia. S’il vous plaît. »
    
    Le soldat la força à se retourner. Elle dégagea son bras, sèchement. Elle n’écoutait pas ce que lui criaient les émotions de l’homme.
    
    « Vous ne pouvez pas aller là-bas. L’Ordre est arrivé par là. Ils ont commencé par votre maison et sont remontés tout le long de la rue. »
    
    À nouveau, elle se détourna. Il passa devant elle et il l’arrêta, les deux mains sur ses épaules. Il la força à le regarder dans les yeux.
    
    « Madame Elfric. Je suis désolé. Votre mari et votre fille sont morts. »

Texte publié par Cestdoncvrai, 5 mars 2018 à 11h24
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