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Tome 1, Chapitre 12 « Raonaid » Tome 1, Chapitre 12
Quelques jours plus tard.
    
    — Oh, regardez ! s’exclama Maddy.
    
    La jeune fille lâcha son panier et s’approcha de la lisière de la forêt. Une curieuse brume violette flottait au-dessus du sol.
    
    — Ne t’approche pas, Maddy ! pesta Cristina. Si tu touches cette chose, elle te maudira ! C’est le Fléau ! Par le ciel, il s’est encore rapproché de notre village…
    
    Elle se signa, aussitôt imitée par Maddy.
    
    — Lady Catherine, reculez ! ordonna la cuisinière. Les hommes tombent malade en la touchant… Seigneur du ciel, ce village résiste, mais pour combien de temps encore ? Nous devons avertir les Patrouilleurs !
    
    Maddy acquiesça et nous fit signe de rentrer à l’intérieur du village. Je ravalai ma déception. Cette brume était effrayante. Bien que localisée près du sol, elle s’étendait sur des dizaines de mètres à la ronde.
    
    Je profitais ensuite de l’agitation des deux domestiques pour quitter la maison quelques heures. Mes cheveux blonds étaient dissimulés sous un épais chapeau de paille et ma tenue sombre, aussi noire que les cheveux corbeau de Xénia, avait volontairement été choisie pour ne pas attirer l’attention.
    
    À cette heure avancée de l’après-midi, les gens étaient pour la plupart cloîtrés chez eux. La mise à morts des quatre hérétiques avait plongé le village, déjà étrange, dans un mutisme religieux. Les volets demeuraient fermés et seuls quelques chats errants remplissaient les ruelles désormais désertes.
    
    La mort de Karen m’avait littéralement bouleversée. Comme lorsque l’on perd un proche, votre univers, votre vision des choses, est heurté à tout jamais. Je comprenais désormais le danger qui me guettait. Ma position de Lady me mettait encore à l’abri des soupçons, d’autant plus avec ce procès providentiel. Les coupables étant trouvés, pourquoi me soupçonner de paganisme désormais ?
    
    Je m’engouffrai dans une ruelle isolée, localisée non loin de la sortie nord de la ville. M’assurant que personne ne m’avait suivi, je pénétrai à l’intérieur, un pendentif serré dans le creux de ma main. Je prenais sans doute l’une des décisions les plus importantes de ma courte existence. En décidant de suivre la voie de Catherine et Karen, je m’exposai de nouveau à un destin tout aussi funeste que les leurs.
    
    L’intérieur de la boutique empestait la poussière, le vieux, ainsi que le whisky. Sa propriétaire, Raonaid Sempyr, tenait une boutique d’antiquités qui appartenaient jadis à son défunt mari. Elle l’avait reprise depuis et les affaires marchaient mal, notamment à cause de sa réputation de sorcière.
    
    N’ayant aucune preuve pour l’arrêter, les Mortagh l’avaient simplement placé sous surveillance et conseillé à leur entourage de ne plus la fréquenter. Se rendait-elle compte du danger qui la menaçait ?
    
    — Bonjour, fit une voix suave lorsque les clochettes de la porte d’entrée tintèrent.
    
    Une femme, un immense sourire étiré sur les lèvres, me toisait depuis sa caisse. Je fus surprise : je m’étais attendue à rencontrer une femme assez âgée, au moins dans la quarantaine, pourtant elle semblait à peine plus vieille que moi. Ses cheveux auburn, qui tiraient sur le roux, contrastaient avec ses yeux verts rieurs.
    
    — Je cherche des bibelots pour redécorer ma maison, dis-je d’une voix aimable. Pourriez-vous me conseiller ?
    
    Raonaid acquiesça et me désigna du doigt un rayon spécial. Remplis d’objets posés là depuis une éternité, j’éternuai plusieurs fois à cause de la poussière persistante. Elle éclata gentiment de rire puis me conseilla divers objets, étant prête à réduire le prix pour que je les lui en débarrasse.
    
    — De lourds soupçons de sorcellerie pèsent sur vous, vous savez ? lâchai-je au moment de payer.
    
    Raonaid ne répondit pas tout de suite et finit de me rendre la monnaie. Puis elle releva son visage souriant vers moi.
    
    — De quoi parlez-vous ? s’étonna-t-elle.
    
    — La liste du maire, il… il a répertorié le nom de chaque personne suspectée de paganisme et sorcellerie et envisage de vous faire tomber très bientôt.
    
    Elle arqua un sourcil.
    
    — Écoutez, votre… votre avertissement est très aimable, mais il vaut mieux que vous restiez en dehors de cette histoire. Si vous restez trop longtemps dans ma boutique, les gens se poseront des questions. Faites-en sorte de maintenir votre réputation et vous éviterez de finir comme Karen.
    
    La dernière phrase fut lâchée avec dureté, mais je la comprenais. Ne me laissant pas abattre, je sortis de mon panier le pendentif que Karen m’avait remis. Raonaid écarquilla les yeux, horrifiée, et me fit signe de le cacher.
    
    — Si quelqu’un vous surprend avec cela dans la main, c’en est fini de vous ! Que me voulez-vous ?
    
    — Madame Sempyr, je vous en prie, j’ai besoin de votre aide. Je…
    
    — Aurevoir Lady Catherine ! s’exclama-t-elle alors qu’une nouvelle cliente faisait son entrée.
    
    Désappointée, je quittai la boutique. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Karen s’était-elle trompée sur le compte de son amie ?
    
    En déballant les affaires une fois de retour au manoir de Ian, je trouvai une petite note insérée dans un vase emballé juste avant mon renvoi. Avant que Maddy ne s’en empare, je m’isolai et le lus.
    
    
     Ne revenez plus dans la boutique tant qu’un prétexte valable ne vous pousse pas à vous y rendre. Les soupçons sont très graves, si les clients s’éternisent avec moi, alors on m’accusera de les ensorceler.
    Quant à notre affaire, elle m’avait en réalité parlé de vous, ainsi que de vos exploits dans la forêt. Nous pouvons en reparler prochainement. Venez demain soir à l’arrière de l’église en veillant à ce que personne ne vous suive ou remarque. Vers minuit, seule.
    
     Détruisez immédiatement cette note.

    
     ***
    — Lady Catherine, que signifie cette marque sur votre avant-bras ? s’horrifia Maddy.
    
    Aussitôt, je rabattis la manche de ma robe sur la blessure.
    
    — C’est une blessure que j’ai eu lors de l’excursion dans la forêt, répondis-je. Rien de grave, elle cicatrise lentement.
    
    La jeune fille attrapa mon bras, découvrit la blessure et fronça les sourcils.
    
    — Vous vous trompez ! Vous devez consulter un médecin !
    
    — Je ne consulterai aucun médecin ! protestai-je. Et si vous en parlez à Ian, vous aurez affaire à moi, compris Maddy ?
    
    — Comme vous voudrez, capitula-t-elle, déçue.
    
    D’un geste sec, je la renvoyai de ma chambre.
    
    Il était vrai que la blessure nécessitait la visite d’un médecin, mais comment justifier son origine ? Comment expliquer qu’une « créature de l’enfer » m’avait mordue lors d’un combat singulier ? De légers picotements me tiraillaient la peau et je craignais que la douleur ne s’amplifie au fil des jours. De plus, une horrible tâche violette, similaire à la brume de la forêt, marquait ma peau.
    
    J’attendis le départ d’Ian dans une humeur maussade et le coucher des deux domestiques pour m’évader hors de la maison. J’étais devenue à force une habituée des escapades nocturnes et je priais pour que ce talent me soit utile au moment de la chasse aux sorcières.
    
    Derrière l’église, Raonaid m’attendait. Elle avait recouvert ses cheveux d’un foulard afin qu’on ne la reconnaisse pas.
    
    Elle me fit signe d’attendre, me tourna le dos et pénétra à l’intérieur de la bâtisse. Quelques secondes plus tard, je l’imitai. À l’intérieur, elle descendit les escaliers menant aux sous-sols, sortit une clef et ouvrit une porte qui menait, je le compris après, aux sous-sols de la ville, dans l’ancienne cachette des païens.
    
    Les murs de pierre regorgeaient d’humidité. De la végétation s’y échappait parfois, tandis que des gouttes d’eau perlaient contre le sol poussiéreux. Je me plaçai face à une mystérieuse gravure qui représentait un soleil agressif, similaire à celui dessiné sur la valise de Catherine. Ses yeux sombres me dévisageaient avec férocité et son sourire carnassier se réjouissait de mon désarroi. Je l’entendais presque rire. Je reculai tout d’abord, intimidée, avant de m’avancer à nouveau vers lui. Lorsque ma main le toucha, son rire redoubla. Son sourire s’étira un peu plus et je crus l’espace d’un instant que ses lèvres croqueraient mes mains.
    
    Il semblait réel, presque… vivant.
    
    — Le soleil agressif, dévoila Raonaid, symbole des créatures de l’enfer qui hante nos terres. Les païens accordent une grande importance à ce symbole. Notre existence est directement liée à ces monstres que nous honnissons tant.
    
    Je ne lui fis pas immédiatement face, trop fascinée. Raonaid se plaça à mes côtés et l’observa à son tour. Lorsque je croisai son regard, la surprise m’envahit. La Raonaid que j’avais rencontrée dans la boutique m’avait paru plus vieille, accablée par la gestion de sa boutique et la surveillance des Mortagh. Ses traits étaient alors tirés et son dos voûté.
    
    Pourtant, la femme qui se trouvait face à moi resplendissait. Son port était droit, son regard assuré et son sourire plus franc encore. Elle parlait avec prestance et son charisme illuminait la pièce où nous nous trouvions. Cette femme dégageait une aura très forte, si forte qu’elle pouvait me réduire en fumée en un claquement de doigt.
    
    — Tu sembles impressionnée, plaisanta-t-elle. Tu as rougi et baissé le regard.
    
    — Pardonnez-moi, je… c’est votre aura. Vous dégagez quelque chose de… d’inhabituel.
    
    — C’est mon aura magique. Certaines créatures de ce monde, hormis les humains, sont capables de reconnaître une sorcière grâce à cette aura.
    
    — Je suis humaine, pourtant. Comment ai-je pu la discerner ?
    
    — Car tu es l’une des nôtres. Dès l’instant où tu as franchi le seuil de ma boutique, je l’ai deviné. Tu en dégages une, plus faible que la mienne, mais puissante malgré tout.
    
    Elle me gratifia d’un énième sourire lumineux. La salle, au début plongé dans l’obscurité, ne le resta pas longtemps. D’un geste, elle alluma les chandelles disposées autour de nous.
    
    — Est-ce vous qui avez fait cela ? m’étonnai-je.
    
    Je m’approchai des bougies pour constater que des flammes ondulaient bel et bien sur la cire.
    
    — Contrôler les flammes est un don qui me facilite la vie au quotidien, admit-elle. Lorsqu’un homme ou une femme possède un don, une aura particulière se dégage de son enveloppe corporelle. Voilà pourquoi Karen t’a démasquée. La puissance magique qui coule dans tes veines est unique et même si Catherine était une sorcière et te ressemblait trait pour trait, son aura est différente de la tienne.
    
    — Je ne suis pas une sorcière, Raonaid. J’ai embrassé la foi païenne depuis quelques années déjà, mais je n’en suis pas une. D’ailleurs, chez moi, ces histoires de sorcellerie appartiennent aux mythes et légendes. Je veux dire… je n’ai jamais rencontré des personnes possédant des véritables pouvoirs magiques.
    
    — Les sorciers pratiquent le paganisme, mais tous les païens ne possèdent pas de dons, précisa-t-elle. Les vraies sorcières se cachent et préfèrent vivre à l’écart des sociétés humaines… ou en communauté. Elles se mêlent rarement aux autres par crainte pour leur vie.
    
    Elle effectua un autre mouvement du regard et les flammes ondulèrent de plus belle. Je distinguai ensuite une autre gravure un peu plus loin, qui représentait trois cercles d’or enlacés les uns dans les autres.
    
    — Tu es attirée par ce soleil, remarqua-t-elle. Que ressens-tu de particulier ?
    
    — Une énergie très forte. Je… ce soleil me fait peur, j’ai l’impression qu’il se moque de moi. Il dégage beaucoup d’énergie, comme si… comme si… quelque chose était contenu à l’intérieur de ce dessin.
    
    — Je ne vois qu’une gravure effrayante. Je ne ressens pas ces émotions. Peu de personnes en sont capables, sauf celles qui possèdent un don sensible.
    
    — Vous vous trompez.
    
    — En es-tu si sûre ?
    
    — Je l’aurais su depuis longtemps. Aucune chandelle ne s’allume selon ma volonté, aucun fantôme ne m’est jamais apparu, aucun…
    
    Je m’interrompis en me remémorant l’excursion dans la forêt et les propos de Gale. J’avais senti la terreur d’une femme que je ne connaissais, mon esprit avait eu accès à des visions d’événements qui s’étaient déroulés dans le passé.
    
    — Tu n’as rien à craindre, assura la sorcière. J’ai conscience que ce monde est hostile aux femmes de notre espèce, mais sache que tu n’as pas à te cacher avec moi. Aucune de tes paroles ne sortira de ces lieux. Tu es libre de te dévoiler ici, jumelle de Catherine.
    
    Sa voix se voulait douce et rassurante, mais la perspective que je puisse être une vraie sorcière me terrifiait. Toute ma vie n’avait été que mensonge et comédie. J’avais appris à créer ma place dans un monde qui détestait tout ce que je représentais. Mais si j’étais une sorcière, si je possédais des dons que je ne maîtrisais pas, alors l’étau se resserrerait un peu plus autour de moi.
    
    — J’ai peur, confessai-je.
    
    — Nous avons toutes vécues avec ce sentiment. Mais la terreur te ronge et te détruit à petit feu, alors que j’ai appris à en faire une force.
    
    — Vous ne comprenez pas. J’ai passé ma vie à mentir, à me réfugier derrière un masque pour oublier mes angoisses. Je suis lâche.
    
    Avant d’endosser l’identité de Catherine, j’avais joué le rôle que mon entourage attendait de moi pour ne pas être découverte. Mais j'étais incapable d'affronter mes peurs.
    
    — Le courage peut s’apprendre.
    
    Ce n’était qu’un leurre. Derrière l’identité de Catherine ou mes titres de noblesses, la peur disparaissait. Je parvenais même à la chasser de mon esprit. Pourquoi apprendre le courage alors que la quiétude du mensonge était si agréable ?
    
    — Tu ne pourras pas les éviter éternellement, ajouta Raonaid. Tôt ou tard, la Déesse t’obligera à assumer tes choix.
    
    Je le savais. Il me faudrait un jour ou l’autre retrouver la véritable Élia perdue derrière ces mensonges. Il me faudrait la retrouver avant que les masques ne tombent. Mais je n’étais pas encore prête à la laisser revenir sur le devant de la scène.
    
    — Les Mortagh comptent lancer une chasse aux sorcières. Les Patrouilleurs sont chargés de mener une enquête pour déterminer qui est un ennemi du village ou non. Dès que le verdict sera rendu, les arrestations pleuvront et un feu de joie sera organisé en place publique, révélai-je afin de changer de sujet.
    
    — Ce jour devait bien finir par arriver. Depuis le temps que Xénia rêve de détruire notre espèce, elle a utilisé ce Fléau pour parvenir à ses fins. Son époux et elle ont longtemps fait la sourde oreille à cette brume qui se rapproche, mais maintenant qu’ils n’ont plus le choix, ils feront d’une pierre de deux coups et se débarrasseront de nous.
    
    — Que se passera-t-il lorsqu’ils découvriront la vérité ? Je ne peux m’enfuir de ce village, je… je suis prisonnière à cause de ce sortilège qui ramène les personnes à l’entrée. Et… et mon fiancé a disparu. Il… il montait la garde et s’est évanoui dans la nature. Je ne peux plus partir sans l’abandonner.
    
    — Quel est ton prénom ?
    
    — Élia Montgomery.
    
    La sorcière écarquilla les yeux, abasourdie par ma réponse.
    
    — Je n’aurais jamais pensé que le destin puisse être aussi ironique ! s’exclama-t-elle. Il nous a envoyé le sosie parfait de notre sauveuse, celle en qui le coven a placé ses espoirs avant que le Fléau nous engloutisse ! Mais ton passé est aussi chargé que le sien. Tu as failli être brûlée vive pour sorcellerie, je me trompe ?
    
    J’hochai la tête en guise de réponse.
    
    — Hum… comment as-tu été démasquée ?
    
    — Quelqu’un m’a dénoncé et a fourni des preuves au tribunal. J’aurais normalement dû être acquittée grâce à mon statut de noble. Mais le procès a pris une telle ampleur que sans l’intervention de ma famille, je serais morte à l’heure qu’il est.
    
    — Dans ce village, le fanatisme est tel que le statut social importe peu en cas de procès. Mais ton statut noble se devine immédiatement. Cela se voit à ta manière de parler et de te tenir. Mais je suis surprise d’avoir en face de moi une femme aussi similaire à Catherine. Tu es son reflet exact. Mais si je puis me permettre, tu es bel et bien une sorcière. J’en mettrais ma main au feu que tu as été dénoncé car l’on t’a vu utiliser tes pouvoirs, même si tu n’en avais pas encore conscience.
    
    — De quels pouvoirs parlez-vous, dans ce cas ?
    
    — Le langage des morts, m’interrompit-elle. Tu l’as parlé à plusieurs reprises sans même t’en rendre compte. Tu l’as parlé dans la forêt, mais aussi lors de ton sommeil. Voilà l’origine de ton procès, ma chère. C’est un don très rare, aussi prestigieux que dangereux. Mais il y autre chose. Tu ressens les ondes liées à la mort, quelque chose se dissimule au fond de toi, quelque chose de très puissant.
    
    — Vous devez vous tromper. Je n’ai jamais eu de puissance magique en moi, je…
    
    — Oh que si, Élia. Sur ce point-là, je ne me trompe jamais. Et Karen non plus, d’ailleurs.
    
    Je déglutis.
    
    — La situation est très tendue en ce moment et tu demeures en grand danger. Karen t’a orientée vers moi afin de t’offrir une protection adéquate. Mais je serai franche avec toi, Élia. Tu es l’une des nôtres et par conséquent, tu peux bénéficier de la protection de notre coven qui rassemble les sorcières comme toi et moi, mais aussi les personnes aux sympathies païennes. Tu y seras accueilli à bras ouverts. Mais ce choix n’appartient qu’à toi. Tu peux décider de rester seule et je ne m’opposerai pas à ta décision. À toi de choisir.
    
    — Il… il existe un coven ?
    
    — Bien sûr, Élia. Il se nomme « le coven d’Endwoods » et existe depuis la création de notre espèce.
    
    Je me figeai, de plus en plus surprise par ces révélations. J’étais au fait de réunions de sorcières, de sabbat, mais aucune rumeur concernant l’existence d’un coven n’existait dans notre comté ou dans le pays. C’était la première fois que l’existence d’un tel rassemblement m’était révélée.
    
    La perspective de rejoindre mes semblables était réconfortante. La confiance que me portait Raonaid, sans me juger malgré mes mensonges me fit du bien. Cependant, quelque chose m’effrayait. Je craignais de commettre une nouvelle erreur. Tout ce qui se déroulait depuis l’attaque des cavaliers fous échappait à mon maigre contrôle. Dans quelle voie m’engager pour prendre la bonne décision ?
    
    Comment ce coven pourrait-il me protéger alors qu’il n’avait pas pu sauver Karen du bûcher ? Je n’étais pas invincible et encore moins une guerrière.
    
    — À toi de choisir, Élia. Je suis en mesure de répondre à nombres de tes questions et de t’aider à maîtriser tes pouvoirs. Mais le temps, comme ma patience, est limité. Je n’attendrai pas éternellement que tu viennes à moi. Décide vite ou il sera trop tard.
    
    Tout en affichant un sourire cristallin, elle me désigna la porte de sortie. N’osant pas répliquer, je regagnai l’église. Alors que je m’attendais à ce que Raonaid suive mes pas, celle-ci avait disparue.
    
    

Texte publié par Elia, 3 janvier 2018 à 11h59
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