Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Chapitre 10 « Alderich » Tome 1, Chapitre 10
Une nuit entière à dormir sur un pauvre lit simple au matelas troué et sale. En plus de ça, Aylia devait supporter les plaintes des autres détenus alors qu’elle attendait avec impatience qu’on la délivre. Elle espérait que ces trois abrutis de gardiens avaient prévenu leur commandant. La Volnyr profita de ce temps pour réfléchir à tout ce qu’elle avait vu jusque-là. Il était facile d’établir un lien entre les Nécromanciens et la malédiction qui touchait Wildias. Mais pourquoi ces mages noirs, d’ordinaire cachés, se mettaient à agir au grand jour ? S’ils préparaient un mauvais coup, il fallait absolument les arrêter.
    
    Les recherches faites dans la forêt des pins maudits étaient des plus inquiétantes. Ressusciter une personne avec son âme, c’était tout bonnement contre nature. D’un autre côté, cela permettrait à Aylia de revoir sa tendre amie, morte depuis longtemps maintenant… La jeune femme secoua la tête, honteuse de penser à une chose pareille. Si elle gardait les souvenirs de sa mort, il y avait peu de chance qu’elle veuille la revoir. Après tout, elle était décédée par sa faute. Aylia réprima une larme puis soupira de lassitude.
    
    Qu’attendait Albert pour venir la libérer ? Aylia ne savait même pas si le soleil était déjà levé ou non, difficile à dire dans un sous-sol dépourvu de fenêtres, éclairés seulement par quelques torches éparses. Le plus grave, c’était qu’elle perdait son temps dans une cellule… Pour la première fois, elle espérait voir Scarlett et Gorim venir la secourir. Aylia se prit la tête dans les mains. Elle se sentit honteuse d’avoir été si dure avec eux hier soir. Elle les avait sauvés, puis ils s’étaient rendus très utiles dans sa quête, pour finir traités comme deux boulets enchainés à ses pieds. Et pourtant, ils étaient bien loin d’en être.
    
    Aylia soupira et plaqua sa tête contre le mur. Dans un élan de colère, elle frappa un barreau de sa cage d’un coup de pied, mais à part se faire mal et déclencher un bruit sourd, cela n’avait aucun effet. Gorim et Scarlett voulaient seulement l’aider pour la remercier. C’était un honneur pour les Nains et les Eniles, et elle, elle leur avait craché dessus. Une conduite honteuse pour une Volnyr.
    
    De toute façon, cette question ne se posait plus, ils ne reviendraient pas.
    
    Des bruits interrompirent ses réflexions qui n’en finissaient plus. Elle se leva à la hâte, l’espoir brillant dans ses yeux. Lorsqu’elle vit l’armure d’argent cliqueter au rythme des pas du chevalier à la cape rouge, elle fut complètement soulagée. Elle souffla de bonheur lorsqu’elle reconnut le crâne chauve d’Albert. Le commandant avait un trousseau de clés dans la main et vint à la rescousse de la pauvre Volnyr.
    
    « Je vous prie de m’excuser… lui dit Albert en soupirant.
    
    – Il n’y a pas de mal, vos hommes font leur travail.
    
    – Je vais leur redonner des cours pour reconnaitre votre peuple, cela ne peut pas durer comme ça. Si d’autres d’entre vous viennent à notre rencontre et qu’ils finissent dans une cellule, cela ne va pas aider nos relations.
    
    – Oh ben je ne vois pas pourquoi, c’est tellement confortable, lui dit Aylia d’un ton sarcastique en montrant la cellule d’un revers de la main.
    
    – J’image », répondit-il avec le sourire.
    
    Albert ouvrit la cage et montra du doigt les effets personnels de la jeune femme. Elle s’empressa de reprendre ses armes. Malheureusement, sa veste et son corset étaient encore à l’auberge.
    
    « Je vais pouvoir sortir ? Le reste de mes vêtements sont dans la petite taverne au centre de la ville.
    
    – Ne vous inquiétez pas, vous allez bientôt pouvoir partir. Le roi aimerait vous voir avant. »
    
    Aylia écarquilla les yeux et demeura pantois.
    
    « Le roi ? Vraiment ?
    
    – Oui, je lui ai parlé de vous et des Nécromanciens. Je crois qu’il veut vous remercier en personne.
    
    – Il n’est pas obligé…
    
    – Il insiste. Allez, suivez-moi dame Volnyr. »
    
    Aylia acquiesça d’un hochement de tête et suivit Albert. Le château était tout ce qu’il y a de plus normal. Il était fait de pierres grisâtres, avec une multitude de couloirs et d’escaliers pour se rendre dans différents endroits. Le tout éclairé par des torches et des braseros. Aylia était contente de sortir enfin de cette prison horrible. Arrivée dans un grand hall, elle put voir la lumière du soleil matinal traverser de grandes fenêtres. Le matin s’était déjà levé et il lui fallait vite reprendre sa route. Elle suivait le commandant, avec une grosse envie de le pousser pour accélérer le mouvement.
    
    Albert lui fit passer une double porte en bois au fond du hall, pour l’emmener dans une salle encore plus grande, soutenue par une série de piliers. Contrairement au cliquetis de l’armure d’Albert, le bruit de leur pas était étouffé grâce au tapis sur lequel ils marchaient. Le roi se trouvait sur son trône, habillé d’un long manteau rouge et or. La couronne reposait sur sa tête ronde aux longs cheveux noirs, avec une barbe broussailleuse. Il tapotait l’accoudoir du bout des doigts, véritablement lassé d’attendre.
    
    Lorsqu’Albert et Aylia arrivèrent devant lui, ils s’agenouillèrent avec respect.
    
    « Allons, allons. Relevez-vous. »
    
    Ils s’exécutèrent.
    
    « Je vous prie d’excuser mes hommes de vous avoir causé tant d’ennuis, dit le roi à Aylia. Les Volnyrs sont, bien évidemment, les amis d’Alanka, dit-il avec sincérité la main sur le cœur.
    
    – Je vous remercie, sir, répondit la Volnyr en hochant la tête.
    
    – Ah, excusez mon impolitesse. Je suis Alderich, roi d’Alanka. Et vous ?
    
    – Aylia Milverne, je suis envoyé par notre chef pour enquêter sur une malédiction qui pèserait sur Wildia. »
    
    Le roi se gratta la barbe, soucieux.
    
    « Oui, je vois… Comment se porte votre peuple ? demanda-t-il avec intérêt.
    
    – Mal. »
    
    Le roi fronça les sourcils. Il soupira avant de frapper son trône du poing.
    
    « Je suppose que ce satané Loan vous fait vivre un enfer ?
    
    – C’est effectivement le cas, répondit Aylia. Il nous a coupé les vivres et nous sommes devenus des mercenaires en quête d’argent. Cependant, ses soldats nous posent souvent problème. Ils nous cherchent et nous chassent comme des animaux s’ils nous voient sur leur terre. »
    
    Alderich frappa encore plus fort, puis jura d’une puissante voix. De toute évidence, il n’aimait pas ce nouveau roi humain.
    
    « Pour tout vous avouer, dame Volnyr, nous n’avons plus aucun lien avec le royaume d’Astria. Nous nous débrouillons seuls. Loan n’est qu’un enfoiré de roi qui ne mérite pas sa place, nous le combattrons avec force ! »
    
    Aylia fut surprise, mais contente d’entendre ça. Ainsi, tout n’était pas encore perdu pour cette région. La jeune femme croisa les bras, concentrée sur son récit.
    
    « Mais… le roi baissa la tête, avant d’afficher un air désespéré. Les Eniles vivent bien loin de nous et sont bloqués par Loan. Les Tingers se sont enfoncés dans la jungle du sud et ne veulent plus en sortir, encore moins pour faire affaire avec des Humains. Seul le maire de la croisé d’Uril, au sud d’ici, arrive à maintenir une harmonie entre chaque espèce. Mais je ne sais pas si cela va durer… Enfin bon, ce ne sont pas vos affaires. D’ailleurs, revenons-en à Wildias. J’ai quelques infos à vous donner. »
    
    Aylia fronça les sourcils, curieuse d’entendre ce que le roi d’Alanka avait à lui dire.
    
    « J’ai eu vent de cette malédiction et j’ai envoyé un magicien enquêter. Il s’appelle : Vern, mais il n’est jamais revenus… Pourriez-vous le retrouver ? Bien sûr, je vous récompenserai. »
    
    Un magicien ? Aylia se demandait comment il avait pu disparaître. En général, les êtres magiques étaient dotés d’une puissance suffisante pour survivre.
    
    « Je ferais ce que je peux, lui dit Aylia.
    
    – Je peux vous faire escorter par plusieurs hommes si vous voulez.
    
    – Non merci je travaille seule. »
    
    Alderich leva les sourcils, surprit. Il se tourna vers Albert, décontenancé. Le chevalier haussa les épaules, puis le roi eut un petit rire.
    
    « Très bien, comme vous voulez. Je vous laisse partir pour Wildias dans ce cas. Vos chevaux sont prêts.
    
    – Vos ? » demanda Aylia, inquiète.
    
    Pour seule réponse, le roi lui fit un large sourire. Aylia ne comprit pas ce qu’il voulait dire. Albert fit signe de le suivre et il la raccompagna jusqu’à l’entrée du château. Elle s’aperçut rapidement pourquoi le roi était amusé.
    
    En bas des escaliers qui menaient aux portes, Scarlett et Gorim attendaient avec trois chevaux prêts à être montés. Aylia soupira. Albert lui fit un sourire puis, après une tape amicale sur l’épaule, retourna à l’intérieur de l’édifice. Le vent extérieur donna des frissons à la jeune femme. Être en chemise de si bon matin n’était pas une bonne idée.
    
    Elle descendit et vit Gorim lui tendre sa veste et son corset. Elle prit ses affaires et les enfila rapidement pour se protéger du froid. Aylia était partagée entre plusieurs sentiments, impossible de savoir si elle était contente de les voir ou si elle était déçue de repartir à l’aventure avec eux. Au fond de son cœur, elle voulait les remercier, mais c’était difficile de se rapprocher de quelqu’un.
    
    Aylia baissa la tête tellement elle se sentait pitoyable. Incapable de dire merci ou d’être contente de voir une connaissance. Comment avait-elle pu tomber aussi bas ?
    
    « As-tu fini de te balader dans les rues ? demanda le Nain en rigolant.
    
    – J’ai poursuivi un démon…
    
    – Oh ? »
    
    Aylia leur expliqua sa chasse nocturne, sans pour autant leur parler de son cauchemar. Encore moins quand le Nain lui avait demandé pourquoi elle ne dormait pas. La jeune Volnyr en profita pour leur raconter ce qu’avait dit Alderich au sujet de Loan, mais surtout de Vern, le magicien envoyé à Wildias. Gorim resta bouche bée pendant cette histoire.
    
    « Un mage a disparu ? s’enquit de demander Scarlett, tout aussi surprise.
    
    – J’en ai bien peur… lui dit Aylia.
    
    – Bon sang ! s’emporta Gorim. Comment allons-nous faire ? Cette malédiction doit être vraiment dangereuse, dit-il en se tordant les doigts.
    
    – Si tu as si peur, tu peux rester ici, lui dit Aylia d’un ton moqueur.
    
    – Surement pas ! Je vais vous aider. »
    
    Aylia se retint de rire avant de monter à cheval, aussitôt imitée par ses deux compagnons. Ils se mirent alors en route pour Wildias, la ville en proie à une terrible malédiction…

Texte publié par Seiki, 10 janvier 2018 à 18h19
© tous droits réservés.
Commentaire & partage
Consulter les commentaires
Pour réagir â ce chapitre et poster une review, veuillez vous identifier ou vous inscrire !
«
»
Tome 1, Chapitre 10 « Alderich » Tome 1, Chapitre 10
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
1028 histoires publiées
484 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Jonas
LeConteur.fr 2013-2018 © Tous droits réservés