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Tome 1, Chapitre 17 « Trois cercles d'or - Partie I » Tome 1, Chapitre 17
La voix de Catherine résonne en écho autour de moi. Sa silhouette est proche, quelques mètres seulement nous séparent. Je lis la même détresse dans son regard, le même appel au secours. Doucement, je me rapproche. Mes pas sont hésitants. J’ai confiance en cette femme mais mon instinct m’ordonne de rester prudente. Un danger rôde aux alentours, mais lequel ?
    À nouveau, elle m’appelle. Je cesse de marcher et me retrouve à quelques centimètres de ma jumelle. Nous sommes proches, plus proches que nous ne l’avons jamais été. Pourtant, un voile nous sépare. Catherine me ressemble tellement, à l’exception d’une crinière rousse qui la différencie de la femme que j’ai aperçue sur le portrait. Mais je n’ai aucun doute : c’est elle.
    Son visage s’éteint, la brève lueur qui animait son regard disparaît peu à peu. Poussée par mon instinct, je lève le bras vers elle. J’effleure alors un léger voile invisible qui s’ondule à mon toucher.
    Le monde devient ensuite sens dessus-dessous. Il bascule dans un tourbillon vertigineux et me fait tomber à la renverse. Je pousse un hurlement avant de basculer dans le vide. Puis l’image de Catherine disparaît et un trou noir, béant, m’engloutit.

    
    
     ***
    Je me réveillais en sueur, le corps entier caché sous ma maigre couverture. La chandelle qui éclairait ma chambre s’était éteinte et j’étais prisonnière dans la pénombre, avec pour seule compagnie mon imagination débordante qui s’amusait à me jouer des tours. Tremblante, je m’emmitouflai un peu plus dans ma couverture.
    
    C’était la première fois que Catherine m’apparaissait depuis mon excursion dans la forêt. Suite à mes visions, j’en avais conclu que ma jumelle était morte, enterrée vivante dans ce mystérieux cromlech. Pourquoi son fantôme me hantait-il ?
    
    Comme il était impossible de me rendormir, je me levai et me déplaçai à l’aveuglette afin d’allumer une bougie. Je poussai un juron, regrettant de ne pas posséder le don de Raonaid. Avec difficulté, je réussis à générer une flamme et attrapai un livre de contes remis par la cheffe quelques heures plus tôt.
    
    En feuilletant les pages, j’arquai un sourcil. Une partie des contes était rédigée en anglais, bien que certains échappaient à ma connaissance. Une autre en revanche était écrite dans des symboles inconnus… Je rapprochai mon nez des pages qui sentaient le vieux et je compris alors qu’en dépit de mon ignorance totale de cette langue, je parvenais à les déchiffrer sans le moindre effort.
    
    Le langage des morts.
    
    Raonaid m’avait donc remis un livre que la plupart des personnes de ce coven était incapable de lire. Les symboles ressemblaient à ceux inscrits dans un livre de runes anciennes que Gale avait jadis acquis auprès d’un étrange marchand d’antiquités.
    
    La confluence des trois mondes. Trois cercles d’or. Le Monde des morts. Les voyageurs égarés.

    Avais-je affaire à un livre de contes ou à un essai scientifique et philosophique ?
    
    Un souffle glacial interrompit brusquement ma réflexion. Je posai le livre sur mon lit et me retournai, la chandelle à la main. Une ombre s’était dessinée contre le mur. Elle représentait une silhouette féminine, assez grande, svelte, douée d’une chevelure frisée. J’aurais pu la confondre avec ma propre ombre si je n’avais pas senti le goût de la terre humide dans ma bouche.
    
    La flamme de ma chandelle s’agrandit brusquement et l’ombre se transforma en une silhouette plus précise. Catherine se trouvait face à moi, adossée contre le mur, l’air plus blafard encore que dans mon rêve. Elle ressemblait à un cadavre et ses cheveux roux, secs comme de la paille, couvraient en partie son visage. Elle était recroquevillée sur elle-même, meurtrie par l’épuisement et le froid… ou la mort elle-même.
    
    Terrifiée, je reposai le chandelier sur une table et reculai, les muscles engourdis par la terreur. Le goût de terre s’amplifia et je commençai à m’étouffer, comme si l’on en jetait une autre poignée dans ma bouche.
    
    S’il te plaît, j’ai besoin de toi.
    
    Je recrachai, comme pour éjecter la terre accumulée, et repris mon souffle avec difficulté. La terreur glaçait mes veines. J’avais beau avoir expérimenté les visions, cette sensation me pétrifiait littéralement. C’était comme si mon âme ne m’appartenait plus, comme si quelque chose possédait mon corps et m’envahissait de cette angoisse profonde.
    
    — Tu… tu es… es morte, bredouillai-je, les lèvres tremblantes.
    
    J’ai besoin de toi, par pitié, ne m’abandonne pas dans ce trou.
    
    Les battements de mon cœur s’accélérèrent à une vitesse folle avant de ralentir brusquement. Ma tête commença alors à vaciller et je me laissai choir contre mon lit. Je posai ma main contre ma poitrine tandis que les battements s’espaçaient de secondes en secondes, jusqu’à ce qu’ils deviennent trop faibles pour être entendu.
    
    Je suis en vie, implora la voix.
    
    — On t’a enterrée vivante ! réussis-je à protester.
    
    En guise de réponse, une autre vision m’assaillit, assortie de la désagréable sensation de la terre que l’on jetait contre mon corps. J’entendis alors mon cœur battre en écho et je m’évanouis.
    
     ***
    — Élia ! Élia !
    
    Je rouvris les paupières avant de découvrir Irène, penchée sur moi.
    
    — Tu en as fait du bruit ! s’exclama la sorcière en m’aidant à me relever. Tu as vu un fantôme ou quoi ?
    
    Je lui lançai un regard peu amène en guise de réponse. Un regard autour de moi suffit à me faire comprendre que j’avais rêvé. Ma chandelle était posée près de mon livre, lui-même rangé à l’opposé de la pièce.
    
    
    — Elle est en vie, révélai-je.
    
    — De qui parles-tu ?
    
    — Catherine. Je crois que… qu’elle est encore en vie.
    
    Je ne comprenais plus rien. Comment pouvait-elle être encore en vie alors qu’on l’avait enterré vivante quelques semaines plus tôt ? Laurent m’avait d’ailleurs affirmé qu’elle se trouvait désormais hors d’état de nuire.
    
    — Vous… vous connaissiez avant ? interrogea Irène, perplexe.
    
    — Non. Je… je ne comprends plus rien. Cette femme me hante depuis le jour où j’ai endossé son identité.
    
    Même si j’ignorais qui était à l’origine de mes malaises à Endwoods, mes soupçons se portaient sur ma jumelle. Et si Catherine avait tenté, à sa manière, de me contacter ?
    
    Si elle avait conservé sa couleur de cheveux naturelle, les Patrouilleurs auraient immédiatement noté la différence, songeai-je soudain.
    
    — Catherine possédait le don de déplacer son âme hors de son enveloppe charnelle. C’est un pouvoir qu’elle maîtrisait à merveille, pour tout te dire. Hélas, lorsque l’esprit se détache de ton corps, il demeure invisible à la vue des humains. Seules quelques personnes, douées d’un troisième œil, sont en mesure d’entrer en contact avec lui.
    
    — Cela signifie donc que je suis en mesure d’entrer en contact avec Catherine ?
    
    — Visiblement oui.
    
    — Je n’aurais jamais dû mentir à ces Patrouilleurs, soupirai-je. Si j’avais eu le courage de nier la vérité, je n’en serais pas là aujourd’hui.
    
    — Tu as fait ce qu’il fallait pour survivre, rétorqua Irène. Tu ne pouvais pas prévoir votre ressemblance exacte… et sa disparition. Mais si tu continues à te laisser submerger, tu finiras par perdre la tête.
    
    — Désolée, maugréai-je. C’est la première fois que ces cauchemars m’arrivent. J’ignorais ma nature de sorcière il y a quelques jours encore !
    
    J’attrapai le plateau de nourriture qu’elle me tendit d’un air maussade. Pourquoi me parlait-elle avec cet air si suffisant et évident ?
    
    — Ne sois pas si offensée, répliqua-t-elle en s’asseyant près de moi. Contrairement à toi, je ne suis pas née avec une cuillère d’argent dans la bouche. J’ai passé ma vie à être prise pour une pestiférée à cause des réputations de ma sœur et de ma mère. Et les personnes de ton rang ne m’ont guère aidée.
    
    — Ce n’est guère une raison pour me traiter ainsi. Nous partageons les mêmes croyances et sans le sacrifice de mes parents, je ne serais plus que cendres aujourd’hui.
    
    — J’ai conscience que mon attitude peut… déstabiliser. Mais sache que maîtriser des pouvoirs offensifs ou défensifs est une chose. En revanche, un pouvoir sensible peut accaparer toutes tes pensées et te ronger de l’intérieur si tu n’y prends pas garde. C’est d’autant plus dangereux que n’importe qui peut se servir de cela pour t’accuser de sorcellerie.
    
    — Comment puis-je les contrôler, dans ce cas ? Il s’agit du dernier moyen à ma disposition pour comprendre ce que Catherine me veut… et pour retrouver Gale.
    
    — Alors, debout. J’ai quelqu’un à te présenter.
    
    Elle m’adressa un clin d’œil et me fit signe de la suivre à l’extérieur de la chambre. Je revêtis en hâte un manteau généreusement prêté par Raonaid et la suivit. Nous quittâmes le dôme principal et franchîmes une élégante clairière à la terre mouillée. Il avait visiblement plu toute la nuit et le climat s’en ressentait, au vu du vent frais qui fouettait mes joues.
    
    Nous arrivâmes dans un petit temple de pierre, plongé dans la pénombre. Deux prêtresses priaient devant une imposante statue de bronze. Contrairement à celles rencontrées la veille, elles portaient une tunique noire et argentée. À chaque extrémité de la statue, ondulaient deux flammes pourpre, qui lui conféraient une allure effrayante. Je reconnus le visage rencontré à plusieurs reprises depuis mon arrivée.
    
    Les prêtresses se relevèrent aussitôt et inclinèrent la tête avec respect lorsque nous les rejoignîmes. Irène inclina la tête à son tour et les deux femmes partirent. Elle déposa un baiser sur sa main et toucha ensuite la statue, ainsi que l’étoffe des trois lunes que je n’avais pas remarquée auparavant.
    
    Elle alluma ensuite une bougie et la plaça au pied de la statue. Je l’imitai timidement et embrassai à mon tour la sculpture. Irène reprit :
    
    — Le paganisme vénère en premier lieu la lune, qui symbolise notre Déesse, ainsi que le Dieu Cornu. Elle est la fondatrice de notre monde. Sans elle, les hommes, les plantes, les animaux, l’eau et tous les autres éléments de la nature n’existeraient pas.
    
    Elle me désigna un autel, où était disposé une minuscule coupole et des bougies.
    
    — Nous lui témoignons notre reconnaissance en la priant, évidemment, mais aussi en lui présentant des offrandes. Ainsi fonctionne le paganisme. Il vénère ces deux entités et prend grand soin de la nature.
    
    — Et qui est cette créature ? interrogeai-je en jetant un regard peu amène à la statue.
    
    Il ne s’agissait sûrement pas du Dieu cornu.
    
    — Le Démon-Créateur, sourit Irène. Le fondateur de la race des sorcières.
    
    Je ne répondis rien, stupéfaite de sa réponse. Dans mes croyances, les sorciers avaient été créés par la Déesse, en même temps que la naissance des Hommes. Si nombre de personnes nous associaient à des démons, nous demeurions des humains et nos prières ne vénéraient jamais Lucifer ou ses sbires.
    
    Irène éclata de rire face à ma mine déconfite.
    
    — Nos pouvoirs nous ont été offerts par un démon, Élia, révéla-t-elle. Voilà pourquoi les Mortagh et tous leurs prédécesseurs nous honnissent tant. Nous demeurons humains de par notre chair, mais nos pouvoirs, eux, proviennent du Démon-Créateur.
    
    — Pourquoi… pourquoi n’ai-je jamais entendu parler de lui ?
    
    — C’est étrange. Même les païens connaissent son existence. Tu le connais forcément, peut-être sous un autre nom.
    Pourtant, ce nom m’était inconnu.
    
    Les flammes ondulèrent de plus belle, comme si l’entité nous écoutait et manifestait sa présence. Je tressaillis. Irène m’invita alors à admirer une étrange gravure, dessinée derrière la statue. Elle représentait trois cercles d’or emmêlés les uns dans les autres. Ils étincelaient et semblaient contenir, prisonnier de la matière qui les composait, nombres de souvenirs.
    
    — Ces cercles contiennent les souvenirs de centaines de générations, qui se sont succédé au fil des siècles – ou des millénaires, expliqua Irène.
    
    À l’intérieur du premier, qui se situait au-dessus des autres, se trouvait un soleil agressif, similaire à celui dessiné dans les sous-sols de l’église où Raonaid et moi nous étions rencontrés. Les deux autres demeuraient vides, même si je discernais un quatrième cercle, argenté quant à lui et à peine visible, qui englobait une partie des trois autres.
    
    — Monde, Demi-Monde et Antimonde, expliqua la sorcière en pointant du doigt chaque cercle. Ce sont les trois Mondes fondés par la Déesse. Les Humains, selon les légendes, peuplent le Monde et le Demi-Monde, mais…
    
    — Ne peuvent accéder à l’Antimonde, qui leur est hostile, achevai-je en me remémorant les mots de Dorian.
    
    — Le cercle argenté que tu distingues là représente le monde des morts, monde où toutes les âmes des créatures peuplant ces trois cercles se rejoignent après la mort.
    
    — Un paradis, enfer et purgatoire, commentai-je. Qu’est-ce que le Demi-Monde ?
    
    — Un monde à cheval entre le Monde et l’Antimonde, expliqua-t-elle en désignant le second cercle d’or. C’est un endroit imparfait, une sorte de purgatoire. Le Monde, selon de nombreuses croyances, est un paradis, un endroit baigné par la lumière de la Déesse.
    
    J’ébauchai un rictus. Si l’Angleterre et le Nouveau-Continent était baigné par la lumière de la Déesse, alors Gale et moi étions de parfaits protestants.
    
    — Ce serait l’endroit idéal. L’Antimonde est un endroit où l’Humanité n’a pas sa place. Il est peuplé par des créatures inhumaines et son air étoufferait le fou qui déciderait de le respirer. Le Demi-Monde est un endroit à cheval entre l’enfer et le paradis, un endroit qui rassemblerait l’Humanité et…
    
    Je n’écoutai pas la fin de sa phrase et me figeai, interdite. Mon regard balaya le temple, passant de la statue de bronze à la gravure des trois cercles d’or. Un soupçon, irréel, pernicieux, germa alors dans mon esprit.
    
    Depuis mon arrivée ici, je ne cessais de rencontrer des créatures surnaturelles, créatures que je n’avais jamais croisé du temps où je vivais dans le domaine Montgomery. Pourtant, tout ressemblait à l’Angleterre : la langue des habitants, les croyances religieuses, l’architecture des rues, les coutumes, qui malgré d’étranges différences, ressemblaient bel et bien aux miennes.
    
    
    — Où sommes-nous ? demandai-je d’une voix tremblante.
    
    — Au coven d’Endwoods, répondit Irène, comme s’il s’agissait d’une évidence.
    
    — Dans quel pays sommes-nous ? rectifiai-je.
    
    La sorcière arqua un sourcil d’un air soupçonneux.
    
    — Qu’est-ce qu’un pays ? De quoi parles-tu, Élia ?
    
    — Comment se nomme la capitale ? Londres, n’est-ce pas ?
    
    Irène fronça ses sourcils épais, comme si je la prenais pour une demeurée.
    
    — Le village des Cendres, répondit-elle. Que signifie « Londres » ?
    
    Sans prendre le temps de lui répondre, je tournai les talons afin de retourner dans la salle principale du coven, à la recherche d’une carte. Lors de mon arrivée, j’en avais distingué une, mais celle-ci arborant les formes et contours de la Couronne Britannique, je n’avais pas pris le temps de l’examiner en détails.
    
    Si ma théorie se confirmait, alors cela expliquerait pourquoi Gale et moi avions survécu à l’attaque des cavaliers fous et pourquoi le dispositif des maires et Patrouilleurs m’étaient totalement inconnus. C’était irréel, bien sûr. Comment avais-je pu basculer dans un autre monde sans m’en apercevoir ?
    
    Hors d’haleine, je me précipitai face à la carte et manquai de m’évanouir. Je ne m’étais pas trompée : les contours représentaient bien la Grande-Bretagne, avec l’Angleterre, l’Écosse, le pays de Galles et l’Irlande. Mais je ne distinguai ni Londres, ni mon propre comté. Même notre voisin français, qui apparaissait en partie au sud de la carte, était mentionné, mais sous un nom différent.
    
    Pire encore, la mer qui séparait la France et l’Angleterre n’existait plus. À la place, se trouvait une gigantesque vallée où était représentée un cromlech, assorti d’un soleil agressif.
    
    Mon souffle se coupa et les mots restèrent bloqués dans ma gorge. Quelle illusion se trouvait devant moi ? Tout était similaire : les frontières, les noms aux consonnances anglaises et françaises, les paysages, c’était le reflet exact de l’autre Monde… mon Monde. Pourquoi m’étais-je obstinée à croire que je me trouvais encore en Angleterre alors que tous me prouvaient le contraire ?
    
    Malgré les appels d’Irène, je restai immobile, le corps tremblant et les poings serrés. Je m’étais attendue à tout, sauf à cela. Cela signifiait donc que mon fiancé avait disparu dans un territoire inconnu, bel et bien peuplé de monstres inhumains.
    
    
    
    

Texte publié par Elia, 4 janvier 2018 à 18h06
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