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Tome 1, Chapitre 6 Tome 1, Chapitre 6
Les battements anarchiques de son cœur tambourinaient contre ses tempes, soulignant un peu plus son mal de tête. Lorsque son réveil sonna, la bouche pâteuse et les paupières lourdes, Léa maugréa contre le monde entier. Elle avait encore rêvé qu’elle avait des ailes et qu’un démon l’embrassait passionnément. Seulement cette fois, l’habitant des enfers avait le sourire de Naël. La jeune femme se tourna et rabattit sa couette sur son visage, bien décidée à ne pas se lever. Gala n’avait pas vraiment la même conception du samedi matin tranquille que sa cadette. Elle déboula en brandissant un verre rempli d’un liquide vert épais. Avant de s’asseoir au bord du lit, elle tira d’un geste vif sur les couvertures.
    
    « Bois ! ordonna l’aînée des Duvent.
    — Gala, la paix, marmonna Léa.
    — Bois !
    — Je ne sais pas ? Qu’est-ce c’est que ce truc ? articula avec difficulté l’étudiante en droit.
    — Spiruline, lait de soja et œuf cru.
    — Beurk ! Nope…
    — Bois ! Et je ne le redirais pas. »
    
    Léa réalisa qu’elle n’avait pas le choix. Une grimace déforma son visage quand elle avala le contenu du grand verre. Elle se surprit à se sentir mieux. La jeune femme donna un léger coup de coude à son aînée et se leva. Elle enfila un jean’s et une chemise ample avant de commencer à chercher un peu partout.
    
    « Léa, qu’est-ce qu’il te manque ?
    — Mes chaussures ! Sauf si tu veux que je reste ici toute la journée, mais vu ton entrée, je suppose que tu as besoin de moi.
    — En effet, je dois aller chez le traiteur et toi… tu dois passer chez le fleuriste.
    — Pourquoi je ferais ça ?
    — Parce que tu es ma sœur et ma demoiselle d’honneur et mon témoin et surtout parce que je n’ai pas le temps.
    — Ça ne fait pas beaucoup de “et” tout ça, s’amusa Léa maintenant bien réveillée.
    — Peut-être bien, mais j’ai du café et des muffins à la cuisine…
    — Pas de doute, Gala, tu sais comment me prendre. Rappelle-moi le nom du pépiniériste ?
     — “Les jardins d’Eden”, sur la cantonale trois.
    — Eh bien, quel nom ! Espérons que je le trouve ! »
    
    Dans un geste inattendu, Gala serra sa cadette contre elle et lui fit une bise sur la joue. Elle se pencha et sortit de sous le lit une paire de baskets rose. Léa se chaussa puis elle prit la direction de la cuisine, avant de monter dans sa jeep. L’estomac plein, la radio à fond, la seconde fille du Pasteur chantait à tue-tête tout en conduisant. Elle revérifia l’adresse, puis tourna dans un chemin de terre. Cela faisait bien trois kilomètres qu’elle avait vu le dernier panneau indiquant le dépôt de plantes. Un lièvre traversa de façon inopportune, forçant la jeune femme à braquer. Maintenant embourbée dans une ornière du bas côté, Léa pestait et tempêtait contre le temps trop pluvieux, la vie trop injuste et le pépiniériste idiot : installé au milieu de nulle part ! Elle sortit de son véhicule pour se retrouver les pieds dans une flaque de boue. La grêle se mit à tomber et devint rapidement violente.
    Tandis que l’orage battait son plein et que la campagne sentait l’herbe fraîche, Léa trouva l’entrée de la petite entreprise. Trempée jusqu’aux os, elle poussa la porte de la première serre. Elle resta interdite. Des centaines de rosiers en fleurs embaumaient le lieu. Leurs robes principalement blanches et roses s’épanouissaient paisiblement sous la lumière artificielle et la chaleur pulsée des buses de ventilation.
    
    L’étudiante en droit sursauta lorsqu’une main se posa sur son épaule. Elle se tourna brusquement sur la défensive. Quelle ne fut pas sa surprise de se trouver face à face avec le musicien de la veille : Naël.
    
    « Que faites-vous ici ? Vous me suivez ? cria-t-elle.
    — Absolument pas ! s’indigna-t-il. En fait, je dirais que c’est vous qui me harcelez jusque chez moi !
    — Chez vous ? Je viens pour les fleurs du mariage de ma sœur.
    — Le mariage Thompson ?
    — Exactement, Gala Duvent est mon aînée. C’est elle qui m’envoie et vous, que faites-vous là ?
    — Je viens de vous l’expliquer. Vous êtes ici chez moi. Je suis le gardien des Jardins d’Eden. Il s’agit de mon entreprise.
    — Vous ? Le grand baraqué musculeux et tatoué, fleuriste ?
    — Vous êtes pleine d’aprioris, mademoiselle Duvent. Au fait, rappelez-moi votre prénom ?
    — Léa… grelota-t-elle
    — Bien Léa. Premièrement, mettez ça, lui ordonna-t-il en lui tendant sa veste. Ensuite, venez avec moi. Vous ne pouvez pas rester dans cet état-là. Si vous chopez un rhume, votre sœur va me tuer.
    — N’exagérez pas ! Gala est une fille sympa.
    — Peut-être, mais comme toutes les futures mariées, je suis sûr qu’elle virera psychopathe si jamais sa demoiselle d’honneur éternue et mouche durant toute la cérémonie, s’amusa-t-il.
    — Vous plaisantez ? C’est ça ?
    — Allez, suivez-moi… Je ne vais pas vous manger. »
    
    Galamment, il lui ouvrit la porte et la laissa passer. Léa était légèrement anxieuse, car ce n’était pas dans sa nature de faire confiance à des inconnus. Aussi sursauta-t-elle lorsque Naël lui prit la main et l’entraîna vers un bâtiment sur la gauche. Ce dernier ressemblait à s’y méprendre à une grange. Pourtant, si le rez-de-chaussée était utilisé comme salle de répétition et garage tout à la fois, le premier étage était un loft cosy bien rangé. Les poutres apparentes et les sous-pentes donnaient un charme indéniable au lieu. Le musicien lui montra une porte sur la droite :
    
    « La douche est là-bas. Il y a des serviettes propres et un sèche-linge. Vous trouverez des vêtements secs dans le placard à droite en entrant, si tu… vous voulez vous changer.
    — Merci, répondit Léa. Naël ? Pourquoi ne me tutoies-tu plus ?
    — Parce que la première des choses que tu as fait à part me hurler dessus a été de me vouvoyer. J’ai cru que tu ne désirais plus que nous soyons amis…
    — J’ai eu peur…
    — Pas de problèmes. Après une bonne douche, une soupe, ça te dit ?
    — Parce qu’en plus tu cuisines ?
    — Je suis un homme plein de surprises », rit-il avant de s’éloigner en direction du coin chambre.
    
    La jeune femme entra dans la salle de bain. Elle ferma prestement la porte et vérifia qu’il y avait bien un verrou. Une fois rassurée, elle poussa la tirette puis ôta ses affaires. L’eau chaude en coulant le long de sa colonne réchauffait son corps. Léa se sécha. Elle fouilla dans les armoires et trouva de quoi se vêtir. Couverte d’un pull-over, d’un boxer et d’une paire de chaussettes, elle rejoignit Naël. Les habits trop amples augmentaient son apparente fragilité. La jeune femme observa le musicien. Il s’était changé.
    
    « Naël ? Je peux t’aider ?
    — Non, merci. Essaye de ne pas agrandir mon pull, sourit-il.
    — Oh, il est un peu petit pour moi, enchaîna Léa, continuant la plaisanterie. Par contre, je n’ai pas mis mes affaires à sécher, j’ai trouvé que c’était trop peu.
    — Trop peu ?
    — Un jean’s et un T-shirt… Sérieusement ?
    — OK… Mes fringues sont dans le coin de la chambre… On pourrait…
    — Je m’en occupe. Ensuite, je goûte cette fameuse soupe, rit-elle.
    — Entendu… merci, pour le linge », lui répondit-il, comme gêné.
    
    Léa sourit et s’éloigna. Elle en profita pour étudier plus attentivement l’environnement du jeune homme. L’appartement était rangé et décoré avec goût. De nombreux livres d’horticulture et de photographie s’alignaient de façon anarchique sur les étagères du salon. Une fois qu’elle eut mis en route le lave-linge, elle rejoignit Naël. Ce dernier avait enclenché la stéréo, de la musique, du jazz, et l’attendait assis à table. Devant lui, deux bols fumants dégageaient une odeur de légumes et d’épices mélangés. Sans rien dire, elle prit place et souffla doucement. Après la première gorgée, elle écarquilla les yeux et fixa le jeune homme, stupéfaite.
    
    « Incroyable ! Tu as trouvé la recette où ?
    — C’est un secret !
    — Naël, si tu veux que nous soyons amis… Tu dois me dire la vérité !
    — OK. Je viens de l’inventer avec ce que j’avais dans le frigo, lui sourit-il penaud.
    — Waouh, c’est délicieux. Félicitations.
    — Merci. Dis-moi, on t’attend quelque part ?
    — Non, pas vraiment…
    — Tu pourrais peut-être passer la journée avec moi ? Histoire que nous fassions connaissance.
    — Hum, pourquoi pas ? minauda-t-elle en se mordillant les lèvres.
    — Ah ! Non ! Ne joue pas ce genre de nanas avec moi !
    — Quel genre ? demanda naïvement Léa.
    — Le genre qui se mor… »
    
    Une musique entraînante interrompit Naël. La fille du pasteur reconnut immédiatement la sonnerie attribuée à sa sœur. Elle se leva et dans une certaine panique se mit à courir dans tous les sens à la recherche de son téléphone portable. Elle le trouva dans la salle de bain, non loin de la douche. Elle décrocha. Le souffle court, elle répondit à son aînée.
    
    « Gala… Oui, tout va bien… Je me suis embourbée, j’attends la dépanneuse chez le pépiniériste… Je ne sais pas ? Toute la journée. OK, je te rappelle dès qu’ils sont là. »
    
    Le jeune homme la regardait en souriant. Les bras croisés, il feignait la colère. Léa le fixa droit dans les yeux avant de lui demander :
    
    « Quoi ?
    — T’es une sacrée menteuse, je n’aurais jamais cru.
    — Je n’ai pas menti… Pas complètement… du moins. À ton avis pourquoi étais-je tellement trempée ? Ma voiture s’est embourbée dans un fossé à un peu plus d’un kilomètre d’ici. Je suis bien chez un pépiniériste et j’avais l’intention d’appeler le garagiste.
    — OK… Tu n’es pas totalement une menteuse. Et c’est quoi cette histoire de journée ?
    — Gala m’a demandé pour combien de temps j’en avais chez le beau tatoué. »
    Naël souleva un sourcil et éclata de rire.
    « Entendu, fille de pasteur. Je vais aller chercher ta voiture avec mon tracteur, ensuite nous verrons ce que je fais de toi.
    — Je ne crois pas…
    — Pardon ?
    — Je t’accompagne.
    — En culotte ? se moqua-t-il.
    — Mes vêtements seront secs dans une grosse demi-heure. Nous n’avons qu’à trouver une occupation pendant ce temps-là.
    — Oh ? Et tu comptes faire quoi ? demanda Naël. Léa retira le pull. Tu… tu as chaud ? déglutit le jeune homme avec difficulté.
    — Non, répondit la fille du pasteur en s’avançant vers lui. Elle ôta sa brassière et dissimula sa poitrine à l’aide de ses mains.
    — Léa, tu vas où comme ça ? J’ai beau être un mec bien… Il y a des trucs auxquels je vais avoir du mal à résister.
    — Je ne vais nulle part. J’attends que tu me fasses voyager.
    — Et où diable, veux-tu que je t’emmène ?
    — Au septième ciel… »

Texte publié par Isabelle , 3 septembre 2017 à 13h58
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