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Tome 1, Chapitre 2 « Towin » Tome 1, Chapitre 2
Un silence de mort régnait dans le petit village où un terrible évènement venait de se produire. Azuria contempla son œuvre : une dizaine de soldats jonchaient le sol, dont les corps découpés en morceaux laissaient une odeur du sang envahir la place centrale. Soufflant pour se détendre, elle relâcha toute pression pour décontracter ses muscles. Elle n’avait pas hésité une seconde à occire ces êtres méprisables. Malgré tout, sa soif de vengeance était loin d’être tarie. Maintenant que sa capuche était retirée, Azuria remit de l’ordre dans sa chevelure bleue azur.
    
    Les villageois avaient les yeux braqués sur elle, personne n’osait bouger après tout ce qui venait de se passer. Ils devaient la voir comme un monstre, mais elle n’en avait que faire. Ce petit village, Towin, était la première étape sur sa route pour Astria.
    
    Après une bonne demi-journée de marche à travers la forêt, la fatigue et la faim la rongeaient. Elle voulait juste se reposer un peu avant de poursuivre sa route. Elle ne se doutait pas que des agents de l’Ordre de la lumière seraient présents dans ce petit village. Elle regarda le ciel. Les ténèbres de la nuit allaient s’approprier la région, laissant disparaitre ce magnifique soleil rougeâtre.
    
    Il n’y avait toujours aucun bruit dans le village. Azuria pouvait entendre le vent emporter la pestilence de la mort.
    
    Un petit garçon vint vers elle. De souvenir, c’était le même petit bonhomme qui voulait s’interposer seul face à tous ces soldats. Une petite bouille ronde, des cheveux auburn coupé court et des habits crasseux, il se plaça devant la jeune femme sans la moindre frayeur dans le regard.
    
    « Merci ! » dit-il en essuyant ses larmes.
    
    Azuria ne savait pas quoi répondre. A aucun moment elle n’avait voulu lui venir en aide. Au final, elle l’avait fait pour étancher sa soif de sang. Elle ouvrit la bouche pour tenter de dire quelque chose, mais la femme tantôt prisonnière attrapa le petit garçon.
    
    « Ne lui parle pas, Altian ! Viens, on rentre à la maison !
    
    – Mais maman ! s’énerva-t-il, elle ta sauvé la vie.
    
    – Tais-toi et rentre ! »
    
    Azuria se demanda si elle passait pour un monstre aux yeux de tous ces pauvres gens. Non seulement elle avait utilisé un pouvoir interdit, mais en plus elle avait massacré froidement une dizaine de personnes. Le gargouillement de son ventre chassa toutes ces interrogations, puis elle se dirigea vers l’auberge.
    
    Facilement reconnaissable, elle avait un petit panneau dans l’entrée avec le menu écrit dessus. Elle vit qu’il y avait de la viande de sanglier mijoté dans du miel avec des pommes de terre, typique des repas de Hinako. En effet, elle faisait souvent de cette viande succulente. Elle entra dans l’édifice de pierres, légèrement en meilleur état que le reste du village.
    
    Le plancher de bois craquait sous le poids de ses bottes, le peu d’occupants de l’établissement se tournèrent vers elle. La jeune combattante put les entendre chuchoter ses exploits. Ils avaient dû assister à la scène, cachés à l’intérieur.
    
    Azuria alla s’assoir à une table dans un coin du restaurant. Avec son entrée en scène, elle était sûre que personne ne viendrait l’embêter pendant son repas du soir, et c’était tant mieux. Le gérant passa de derrière son comptoir en bois massif à sa table. Contrairement aux autres, il n’avait pas l’air d’avoir peur d’elle.
    
    « Bonjour, mademoiselle, qu’est-ce que je vous sers ?
    
    – Un plat du jour s’il vous plait. Et une chambre pour la nuit s’il vous en reste.
    
    – Bien sûr, je vous la réserve. Et pour la nourriture, ça arrive dans quelques minutes. »
    
    Le gérant s’apprêta à repartir lorsqu’il remarqua les regards braqués sur la jeune fille.
    
    « Qu’est-ce que vous regardez, vous ? s’énerva-t-il.
    
    – Rien, rien… » répondit timidement l’un des clients.
    
    Il fit signe à l’orchestre de reprendre sa prestation. La petite musique jazzy reprit, laissant un petit fond sonore apaisant inonder l’auberge. Chacun retourna à ses occupations, puis le brouhaha des conversations reprit petit à petit. Après quelques minutes de détente, l’homme lui apporta son repas et une clé pour sa chambre.
    
    « C’est la numéro 4, vous y serez bien.
    
    – Merci, » dit Azuria sincèrement.
    
    Une bonne odeur familière émanait de son assiette. C’était la même que celle du plat de Hinako. Son estomac gronda rien qu’à la vue de la nourriture qui avait l’air succulente, elle se pressa de prendre sa fourchette et la planta dans la viande. Alors qu’elle pensait manger tranquillement, une personne vint s’assoir devant elle.
    
    « Excusez-moi de vous déranger madame, puis-je vous demander quelque chose ? »
    
    Azuria le toisa du regard. Il s’agissait d’un homme de forte corpulence qui devait avoir la trentaine, le visage rond avec une grosse moustache. Il fixait les yeux émeraude d’Azuria, sans pour autant être intimidé.
    
    « Quoi ? demanda-t-elle froidement.
    
    – J’ai vu de quoi vous étiez capable et j’aimerais vous demander un petit service. »
    
    Azuria fut surprise, elle ne s’attendait pas à une telle proposition. Comme la plupart des gens la dévisageaient, elle pensait qu’il allait être désagréable en lui demandant de quitter le village.
    
    « Qu’est-ce que vous voulez ? demanda-t-elle d’un air méfiant.
    
    – Eh bien, j’ai une cargaison à livrer à l’auberge de la croisée. Le souci c’est qu’il y a un groupe de voleurs qui sévissent dans la forêt que je dois traverser… Plusieurs marchands se sont fait attaquer, voler, voir même tuer ! J’aimerais vous engager comme garde du corps ! Je vous paierais, bien évidemment.
    
    – Non, » répondit-elle froidement.
    
    Azuria n’avait aucune envie de rendre service, elle n’avait pas de temps à perdre. Son but était d’aller à Astria pour tuer Nantis, rien d’autre ne comptait. Sa démonstration de force n’était pas là pour impressionner et gagner des contrats, c’était seulement un pur hasard.
    
    « S’il vous plait ! supplia-t-il, je vous promets une belle somme d’argent.
    
    – Désolé, mais je ne suis pas intéressée. Je me rends à Astria.
    
    – C’est sur le chemin ! » s’exclama-t-il.
    
    Azuria réfléchit un instant à la proposition. Elle avait de l’argent grâce à la carte de crédit de Kenji, mais en gagner un peu plus ne lui ferait pas de mal. Surtout si la mission était sur son chemin.
    
    « D’accord j’accepte. Nous partirons demain matin, ça vous va ?
    
    – Bien sûr, merci beaucoup ! Au fait, je m’appelle Baldin.
    
    – Azuria, » se présenta-t-elle.
    
    Le marchand la remercia encore une fois avant de quitter sa table, un grand sourire aux lèvres. La jeune combattante put continuer son repas sans être importunée. Une fois fini, elle monta par le petit escalier en bois et alla jusqu’à sa chambre.
    
    Elle était très simple pour une petite auberge : un double lit entouré de deux tables de nuit, un placard incrusté dans le mur et un bureau. De toute façon, Azuria n’avait pas besoin de beaucoup plus. Après s’être mise en sous-vêtements, elle se glissa sous les couvertures douillettes puis somnola.
    
    Dans un coin de son esprit flottait encore l’image de sa famille adoptive. Elle s’en voulait un peu de les avoir quittés si vite. Cette culpabilité l’empêchait de fermer l’œil. Elle se tourna de part et d’autre du lit dans l’espoir de se laisser emporter par Morphée. Après une bonne heure à tourner dans tous les sens, la fatigue la rattrapa et elle s’endormit.
    
    ***
    
    Évelyne était assise au bord de la rivière. Un vent frais soufflait, bousculant sa longue chevelure bleue qu’elle aimait tant. Elle regardait les poissons nager à travers le courant, évitant les petits rochers qui surplombaient l’eau. Il faisait beau et elle en avait profité pour se détendre un peu. Pour un dimanche ensoleillé, elle venait de finir ses devoirs et voulait profiter du temps qu’il lui restait. Non pas pour jouer avec ses amis, mais pour admirer la beauté du paysage avant de se retrouver enfermée dans une classe toute la journée.
    
    Elle passait des heures au bord de l’eau. Elle s’était mise à lire un roman d’aventures écrit par son écrivain préféré. Rien de mieux pour se détendre en toute tranquillité que le bruissement de l’eau, celui des arbres dont les feuillages étaient secoués par le vent, ainsi que le chant mélodieux des oiseaux. Ce sentiment d’apaisement lui était important pour se ressourcer.
    
    « Évelyne ? » l’appela une voix de femme.
    
    La petite fille la reconnut, c’était celle de sa mère. Elle se releva, tapota ses fesses pour nettoyer sa robe des petites brindilles, puis se pressa à la rejoindre. Elle était un peu courroucée d’être dérangée pendant son moment de tranquillité. Qu’allait-elle lui demander ?
    
    Elle l’attendait dans le jardin de leur maison : une belle bâtisse de pierre à étage. Son frère était là, en train de l’attendre lui aussi. Les cheveux très courts bleus, il avait un sourire toujours aussi enchanteur. Il n’avait que onze ans, un an de moins qu’Évelyne, et déjà le plus intelligent de la famille. Elle en était à la fois jalouse et fière de lui.
    
    Arrivée à la hauteur de sa mère, une femme grande au corps élancé, elle lui demanda :
    
    « Qu’y a-t-il maman ?
    
    – Nous allons nous promener en famille, tu viens ?
    
    – D’accord, » dit-elle déçue.
    
    Elle se força à sourire et à accepter la sortie sans bouder. Son père, un homme de corpulence normal et de taille moyenne, les rejoignit devant leur habitat. La rue pavée longeait toute une série de maisons semblable à la leur, où plusieurs passants se promenaient par cette belle journée ensoleillée. Chaque maison possédait un petit portail en bois encadré de haies broussailleuses, permettant aux voisins de ne pas voir l’intérieur de la cour. La ville n’était pas si grande, elle s’étendait sur quatre rues identiques qui se rejoignaient sur la place centrale, où se trouvaient un supermarché, une école et un bar. De temps à autre, un marché s’y installait, créant ainsi une animation totalement inédite.
    
    Arrivé à la place centrale, leur père les arrêta d’un signe de la main. Évelyne pencha la tête pour voir ce qui se passait. Un rassemblement avait lieu au centre de la ville, devant une grande fontaine de pierre magnifique. Des soldats habillés de blanc bloquaient toute la rue, pendant que d’autres faisaient le tour des maisons pour en déloger les occupants. Deux soldats les menacèrent avec leurs armes et leur ordonnèrent de rejoindre les autres sans résister.
    
    Évelyne les connaissait, il s’agissait de l’Ordre de la lumière. Ils venaient souvent les importuner. Qu’allait-il leur demander cette fois ?
    
    Un homme non masqué était face à eux. Elle n’en avait jamais vu comme lui. Il portait un pantalon large avec des bottes de métal hautes. Un uniforme croisé blanc à la militaire complété par des liserés noirs. Un long manteau tombant au pied et ouvert sur le devant venait compléter son style particulier. Il avait les cheveux blonds avec une mèche plongeant sur son œil droit.
    
    « Bien ! Le village est quasiment réuni. Je me nomme Nantis, je suis l’un des généraux de l’Ordre de la lumière. Je viens pour vous dire que les impôts demandés n’ont pas été payés. Il en manque les trois quarts. Donc nous allons devoir nous servir autrement. »
    
    Il attrapa violemment le bras d’un enfant et le tira vers lui.
    
    « Nous prenons vos enfants, ainsi que quelques femmes pour la route évidemment, » informa-t-il.
    
    Plusieurs habitants se révoltèrent, criant leur mécontentement.
    
    « J’entends des signes de contestation, mais sachez que vous ne pouvez que vous en prendre à vous-même. Les impôts demandés par l’Ordre de la lumière doivent être payés ! »
    
    Évelyne trembla de peur après cette annonce. Elle attrapa la main de sa mère et la serra de toutes ses forces, retenant une envie de pleurer. Qu’allait-il se passer ? Allait-elle être arrachée à sa mère pour aller avec l’Ordre ? Elle priait le ciel que cela n’arrive pas. Elle préférait mourir. Son père s’interposa lorsqu’un soldat voulut attraper son frère. L’homme de main lui planta un couteau dans le ventre et Évelyne vit la lame sortir maculée de sang. Elle était maintenant paralysée par l’horreur, ne sachant comment réagir. Elle réfutait la réalité, pensant que tout cela ne devait pas être réel. Son père s’écroula au sol, alors que sa mère plongeait sur lui en pleurant. Les larmes aux yeux, Évelyne resta figée de terreur.
    
    C’était à ce moment-là que tout bascula. Cela ne durera qu’un instant. La population se rebella pour tenter de renverser l’Ordre de la lumière, mais l’armée de Nantis n’eut aucun mal à tuer chaque contestataire. Évelyne regarda sa mère se faire tirer dessus sans aucune pitié, le sang éclaboussant sa robe. Alors qu’elle regardait sa mère s’effondrer, des cris de douleur envahirent le village pourtant si paisible. En une fraction de seconde, il était devenu le théâtre de l’horreur.
    
    Face à elle, Nantis avait le sourire, comme s’il était satisfait de la tournure des évènements. Elle le maudissait, le haïssait. L’envie de le tuer s’empara de tout son être. La vengeance, elle n’avait que ça en tête. Autour d’elle avait lieu un massacre pur et simple, personne ne pouvait rien face à leur supériorité. Les détonations des fusils d’assauts électromagnétiques résonnèrent dans le village, d’ordinaire paisible. Évelyne pleura. Tout son monde s’effondrait en l’espace de quelques minutes. Elle n’avait même pas remarqué que son frère lui tenait la main. Elle se tourna vers lui. Il pleurait lui aussi, ne comprenant pas ce qui se passait. Tout à coup, une balle vint lui traverser la tête, propulsant une flaque de sang en plein dans la figure d’Evelyne. Il tomba, raide mort. Évelyne s’agenouilla et regarda la dépouille de son frère, se maudissant d’être aussi faible. Elle hurla. Hurla sa haine, sa colère, sa tristesse, espérant que le monde autour d’elle serait détruit par l’explosion de sa rancœur. Elle hurla jusqu’à s’en écorcher la voix. Son regard rempli de haine croisa celui de Nantis, riant, amusé par la scène qui se déroulait sous ses yeux…
    
    ***
    
    Azuria se réveilla en sursaut, trempée de sueur et essoufflée. Elle alluma la lampe de chevet pour balayer l’obscurité omniprésente dans la chambre. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas fait le cauchemar du meurtre de ses parents. Elle inspira profondément, puis souffla en prenant son temps. Technique que lui avait apprise Hinako afin de se détendre lors de ses terreurs nocturnes.
    
    Elle se dirigea vers la petite salle de bain jouxtant à sa chambre, puis se rinça la figure avec de l’eau froide. Ce cauchemar avait accru sa haine et sa rancœur envers Nantis. Elle se regarda dans le miroir au-dessus du lavabo. La mine affreuse qu’elle arborait l’énervait tellement qu’elle tendit le poing, prête à briser le miroir pour ne plus voir sa tête de zombie. Malgré toute sa colère, elle se ravisa au dernier moment. Elle avait envie de pleurer. Tout lui avait été pris ce jour-là. Dans un élan de colère, Azuria frappa le mur jusqu’à s’en blesser la main. La douleur qu’elle éprouvait lui permit de comprendre qu’elle pouvait toujours ressentir quelque chose. Elle se nettoya la main puis retourna dans sa chambre.
    
    Un petit coup d’œil à travers la fenêtre lui révéla une ville endormie. La lune était haute et bien ronde, pendant que la population dormait à poings fermés. Azuria retourna se coucher, en se forçant à croire que demain serait un autre jour. Mais sa haine n’avait pas de limite, et la nuit allait être longue pour la jeune femme.
    
    Le lendemain matin, après avoir pris une bonne douche et un petit déjeuner, Azuria rejoignit Baldin sur la place centrale. Le marchand s’était déjà occupé des chevaux et de sa caravane, il était fin prêt à partir.
    
    « Ah bonjour, dame Azuria, dit-il en la voyant approcher.
    
    – Azuria, tout simplement.
    
    – Oh pardo…
    
    – En route, » conclut-elle froidement.
    
    Azuria prit place sur le petit banc se trouvant à l’avant et Baldin la rejoignit, frustré. Il n’aimait pas trop qu’on soit froid avec lui, mais Azuria n’avait aucune envie de faire la causette. Tout ce qu’elle voulait, c’était se rendre le plus rapidement possible à Astria. Son désir de vengeance allait bientôt être assouvi !
    
    Baldin fit avancer les chevaux à travers le petit chemin de terre. Azuria garda un œil sur les alentours. La forêt qu’ils traversaient était très dense, ce qui était idéal pour des voleurs qui voudraient se cacher pour tendre un guet-apens. Toutes sortes de bêtes devaient se promener en ces lieux pendant que les oiseaux gazouillaient, virevoltant entre les cimes des arbres gigantesques. Plusieurs fois, Azuria crut à une attaque de bandit lorsqu’elle vit des fourrées bouger. Mais cela n’était que des sangliers qui fuyaient à la vue des humains.
    
    La route était paisible pour le moment. À tel point qu’Azuria s’autorisa de fermer les yeux cinq minutes, respirant l’air saint qui s’échappait de la forêt. Elle n’entendait que la nature et les roues de la charrette grinçant. Mais malheureusement, Baldin tenta à nouveau de faire la conversation.
    
    « Alors, qu’allez-vous faire à Astria ? demanda-t-il d’un ton joyeux.
    
    – Ça ne vous regarde pas, » répondit-elle froidement.
    
    Le marchand souffla, exaspéré.
    
    « Vous ne voulez vraiment pas parler un petit peu ? »
    
    Azuria rouvrit les yeux et porta le regard sur lui. Elle n’avait que faire de discuter avec lui, cela ne l’intéressait absolument pas.
    
    « Je ne suis pas là pour ça. »
    
    Et c’était vrai. Il l’avait engagé pour lui servir de garde du corps et non pour lui faire la causette.
    
    « Franchement, je ne comprends pas ce qu’il a pu vous arriver pour que vous soyez comme ça. En plus, vous avez l’air jeune, vous avez quel âge ? »
    
    Alors qu’Azuria allait l’envoyer paître, six hommes sortirent des buissons et les menacèrent d’armes blanches diverses. Les chevaux hennirent et Baldin parvint à les calmer avec difficulté. Azuria vit l’inquiétude et la peur se lire sur son visage. Par contre, elle, elle ne ressentait rien. Ni colère ni peur… Elle savait qu’une chose : il y allait avoir six morts de plus sur sa liste.
    
    « Vous là, descendez de votre carriole et dégagez de là ! Nous prenons votre marchandise ! » hurla l’un d’eux.
    
    Azuria descendit. Puis d’un pas serein, elle se mit devant les chevaux.
    
    « Tu veux quoi toi ? demanda le voleur brandissant une épée. Eh, les gars, on a une jeune fille pour les jours à venir ! » dit-il en riant.
    
    Les autres montrèrent leur approbation par des cris de joie et des ricanements. Pendant quelques secondes, Azuria se demanda s’ils avaient déjà enlevé des femmes… Mais peu importe, elle n’irait pas à leur secours. De toute façon, ces hommes allaient mourir.
    
    « Galil, attrape-la. Tu l’attaches et on s’amusera avec plus tard ! cria l’homme l’épéiste, un homme chauve grand et musclé.
    
    – Ok, je m’en charge boss, » répondit-il de sa voix graveleuse.
    
    Il s’approcha d’Azuria d’un pas assuré. Il n’avait aucune arme et était seulement habillé d’un pantalon troué. Il voulut lui empoigner le bras, mais brusquement, Azuria matérialisa son katana dans sa main droite, et lui coupa une jambe. Une fois tombé à terre, elle lui écrasa la tête de sa botte puis lui planta la lame dans le crâne.
    
    Et d’un.
    
    Les cinq autres hommes furent surpris et reculèrent de quelques pas. Deux entre eux s’élancèrent vers elle dans un cri de guerre. L’un armé de dagues, l’autre d’une hache. Il était évident qu’il n’avait aucune stratégie et aucune connaissance du combat. Elle esquiva habilement chacun de leur coup, passant entre les deux voleurs par des déhanchements habiles. Pour le premier, elle lui entailla le dos d’un gros coup d’épée, envoyant le sang dans les yeux du deuxième qui s’était déjà retourné. Il tenta de s’essuyer, mais Azuria bandait déjà ses muscles pour sa prochaine attaque. D’un geste simple, précis et rapide, elle le décapita, prenant soin de faire rouler sa tête vers ses autres compagnons.
    
    Et de trois.
    
    Les derniers reculaient à petits pas. La jeune combattante pourrait les laisser partir, mais ce n’était stipulé dans sa mission. Kenji lui avait appris à toujours respecter les contrats qu’elle signait, et à honorer ses promesses.
    
    Elle inspira, puis dans un souffle elle s’élança sur ses adversaires. Le premier tenta de la couper en deux à la verticale, mais d’un bond sur le côté, elle attaqua un autre voleur. Elle lui transperça le cœur sans qu’il puisse voir le coup venir, puis revint vers le chef de la bande. Celui-ci venait à peine de se retourner, qu’il criait de rage et attaqua au hasard. Pas le temps d’esquiver, Azuria para chaque coup. Lorsqu’il montra une petite ouverture, la jeune combattante en profita pour lui donner un coup de pied dans la jambe, le faisant chanceler. Elle lui tailla le torse en plusieurs endroits, faisant gicler le sang sur le sol. Il tomba à genoux, crachant du liquide rouge de sa bouche, puis s’écroula à terre.
    
    Le dernier arborait un regard empli de terreur. Il suait à grosse goutte. Il lâcha son arme et se mit à courir pour fuir leur assassin. Mais Azuria ne laissa pas faire et jeta son arme vers lui. Elle alla se planter en plein dans sa tête, faisant tomber lourdement le corps du voleur au sol. Dans un bruit de torrent magique, le katana se dématérialisa.
    
    Après avoir pris soin de dégager la route en écartant les cadavres, Azuria reprit sa place sur la caravane. Elle n’était même pas fatiguée des efforts qu’elle venait de faire. Elle se sentait forte ! Assez forte pour tuer Nantis et venger sa famille ! Baldin, lui, la regardait du coin de l’œil, stupéfait. Azuria crut même déceler une once de crainte dans son regard, la voyait-il comme un monstre ? Peu importe, elle s’en fichait. De toute façon, l’auberge de la croisée n’était plus très loin et cela la rapprochait de sa destination finale.

Texte publié par Seiki, 16 septembre 2017 à 16h44
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