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Tome 1, Chapitre 4 « Le Téméhorth » Tome 1, Chapitre 4
Azuria s’engouffra dans les profondeurs de la forêt dense d’Edin. La végétation touffue cachait des fleurs étranges, souvent dangereuse, en plus de nombreux animaux et insectes. Les racines imposantes des arbres obligeaient la jeune femme à redoubler d’attention, afin d’éviter de se prendre les pieds dedans. Le soleil avait du mal à pénétrer les épais feuillages, laissant beaucoup de zones d’ombre où poussaient des champignons d’une forme inhabituelle. Violets et tachés de rouge, ils étaient longs avec un chapeau en forme de pique. Ils avaient l’air tout sauf comestible. Cependant, ce n’était pas la flore qui inquiétait la jeune femme aux cheveux bleus, c’était le Temehorth. Elle savait qu’il trainait dans les parages, mais pour le moment, elle n’entendait aucune bête. En fait, il n’y avait pas un bruit. Même pas un oiseau. Ce qui était anormal.
    
    Elle se demandait à quoi pouvait ressembler cette forêt lorsqu’elle était entretenue par les villageois. On pouvait encore apercevoir les restes d’un chemin de terre serpentant entre les arbres. Cependant, la nature avait repris ses droits en le recouvrant d’herbe et de ronces.
    
    Elle s’enfonça toujours plus loin, jusqu’à tomber sur un petit étang à l’odeur nauséabonde. Une légère brise propageait cette puanteur à travers les troncs, dans le but de faire fuir tout voyageur imprudent. Elle était arrivée au marécage d’Aark. Il ne lui restait plus qu’à trouver Dex, ce qui était loin d’être facile. Le mieux pour elle, c’était de dénicher le Temehorth, car ce chasseur ne devait pas en être bien loin.
    
    Elle longea le bassin tout en faisant attention de ne pas tomber. Sous ce liquide à la couleur sombre nageaient des formes de vie dont elle ne voulait rien savoir. À leur aspect, il ne devait pas s’agir de poissons amicaux. Elle détourna le regard des eaux crasseuses pour se diriger aléatoirement vers le nord-ouest.
    
    Le long des étangs poussait une fleur qu’elle connaissait. Elle faisait bien un demi-mètre de hauteur, de grands pétales rouge sang s’écartaient pour montrer son cœur orange. Kenji lui en avait déjà montré dans des marchés, pour lui apprendre qu’elles étaient extrêmement vénéneuses, mais que le venin était utilisé pour certaines médecines. Il ne fallait surtout pas la toucher : ni les pétales, et encore moins le cœur, sous peine de mourir dans les minutes qui suivent. Ce qui était difficile avec le parfum exquis qu’elle dégageait.
    
    Elle arrêta brusquement sa marche lorsqu’elle sentit un tremblement, puis un deuxième, puis un troisième… Quelque chose d’énorme se déplaçait. Ce ne pouvait être que le Temehorth. Azuria se cacha derrière un arbre immense, puis en passant la tête, elle tenta de voir d’où cela pouvait provenir. Elle ne remarqua rien. Soudain, un grognement s’entendit au loin, devant elle. Elle était sur la bonne voie.
    
    Azuria continua d’avancer. La tension montait en elle, la poussant à plus de vigilance. Les poings serrés, le ventre noué, elle arpentait les marécages avec l’espoir de ne pas être repérée. Elle prenait soin de ne pas marcher sur des branches mortes pour ne pas trahir sa présence.
    
    Elle arriva devant un autre étang, où la flore poussait à l’intérieur. Azuria s’arrêta net de terreur puis s’accroupit. En face d’elle, le Temehorth buvait. Son cœur se mit à battre la chamade en voyant l’énormité de ce monstre. Sur quatre pattes musclées et griffues, la bête possédait un long dos plein d’épines pour finir en une queue en forme de pique. Sa tête était allongée avec une crinière digne du roi des animaux, avec deux crocs qui ressortaient de sa gueule.
    
    Azuria se demanda si son père avait déjà affronté ce genre de monstre pour aider la population. Le Temehorth se dirigea maintenant vers elle. Paniquée, elle regarda de tous les côtés à la recherche d’un moyen de passer inaperçue. Elle se plaqua au sol, puis rampa jusqu’à un tronc creu qui formait un tunnel. Azuria fit la grimace lorsqu’elle s’allongea dans la boue répugnante, elle put cependant surveiller les agissements du Temehorth par les interstices formés par le bois.
    
    Chacun de ses pas faisait trembler le sol. Voyant que la bête continuait dans sa direction, elle croisa les doigts pour qu’il ne l’écrase pas. Dans la peur de se faire broyer, elle se rapprocha lentement de la sortie, prête à bondir au cas où tout tournerait mal.
    
    Par chance, le Temehorth bifurqua sur la gauche. L’un de ses pieds griffu écrasa le sol devant la cachette de la jeune combattante. Une fois éloignée, elle sortit des racines puis le suivit à distance, passant d’un arbre à l’autre en espérant ne pas se faire repérer. Tout en gardant un œil sur la bête, elle regardait partout autour d’elle pour trouver Dex. Mais personne à l’horizon. Le problème, c’était que s’il était mort, elle pouvait toujours attendre… La meilleure solution qui lui vint à l’esprit était de suivre le Temehorth jusqu’à sa tanière. De ce qu’elle savait sur ces monstres, c’était qu’il dévorait leur proie dans leur repaire, afin de manger en toute tranquillité. C’était difficile à croire pour la jeune femme qu’une bête si costaude et si menaçante avait besoin d’un petit nid douillet. Cela ne collait pas avec son aspect.
    
    Mais l’autre question qui lui taraudait l’esprit était celle de l’affrontement. Comment tuer un tel monstre ? Devait-elle attaquer par surprise ? Mais par où ? Impossibles de sauter pour atteindre le dos, les piquants l’embrocheraient comme une saucisse. La gueule était bien trop menaçante, elle pourrait y perdre un membre facilement. Il lui restait le ventre, qui devait être plus fragile que les autres parties du corps, mais encore fallait-il l’atteindre. L’idée serait de se cacher sous des branches ou des racines et attaquer au moment où il passait au-dessus d’elle. Elle ne voyait franchement aucun autre moyen de l’atteindre.
    
    Jamais elle n’aurait imaginé devoir se battre contre un tel adversaire. Elle s’était entrainée à affronter des humains, non des monstres de cette taille. Kenji lui avait bien appris à chasser quelques animaux afin de pouvoir survivre dans son futur voyage, mais rien à voir avec ça. Son katana allait-il suffire pour l’éventrer ? De toute façon, elle n’avait pas le choix.
    
    Elle entendit un craquement. La peur la paralysa. Azuria regarda à ses pieds une branche qui avait échappé à son attention, cassée sous le poids de sa jambe. Le Temehorth s’arrêta, laissa échapper un grognement et se retourna. La jeune femme s’était collée à l’arbre, dans l’espoir qu’il ne la voit pas. Mais il n’en resta pas là. Il renifla l’air tout en avançant en direction du bruit. Malheur, elle n’avait aucun moyen de s’en sortir. Il lui fallait une idée, et très vite !
    
    Le Temehorth approcha sa tête du sol, là où la brindille s’était cassée. En plus de n’être pas commode, il avait un bon instinct, ce qui n’allait pas faciliter les choses pour Azuria. Elle se tourna légèrement, faisant bien attention de ne pas marcher de nouveau sur une branche. Le Temehorth reniflait et grognait. Il était maintenant si proche qu’elle pouvait sentir l’haleine écœurante du monstre, laissant une grimace se dessiner sur son visage. La jeune femme couvrit sa bouche et son nez avec la main, dans l’espoir d’atténuer l’odeur fétide qui embaumait la bête.
    
    Soudain, une idée lui vint à l’esprit. Ses yeux étaient à portée de lame, et cela allait être un avantage tactique considérable pour Azuria. Elle n’avait que quelques secondes avant de se faire repérer, il fallait qu’elle agisse immédiatement. Dans un coin de sa tête, elle espérait que le Temehorth s’éloigne après ses recherches infructueuses. Mais c’était le contraire qui se produisit, le monstre pivota autour de l’arbre, continuant de renifler une odeur inconnue. Son cœur battait la chamade, elle se mit à trembler de peur à l’idée de se faire prendre par surprise. Si tel était le cas, c’était fini pour elle. Et la jeune femme ne pensait pas courir assez vite pour fuir un tel monstre. Sa gueule était toute proche d’elle. Elle pouvait voir ses énormes crocs pointus. C’était incroyable de voir la tête du Temehorth qui devait faire la moitié de la taille de la combattante.
    
    Azuria n’hésita pas plus longtemps. Elle fit apparaitre son katana, et dans un élan de courage, elle se retourna pour embrocher l’œil du Temehorth. Il recula vivement en se levant sur ses pattes arrière, hurlant de rage à cause de la douleur. La bête frappa violemment la jeune femme d’un coup de tête. Le katana se dématérialisa lorsqu’Azuria fut envoyée contre un arbre, vingt mètres plus loin. Le choc fut si violent qu’elle avait l’impression de s’être fait piétiner le dos. Elle se laissa tomber sur les fesses, à moitié sonnée. La douleur était atroce, elle avait l’impression qu’elle venait de se faire broyer la colonne vertébrale. Les hurlements rauques du monstre agonisant l’apostrophèrent. Elle se releva, refit apparaître son katana, et se prépara à la charge.
    
    Le Temehorth secoua la tête, dont la crinière rougeâtre faisait pleuvoir du sang. Il tenta de frotter l’œil avec l’une de ses pattes. Lorsqu’il comprit qu’il ne pouvait plus rien pour son globe oculaire, il regarda alors sa future victime. Une haine insatiable se lisait sur les traits de sa gueule. Il se mit à émettre un hurlement monstrueux, surement pour démoraliser son ennemi. Mais cela ne dissuada pas Azuria qui cherchait déjà un moyen d’attaquer son flanc droit, là où son œil était crevé.
    
    La bête chargea dans un élan de rage, défonçant les arbres au passage. Azuria tint fermement le pommeau de son katana, soufflant pour évacuer la peur qui lui collait au ventre. Lorsque la bête se jeta sur elle, la jeune femme sauta sur le côté pour éviter sa mâchoire pleine de crocs acérés. Alors qu’elle se relevait à toute vitesse, le Temehorth l’attaquait de nouveau. D’un coup de queue puissant, le monstre frappa Azuria au ventre et l’envoya valser à plusieurs mètres. Son bras heurta une grosse racine de plein fouet. Par chance, elle n’avait rien de cassé. Elle se releva péniblement à cause des nombreuses douleurs qui envahissaient son corps. Il fallait qu’elle trouve une faille, sinon elle y laisserait la vie.
    
    Sentant la peur de sa proie, le Temehort chargea de nouveau. Azuria utilisa la forêt à son avantage. Elle fuit sur sa droite, puis sauta contre un arbre pour prendre appui sur son tronc afin de s’élancer sur le flanc droit du monstre. Elle frappa de sa lame et réussit à entailler sa chair. Après être tombée au sol, elle effectua une roulade pour se retrouver sous son ventre et lui planta le sabre dedans. La bête hurla de douleur et souleva son corps en se mettant sur ses pattes arrière.
    
    « Wow ! » hurla Azuria de peur en étant soulevée avec la bête.
    
    La jeune combattante lâcha son arme en voyant la bête prête à la frapper de ses griffes acérées. Le katana se dématérialisa puis le fit réapparaitre une fois qu’elle fut tombée au sol. Marre d’être sans arrêt à terre, elle voulait mettre fin à cet affrontement.
    
    Alors que le Temehorth sauta sur le côté pour reprendre le combat, Azuria s’éloigna rapidement pour ne pas se faire fouetter par sa queue.
    
    Le monstre hésita quelques instants. Il tournait autour de sa proie en grognant. Azuria fit de même. Les deux adversaires se jaugèrent du regard. Il chargea soudainement, mais Azuria était prête à utiliser de nouveau la même technique. C’est alors qu’elle vit un homme arriver sur le côté, sans savoir d’où, et frapper le monstre à la tête d’un coup de poing. Mais celui-ci était si puissant, qu’il envoya le monstre à quelques mètres d’eux, brisant des arbres au passage. Azuria regarda l’inconnu avec surprise après un tel coup. Comment avait-il pu faire un tel exploit ? Celui-ci s’approcha d’elle.
    
    « Yo ! Tu veux un coup de main peut-être ma belle ? » demanda-t-il d’un ton léger.
    
    Ma belle ? Qui était cette énergumène qui osait l’appeler comme ça. En plus avec le sourire aux lèvres. Était-il amusé de se battre contre un Temehorth ? Quel inconscient. L’homme était bâti comme une armoire : grand, large et très musclé, mais cela n’expliquait pas pour autant le coup qu’il venait de porter.
    
    « Peut-être. Et comment avez-vous fait pour le frapper avec une telle force ? demanda-t-elle intriguée.
    
    – Oh ! C’est grâce à ça, » répondit-il en lui montrant son bras droit.
    
    Il avait une sorte de long gant en métal. La taille de l’objet doublait celle de son bras musclé et de sa main d’origine. Le plus surprenant, c’était le petit prisme de cristal qui était inséré dans cette arme. Azuria se demandait à quoi cela pouvait servir, mais ce n’était pas le moment de discuter. Le Temehorth se relevait déjà, tout en secouant la tête pour retrouver ses esprits.
    
    « Bon, tu te charges de faire l’appât et moi je frappe, proposa l’inconnu.
    
    – Pardon ? Vous me prenez pour qui ? Vous croyez que je vais vous servir d’appât peut-être ?
    
    – Tu as une meilleure idée, gamine ?
    
    – On attaque à deux. Et ne m’appelle pas comme ça !
    
    – Ok ok ma belle. Allez en avant ! » dit-il en recoiffant sa chevelure mi longue noire.
    
    Le Temehorth ne chargea pas cette fois-ci. Il se contenta de les contourner, tout en les fixant du regard. Après avoir subis tant de blessure, le monstre se méfiait d’eux.
    
    « Attaque son flanc gauche, gamine.
    
    – Pourquoi ? C’est son flanc droit qui est vulnérable, je lui ai crevé l’œil. Et arrête de m’appeler gamine !
    
    – Ouai, ouai. Si tu attaques à gauche et qu’il te pourchasse je vais pouvoir le frapper à droite, tu vois petite ?
    
    – Petite non plus ! » s’emporta-t-elle.
    
    L’homme la poussa pour qu’elle se lance dans la bataille. Azuria s’élança alors vers la gauche du Temehorth et tenta de l’attirer vers elle. Lorsqu’elle arriva à sa hauteur pour le frapper, celui-ci s’élança pour la mordre. Après quelques esquives, elle parvint à faire tourner le monstre sur le côté pour que l’inconnu puisse le frapper de toutes ses forces. Et cela ne rata pas. L’homme parvint jusqu’à la tête du monstre et, avec un cri de guerre, frappa de nouveau avec son arme mystérieuse. Le Temehorth fut sonné et chancela, fracassant des arbres au passage. Azuria profita de l’occasion pour se glisser sous son ventre, puis lui entailla les entrailles. La jeune femme fit une roulade sur le côté pour éviter une douche de sang. La bête s’effondra au sol, agonisante.
    
    Azuria fut interpellée par une petite tape sur les fesses.
    
    « Eh bien, jolie ma belle ! Bien joué ! »
    
    Azuria tenta de le frapper, mais il esquiva le coup avec dextérité. Elle se demanda ce qui lui prenait de la toucher comme ça. Plus ça allait, plus cet homme l’énervait. Elle avait une petite idée de qui pouvait être cet énergumène.
    
    « Vous ne seriez pas Dex par hasard ?
    
    – Si, comment vous le savez ? demanda l’homme surpris.
    
    – Baldin m’envoie vous chercher. Il n’avait plus de nouvelle de vous depuis un moment et il était inquiet. Il vous attend à Edin, allons-y.
    
    – Ah… Ce bon vieux Baldin… Bon, prenons notre récompense et allons le voir. »
    
    Il était prêt à lui mettre une petite tape sur les fesses, à nouveau, mais elle lui colla son katana sous la gorge.
    
    « Ne me touchez pas, » insista-elle en lui lançant un regard noir.
    
    Il leva les bras en signe de résignation, puis alla vers le monstre. Elle fit disparaitre son arme et reprit son souffle. Dans l’action, elle avait oublié le mal de dos qu’elle avait récolté durant le combat. Elle se tordit un peu pour sentir une douleur lui tirailler la colonne vertébrale. Elle ne s’en inquiéta pas outre mesure et surveilla Dex.
    
    Il était en train de sortir une glande de la queue du monstre. Ses coups de couteau précis montraient qu’il était habitué à ce genre d’opération. Le sang de la bête avait inondé ses vêtements : son pantacourt large et sa veste verte étaient maintenant à moitié rouges de sang.
    
    « Bon, on y va princesse ? » demanda-t-il sous son ton léger.
    
    Une chose était sûre, Azuria n’aimait pas le ton qu’il prenait avec elle, et encore moins ses manières. Sans parler des surnoms qu’il lui donnait… Mais tant pis, elle n’allait pas le supporter longtemps.

Texte publié par Seiki, 8 octobre 2017 à 17h22
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