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Tome 1, Chapitre 33 « La peur du démon I » Tome 1, Chapitre 33

    Les Patrouilleurs me traînèrent jusqu’à la place centrale où je vis avec horreur le bûcher que j’avais contemplé quelques heures plus tôt avec Maddy. Je m’insultai intérieurement, ignorant quelle lubie m’avait saisie lorsque j’avais accepté d’obéir aux ordres de Raonaid. Comment avais-je pu me laisser berner par la fausse sympathie des Mortagh ? Comment avais-je pu croire que la position sociale d’Ian me protégerait de la détermination de Géralt ?
    
    — Je ne suis pas dupe de votre petit manège, murmura ce dernier au creux de mon oreille. Vous espériez nous manipuler de nouveau, n’est-ce pas ? Vous paierez au centuple le prix de vos mensonges !
    
    À l’entrée de la mairie, Richard, Xénia et Edwige nous attendaient, le visage fermé. Un autre prêtre, revêtu d’une tunique similaire à celle portée par les papistes, récitait des incantations en anglais, une immense croix de bois à la main.
    
    Lorsque nous arrivâmes à leur hauteur, aucun d’eux ne réagit et Richard se contenta de signer un parchemin d’un geste morne.
    
    Je mourrais d’envie de protester, de cracher ma haine à leur figure, mais tout ce que je prononcerai serait utilisé contre moi par la suite et je n’avais aucune envie de faciliter la tâche à mes détracteurs. Il me fallait réfléchir à une solution. J’étais Catherine Montgomery et la plus grande manipulatrice de ce village ne pouvait perdre aussi facilement la partie.
    
    On me traîna jusqu’aux sous-sols de la mairie. Les Patrouilleurs me plaquèrent violemment au mur et m’arrachèrent ma robe d’un geste, sous le regard toujours aussi éteint de la famille Mortagh. Le bruit de l’étoffe déchirée m’arracha un sanglot. On m’obligea ensuite à enfiler une robe informe, bénite auparavant par l’un des prêtres.
    
    Puis, je découvris avec horreur une lourde paire de ciseaux et une pince.
    
    — Non, décréta Xénia en fixant Géralt. Lady Catherine demeure la fiancée d’un membre respecté de notre village. Seule l’instruction déterminera sa culpabilité. Je vous interdis de lui arracher les ongles et de raser son crâne.
    
    Géralt obtempéra à contrecœur et l’on raccourcit seulement mes cheveux au-dessus de mon épaule. Malgré la clémence accordée par l’épouse du maire, mon corps se mit à trembler.
    
    — Jetez-la avec les autres et amenez-lui la nourriture, ordonna le chef des Patrouilleurs sans masquer son dégoût.
    
    Je tressaillis à l’entente de cette phrase. Cela signifiait donc que plusieurs de mes semblables avaient été capturés. Je fus traînée en direction d’une cellule, bien différente de celle où Karen avait croupi en attendant son exécution. L’un des Patrouilleurs sortit un trousseau de clefs et ouvrit une imposante porte en bois.
    
    Je ne trouvai pas la force de me débattre et frissonnai en sentant le froid glacial frôler ma peau. Ma nouvelle tenue n’était composée que d’un vulgaire morceau de tissu et dévoilait une bonne partie de mes jambes. Je grelottais et Géralt ébaucha une moue satisfaite.
    
    — Maintenant que l’on vous a ôté vos atours, j’ai hâte de voir votre véritable nature se révéler à tous, persiffla-t-il en vrillant mon menton. Le démon peut prendre de multiples formes et il est grand temps que vous cessiez d’exercer votre influence sur Ian.
    
    — Vous vous trompez sur mon compte.
    
    Il me gratifia d’un rictus méprisant et me jeta sans ménagement à l’intérieur de la cellule. La porte se referma dans un claquement sinistre et j’atterris avec violence contre un mur de pierres humides. Le poids de mes chaînes m’empêcha de retrouver l’équilibre et mes genoux se cognèrent contre le sol.
    
    La prison était plongée dans la pénombre et seul un minuscule trou permettait à la lumière du jour de filtrer. Étant donné qu’il faisait nuit, ce fut avec une grande difficulté que je reconnus deux silhouettes familières.
    
    — Donovan ! Pernelle ! murmurai-je, épouvantée.
    
    Je me précipitai vers lui, le sang glacé par la terreur. Comment avaient-ils pu tomber aux mains des Patrouilleurs alors qu’ils ne quittaient jamais le coven ? En voulant caresser le visage de mon ami, je sentis un filet de sang couler depuis son crâne.
    
    Contrairement à moi, mon ami avait été rasé avec violence. Ses ongles avaient aussi été arrachés. Il leva faiblement son regard vers moi et tenta de me sourire.
    
    — Que s’est-il passé ? chuchotai-je. Pourquoi… comment êtes-vous arrivé ici ? Comment… comment vont les autres ?
    
    — Ils ont torturé Iris jusqu’à la briser, confessa Pernelle d’une voix triste. Elle a fini par leur dévoiler des noms et les Patrouilleurs ont organisé une embuscade pour nous attirer hors du coven.
    
    Par souci de discrétion, l’arrestation était restée secrète. J’en voulus alors à Raonaid de m’avoir caché la vérité. Car le coven devait forcément être au fait de leur disparition. Je m’assis contre le mur, dépitée. C’était un cauchemar, un horrible cauchemar.
    
    — Nous étions en train de mettre en place de nouvelles protections, ajouta Donovan. Xénia… Xénia a fait installer du… du poison pour nous affaiblir et nous empêcher d’utiliser nos pouvoirs. J’ignore d’où elle tient une horreur pareille, mais il aspire mon énergie d’heure en heure.
    
    — Je suis sincèrement désolée, dis-je.
    
    J’enfouis mon visage contre mes mains, consciente que Géralt recourrait à tous les moyens à sa disposition pour nous faire tomber. Si Iris n’avait pas dévoilé mon nom et ma véritable identité, Pernelle et Donovan, eux, risquaient de révéler la vérité à tout moment. Mais ce n’était pas la perspective qui me terrifiait le plus.
    
    Dans son message, Raonaid m’avait annoncé sa décision d’emmener les membres restants jusqu’au portail. Coincée dans cette cellule, il ne me restait plus qu’à observer mes amis mourir les uns après les autres.
    
    Un soupçon pernicieux me hantait cependant. J’avais l’intime conviction que mon retour à Endwoods et mon arrestation n’étaient pas liés au hasard. Et si la cheffe du coven avait décidé de me sacrifier ? Cela expliquerait sans doute la présence de son mot : comment pouvait-elle avoir deviné l’arrivée des Patrouilleurs et mon arrestation ? Pourquoi ne m’avait-elle pas proposé de venir avec elle ? Après tout, elle pouvait me téléporter.
    
    Partagée entre la colère et le désespoir, je m’efforçais de me rassurer, de me répéter que Raonaid ne pouvait pas m’avoir trahi. J’avais montré ma loyauté à plusieurs reprises au coven. Je m’étais aventuré dans la forêt pour rencontrer Laurent, j’avais embrassé les coutumes païennes et jamais je n’avais contesté les décisions de ma cheffe.
    
    Pourtant, les mots de Shay se susurrèrent dans mon esprit.
    
    Elle te livrerait aux flammes si cela était nécessaire.
    
    Quelques instants plus tard, la porte s’ouvrit. De la nourriture nous fut jetée en plein visage et mes doigts saisirent un morceau de pain ramolli et aspergé d’eau. Donovan et Pernelle ne réagirent pas et restèrent pétrifiés de terreur.
    
    — Mange, murmurai-je à mon ami dans un souffle.
    
    La nourriture, comme je m’en doutais, avait été recouverte d’eau bénite. Si mes amis refusaient d’y toucher, ils seraient aussitôt déclarés coupables. En effet, seul un démon pouvait refuser de toucher à un aliment sanctifié. Je croquai avec dégoût le morceau de pain tout en soutenant le regard de notre geôlier et du prêtre qui l’accompagnait. Je jetai ensuite un regard entendu à mes compagnons, qui m’imitèrent mollement.
    
    — Votre procès débutera dans trois jours, annonça le prêtre avant de nous enfermer à nouveau. Que le Seigneur ait votre âme.
    
     ***
    Les sanglots s’échappèrent sans que je puisse les refouler. J’avais conscience que cette fois-ci, mes parents ne pourraient plus me sauver. Si l’acquittement n’était pas prononcé à la fin de l’instruction, je mourrais. Depuis le début, j’étais une marionnette que le Démon-Créateur manipulait à sa guise. Les événements s’enchaînaient sans que je ne puisse les contrôler.
    
    Le trou laissait seulement parvenir quelques bribes de lumière. Sans lui, il aurait été impossible de distinguer le jour de la nuit. Nos journées étaient rythmées par les visites de nos gardiens, qui nous apportaient à manger, guettant la moindre réticence pour nous jeter au bûcher sans procès.
    
    À la mairie, les visites se succédaient. Parfois, la colère des habitants étaient si grandes que leurs insultes résonnaient jusqu’aux parois humides de notre prison. Hantée par les souvenirs de mon procès, je me recroquevillais sur moi-même, fermant très fort les yeux dans l’espoir d’échapper à cet horrible cauchemar.
    
    Une douleur inimaginable vrillait mon ventre et me donnait la nausée. Rapidement, les rations de pain trop dures me dégoûtèrent et redoublèrent mes nausées. Mon front était moite et des sueurs froides coulaient en permanence. Une migraine rendait ma vision et la réalité floues et je ne désirais plus qu’une chose : mettre un terme à cette attente insupportable.
    
    — Les gens se rassemblent, murmura soudain Donovan. Leurs pas sont lourds et les éclats de voix agités. Le procès va bientôt commencer.
    
    — Que la Déesse aie pitié de nous, soupira Pernelle.
    
    Mes sanglots trempèrent un peu plus mes joues et mon esprit, torturé par ces longues heures d’attente, avait été incapable de trouver le repos.
    
    La porte finit enfin par s’ouvrir et nos gardiens nous relevèrent sans ménagement. Nous fûmes traînés jusqu’au tribunal et la lumière du soleil m’aveugla, m’empêchant au moins de distinguer le bûcher dressé pour nous. La foule s’était réunie et arborait de grandes croix de bois.
    
    Le tribunal était rempli à ras-bord. Les Patrouilleurs furent obligés de dégager de l’espace pour nous installer sur une estrade située près des juges. Ces derniers, composé du maire et de deux membres apparemment venus exprès du village des Cendres, dont le commissaire, faisaient face à la foule et écoutaient d’un air las les injures de la foule. Peu avant le début de l’audience, une autre prisonnière fut amenée.
    
    Son visage était couvert de bleus et de bosses. Ses lèvres avaient été en parti arrachées. Elle claudiquait et nous rejoignit seulement par la force de ses gardiens. Les os de ses jambes et de ses bras semblaient brisés et elle retenait un hurlement de douleur à chaque pas effectué.
    
    Mon regard balaya la salle et je repérai parmi la foule Ian, Cristina et Maddy, tous les trois revêtus de noir. Les juges réclamèrent le silence et énumèrent nos noms, ainsi qu’une dizaine de chefs d’accusation retenus contre nous.
    
    À leur entente, Donovan retint un rire nerveux.
    
    — C’est impossible, murmura-t-il.
    
    La chaleur étouffante se mêlait aux odeurs de sueur. Je manquai d’air et je me raccrochai à la barre qui séparait l’estrade du reste du public pour ne pas chanceler. Ma vision commença à vaciller et lorsque les premiers témoins se rendirent à la barre pour raconter leurs mensonges, leurs voix résonnèrent sans que je ne parvienne à saisir le sens de leurs paroles.
    
    Lorsque je recouvrai vaguement mes esprits, je reconnus les mêmes témoignages qui avaient été raconté lors du procès de Karen. Chaque récit était ponctué par les bruits de stupeur du public, qui ne masquait guère son effroi à l’entente de ces histoires farfelues.
    
    — À la barre est appelé Géralt Heiriv, chef des Patrouilleurs !
    
    Géralt m’adressa un regard en coin, qui en signifiait long sur le mépris qu’il me portait.
    
    — Que le Seigneur m’en soit témoin, depuis toujours, je protège ce village du terrible Fléau qui le menace. Le démon s’est introduit sur notre territoire et non content de répandre cette brume meurtrière, s’amuse aussi à prendre la forme la plus innocente qui soit pour mieux nous tromper.
    
    Son regard d’aigle me fixa et il reprit :
    
    — Lady Catherine Montgomery a utilisé la sorcellerie afin de manipuler son fiancé, Lord Ian Hamilton. Lorsque nous l’avons retrouvé dans la forêt il y a de cela trois mois, elle était seule, à des dizaines de lieues de l’accident. Elle était sous le choc, mais n’avait aucune blessure physique.
    
    — Elle était amnésique, remarqua le juge.
    
    — Amnésique à cause de la monstruosité de ses actes ! Nous nous sommes longuement interrogés, avec mes compagnons, sur la raison de la survivance de Lady Montgomery dans cet accident qui a décimé sa famille entière. Personne n’échappe aux païens, souvenez-vous de Graham, Patrouilleur émérite qui a succombé à la folie de ces suppôts de l’enfer ! Quelques semaines plus tard, cette jeune femme disparaît à nouveau et réapparaît après quoi ? Un massacre !
    
    — Je n’ai rien à voir avec tout ça ! protestai-je avec véhémence.
    
    — SILENCE ! m’ordonna le juge. Des preuves contre Lady Montgomery ont-elles été trouvées pour le massacre de la forêt ?
    
    Géralt acquiesça et amena devant le bureau des juges les vêtements dans lesquelles on m’avait retrouvé la première fois, maculés de sang.
    
    — Le sang sur ces vêtements n’appartient pas à Lady Montgomery, annonça-t-il. Des examens de mes confrères ont été faits et le verdict est sans appel : ce sang appartient aux victimes du massacre !
    
    Cette fois-ci, la colère s’empara de la salle. Des injures furent proférées à mon encontre, Cristina se signa, épouvantée, et les juges blêmirent à l’entente du témoignage. En mon for intérieur, je fulminais. Comment les Patrouilleurs avaient-ils pu déduire cela ? Ils n’avaient aucun moyen de découvrir à qui ce sang appartenait, à moins d’utiliser la magie ! C’était un mensonge, un pur mensonge, Géralt et les juges le savaient très bien !
    
    Je jetai un regard désespéré en direction d’Ian.
    
    — Ce n’est pas tout, reprit le chef des Patrouilleurs. Lady Montgomery a également été « victime » de plusieurs malaises depuis son retour, malaises qui n’avaient rien de naturel ! En effet, à la suite de l’un d’entre eux, le corps d’un Patrouilleur a été retrouvé et lors de la reconstitution dans la forêt, une créature de l’enfer est apparue après. Tous les Patrouilleurs se sont retrouvés à terre, sauf elle !
    
    — Est-ce vrai, Lady Montgomery ?
    
    Je blêmis :
    
    — Oui, j’ai été victime de… de malaises, mais…
    
    — Lady Montgomery s’est également rendue coupable de mensonges, car cette attaque n’a pas été relatée au maire après notre retour.
    
    — Témoignage valable, monsieur Heiriv, déclara le juge.
    
    Cette fois-ci, j’explosai littéralement de rage.
    
    — Monsieur Heiriv a mal interprété mes malaises ! Il se trompe ! Ce ne sont que de malheureuses coïncidences ! Jamais je n’aurais fait de mal à ma famille, jamais je n’ai attenté à la vie de ces innocents !
    
    — SILENCE Lady Montgomery, ou je me verrais contraint de vous ramener dans votre cellule !
    
    Consciente que la colère ne jouerait pas en ma faveur, je me rassis à côté de Donovan. Des dizaines de Patrouilleurs se succédèrent pour confirmer la version de Géralt et raconter en détails l’arrestation de mes amis. Puis d’autres villageois témoignèrent contre moi, affirmant pour la plupart m’avoir entendu réciter des prières sataniques.
    
    Je retins mes larmes. Cette fois-ci, je n’avais personne. Le procès ne jouait pas en ma faveur et aucun témoignage ne pouvait contredire les accusations. Le verdict des juges était déjà clair dans leur esprit, je ne me faisais aucune illusion quant à l’issue de ce procès.
    
    — Edwige Mortagh !
    
    La fille cadette du maire se leva et se dirigea d’un pas décidé vers la barre des témoins. Nous n’avions guère parlé depuis le procès de sa sœur, mais je savais qu’elle m’en voulait terriblement pour l’avoir mené au bûcher.
    
    — Ma famille et moi apprécions beaucoup Lady Catherine, déclara la jeune fille. Du moins, avant l’accident. Depuis son retour, elle a changé. Tout était différent, son attitude, sa gentillesse, elle semblait cacher un mystérieux secret. Ma sœur avait deviné cela. Elle s’inquiétait beaucoup de la crédulité de mes parents, qui considéraient les paroles de cette femme comme paroles d’évangiles …
    
    — Attention à ce que vous dites, jeune fille ! clama l’un des juges.
    
    — Le matériel ésotérique retrouvé chez Karen était utilisé dans l’unique but de confondre Catherine Montgomery en tant que sorcière !
    
    J’entrouvris les lèvres mais aucun son n’en sortit. L’incompréhension balaya l’assemblée qui m’observait avec effroi et incrédulité. Je ne m’étais pas douté que je payerais au prix fort ma trahison.
    
    — Mais cette femme a piégé Karen, continua-t-elle. Ma sœur était sur le point de découvrir la vérité, à savoir que cette femme a pactisé avec les païens et le Diable afin d’avoir la vie sauve en échange de celle de ses parents ! Elle a retourné l’accusation contre ma sœur en envoyant une lettre de dénonciation ! Géralt et les Patrouilleurs ont toujours su que cette femme manipulait tout le monde ! La justice doit être rendue à sa pauvre famille ainsi qu’à ma sœur !
    
    Donovan et Pernelle écarquillèrent les yeux, épouvantés. Les injures fusèrent dans tous les sens et mes jambes m’abandonnèrent. Pour confirmer ses propos, la jeune fille livra aux juges des lettres, lettres dont je devinai le contenu. La réponse de Catherine aux lettres de Karen…
    
    Edwige a copié ces lettres …
    
    Edwige savait que sa sœur était une sorcière. Elle le savait depuis le début et Karen l’avait sans doute informé de sa relation concernant Catherine.
    
    — Cette correspondance, interceptée par ma sœur, avait lieu entre Catherine Montgomery et la femme blonde à ses côtés. Elles se donnaient des surnoms afin de ne pas être reconnue, mais le lien avec le Soleil Doré est évident ! Il s’agit du symbole des créatures de l’enfer, qu’elles vénèrent les soirs de pleine lune ! Elles sont à l’origine de ces massacres ! Elles détournaient de l’argent pour la communauté païenne ! Ces femmes sont des hérétiques ! cria-t-elle.
    
    C’en fut trop. Tout s’était planifié dans l’ombre depuis l’exécution de Karen. Edwige préparait sa vengeance depuis le début et Géralt avait profité de sa détresse pour mieux me piéger.
    
    L’ambiance s’agita tellement que les juges furent contraints de reporter l’audience au lendemain. On nous remmena dans notre cellule, tandis que des injures résonnèrent dans tout le village.
    
    — Catherine ! appela Ian. Catherine ! Je vais vous sortir de là !
    
    — Ils t’accorderont peut-être la grâce d’être étranglée avant la montée des flammes, me chuchota Pernelle d’un ton sardonique.
    
    Ses paroles augmentèrent un peu plus mon désespoir et je compris alors le désir de Karen d’hâter la mise à mort. Je rêvais que l’on m’amène dès maintenant sur le bûcher afin d’ôter le supplice de l’attente. Même attendre quelques heures me semblait insurmontables, alors une journée ?
    
    Je compris à notre retour dans notre geôle que le mystérieux poison de Xénia fonctionnait à merveille. Administré par le biais de la nourriture apportée, il aspirait le peu d’énergie dont nous disposions encore. De par mes pouvoirs bridés, les conséquences demeuraient moindres, mais mes amis étaient désormais trop affaiblis pour user du moindre sortilège. Ils se laissèrent choir contre le sol poussiéreux et humide, sans prêter attention aux rats qui se faufilaient parmi nous.
    
    Le lendemain matin, les gardes revinrent, non pour nous escorter jusqu’au tribunal, mais pour annoncer le report de l’audience à une date ultérieure.
    
    — Comment est-ce possible ? interrogea Pernelle.
    
    Y avait-il eu d’autres captures ? Le coven avait-il été localisé ?
    
    — Problème de procédure, ronchonna le gardien avant de refermer la porte.
    
    — Je n’ai plus aucune énergie, murmurai-je.
    
    — Prie pour que cela te tue avant le feu de joie, soupira Pernelle.
    
    

Texte publié par Elia, 4 février 2018 à 18h45
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