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Tome 1, Chapitre 2 Tome 1, Chapitre 2
Assise sur son lit depuis plusieurs secondes, Nathalie se redresse et se remet à faire les cent pas. Elle a beau tout tenter pour se calmer, sa colère et sa peine ne passent pas ; même ses exercices de respiration coutumiers ne l’y aident pas.
    Je dois arrêter de ressasser !
    Elle marche jusqu’à son sac, puis en tire son paquet de cigarettes. De l’extérieur, il ressemble à son emballage habituel ; toutefois la jeune femme sait qu’il n’en est rien. Son contenu est différent. Son frère cadet fabrique désormais ses propres clopes et, contre son silence, il ne rechigne jamais à lui offrir sa part.
    Aujourd’hui, Nathalie sent que seul ça sera capable de l’apaiser. Alors qu’elle s’apprête à en allumer une, deux coups frappés contre la porte l’interrompent.
    — Chérie ? Chérie, ouvre s’il te plaît. J’ai horreur qu’on se dispute.
    La voix de Christophe est suppliante. Elle devine qu’il s’en veut et s’attriste de son repli dans la chambre. Néanmoins, elle ne s’attendrit pas.
    — Il fallait y songer plus tôt.
    — J’ai eu tort de me moquer, je le reconnais. Tu sais que la colère ne résout rien et qu’elle ne fera que t’entraver. Elle ne t’apportera pas la paix.
    La jeune femme soupire. Cependant, elle ne proteste pas. Elle a conscience qu’il dit vrai.
    — Je peux entrer ?
    Elle hésite.
    Il va encore me prendre pour une folle. Et ne le suis-je pas un peu en réalité ?
    — Tu me promets de ne plus te moquer ?
    — Je te le jure.
    Nathalie le sent sincère. Elle se dirige donc vers la porte et la déverrouille. Son fiancé pénètre dans la pièce et la prend immédiatement dans ses bras. Comme toujours dans ces cas-là, sa fureur s’évapore. Elle se laisse aller contre son torse.
    — Je te répète que je ne mens pas…
    — Je ne pense pas que tu mentes. Mais tu avoueras que c’est difficile à croire. Peut-être l’as-tu imaginé ? Il est possible que ta chute t’ait provoqué une sorte de vision. Tu avais fumé avant d’aller dans l’eau ?
    Frustrée, Nathalie secoue la tête.
    Je le savais. Il n’acceptera pas l’existence d’une telle créature.
    — Non, le dément-elle. Je l’ai aperçue avant ma chute, pas après. Tu dois me croire, Christophe. Ton père dissimule... j’ignore quoi dans sa piscine. Tu aurais vu son regard en entrant dans le salon !
    — Qu’y cacherait-il ? Une « femme d’eau » ? Ma mère y est allée le matin et n’a rien remarqué. Tu ne trouves pas ça étrange ?
    Si la voix de l’homme qu’elle aime est douce, son ton est clair : elle doit se calmer et redescendre les pieds sur terre. Elle souhaiterait presque le forcer à ouvrir les yeux. Elle a besoin qu’il lui accorde du crédit, besoin d’être soutenue.
    — Je ne peux pas l’expliquer. Cette femme était là, j’en suis convaincue.
    Son corps tremble d’appréhension. Va-t-il à nouveau se moquer d’elle et la traiter d’hystérique ? Il lui semble que oui. Cependant, Christophe se contente de la serrer plus fort dans ses bras et de déposer un baiser sur son front.
    — Je ne sais pas quoi te dire, à part que je suis là. Tout va s’arranger, j’en suis certain.
    — Est-ce que tu me crois ?
    Son ton est implorant, mais elle ne s’en formalise pas. En ce moment, c’est le dernier de ses soucis.
    — Je crois que tu as besoin de te détendre. Que dirais-tu d’un bain ? On pourrait le prendre ensemble ? Je veux même bien le faire couler.
    Nathalie se force à sourire. Puis elle acquiesce et le regarde partir.
    Malgré l’amour que son fiancé lui porte, elle comprend qu’elle va devoir se débrouiller seule pour obtenir des réponses à ses questions. Et même si ça ne l’enchante pas, elle ne voit qu’un moyen d’y parvenir.
    Elle doit parler avec son beau-père.
    
    

    
    La jeune femme se rend chez ses beaux-parents dès le lendemain matin. Tout au long de son trajet en bus, elle ne cesse de prier pour que Claude soit présent et lui ouvre – elle ignore comment elle justifiera sa venue à Françoise si elle tombe sur elle, d’autant plus qu’elle lui a signifié que la piscine resterait inaccessible un petit temps…
    Advienne que pourra, songe-t-elle en franchissant la barrière et en remontant l’allée de la demeure.
    Nathalie sonne à la porte, puis attend. Si elle ne s’est pas trompée, la mère de Christophe est à son club de lecture : les chances sont de son côté. Ou Claude est là ou elle s’est déplacée pour rien ; elle n’a aucune raison de s’inquiéter.
    Par chance, la porte s’ouvre vite.
    — Nathalie ? s’étonne son beau-père
    — Bonjour. Je ne vous dérange pas ?
    Contrairement à sa femme, elle n’arrive pas à le tutoyer – et ça ne paraît pas le gêner.
    — Non. J’espère juste que tu n’es pas là pour nager : le bassin reste fermé. Je m’en voudrais que tu te sois déplacée pour rien.
    — En vérité, je viens vous voir.
    — Moi ?
    Elle hoche la tête, pas le moins du monde surprise par son air étonné : lui et elle n’ont jamais été très proches. Il n’est d’ailleurs pas plus proche de son fils : Claude est un solitaire.
    — C’est au sujet de la piscine, et de ce qu’il m’y est arrivé.
    — Tu veux discuter de ta chute ?
    — De la femme… créature… ou quelle qu’elle soit.
    Un instant, la panique se manifeste sur le visage de son beau-père ; toutefois elle passe si vite que Nathalie pourrait croire l’avoir inventée.
    — De quoi parles-tu ?
    Ne niez pas, s’il vous plaît.
    — Je pense que vous le savez et que c’est pour cette raison que vous avez fermé le bassin. Quelque chose s’y trouve. N’est-ce pas ?
    — Nathalie, est-ce que tout va bien ? Tu… Tu as pris de la drogue ? On peut t’aider si tu as des problèmes et…
    — Non !
    La violence de son ton la surprend. La jeune femme s’accorde deux ou trois secondes pour se calmer.
    T’emporter ne t’aidera pas à obtenir des réponses.
    — S’il vous plaît, reprend-elle d’une voix plus sereine. J’ai besoin de découvrir la vérité. J’ai vu… une personne d’eau avant de m’enfuir. Je pense qu’elle m’a touché dans la piscine. Je suis sûre qu’elle est réelle. Je veux juste savoir qui elle est et pourquoi vous la cachez. Je…
    — Arrête.
    Il s’agit davantage d’un ordre que d’une supplication. Claude est contrarié, elle le devine sans peine. Le fait qu’il ne lui ait toujours pas proposé d’entrer lui laisse penser que la conversation se passe assez mal.
    — Je ne sais pas ce qui te prend, mais arrête. Il n’y a rien de tel dans notre piscine. Tes paroles… ce sont des délires d’adolescentes droguées !
    — Non, je…
    — Tu es comme tous ces hippies qui prônent la paix et l’amour en passant leur temps à se détruire le cerveau. Je te pensais plus sage.
    Non ! C’est faux !
    — Je ne mens pas.
    Son refus d’accepter ses propos l’horripile, surtout parce qu’elle lit dans ses yeux qu’elle ne fabule pas. Son beau-père est au courant pour la créature aqueuse ; il s’oppose simplement à en parler. Pourtant, après ce qui lui est arrivé, Nathalie estime qu’elle est en droit d’en apprendre plus.
    — Je ne t’écouterai pas une minute de plus m’accuser d’être mêlé à… des fariboles, des contes de bonnes femmes. Une personne d’eau dans mon bassin privé ? Et puis quoi encore !
    — Je vous en prie…
    — Reviens quand tu n’auras plus aucune saloperie dans ton organisme. Et prends garde à ce que Françoise ne t’aperçoive pas dans cet état. Elle t’estime beaucoup, tu sais ?
    Sans lui laisser le loisir de répondre quoi que ce soit, Claude lui referme la porte d’entrée au nez.
    

Texte publié par Rose P. Katell, 26 septembre 2017 à 10h49
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