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Tome 1, Chapitre 12 « Wildias » Tome 1, Chapitre 12
Cachée derrière une fenêtre, Aylia regardait avec horreur la bête de Wildias. Elle marchait dans la rue à la recherche de nouvelles proies. Deux habitants étaient prisonniers des tentacules qui composaient l’un de ses bras. Ils essayaient vainement de fuir leur agresseur, mais Aylia savait qu’ils n’avaient aucune chance. Afin de faire un bruit strident, son autre main en forme de pince frôlait la pierre des bâtiments, sûrement pour signaler son approche morbide. Haut de trois mètres, son corps tout en muscle possédait une peau grise extrêmement robuste. Lorsqu’il tourna sa tête au crâne allongé vers la fenêtre, ses quatre yeux sans paupières fixèrent la Volnyr. Prise d’horreur, Aylia se baissa. Ses deux compagnons l’imitèrent sans comprendre.
    
    « Il faut les aider ! lui dit Gorim.
    
    – Surtout pas, on reste là », lui dit Aylia.
    
    Elle remonta légèrement pour voir la rue. Par chance, le monstre continuait son chemin sans faire attention à eux.
    
    « Et pourquoi ? s’écria Gorim. »
    
    Aylia lui fit signe de ce taire d’un air menaçant.
    
    « Vous connaissez ce monstre ? demanda Scarlett à mi-voix.
    
    – Il s’agit d’un Haras… C’est un monstre qui appartient à l’armée de Velkloren.
    
    – Je comprends pourquoi votre œil s’active brusquement…
    
    – Je… Je ne pensais pas cela possible…
    
    – Velkloren serait vivant ? »
    
    Aylia ne sut quoi répondre. Elle qui d’ordinaire croyait dur comme fer à leur mort, la Volnyr se voyait en proie d’un grand doute. La remise en question de la mort du Vaar était en train de se promener dans les rues de Wildias.
    
    « Qui êtes-vous ? » demanda un homme qui arriva en trombe dans le salon.
    
    Aylia se releva avec ses deux compagnons. Basil alla à la rencontre du propriétaire. Il était très grand, un visage fin encadré par une chevelure châtain. À côté de lui se tenait sûrement son épouse, une femme légèrement plus petite au corps svelte, avec des cheveux longs blonds et bouclés.
    
    « Nous sommes envoyés par le roi Alderich, lui dit Basil. Nous venons…
    
    – Nous aider ? coupa l’homme. D’autres sont déjà venus et se sont fait tuer.
    
    – Mais cette fois, une Volnyr est avec nous », dit Basil en montrant Aylia d’un hochement de tête.
    
    La jeune femme leva les yeux au ciel puis s’avança. L’homme la dévisagea de ses pupilles bleues, pendant qu’Aylia lui tendit la main.
    
    « Votre œil en dit long… » dit-il d’une voix grave.
    
    Aylia ne fit aucun commentaire et resta immobile. Après une hésitation, le propriétaire lui rendit sa poignée de main.
    
    « Je suis Ashton, et voici Filia, ma femme.
    
    – Enchantée, répondit la Volnyr. Je suis Aylia Milvern. J’ai été envoyé par notre chef afin d’enquêter sur ce qui se passe ici. Je crois que nous avons trouvé une partie du problème… »
    
    Aylia recula pour laisser les autres se présenter. Le salon où ils se trouvaient était étroit pour un si grand nombre de personnes. Pourvu de deux fauteuils devant une cheminé éteinte, ainsi que de quelques bibliothèques et étagères sur les murs, c’était un coin charmant pour un couple.
    
    La Volnyr se demandait si elle pourrait couler des jours tranquilles dans un endroit comme celui-ci. Quitter ce monde violent et s’enfermer dans une maison semblable était une idée attirante. Ashton la ramena à la réalité avec sa demande :
    
    « Qu’est-ce que vous allez faire pour nous aider ?
    
    C’était une bonne question. Par où devait-elle commencer ? Aylia avait déjà une petite idée : un Haras possédait forcément un nid. Il fallait donc retrouver l’autel ainsi que le magicien responsable de son invocation. La Volnyr refusait de croire au retour de Velkloren, pour elle s’était absolument impossible.
    
    « Où habite le Maire ? Je vais commencer par aller le voir, lui demanda Aylia.
    
    – Ne sortez pas ! » s’écria Filia.
    
    Aylia écarquilla les yeux, perdues.
    
    « Je vais réussir à éviter le Haras, ça ira.
    
    – Non, lui dit Ashton. C’est trop dangereux. Attendez minuit qu’il disparaisse et nous irons le voir.
    
    – Minuit ? demanda Gorim, surpris.
    
    – Le Haras nous hante de midi à minuit… Nous sommes obligés de vivre entre ces horaires-là si nous ne voulons pas mourir », expliqua Ashton.
    
    Cette fois, Aylia était convaincue qu’il s’agissait d’une invocation. Elle n’avait jamais entendu parler d’un monstre de l’armée de Velkloren agir de cette manière. Le groupe attendit jusqu’à minuit, le temps que Filia leur serve un thé afin de patienter. Ashton se montra très intéressé par Aylia, surtout envers ses pouvoirs. Il n’arrêtait pas de la questionner pour savoir si elle serait assez forte pour vaincre un Haras. Mais la Volnyr n’était pas folle, ces monstres étaient d’une puissance redoutable. Un seul guerrier face à lui n’avait que peu de chance de victoire, même si c’était un Volnyr. Scarlett et Gorim allaient sans doute se montrer utiles une fois de plus.
    
    Passé l’heure fatidique, les aventuriers quittèrent la maison. L’œil d’Aylia était redevenue normal, signe que le Haras avait disparu. Comme elle s’y attendait, Aylia vit de nombreuses personnes sortirent de chez eux. Mais une chose la terrifia. À la lueur de la lune, chaque habitant se transforma brutalement : leur peau devint grisâtre et leurs pupilles d’un jaune éclatantes. Jamais Aylia n’avait vu une chose pareille.
    
    Un de ces êtres leur fonça dessus dans un cri de rage. Aylia sortit son épée pour se défendre. La vitesse du monstre lui permit de la frapper d’un coup d’épaule pour la pousser. Aylia grimaça de douleur et tituba, véritablement surprise par l’assaut éclair de cet être si étrange. Il hurla à la nuit avec un regard plein de haine. Il s’apprêtait à charger quand une main lui attrapa la tête et le propulsa contre le mur. L’impact fut si violent que la pierre se fissura et le monstre tomba raide mort. Lorsque la Volnyr jeta un œil à son sauveur, ce n’était rien d’autre qu’Ashton avec les mêmes transformations que son assaillant.
    
    « J’ai oublié de vous prévenir… expliqua Ashton. Voici la véritable malédiction qui pèse sur notre ville. Nous nous transformons en monstre lorsque la lune nous éclaire de ses rayons. Comme vous pouvez le voir, cela nous rend bien plus agressifs et certains perdent le contrôle de leur esprit. Ce n’est pas la première fois que cela arrive… »
    
    Aylia se demandait vraiment ce qu’il pouvait bien se passer. Jamais elle n’avait vu ou lu une chose pareille. Gorim et Scarlett coururent vers Aylia pour vérifier qu’elle allait bien.
    
    « Ça va, ne vous inquiétez pas. Allons vite voir le maire. Basil ! appela-t-elle.
    
    – Oui ? demanda-t-il après être sorti de la maison.
    
    – Vous et vos hommes, fouillez la ville et veillez aux habitants. Si jamais vous tombez sur le Haras, surtout ne le combattez pas. Fuyez le plus rapidement possible et cachez-vous.
    
    – D’accord. Vous allez voir le maire ?
    
    – Oui, je dois régler certains détails avant de me mettre en chasse.
    
    – Bonne chance, alors ! »
    
    Sur ceux, les chevaliers d’Alanka se mirent en route pour questionner et aider les nécessiteux. Aylia, Gorim, Scarlett et Ashton prirent le chemin de la Mairie. Le mari de Filia avait gentiment accepté de les guider à travers la ville, surtout lorsqu’il révéla à Aylia qu’il connaissait l’endroit où apparaissait le Haras. Mais avant toute chose, la Volnyr devait parler de la récompense pour son travail, c’était vital. Peut-être un peu honteux de demander une somme d’argent, mais les Volnyrs n’avaient plus le choix aujourd’hui. Maintenant que Loan leur coupait les vivres, et qu’en plus il les empêchait de circuler librement, leur race était menacée.
    
    La ville de Wildias était d’un type de construction original. En plus des routes pavées, les maisons de pierres aux poutres de bois étaient collées les unes aux autres pour former des ruelles. Le style gothique de l’architecture n’était vraiment pas répandu, Aylia ne l’avait vu que dans certains livres.
    
    Autour d’elle, la population vaquait à leurs occupations habituelles. Les magasins avaient ouvert, les restaurateurs préparaient les couverts, des forgerons frappaient du marteau… Mais tout le monde était transformé en espèce de monstre gris. Malgré tout, certaines personnes avaient encore le sourire et plaisantaient dans les rues. Des musiciens tentaient de faire oublier leur malheur grâce à des ballades dynamiques et des danses folkloriques. Aylia trouvait ça très courageux. Elle-même ne supporterait pas une telle malédiction. Rien que de les voir, une grosse envie de décapiter le responsable l’envahissait.
    
    Même si le Haras avait disparu, la brume était toujours là. Comme un poison lent, elle détruisait la végétation présente dans la ville : des arbres plantés dans un petit cercle de pierres, des pots de fleurs sur les rambardes des fenêtres… Petit à petit, leurs feuilles perdaient en éclats jusqu’à tomber au sol. Quelques animaux de compagnie gambadaient, eux aussi dans un triste état. Aylia se sentit peinée de les voir avec des griffures saignantes, des touffes de poiles manquantes et boiter dans les rues.
    
    Plus elle avançait vers la Mairie, plus elle vit la détresse de Wildias. La ville était en train de mourir, elle n’avait pas de temps à perdre. Il fallait encore que le Maire soit quelqu’un de raisonnable afin de recevoir la récompense adéquate, et elle tuerait le Haras rapidement. Ce n’était pas vraiment ça le plus dur, c’était surtout de trouver le responsable de toute cette souffrance.
    
    « Nous sommes arrivés », leur dit Ashton.
    
    Aylia leva les yeux vers le bâtiment qui surplombait la ville. Plus grand que les habitations, des poutres de bois soutenaient une grande terrasse faisant le tour du premier étage. Dans la même architecture du reste de la ville, il y avait quelques lampes accrochées afin d’y éclairer la pancarte « Mairie » posée sur la rambarde. Les aventuriers s’approchèrent de la porte en bois, où il était demandé de frapper et d’attendre qu’on vienne à leur rencontre.
    
    Sans chercher davantage, Aylia suivit la note clouée sur la porte. Un homme vint leur ouvrir. Comme les rayons lunaires ne l’avaient pas atteint, et grâce au petit préau de bois, elle ne pouvait pas le transformer. Un visage anguleux aux cheveux courts, avec de petits yeux inquisiteurs dévisagèrent le groupe. L’homme réajusta ses lunettes avant de demander :
    
    « Qui êtes-vous et que voulez-vous ?
    
    – Je suis Aylia, une Volnyr. Je viens vous débarrasser de la malédiction qui pèse sur votre ville, mais j’aurais besoin de m’entretenir avec le Maire avant tout.
    
    – Je vois. Entrez. »
    
    L’homme écarta le battant et les invita à se diriger vers la salle d’attente sur leur gauche. Il y avait un canapé d’angle avec quelques fauteuils, le tout avec de hauts murs supportés par des poutres en bois. Le plancher grinçait sous le poids de leur botte, alors qu’un feu de cheminée crépitait et chassait le froid de ses flammes. Ils n’eurent pas le temps de s’assoir et de se détendre, l’homme frappa à l’unique porte, puis invita le groupe à entrer.
    
    Cette fois-ci, ils se retrouvèrent dans une salle au sol tapissé. Derrière un bureau de bois gigantesque pour une seule personne, le Maire se leva à l’arrivée des aventuriers. Le visage légèrement ridé et chauve, il portait une veste bleue nuit attachée par de petites chainettes dorées argentées par-dessus un tee-shirt. Il fronça les sourcils alors qu’Aylia voulut lui serrer la main.
    
    « Qu’est-ce que vous voulez ? » demanda-t-il froidement.
    
    Une superbe approche, pensa Aylia. Afin d’éviter de passer pour une imbécile, elle laissa tomber la poignée de main et entra dans le vif du sujet. Après tout, c’était ce que voulait le Maire.
    
    « Je suis Aylia, une Volnyr. J’ai été envoyé ici pour enquêter sur la malédiction qui pèse sur vos épaules. J’ai pu en avoir un aperçu et je suis en mesure de vous en libérer.
    
    – Eh bien faite, » dit-il en balayant la proposition d’un revers de main.
    
    Aylia fronça les sourcils. Les manières de cet homme ne lui plaisaient pas. De plus, il n’avait même pas pris la peine de se présenter, quel être méprisable.
    
    « J’aurais besoin d’une compensation, monsieur ? demanda Aylia.
    
    – Lerrence. Comment ça une compensation ? Vous voulez qu’on vous paye ?
    
    – Exactement. »
    
    Le Maire lui darda un regard noir. Gorim et Scarlett étaient assez surpris eux aussi par l’approche d’Aylia. Comme ils connaissaient les problèmes de son peuple, ils comprenaient très bien pourquoi elle demandait ça. C’était quand même triste d’en arriver là. Scarlett voyait les choses tellement différemment, si bien qu’elle se surprit à se demander si Aylia pensait réellement comme ça, ou était-ce la situation qui l’exigeait.
    
    « Nous n’avons rien à vous donner ! Occupez-vous de ça ou partez. De toute façon, nous allons nous débrouiller seuls.
    
    – Face à un Vaar ? demanda Aylia pour lui faire peur.
    
    – Quoi ? s’exclama Lerrence, les veines sortantes de colère.
    
    – Le Haras qui parcourt vos rues est une créature de l’armée de Velkloren. La magie utilisée ici est bien plus puissante que je ne l’imaginais. De plus, je pense que les Nécromanciens en sont responsables. A vous de voir si vous voulez de l’aide ou non. Mais seriez-vous capable de faire face ? »
    
    Lerrence s’appuya sur son bureau, dévisageant Aylia d’un regard mauvais.
    
    « C’est n’importe quoi ! Les Vaars sont tous morts et vous le savez très bien ! Et puis les Nécromanciens ont disparu ! Tout ça, ce ne sont que des mensonges pour nous extorquer de l’argent !
    
    – Absolument pas ! s’indigna Scarlett. J’ai été enlevée par les Nécromanciens il y a quelques jours. Ces deux personnes m’ont sauvé la vie, alors je peux vous assurer que ces magiciens noirs sont en pleine manigance. »
    
    Lerrence la toisait du regard. A priori, il ne les croyait pas et allait s’entêter dans sa bêtise.
    
    « Mensonge… lui dit-il en bombant le torse.
    
    – Pardon ? s’exclama Scarlett. Je suis une Enile et nous n’avons pas pour habitude de mentir, monsieur ! Je vous demande de vous excuser, immédiatement ! »
    
    Aylia fut surprise de voir la jeune femme d’une telle colère. Elle qui d’habitude était plutôt amicale, à s’émerveiller sur tout et n’importe quoi, voilà qu’elle montrait ses crocs. Cela ne déplaisait pas à la Volnyr, bien au contraire. Mais Scarlett sursauta lorsque Lerrence frappa sur son bureau. Il tendit le doigt vers l’Enile d’un air menaçant.
    
    « Sûrement pas ! Et dites-moi encore de m’excuser et vous allez avoir à faire à moi ! »
    
    Aylia bouillit de rage. Dans un mouvement vif, elle attrapa la main du Maire, le tira vers elle puis sortit sa dague pour pointer la lame vers sa gorge.
    
    « Si vous la touchez… » lui dit Aylia tout en serrant les dents.
    
    Le regard noir de Lerrence s’effaça pour laisser place à une terreur. Il leva rapidement les mains en signe de résignation.
    
    « Maintenant c’est simple, lui dit la Volnyr. Nous allons nous occuper de cette malédiction et du responsable. Ça vous fera 3000 Florins, dont 1500 immédiatement. Et si vous continuez comme ça, le prix augmentera. Je ne laisserais pas la population aux mains de ce Haras à cause d’un abruti comme vous. Et si vous n’acceptez pas, vous aurez à faire à moi. »
    
    Le regard dur et sévère d’Aylia jeta un froid dans la pièce. Un blanc s’installa. Le Maire se résigna et, après qu’Aylia l’eut lâché, ouvrit un coffre derrière lui. Il rassembla la somme dans un sac de cuir qu’il donna à la jeune femme. La Volnyr le prit et l’attacha à sa ceinture.
    
    « Bien. »
    
    Sur ceux, ils quittèrent les lieux et se retrouvèrent en pleine rue.
    
    « Merci pour votre soutien », dit Scarlet à l’intention d’Aylia.
    
    Elle avait retrouvé son visage amical, comme si rien ne s’était passé. Rouge de colère, la Volnyr hésitait à y retourner pour frapper cet imbécile.
    
    « Pas de problème », répondit la jeune femme.
    
    C’était seulement maintenant qu’elle se rendit compte qu’elle l’avait aidé parce qu’elle l’appréciait. Cette fois, Aylia devait se rendre à l’évidence : elle voyait Scarlett et Gorim comme deux amis, et non plus comme des compagnons.
    
    « Aylia, appela Ashton. Je peux vous montrer où le Haras apparait à midi. »
    
    La jeune femme leva les sourcils, surprise par cette proposition.
    
    « Vous savez d’où il vient ?
    
    – Nous l’avons vu par hasard et… plusieurs personnes en ont perdu la vie. Vous voulez voir ?
    
    – Bien sûr !
    
    – Alors, allons-y. Il apparaît dans le cimetière, à la limite nord-est de la ville. »
    
    Évidemment. Aylia eut un rictus tout en sachant cela. Les Nécromanciens aimaient bien ce genre d’endroit, au moins ils ne pouvaient pas manquer de cadavres…
    
    

Texte publié par Seiki, 24 janvier 2018 à 18h20
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