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Tome 1, Chapitre 19 « Une jeunesse éternelle » Tome 1, Chapitre 19
Le lendemain, après avoir passé l’essentiel de la journée aux côtés d’Irène, je me résolus à retourner dans la salle commune, le grimoire sous le bras. Contrairement à ce que je pensais, la sorcière avait fait preuve d’une compassion admirable, malgré sa désagréable manière de me surnommer « la noble ».
    
    — Bonjour Élia ! s’exclama Pernelle. Raonaid n’est pas là ce matin, elle a dû retourner au village. Les Patrouilleurs voulaient lui rendre une visite de courtoisie…
    
    — Et son absence aurait été considéré comme de la fuite, acheva Donovan d’un ton sarcastique. Ils ne comptent pas l’arrêter aujourd’hui, ils noient le poisson afin d’endormir sa méfiance. La question est de savoir quand Xénia décidera d’organiser la grillade publique.
    
    Cette pointe d’humour macabre m’arracha un sourire, même si ces prévisions me faisaient froid dans le dos. Les deux amis retournèrent à leur discussion et je décidai de m’asseoir un peu plus loin afin de trouver un peu de tranquillité. Si cela ne tenait qu’à moi, je serais resté enfermée dans ma chambre. Hélas, je devais m’adapter aux règles et devais donc faire acte de présence.
    
    Je posai le grimoire sur une table et tentai de me calmer. Les éclats de voix alentours, les allers et venues des habitants dans la salle commune, tout cela m’épuisait. J’aurais voulu m’enfoncer un peu plus dans mon lit pour oublier la réalité. Pourtant, une fois encore, je jouais la comédie pour ne pas faire face à la détresse qui me submergeait.
    
    Un regard en direction du soleil m’arracha un frisson. Était-ce le même astre que j’observais ou s’agissait-il d’une autre étoile enflammée ? Respirais-je le même air qu’au… Monde ? Désormais, la réalité m’apparaissait sous un autre jour et malgré ma longue discussion avec Irène, j’ignorais où donner de la tête.
    
    Je m’efforçais de calmer le nœud qui s’était formé dans le creux de mon ventre et ouvrit le grimoire, à la recherche désespérée d’une histoire pour m’évader. À ma grande déception, les contes écrits n’avaient ni queue ni tête. La plupart mentionnait les trois cercles d’or et le monde des morts, mais aucun d’eux ne livraient de détails intelligibles.
    J’abandonnais rapidement ma lecture et constatais que le groupe d’enfants de la veille s’était réuni autour de moi.
    
    Tous me fixaient avec intérêt.
    
    — La noble ! s’exclama l’un d’eux. Il paraît que tu possèdes un véritable talent de conteuse !
    
    Je rougis de plus belle. S’il y avait une chose que je détestais encore plus que d’adresser la parole à un inconnu, c’était de parler en public. Sauf lorsque je chantais, prononcer le moindre discours ou remerciements me faisait perdre mes mots et transformer la jeune femme que j’étais en une pivoine.
    
    — Malheureusement, ce recueil ne propose aucun conte intéressant, soupirai-je dans l’espoir de les faire renoncer à leur envie d’entendre une histoire.
    
    Le groupe haussa les épaules.
    
    — Et les nobles comme toi, elles lisent quoi comme histoires ? rétorqua l’un d’eux.
    
    — Des histoires d’amour ou d’horreur.
    
    Les quelques pouffements qui s’échappèrent ensuite me firent comprendre que mon malaise était perceptible. Je me redressai et m’obligeai à sourire. Pour la première fois, je compris à quel point le rôle de Catherine m’était rassurant. Derrière son masque, tout était si facile !
    
    — Tu as un fiancé, la noble ? sourit une petite fille.
    
    — J’avais, rectifiai-je. Nous devions nous… nous marier, mais il a disparu.
    
    — Il s’est enfui avant le mariage ? s’horrifia le groupe.
    
    J’éclatai de rire.
    
    — Oh, il ne s’est pas enfui, enfin je n’espère pas. Disons qu’il a disparu dans la forêt.
    
    Face à la multitude de questions qui me furent posées, je dévoilais l’histoire qui me liait à mon fiancé. J’omis volontairement les noms anglais, de crainte qu’ils ne découvrent mes véritables origines. Malgré ce mensonge, ma langue se délia avec une facilité déconcertante et la naïveté de ces enfants me toucha. Gale me parut à nouveau réel et l’horreur de sa disparition me frappa en plein visage. Mais ces souvenirs me réconfortèrent et mes balbutiements laissèrent place à un ton plus passionné.
    
    — Il ne t’a donc pas abandonné, remarqua l’un d’eux.
    
    — Jamais, répondis-je d’une voix émue. Il… était prêt à tout pour moi.
    
    Moi, en revanche, je l’ai abandonné.

    
    Alors que je m’apprêtais à me replonger dans mes pensées, le garçon qui maîtrisait les illusions s’avança vers moi et me fit signe de tendre ma main vers lui. Perplexe, j’obéis et une multitude de poussières dorées apparut au-dessus de ma paume. Celles-ci tombèrent sur ma paume et se matérialisèrent en un jeune homme. Grand, musclé, les cheveux courts, le regard bleu ciel, un air tendre inscrit sur ses traits, il correspondait trait pour trait à Gale.
    
    — Est-ce que… tu lis dans mes pensées ? m’étonnai-je, ahurie par autant de précision.
    
    — J’ai juste écouté ce que tu as dit, répliqua l’enfant en bombant le torse. Il lui ressemble ?
    
    — C’est son portrait exact.
    
    L’émotion m’envahit et l’envie de le retrouver se fit plus forte encore. Comment avais-je pu autant m’oublier en jouant le rôle de Catherine ? Comment avais-je pu adopter sa personnalité au point de laisser les recherches de mon fiancé se perdre ?
    
    Une fois le groupe d’enfants dispersés, l’illusion de Gale s’évanouit dans les airs et je rejoignis alors Irène, qui, un panier à la main, cueillait des plantes. L’air au dehors était particulièrement frais et les arbres avaient pour la plupart perdu la majorité de leurs feuilles.
    
    — Alors, qu’a donné l’expérience de conteuse ? Un immense sourire marque le visage de ces gamins, dit-elle.
    
    — Ils croient encore aux joies de l’amour, répondis-je. Par chance, je ne leur ai pas encore parlé de mon premier mariage. Mon époux était aimable, mais il avait l’âge de mon grand-père. Il était fort laid !
    
    — Ne t’en fais pas. J’ai peu connu mon père mais les rares souvenirs que j’ai encore de lui me montrent un vieillard édenté. Au moins, tu leur as vendu un peu de rêve et dans un monde tel que le nôtre, ça n’a pas de prix.
    
    Elle me remit un second panier et m’invita à cueillir des baies avec elle.
    
    — Est-ce que tu prépares les repas du coven ? interrogeai-je.
    
    — Je les préparais par le passé, mais désormais, je me consacre entièrement à l’occultisme. Cette confiture me fait surtout envie depuis ce matin. Je gère le temple dédié au Démon-Créateur et enseigne les rudiments de cette religion. Tu devrais d’ailleurs faire un tour par chez nous. Je pense avoir beaucoup de choses à t’apprendre, en plus de l’art du voyage astral.
    
    — Merci de garder le secret sur… sur mes origines. Et de m’aider. Je ne suis là que depuis hier et pourtant tu as accepté de me couvrir.
    
    — La situation est tendue pour le moment et Raonaid n’est pas encore prête à connaître la vérité. Crois-moi, j’ai beau l’adorer, elle me sort souvent par les yeux. Pour le moment, il faut surtout songer à maîtriser tes pouvoirs et à te protéger.
    
    — Je ne sais plus où j’en suis. Depuis ma… découverte, des milliers de questions me trottent dans la tête.
    
    — Accorde-toi du temps. Tu viens à faire de rencontrer les tiens et de découvrir l’existence d’un monde différent du tien. Au fur et à mesure de ton apprentissage, les réponses viendront.
    
    — Comment cela se fait-il que je n’aie rien remarqué ? Comment ai-je pu passer autant de temps dans ce maudit village ? Nous vénérons pourtant la même Déesse, nos rites sont les mêmes, la langue que nous parlons similaires, non, je dois avouer que je ne comprends plus rien.
    
    — Le Demi-Monde est rempli de failles. Il existe des portails spatiaux qui permettent aux créatures de l’enfer d’errer dans nos forêts et aux humains du Monde de venir, même si les cas sont plus rares. Il est donc possible que nos mondes aient été en contact par le passé et se soient influencés mutuellement. Cela explique pourquoi nous parlons la même langue sans difficulté.
    
    Elle marqua une pause et demanda avec plus d’hésitation :
    
    — Au vu de ton histoire… le Monde n’est guère le paradis décrit par les légendes, n’est-ce pas ?
    
    — Un monde dirigé par les Humains ne peut être baigné de lumière, marmonnai-je.
    
    — Ici, les différentes créatures cohabitent ensemble depuis la nuit des temps, mais ce n’est guère une réussite. Nous voilà cernées par des humains fanatiques, des Cachés, des créatures de l’enfer et une drôle de procession funèbre.
    
    — Je les ai tous rencontrés, confessai-je d’un ton ironique. Un soir, j’ai tenté de m’enfuir de ce village. Sur le chemin, j’ai entendu cette procession prononcer des incantations. C’était… terrifiant.
    
    Je n’avais guère reparlé de cette histoire, ma rencontre avec la Dame Blanche et les aveux de Lyra ayant bien plus marqué mon esprit.
    
    — Une sombre histoire, commenta-t-elle. On prétend que cette procession erre de village en village une fois la nuit tombée. Quand j’étais petite, ma mère adorait me raconter cette histoire.
    
    — Un vent glacial a balayé le sentier sur lequel je me promenais et j’ai senti une désagréable odeur, similaire à un cadavre que l’on déterre.
    
    Elle arqua un sourcil, amusée.
    
    — Tu déterres souvent des cadavres ? plaisanta-t-elle.
    
    — Rarement, répondis-je. Mais cette odeur m’a donné la nausée.
    
    — Parce que cette procession est composée de treize morts, expliqua-t-elle. C’est ce qui fait sa particularité, d’ailleurs : ces cadavres ne sont ni liés aux Cachés, ni aux créatures de l’Antimonde. Ce sont des défunts dont l’âme peine à trouver le repos. On prétend que quiconque écoute trop longtemps leurs incantations sera condamné à rejoindre la procession. La victime permettrait à l’une des âmes de trouver le repos éternel.
    
    — Cela ressemble à une malédiction, remarquai-je. Errer chaque nuit dans l’espoir de trouver une nouvelle victime. Est-ce aussi pour cela que les maires ont placés ces protections magiques autour de leurs villages ?
    
    — Même avant les pogroms, ils interdisaient aux villageois de sortir après neuf heures du soir, indiqua-t-elle. De lourdes amendes sanctionnaient les réfractaires, car personne n’avait conscience du danger. Mais au fur et à mesure des années, les récits se sont succédé et l’arrivée de la brume et des démons ont envenimé les choses.
    
    — Pourtant, la procession continue son chemin…
    
    Irène posa le panier rempli de baies et plongea son regard dans le mien.
    
    — Car personne ne sait ce qu’ils veulent. Voilà pourquoi les Cachés et démons menacent nos terres. Car ces idiots de maires préfèrent désigner un autre coupable. Seulement, tous ces monstres avancent. Tant que ne nous comprendrons pas leurs intentions, alors l’ennemi demeura dangereux et remportera la partie. Et cette procession ne déroge pas à la règle. Ces morts cherchent quelque chose, Élia. Sinon, ils n’erreraient pas dans la forêt à la recherche de nouvelles victimes.
    
    Je me remémorai ma brève rencontre avec le meneur. Je me souvins de cet échange de regard, de son aura glaciale, de l’absence d’humanité. Ces êtres étaient morts et dépourvus d’âme.
    
    Soudain, une apparition me sortit de ma rêverie. Un homme venait de pénétrer à l’intérieur de la salle commune et de rejoindre Donovan et Pernelle.
    
    — Archibald Deauclair fait partie du coven ? interrogeai-je.
    
    — Bien sûr, répondit Irène. Tu le connais ? Il officiait comme médecin au village des Cendres jusqu’à ce que le tribunal le condamne pour hérésie. Il a pris la fuite avant l’exécution de la sentence. Depuis, il travaille pour Raonaid et veille sur nous. C’est un médecin hors-pair !
    
    Je lui redonnai le panier et me dirigeai aussitôt à l’intérieur de la salle commune. Le médecin tenait son habituelle mallette et discutait d’un air enjoué avec les deux sorciers. J’attendis patiemment que ces derniers eurent terminés leur conversation pour signaler ma présence.
    
    — Lady Montgomery ! s’exclama-t-il. Voilà donc votre refuge. Les rumeurs concernant votre disparition affolent Endwoods, ma chère.
    
    Ses yeux bleu ciel pétillèrent de joie et il me gratifia d’un baisemain. Il portait la même mallette, sans doute remplie d’accessoires médicaux.
    
    — Comment dois-je vous appeler à présent ? questionna-t-il. Raonaid m’a fait mention de votre… situation particulière. Je dois avouer que la ressemblance avec Lady Catherine est frappante. Mais tout le monde doit vous répéter cela, j’imagine.
    
    — Lorsque j’ai découvert son portrait pour la première fois, j’ai bien cru à une plaisanterie, avouai-je. Cela explique pourquoi j’ai tenu aussi longtemps dans ce rôle ! Néanmoins, un simple Élia suffira. Il n’y a plus de Lady qui tienne.
    
    En m’exilant, j’avais renoncé à mon héritage, ainsi qu’à mes titres. Si l’identité de Catherine me permettait d’arborer le titre de Lady, désormais, je n’étais qu’une femme parmi tant d’autres. Je n’avais ni l’intention, ni l’envie de retrouver mes titres perdus. La seule chose qui comptait était de retrouver Gale sauf et de reconstruire une nouvelle vie décente.
    
    — Appelez-moi Archibald, obtempéra-t-il.
    
    Maintenant que je l’observai, il semblait bien plus âgé que la majorité des membres du coven, même si ses cheveux grisonnants, ainsi que ses ridules, le rendaient néanmoins séduisant.
    
    — J’ignorais que vous apparteniez à ce coven, dis-je.
    
    — Un hérétique comme moi ne trouve sa place qu’ici, plaisanta-t-il. Même si j’oscille entre différents covens. Mais je suis bel et bien un païen irrécupérable.
    
    Il bomba le torse à ces propos.
    
    — Un païen qui a connu Dorian de Montfleury à l’université.
    
    — Décidément, vous êtes au fait de tout, ma chère Élia. C’est un vieil ami à qui je dois une fière chandelle. Nous passions tout notre temps ensemble, jusqu’à ce que mes véritables préférences soient découvertes. Sans l’aide de Dorian – et ses contacts haut placés – j’aurais trépassé sur l’échafaud.
    
    — Il semble vous estimer malgré les années… et les rumeurs.
    
    — Dorian a toujours été ouvert d’esprit. Le monde se porterait bien mieux si un homme de sa trempe dirigeait nos villages, à la place de ces fanatiques de Mortagh. Quoi qu’il en soit, je suis encore époustouflé par votre ressemblance avec Catherine. Est-ce une illusion ? Une forme de sorcellerie ?
    
    — Rien de tout cela, Archibald. Seulement une malheureuse coïncidence. Vous l’avez connu ?
    
    — J’ai eu l’occasion de la rencontrer deux ou trois fois, même si je discute le plus souvent avec sa domestique, Maddy. Une jeune fille très aimable, pour tout vous dire.
    
    — Vous vous fréquentez ?
    
    Archibald rougit.
    
    Je comprenais aisément pourquoi un homme comme lui s’intéressait à Maddy. Elle était très jolie et enjouée. Cependant, une trentaine d’années les séparaient. Bien qu’ici, cela ne pose aucun problème.
    
    — En quelque sorte. Mais en tant qu’amis. Vous savez, Maddy suivait Lady Catherine comme son ombre. Dans l’intimité, elles se tutoyaient et passer outre les règles de bienséance.
    
    Cela expliquait sans doute pourquoi la jeune fille m’avait apporté son soutien face à Ian. Elle m’avait sans doute confondu avec son amie. Mais qu’en serait-il désormais, puisqu’elle connaissait mon véritable prénom ? Cependant, si elle était aussi proche de Catherine, elle était donc au fait de ses sympathies païennes. Si je la suppliais de m’écouter, peut-être accorderait-elle foi à mon histoire.
    
    — Son caractère est bien trempé, souris-je. Elle m’a sauvé la mise plus d’une fois.
    
    — C’est une personne de confiance, assura-t-il. Vous pouvez me croire.
    
    — Est-elle liée… d’une manière ou d’une autre à ce coven ? interrogeai-je.
    
    — Vous demandez si Maddy est une sorcière ? s’esclaffa-t-il. Non, même si cette jeune fille en connait long sur nos croyances.
    
    — Comment l’avez-vous connu ? Elle a directement deviné la nature de ma blessure et s’est directement adressé à vous. Si elle n’est pas païenne…
    
    — Là réside tout le mystère entourant Lady Catherine et sa domestique, chère Élia. Ces deux jeunes femmes savaient énormément de choses à notre sujet et ce, dès leur arrivée. Je pense que Maddy soutenait les croyances de Catherine, sans s’impliquer directement.
    
    — Il y a une différence entre assurer les arrières de sa maîtresse et couvrir des croyances hérétiques, notai-je. Si Catherine est découverte un jour, Maddy la suivra sur l’échafaud. Ce n’est plus de la loyauté, mais de la folie pure !
    
    — Il est vrai que cette jeune fille adore sa maîtresse, admit-il avec prudence. Mais croyez-moi, Élia : ce n’est ni une païenne, ni une sorcière. C’est seulement une jeune femme au fait de notre cause.
    
    Je gardai le silence, perplexe. Maddy détenait des informations susceptibles de détruire ce coven. Si elle livrait mon nom – ainsi que celui d’Archibald – aux Mortagh, alors de nombreuses têtes tomberaient. Comment une inconnue aux yeux de la communauté pouvait-elle savoir autant de choses et les garder secrètes ?
    
    — Il faudra prier, Archibald, soupirai-je. Si Maddy m’estime responsable de la disparition de Lady Catherine, alors sa fidélité risque de me mener vers la tombe…
    
    Par la suite, le médecin m’accorda une consultation. Nous nous réfugiâmes dans ma chambre afin d’éviter les regards et oreilles indiscrètes. La morsure de la Juventus Babina avait totalement disparu. J’eus beau gratter ma peau pour déceler des résidus de tâche, rien n’y fit. Mon bras demeurait aussi pâle et immaculé qu’autrefois.
    
    — Le venin emporte la victime en quelques minutes, murmura-t-il d’une voix fascinée. Même mon onguent n’est pas en mesure de le faire disparaître !
    
    — Il ne fonctionne que sur des cadavres fraîchement enterrés ?
    
    Il m’adressa un sourire complice.
    
    — Vous avez subi les sciences de Dorian, ria-t-il. En effet, le venin est assez puissant pour ramener un mort à la vie. Mais dans votre cas… je ne trouve aucune explication.
    
    — Pensez-vous qu’il ait disparu de mon corps ?
    
    — Je l’ignore. Pour cela, il faudrait que votre système intérieur soit en mesure de détruire les effets du venin. Cependant, dès que celui-ci se répand dans le sang, il est techniquement impossible de soigner ses effets.
    
    — Dorian m’a révélé les conséquences de ce virus. Je ne souhaite guère terminer ma vie ainsi, comme une bête avide de chair et de sang…
    
    — La transformation est douloureuse et d’autant plus terrible que la victime est décédée. C’est un énorme choc émotionnel, si vous voulez mon avis. Néanmoins, méfiez-vous, Élia. Le sang magique qui coule dans vos veines est issu d’un démon ancestral. Il est possible que cela rende le virus… inapte à modifier votre corps. C’est une théorie que nous avions jadis formulé avec Dorian et je dois vous avouer qu’elle me semble plausible.
    
    — Une incompatibilité entre deux espèces ? m’étonnai-je.
    
    — Peut-être. Il s’agit de deux démons extrêmement puissants. Leurs forces est capable d’engendrer des espèces hybrides. Cependant, imaginez une espèce mêlant l’humanité, la sorcellerie et les Cachés ?
    
    — Elle serait indestructible, j’imagine. A-t-on déjà observé un tel individu ?
    
    — Jamais, Élia. Pour le moment, les rares sorcières ayant été contaminée par le virus ancestral de Jouvence ont toutes succombées à la transformation finale.
    

Texte publié par Elia, 4 janvier 2018 à 18h20
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