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Tome 1, Chapitre 12 « Retour en enfance » Tome 1, Chapitre 12
– Je vous demande pardon. Vous souhaitez que je mette ces choses aux pieds ! hurlé-je presque en pointant du doigt la paire de rollers qui traînait par terre.
    À côté de moi, Skätten n’a pas bronché lorsque le faune lui a indiqué une autre paire et il les a aussitôt enfilés. Seulement, je n’en ai jamais fait de ma vie et je n’ai aucune envie de me ridiculiser, encore moins de me casser une jambe ou autre chose, malgré ma constitution.
    – Ah ouais quand même, commente mon alter ego. Pour le coup, elle m’en bouche un coin la vioque. Bon, tu fais quoi, ma vieille ? Parce qu’on va pas y passer la nuit dans ce temple pourri.
    – Qui est-ce que vous traitez de vioque ? rugit soudain une voix jaillit de nulle part.
    Et merde, manquait plus que ça ! Mamie voyante est en plus mamie télépathe. Je morigène mon double, croisant les doigts pour que la prêtresse ne nous jette pas dehors après cette incartade malvenue.
    – Toutes mes excuses, grande enchanteresse. Veuillez pardonner l’outrage de ce compagnon encombrant.
    Je l’entends marmonner dans son coin, puis le silence.
    – Fort bien, je vous attends au fond de la baie.
    – Tiens ta langue la prochaine fois, lancé-je intérieurement.
    – Ça va, grommelle-t-il. J’pouvais pas savoir. En attendant, tu les fous ou non ces patins du diable.
    Comme j’apprécierais de me passer de cette épreuve. Hélas, après cet incident, je doute d’avoir d’autres choix que de les enfiler et de rattraper Skätten qui est retombé en enfance. J’ignorai qu’il fut aussi nostalgique de son adolescence. Entre pirouette et cacahuètes, je ne l’avais jamais vu aussi joyeux.
    – Rejoins-moi, Abélia. C’est génial, s’exclame-t-il en déboulant devant moi, alors même que j’ai toutes les peines du monde à enfiler la première chaussure.
    Enfin, au bout de dix bonnes minutes, j’arrive à me chausser et à les lasser. Hélas, je ne suis pas debout depuis quelques secondes que je sens mon dos se cambrer et mon corps basculer en arrière. Derrière moi, Skätten me retient tandis qu’un frisson étrange me parcourt l’échine. En cet instant, je ne sais plus où je suis ni pourquoi je me trouve en sa compagnie. Ses yeux brillent d’un éclat que je ne leur connais pas et que je ne connais pas. Sans un mot, il me prend les mains et m’entraîne avec lui ; je me fais l’effet d’être une princesse que son prince presque charmant enlèverait.
    – Oh ! Qu’est-ce tu fous ? Hé ! tu m’entends là-haut ! Ça sent le roussi ! Bordel, ça pue la magie onirique à plein nez. Réveille-toi ! Abélia ! hurle une voix à l’intérieur de moi.
    Mais elle s’éteint déjà et, sans même que je m’en rende compte, nous nous élançons mains dans la main en direction de la baie où nous attend la prêtresse. Elle est assise sur un banc de marbre, vêtue d’une étole de tissu couleur azur et à son front est ceint un diadème doré. Je l’aperçois qui claque des doigts et l’instant d’après je suis les quatre fers en l’air, Skätten écroulé sur ma poitrine.
    – Arrête, m’ordonne une voix comme ma main s’envole vers sa figure. Vous avez, tous deux, été victimes d’un charme par la dame là-bas.
    – N’est-ce pas ? ajoute-t-elle assez fort pour résonner dans tous les esprits présents.
    En face de nous, la prêtresse acquiesce.
    – En effet. Maintenant, si vous voulez bien venir avec moi. Nous n’avons que peu de temps devant nous. C’est pour cela que je vous ai fait retomber en enfance, je me doutais que votre ami ici présent saurait s’y prendre pour vous amener jusqu’à moi.
    Je me retiens de lui envoyer une bordée d’injures, de même que mon alter ego, dont je perçois le murmure en sourdine.
    – Prenez donc place, nous y serons plus à l’aise pour discuter, nous invite-t-elle en désignant deux fauteuils taillés dans des troncs de chênes liège.
    Je ne suis pas mécontente de la chose, car j’ai les jambes gourdes. Skätten, gêné, s’assoit à côté de moi. En fait, je crois que je commence à regretter que cette promenade fût aussi courte.
    – Toi, femme à l’âme trouble. Je te remercie pour ton geste. Pan saura s’en montrer reconnaissant et t’apportera son aide le moment venu. Pose donc ta question, à présent. Tu n’en as droit qu’à une, alors choisi bien.
    Une, je jette une œillade à la dérobée à mon compagnon. Je brûle de savoir ce qu’il est. Hélas, j’ai un ami cher qui est mort et je veux retrouver son assassin.
    – Raphaël est venu et il a parlé d’une musique. De quoi s’agit-il ?
    La prêtresse prend une grande inspiration en même temps que je vois ses lèvres se pincer et ses yeux se plisser.
    – Ainsi donc en est-il. Il a refait surface. Quelqu’un l’a retrouvé.
    Elle se lève et se tourne vers l’horizon. Un rayon de soleil frappe son visage parcheminé. Je trépigne. Je brûle de lui demander à quoi elle fait allusion, mais ce serait pour mieux me fourvoyer. Ces prêtres sont aussi têtus qu’un texte administratif, une question et pas plus, et gare à celui qui se trompe.
    – Fäerie louve, tu es le chasseur. Je sais que tu as l’intention d’en retrouver un ancien compagnon, ce sera l’accordeur. Ton compagnon, ici présent, est le bretteur. Néanmoins, vous aurez besoin du quatrième compagnon, le créateur.
    – Je vous remercie, prêtresse de Pan. Cependant, vous ne nous avez pas répondu, murmuré-je.
    Son regard acéré planté dans le mien, la main sur ma poitrine, elle me souffle à l’oreille.
    – Raphaël a entendu jouer l’Orgue du Diable.
    Je la sens qui se retire. Le visage tourné vers Skätten, elle chuchote :
    – À présent que j’ai apporté une réponse à ton amie. Quelle est ta question, bretteur ? Même si je doute que je puisse t’apporter un quelconque réconfort.
    – Qui suis-je ?
    La prêtresse sourit.
    – Tu te doutes de ma réponse, bretteur.
    – Puis, souffle ce dernier. Vous n’en avez pas le droit, n’est-ce pas ?
    Triste, elle hoche la tête.
    – Cependant, le créateur sera en mesure de t’aider. C’est tout ce que je puis te révéler.

Texte publié par Diogene, 21 octobre 2017 à 14h33
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