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Tome 1, Chapitre 34 « La peur du démon II » Tome 1, Chapitre 34

    Pourquoi personne ne faisait rien ? Pourquoi la Déesse et le Démon-Créateur abandonnaient-ils des innocents à ce sort tragique ? Ces questions me rongèrent l’esprit avec une telle force que j’en perdis la notion du temps. Je ne prêtai ni attention à la lumière, ni aux gémissements de mes amis qui dépérissaient. Je me sentais incapable d’articuler le moindre mot et lorsque je revenais à la réalité, l’envie d’hurler et de cogner ma tête contre le mur me saisissait avec force.
    
    Un grincement sinistre retentit et avant que je ne puisse reconnaître notre visiteur, je me trouvais debout, entravée par mes chaînes et soutenue par mes geôliers. Je poussai un couinement terrifié mais un coup de pied dans le tibia m’obligea à me taire.
    
    Je fus amenée dans un petit bureau, appartenant visiblement au maire si je me fiais à la plaque gravée à son nom. Un homme attendait devant la fenêtre, le dos tourné. Les gardes me plaquèrent sur la chaise.
    Une fois ces derniers sortis, l’homme se retourna. À ma grande surprise, je reconnus Malcolm. Il arborait son habituel uniforme, même si ses cheveux bruns étaient soigneusement attachés dans une queue de cheval.
    
    — Lady Montgomery, dit-il.
    
    Ses mots glissèrent contre mes oreilles sans que je ne parvienne à saisir leur sens. Plongée dans ma torpeur, il me fallut de longues minutes pour réussir à bredouiller une réponse.
    
    — Que me voulez-vous ?
    
    — Je suis officiellement ici au nom des Patrouilleurs. Géralt m’a désigné comme porte-parole pour vous parler de ce qui va suivre.
    
    J’éclatai d’un rire amer, faisant fi des règles de bienséance. Peu importait ce que le Patrouilleur fabriquait ici. Il était responsable, avec Raonaid, de ce procès. Il s’était servi de moi.
    
    — Nul besoin de m’annoncer ma sentence, Malcolm, raillai-je. Les juges s’en chargeront à votre place.
    
    — Lady Montgomery, s’il vous plaît, comportez-vous en…
    
    Je bondis vers lui, mais mes lourdes chaînes réfrénèrent mon élan de rage. Contrainte de me rasseoir, je réprimai un cri de frustration.
    
    — Dépêchez-vous de déblatérer votre sentence, crachai-je. Et expliquez-moi pourquoi Géralt vous a désigné comme porte-parole.
    
    — Pour vous proposer une porte de sortie, répondit-il comme si cela était évident. Géralt m’a nommé porte-parole contre sa volonté. Vous vous doutez bien qu’il est déterminé à vous envoyer sur l’échafaud. Mais je ne suis pas ici sur ses ordres.
    
    — Vous voulez nous proposer une porte de sortie ? Comment, Malcolm ? En remplaçant le bûcher par la pendaison ? Le témoignage d’Edwige, ainsi que celui de vos compagnons, ont définitivement scellé notre sort.
    
    — Il n’y a pas de « nous » qui tienne, Élia. Malheureusement pour vos amis, les chefs d’accusation sont trop graves pour leur permettre un acquittement. Leurs captures aux alentours du coven constituent la preuve ultime de leur hérésie. Leurs cas sont irrécupérables.
    
    — Je devrais donc faire cavalière seule ?
    
    — En effet, Lady Montgomery. Non seulement vous devez faire cavalière seule, mais vous devrez aussi accuser vos amis pour espérer l’acquittement.
    
    Il marqua une pause pour me laisser le temps d’accepter la nouvelle et reprit :
    
    — Géralt vous soupçonne depuis le début et a mené une enquête minutieuse pour vous coincer. Son alliance avec Edwige est remarquable, mais tout n’est pas encore perdu. Xénia vous convoquera d’ici une heure. Sa proposition sera la suivante : elle témoignera en votre faveur, à la condition que vous dénonciez vos amis. Vous devrez prétendre avoir été ensorcelée, ce qui sera aux yeux des juges la preuve de votre innocence.
    
    — Pernelle et Donovan ?
    
    — Oui.
    
    — Mais je ne peux faire une chose pareille !
    
    — Avec ou sans votre témoignage, ils seront brûlés. Mais ce n’est pas tout. La suite risque d’encore moins vous plaire. Le témoignage de Xénia redorera votre image auprès des juges, mais celui de sa fille pèse encore lourd dans le verdict final. D’autres témoins se succéderont lors de la prochaine audience et beaucoup d’entre eux vous accableront. Géralt a délié beaucoup de langues et il va falloir décrédibiliser son histoire, ainsi que celle d’Edwige.
    
    — Comment ? Elle savait tout pour sa sœur !
    
    — En mentant et manipulant tout le monde, comme vous savez si bien le faire. La prochaine audience aura lieu dans deux jours. Cela me laisse suffisamment de temps pour fouiller la maison des Mortagh et trouver de quoi incriminer Edwige.
    
    — Si vous faites cela, Malcolm, vous condamnerez une adolescente à mort !
    
    — C’est le seul moyen de sauver votre vie. Je comprends votre dilemme. Cependant, vous ne pouvez pas vous laisser mourir par honneur ou fierté !
    
    — Il ne s’agit pas seulement d’honneur ou de fierté, répliquai-je. Aucune de ces personnes ne méritent de mourir ! Plutôt que de me demander de trahir mes amis, aidez-moi à m’échapper d’ici !
    
    — C’est impossible. Les entrées sont trop bien surveillées et la Capitale a envoyé des effectifs supplémentaires de Patrouilleurs ! Les sorties du village ont toutes été fermées et toutes les maisons seront fouillées une fois par jour. Quiconque sera soupçonné d’aider les païens sera massacré sans jugement.
    
    Il inspira profondément avant de reprendre :
    
    — En sacrifiant Edwige Mortagh, vous fragiliserez également ses parents. Richard et Xénia règnent en maître sur ce village et sont les responsables de la folie ambiante. Les fragiliser ne modifiera pas la mentalité des villageois, mais cela réduira considérablement leur influence. Et avec de nouvelles preuves de sorcellerie, ils pourraient tomber plus tôt que prévu. C’est un énorme sacrifice, concéda-t-il. Sans doute l’un des plus immenses qu’une femme comme vous ait à effectuer. Mais les enjeux dépassent votre seule vie, Élia. Songez-y sérieusement. Quoi qu’il arrive, je trouverais les preuves contre Edwige Mortagh. Et peu importe vos dires, je les amènerai au tribunal lors de la prochaine audience. À vous de choisir si vous voulez les suivre sur l’échafaud ou non.

Texte publié par Elia, 4 février 2018 à 18h49
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