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Tome 1, Chapitre 4 « Une braise dans la tempête - Partie II » Tome 1, Chapitre 4
Aussitôt, le rugissement de la tempête se fit plus fort et la porte claqua contre le chambranle. Killian vacilla et faillit tomber mais se réceptionna à temps en prenant appui contre le mur. Une fois son équilibre rétabli, il se recroquevilla et sortit.
     Ses tentatives pour rester le plus sec possible furent vaines. Sa capuche fut rabattue au bout de quelques secondes et ne cessa de s’agiter et de lui fouetter le visage. Le reste de son imperméable se colla rapidement contre son corps et en devint gênant, si bien qu’il regretta presque de l’avoir emmené. Des gouttes glissaient à l’intérieur et son jean fut détrempé en quelques secondes. Les mâchoires serrées, il ignora l’humidité et le froid et se força à avancer contre le vent. Ceci étant, il préférait cela car il n’aurait pas parié sur lui-même dans le cas inverse où il aurait eu à lutter contre sa poussée et à éviter de se faire emporter.
     L’eau brouillait sa vue mais malgré tout, il repéra rapidement la personne. Elle était affalée sur la route, ventre contre le sol, entourée de quelques objets épars et légers, telles qu’une trousse ou une boule-à-neige brisée qui disparurent ensuite. Parmi les hurlements des rafales, il crut entendre quelques échos gémissants. Il se dirigea aussitôt vers elle, inquiet ; le goudron seul ne lui permettrait pas de résister longtemps. Il lui cria de tenir bon bien qu’il fût conscient de l’inutilité de ses paroles ; il ne sut pas s’il avait été entendu. Occupée à forcer sur ses bras pour ne pas bouger davantage, la personne ne releva pas la tête. Après un temps qui lui parut interminable et alors qu'elle avait déjà glissé sur un bon mètre pour s'immobiliser ensuite en s'accrochant à une bouche d’évacuation qui lui offrait une prise inespérée, il parvint à son niveau et lui attrapa le bras.
     – Venez ! souffla-t-il tandis qu'elle prenait appui sur lui.
     Il ne tarda pas davantage pour prendre le chemin contraire, cette fois aidé par le vent et guidé par la lueur à la fenêtre – il dut par contre s’efforcer de ne pas rentrer dans le mur.
     La porte claquait toujours et était sur le point de céder lorsqu’il la retraversa. Il déposa précipitamment la personne pour la refermer derrière lui, et il lui fallut batailler quelques secondes pour y parvenir. Une fois le verrou bloqué, il ponctua sa victoire d’un soupir avant de reporter son attention sur celui ou celle qu’il venait de sauver. Recroquevillé contre le mur, son corps tremblait et les traits de son visage étaient cachés par un imperméable informe d’un orange carotte vif, dégoulinant d’eau et de boue. Il n’entendit pas les roues d’Alicia glisser sur le parquet tandis qu’elle les rejoignait pour les accueillir.
     Killian se rendit auprès de l’inconnu et s’agenouilla pour se mettre à son niveau tout en adoptant une attitude rassurante.
     – Est-ce que tout va bien ? s'enquit-il sous le regard interrogateur d’Alicia, qui essayait elle-même de juger l’état de la personne sans grand succès.
     Cette dernière releva subitement la tête, révélant une partie de son visage seulement, le reste demeurant masqué par la capuche. Elle l’abaissa, révélant un visage ovale aux traits fins et à la chevelure d'un roux sombre, abondante et lisse, réunie en un chignon qui avait dû être impeccable mais qui était à présent à moitié défait. Elle était jeune mais plus âgée qu’eux – ils ne lui donnaient pas plus de la trentaine. Ses yeux d’un vert profond auréolé de brun les observèrent tour à tour et ils furent décontenancés par leur apparente sérénité. Comme si elle ne s’était pas retrouvée ballotée par les vents et en même temps, comme s’il était tout à fait normal qu’elle se retrouvât là malgré tout.
     Alicia fronça les sourcils comme elle trouvait cela étrange, mais Killian ne s’embarrassa pas de ce détail. Il lui proposa de la débarrasser de son imper détrempé, ce qu’elle accepta, puis de son gilet tout aussi humide. Elle se retrouva ainsi en t-shirt, frissonnante malgré la température plus clémente de la pièce.
     – C’est une sacrée tempête, constata-t-elle tandis que son regard plongeait dans celui d’Alicia. On se croirait presque en hiver.
     Cette dernière ne répondit pas, troublée. Ses mots résonnaient à peine dans son esprit, mais elle doutait qu’ils eussent leur importance. Son regard… c’était comme si –
     – Nous devrions retourner dans le salon le temps que la tempête passe, intervint Killian, interrompant là ses réflexions. Cela devrait prendre encore un moment.
     Hébétée, Alicia cligna des yeux avant d’acquiescer en silence et de détourner le visage de l’inconnue. Pourtant, elle sentait toujours son regard peser sur elle – ou peut-être n’était-ce qu’une impression tenace.
     – Nous avons du thé si vous le souhaitez ! s’exclama-t-elle alors en manœuvrant pour faire demi-tour et dégager ainsi le passage tandis que les deux autres se redressaient. Enfin, je suppose qu’il doit être froid à présent, ajouta-t-elle, songeuse, en pénétrant dans la pièce à leur suite.
     Cela fit réagir Killian, qui s’empressa de récupérer le plateau avec les tasses froides et de retourner dans la cuisine. Alicia se plaça alors près de la fenêtre, là où elle se trouvait encore quelques minutes plus tôt, et il lui fallut quelques secondes pour s’apercevoir que la jeune femme se tenait toujours debout au milieu de la pièce, le port droit et tranquille mais ne sachant pas où se mettre. L’adolescente lui désigna alors le canapé.
     – Vous pouvez vous y installer, vous savez. Mon ami est en train de préparer du thé – au fait, vous en voudrez ? Je suppose qu’il ramènera directement l’eau chaude, cette fois, et qu’on se servira…
     – Ce ne sera pas de refus, accepta avec joie son interlocutrice d’une voix grave dotée d’un léger accent tout en s’asseyant. Vous… euh…, fit-elle, gênée, en désignant son fauteuil roulant.
     Alicia retint un soupir mais ne fit aucune remarque. Elle avait l’habitude de ce genre de questionnements, même si moins de la part d’inconnus. Elle secoua la tête.
     – Un accident. C’est irréversible, se contenta-t-elle de répondre, la gorge nouée.
     – Oh.
     La rouquine n’ajouta rien de plus, sensible à la douleur qui émanait soudain de l’adolescente et songeuse. Cette dernière, que ce silence rendait mal à l’aise, préféra le combler en changeant de sujet :
     – Au fait, vous êtes ?
     Cela tira la jeune femme de ses pensées.
     – Lastri. Je m’appelle Lastri Richard.

Texte publié par Ploum, 13 janvier 2018 à 21h56
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