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Tome 1, Prologue Tome 1, Prologue
Allongé depuis une dizaine de minutes dans les buissons, le petit garçon guettait le moindre bruit de pas qui s'élevait de la forêt. Une petite brise courait entre les troncs, et il frissonna de concert avec le feuillage de sa cachette. Cependant, ce ne fut ni le froid ni les feuilles tentant de rentrer dans son tee-shirt qui intimèrent Altian de sortir de sa cachette, c'était la faim. Le soleil se couchait déjà et ses rayons orangés aspergeaient le bois dans lequel il faisait sa partie de cache-cache, signe que le repas serait bientôt servi.
    
    Une lueur d'espoir arriva lorsqu'il vit une de ses amies pointer le bout de son nez. Du haut de ses dix ans, elle possédait déjà une paire de lunettes et deux belles couettes blondes. Deux autres apparurent ensuite, un garçon et une autre fille du même âge. Elle avait déjà trouvé tout le monde, sauf lui. Altian ricanait intérieurement, fier d'être le vainqueur de la partie.
    
    Il sortit délibérément des buissons pour se rendre.
    
    « Trouvé ! » cria Sara, son amie aux couettes.
    
    Les deux autres furent surpris de le voir capituler si facilement, lui qui d'ordinaire restait dans sa cachette.
    « Pourquoi tu abandonnes ? demanda le garçon à la houppette, déçu.
    – j'ai faim, se plaignit Altian. Aller venez on rentre, on reviendra jouer demain. On a notre cabane à continuer de construire !
    – On fait quoi ce soir ? » demanda la jeune fille aux taches de rousseur.
    
    Tout en retournant sur le chemin de terre qui menait au village, Altian cherchait une activité calme qui pourrait les distraire pour la soirée. Levant le nez au ciel, il regardait les oiseaux gazouiller, tourbillonnant au-dessus des cimes des arbres. Ses amis chahutaient pendant qu'il réfléchissait intensément à leur prochaine occupation.
    
    « Un film ? proposa Altian en pensant au dernier chef d'œuvre d'animation.
    – Ouais, ça me va ! lui dit la jeune fille tachetée.
    – Ok pour moi, répondit le garçon à la houppette.
    – Un dessin animé alors, » suggéra la fille aux couettes.
    
    Ils rentrèrent dans la joie et la bonne humeur. Altian pensait déjà au lendemain. Une autre journée sans école s'offrait à eux, leur permettant de jouer tous ensemble. Il redoutait déjà le retour en cours, il n'aimait vraiment pas ça. Depuis toujours, il avait du mal à se concentrer sur un adulte parlant du matin au soir.
    
    Ils arrivèrent au village. En fin de journée, les rayons du soleil illuminaient les maisons de sa lueur orangées pour offrir un paysage apaisant. Cependant, une surprise bien moins réjouissante qu'un repas les attendait. Réunis sur l'unique place centrale entourée de petits bâtiments de pierres, la population faisait face à une troupe de l'Ordre de la lumière. Altian et sa bande se cachèrent derrière une maison, par peur de se faire prendre.
    
    Le petit garçon connaissait bien l'Ordre de la lumière, mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, leur venue n'augurait rien de bon. Malgré leur but de protéger la population, ils profitaient de leur pouvoir pour quémander des impôts toujours plus énormes. Emporté par sa colère, Altian serra les poings. Il les détestait. L'atmosphère était tendue dans le village, le brouhaha habituel des enfants jouant avec leur ballon, des marchands apostrophant les habitants de leurs cris, tout avait disparu. Altian avait peur... peur, car l'Ordre n'hésitait pas à utiliser la violence s'il n'obtenait pas ce qu'il voulait.
    
    Les soldats encerclaient la population, les menaçants de leur fusil. Comme à leur habitude, ils portaient des uniformes croisés blancs de la capitale, avec une lance accrochée dans le dos. Impossible de voir leur visage, tous portaient un casque de métal dissimulant tout trait reconnaissable, si bien qu'Altian se demandait comment ils pouvaient voir. Seul le percepteur, un homme d'une trentaine d'années aux cheveux noirs attachés en queue de cheval, n'en portait pas. Altian aurait aimé voir son visage, mais comme l'homme lui tournait le dos cela lui était impossible.
    
    « Les impôts payés ce mois-ci sont insuffisants, annonça-t-il d'une voix forte. Seulement soixante-dix pour cent ont été payés. Je suis donc ici pour vous demander de me verser le restant ! »
    
    Un homme âgé s'avança vers lui. Il s'agissait de Ned, le maire du village. Altian le connaissait bien, c'était un homme bon et bienveillant. Il s'approcha lentement du percepteur, la peur se lisant sur son visage. Personne n'osait s'interposer.
    
    « Nous n'avons pas les moyens de débourser autant d'argent... Regardez, notre village est pauvre monsieur... S'il vous plait, laissez-nous plus de temps. »
    
    Le percepteur souffla d'exaspération et fit un signe de la main. Obéissant à l'ordre, les soldats menacèrent un peu plus les villageois. Des cris de terreur s'élevaient dans les airs, terrifiant les quatre enfants toujours cachés. Deux d'entre eux attrapèrent une femme et l'amenèrent devant tout le monde. Les cris de protestation résonnèrent dans le village, certains hommes tentèrent même de résister. Mais les soldats n'hésitèrent pas à les frapper avec le pommeau de leurs armes pour leur mettre genoux à terre.
    
    Le cœur d'Altian se mit à battre la chamade, la femme qu'ils venaient de mettre à genoux devant tout le monde n'était autre que sa mère. L'un des soldats lui tira sa chevelure auburn, la laissant échapper des cris de douleur. Une vision d'horreur qu'Altian n'arrivait pas à croire. Il voulait se réveiller de ce profond cauchemar. Tout cela ne devait pas être la réalité. Lorsqu'il vit un soldat la menacer de mort, il eut l'impression que le monde s'arrêtait. Des larmes coulant le long de ses joues, il ne put détourner le regard de ce terrible événement. Les poings serrés, les muscles tendus dans l'attente d'un coup qu'il voulait donner, il désirait intervenir. Mais que pouvait-il faire ? Il se sentait faible, inutile... Cependant, il ne les laisserait pas faire ! Rassemblant son courage, essuyant ses larmes, il fit un pas hors de sa cachette. Ses amis l'attrapèrent tous ensemble, et le tirèrent en arrière, lui intimant de ne pas intervenir. Mais il n'en avait que faire, il voulait protéger sa mère coûte que coûte, même si pour ça il devait perdre la vie ! Il repoussa ses amis, et fit un pas dans la rue.
    
    Alors qu'Altian sortait de sa cachette, une personne le frôla. Intrigué, il s'arrêta brusquement en regardant l'inconnu de bas en haut. Habillé d'un manteau noir sans manche, laissant à l'air libre ses bras fins, il portait une capuche qui dissimulait complètement son visage. Impossible de savoir de qui il s'agissait. Cependant, il ressentit un malaise. Il ne savait pas d'où provenait ce sentiment, mais il eut l'impression que tout allait mal tourner. Un parfum de fleur flottait dans les airs, était-ce une femme ?
    
    Deux soldats allèrent à sa rencontre et lui ordonnèrent de s'arrêter. Elle s'exécuta sans résistance.
    
    « Enlève ta capuche ! » ordonna l'un d'eux.
    
    L'inconnu ne bougea pas.
    
    « Je t'ai donné un ordre ! » s'énerva-t-il.
    
    Toujours rien.
    
    Altian se cacha de nouveau. La population avait les yeux rivés sur cet inconnu. Le percepteur avait relâché son attention de la mère d'Altian pour se focaliser vers cet être mystérieux venu de nulle part.
    
    « T'es qui, toi ? » demanda-t-il d'un ton sévère.
    
    Le petit garçon put voir de plus près à quoi ressemblait cet homme. Une barbe bien taillée, un air grave et menaçant, il avait la fâcheuse tendance à toiser les gens du regard.
    
    « Enlevez-moi cette capuche, vous. Je veux voir son visage, » ordonna le percepteur.
    
    Les deux soldats s'approchèrent d'un pas assuré, et l'un tendit le bras pour enlever le vêtement de l'inconnu. Brutalement, sans qu'Altian ni quiconque ne s'y attende, la personne matérialisa un katana dans sa main, puis d'un mouvement habile et léger, elle lui coupa le bras.
    
    C'était la première fois qu'Altian assistait au pouvoir de matérialisation. Il avait un regard d'admiration devant ce procédé dont il ignorait tout. Alors que l'inconnu ne portait aucune arme, il en avait fait apparaître une dans sa main dans un déluge d'énergie bleutée.
    
    Le soldat hurla de douleur, reculant de quelques pas. Instinctivement, chaque soldat s'interrompit pour se ruer sur leur agresseur. Le percepteur, prit d'une panique qui satisfaisait Altian, reculait à grands pas.
    Le collègue du blessé tenta de faire feu sur sa cible, mais d'une habile esquive, elle passa sur le côté et lui trancha la tête.
    
    « Tuez-le ! s'emporta le percepteur. Tuez-moi cet enfoiré ! »
    
    Dans un cri de guerre, tous les soldats s'élancèrent sur l'inconnu, fusil prêt à tirer. Altian pensait qu'il n'avait aucune chance face à une dizaine d'ennemis, mais ce ne fut pas le cas. La personne encapuchonnée était incroyablement habile. Elle sautait entre chaque soldat, esquivant les billes des fusils électromagnétiques sans qu'elles puissent la toucher, tout en leur coupant les membres de son épée. Altian n'entendit même pas le bruit métallique des armes s'entrechoquer. Il n'entendait que celui des bras, jambes ou têtes tranchés, celui des hurlements de douleur ou même des râles des soldats. Un à un, ils tombaient à terre, agonisant dans leur propre sang.
    
    Altian avait la nausée de voir autant de violence, mais il ne pouvait détourner les yeux d'une scène aussi impressionnante. Était-ce un héros venu défendre les faibles ? Il voulait y croire ! Un chevalier servant capable de tenir tête à l'Ordre de la lumière !
    
    Plus aucun soldat n'était debout. Ils gisaient tous au sol, morts. Plus un bruit, pas même un oiseau volant au-dessus de leur tête. Le percepteur reculait toujours, jusqu'à ce que le mur d'une maison l'empêche d'aller plus loin dans sa fuite. La population s'écarta pour laisser passer l'inconnu entre leurs rangs, alors qu'il s'avançait dangereusement vers l'homme à la barbe bien taillée.
    
    « Non, pitié ! Ne me tuez pas ! Je vous donnerai tout ce que vous voulez ! »
    
    Sans écouter un seul mot, l'inconnu lui transperça le cœur de son épée. Alors qu'il crachait du sang tout en essayant d'insulter son tueur, son dernier geste fut d'enlever la capuche de l'inconnu.
    
    Altian n'en revint pas. Il s'agissait d'une jeune femme, elle devait avoir tout juste vingt ans, avec une magnifique chevelure mi-courte bleue. Elle fit disparaître son arme par la même magie. Elle venait de sauver sa mère, voire tout son village...

Texte publié par Seiki, 3 septembre 2017 à 11h17
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