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Tome 1, Chapitre 40 « Vers le destin - II » Tome 1, Chapitre 40
La discussion se prolongea jusqu’à tard dans la nuit. Une fois les préparatifs du départ réglés, je me réfugiai dans la chambre prêtée par le jeune couple. Je la partageais avec Maddy, qui était restée dans la laboratoire à discuter avec Archibald.
    
    Assise près du feu crépitant de la cheminée, je m’étais enroulée dans une couverture de laine. Le sommeil me fuyait et je ne cessais de contempler mes bras, dont la pâleur s’était accrue depuis quelques jours. Lorsque je m’étais contemplée dans le miroir, j’avais également constaté que ma tignasse blonde ébouriffée s’était assagie. Était-ce le début de ma future transformation ?
    
    — Vous n’avez pratiquement rien mangé depuis votre retour, remarqua soudain Maddy.
    
    Elle déposa un bouillon de légumes à mes pieds avant de s’asseoir près de moi. Je le repoussai. Même si le soulagement était de mise suite aux promesses de Dorian, je n’avais plus goût à rien. Mon ventre se nouait rien qu’à l’idée d’avaler de la nourriture.
    
    — Je ne parviens pas à chasser l’image de mes amis de ma mémoire. Ceux qui ont été condamné lors de mon premier procès, Donovan et Pernelle, que j’ai envoyé à l’échafaud… et le coven d’Endwoods, qui périra sous les coups des Gardiens de la forêt par ma faute.
    
    — Madame Sempyr connaissait les conséquences de ce départ. Vous n’êtes responsable de rien, Élia.
    
    — J’aurais dû m’opposer à elle, y mettre plus de convictions.
    
    — Elle a pris sa décision en connaissance de causes. Et qui sait, la Déesse les aidera peut-être à franchir le portail.
    
    La Déesse nous a abandonné depuis longtemps.
    
    Mon cœur se serra à cette pensée. Nous étions livrés à nous-même et aucun miracle ne pourrait nous sauver du sort qui nous guettait. Maddy fronça soudain les sourcils et risqua un regard vers mon bras.
    
    — La blessure a disparue, expliquai-je. J’ignore si votre onguent est responsable de cela, mais…
    
    — Votre métabolisme, enfin… votre corps est à l’origine de cela. Mon remède ne sert qu’à retarder les effets, même si son efficacité reste aléatoire.
    
    — Mais, votre grand-mère…
    
    — Je vous ai menti. J’ai obtenu cet onguent grâce à l’université de Prague, une ville où j’ai travaillé pour préparer mon voyage ici. Ma grand-mère n’a jamais été contaminée par le virus de Jouvence. Mais je craignais de prendre un risque trop important en vous révélant la vérité.
    
    — Et à quoi sert-il ?
    
    — À retarder la transformation et à atténuer la douleur. En revanche, il ne permet en rien d’annuler la morsure de la Juventus Babina et ses effets. Il n’a jamais été testé sur une sorcière.
    
    — Pourquoi l’avoir emmené, si Catherine en était une ?
    
    — Je l’ai pris pour moi. Comme je suis seulement… humaine, c’était une mesure de sécurité supplémentaire. Lorsque je vous l’ai donné, j’ignorais s’il fonctionnerait. Vous savez grâce à Archibald que le venin de la Juventus Babina est incompatible avec le sang magique des sorcières. Mais cela valait toujours mieux que son onguent de pacotille.
    
    Je ravalai ma salive. Soit, je mourrai, soit je me transformerai en une bête avide de sang. Aucune de ces perspectives ne me réjouissaient, même si je soupçonnais Laurent de vouloir intégrer une hybride dans son clan. La femme de ma vision se matérialisa soudain dans mon esprit. Pendant un bref instant, j’avais caressé l’espoir qu’il s’agisse de moi-même.
    
    Mais plus les révélations s’accumulaient, plus cet espoir s’amenuisait.
    
    — Certains Cachés maîtrisent parfaitement leur soif de sang, dit la jeune fille en devinant mes pensées. Cela demande des années d’apprentissage, mais certains d’entre eux se mêlent aux humains sans la moindre difficulté.
    
    — Vous voulez parlez de Laurent ?
    
    — Et de ses acolytes. Nous les surnommons la « noblesse » des Cachés. Ce sont les plus terrifiants, car ils ne ressemblent en rien aux bêtes que vous rencontré dans la forêt. Ils manipulent leurs victimes comme une marionnette.
    
    — C’est pour cette raison que Catherine a remontée le temps ? Pour empêcher les Cachés d’étendre leur territoire dans le futur ?
    
    — Elle voulait assassiner Laurent. Une idée stupide, hein ? Et pourtant, elle est venue ici avec cet objectif en tête.
    
    — Comment… comment comptait-elle s’y prendre ? Il… il possède une force bien supérieure à la nôtre !
    
    — Elle comptait l’immoler ou l’empoisonner. Pour elle, il est le responsable de la plupart des maux qui rongent l’Europe actuelle.
    
    Cela expliquait sans doute pourquoi le chef des Cachés l’avait enterré vivante. Il avait voulu punir son affront d’une peine exemplaire. Cependant, une chose m’échappait encore : pourquoi Catherine le considérait-il comme la source de tous ses maux ?
    
    — Il a l’air pourtant déterminé à conclure un pacte avec les sorcières, remarquai-je. Va-t-il donc nous trahir une fois encore ?
    
    Maddy resta silencieuse. Je me doutais que ses révélations cachaient une vérité plus désagréable encore. Sa venue dans le passé concernait les Cachés et ce n’était pas seulement dû à une simple vague de terreur.
    
    — Je vous ai révélé tout à l’heure que nos mondes sont amenés à confluer. Vous vous en souvenez ? demanda-t-elle.
    
    — Oui. Je me souviens également avoir lu cette théorie quelque part. Pourquoi ?
    
    — Parce que c’est exactement ce qu’il se passe à mon époque. Les frontières entre le Demi-Monde et le Monde deviennent de plus en plus poreuses. L’Antimonde et les Cachés se livrent une bataille féroce et menacent de déferler sur notre Monde et… et si cela continue, les sorcières et les humains disparaîtront définitivement.
    
    — Cela signifie donc que Laurent compte nous trahir.
    
    Et dire que ses minauderies auraient pu m’attendrir à force d’insistance.
    
    — Katharina et moi pensions, avant d’arriver ici, que la propagation des Cachés pouvaient encore être évitée. Nous pensions qu’en éliminant Laurent, son espèce disparaîtrait définitivement et que seul l’Antimonde nous poserait problème en 2159. Maintenant, je comprends que nous avions tort. Croyez-moi, je déteste Laurent. Mais les Cachés sont aujourd’hui trop nombreux pour que la perte de leur chef change les choses. Il a eu le temps de créer une espèce plus ou moins organisée et disciplinée. S’il meurt, ses seconds prendront le relais. Notre aventure ici n’a servi à rien.
    
    — Quelque chose le terrifie. Il m’a révélé l’existence d’un démon, à la tête de tous les autres. Il pense que sans alliance, les Cachés et les sorcières disparaîtront sur le long terme.
    
    — J’ignore de qui il s’agit, Élia. Mais les créatures de l’enfer obéissent à la loi du plus fort et ne viennent pas ici sans raison. Il est fort probable qu’elles suivent un chef.
    
    — Sa terreur était réelle. Il a beau… passer son temps à minauder, ce démon l’effraie au plus haut point. Et mon instinct me supplie de l’écouter.
    
    — Vous trahiriez donc Raonaid ?
    
    — Elle m’a trahi, plusieurs fois. Sans elle, nous n’en serions pas là. Alors je crains que ma fidélité possède ses limites. Si je disais à Irène d’accepter cette alliance, elle me suivrait sans hésiter. Les occultes avaient raison depuis le début.
    
    — Mais vous avez peur de vous tromper sur Laurent, n’est-ce pas ? Au risque de passer pour une girouette, je pense qu’il ne vous trahira pas. Une créature aussi puissante que lui ne s’abaisserait jamais à supplier une sorcière de le rejoindre. Sa terreur ne doit donc pas être feinte. Il a besoin de votre aide et ce, malgré la multitude de sbires qui l’entoure.
    
    — Vous… vous me conseillez donc de lui faire confiance ?
    
    — Faire confiance, non. Jamais. Mais faire le nécessaire pour survivre, oui. Croyez-moi, Élia. Ce monde se perd depuis trop longtemps. Les sorcières ne s’en sortiront pas sans les Cachés.
    
    

Texte publié par Elia, 11 février 2018 à 00h14
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