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Tome 1, Chapitre 9 « Le chemin du retour » Tome 1, Chapitre 9
Il a été décidé que je repartirais avec le colonel vers Strata, en attendant que toutes les formalités soient remplies et que je puisse me préparer à mon transfert sur l’Agathos. Je ne reviens toujours pas de cette proposition. Je me demande de quelle manière une Alate débutante peut contribuer à leur mission – à part comme appât à démon, ça va de soi. L’idée me fait frémir.
    
    J’ai embarqué dans l’aéroquartz du colonel, que pilote son aide de camp. Ils se trouvent tous deux à l’avant tandis que je voyage à l’arrière – la place des enfants. Alors que l’engin quitte l’Agathos, je réalise que j’ai enfin l’occasion de voir à quoi ressemble le croiseur de l’extérieur : avec curiosité, je me penche pour l’examiner.
    
    Comme je m’y attendais, il présente une forme aérodynamique adaptée au vol atmosphérique. Sa partie centrale s'apparente à une navette dont l’avant est occupé par la verrière de la passerelle. De part et d’autre, deux « ailes » fuselées s’incurvent gracieusement pour rejoindre l’arrière, un peu en avant de sa « queue » qui s’élargit en un triangle un peu bombé. Le système de propulsion ressemble à une énorme soucoupe qui émerge de son dos et qui scintille comme un immense joyau dont il est difficile de déterminer la couleur.
    
    Il a l’air tellement immaculé que je peine à croire qu’il a plus de trois cents ans. Mais en regardant mieux, on peut apercevoir des éraflures et même des endroits où la coque a été réparée. De toute évidence, l’Agathos n’a pas connu une histoire particulièrement calme. Et dire que cet appareil immense n’abrite que sept personnes – bientôt huit, quand je les rejoindrai !
    
    Durant le voyage, personne ne m'accorde la moindre attention ; le colonel doit ruminer les paroles de l’Aïrin. Je ne peux m’empêcher de repenser aux mots prononcés par l’héritier-lié.
    
    Ce n’est pas parce que ne comprend pas un phénomène qu’il est forcément dangereux. Mais traité comme tel, il peut le devenir.
    
    Une question inattendue traverse mon esprit. Pourquoi, après trois cents ans, sommes-nous toujours en guerre avec les Profondeurs ? Nous ne vivons pas dans le même espace ni avec les mêmes ressources. C’est assez étrange, lorsqu’on y réfléchit. Pendant des années, je me suis contentée de penser comme le reste du monde : parce qu’ils sont mauvais. Mais ce n’est pas logique. Peut-être ont-ils le désir de se venger, mais je ne vois pas l’intérêt de continuer dans cette voie pendant trois siècles. Il y a une sorte de mystère là-dessous… Je ne m’attends pas à le percer, mais le « conseil » de l’Agathos est sans doute bien plus lucide sur la question – ou plus franc – que les autorités d’Ether.
    
    Nous arrivons enfin au quartier général de la patrouille ; l’aéroquartz se pose sur le vaste disque surplombant le vide, en bordure de la ville. Je laisse descendre le colonel et son aide de camp avant de m’extirper de la banquette arrière du petit appareil oblongue, dont la forme pointue évoque un cristal fuselé.
    
    J’ai l’impression d’être comme un animal de compagnie qui les suit partout sans que ma présence soit vraiment désirée, mais j’attends qu’on me donne congé de façon formelle, pour filer rejoindre le dortoir et retrouver mes camarades. Le colonel m’a fait promettre de ne rien dire de mon aventure ; je suis censée avoir subi un déficit d’énergie en raison de la proximité d’une macule de limbes, et avoir été secourue par un aéroquartz de passage. Si l’on me pose des questions, je dois rester aussi vague que possible. Vu qu’il s’agit d’une expérience plutôt désagréable, ça ne doit pas être trop compliqué de laisser croire que je n’ai pas envie d’en parler. Mes parents seront officiellement contactés pour leur faire part de la situation. Étant donné leur position respective, le colonel Alkion les estime dignes de confiance et capables de tenir leur langue.
    
    Quand enfin, il se souvient de ma présence, il tourne vers moi un visage sévère :
    
    « Cadette-patrouilleuse, vous êtes libre de rejoindre votre affectation. Je vous demande encore une fois de rester discrète. »
    
    J’acquiesce précipitamment avant de courir vers le dortoir, qui se trouve de l’autre côté du complexe militaire. Je m’aperçois que je n’ai aucune notion de l’heure qu’il peut être. J’ai l’impression d’avoir vécu dans un rêve depuis ma rencontre avec le démon. Toute cette aventure n’a pas pris plus de quelques heures, mais elle a duré une éternité pour moi. J’ai aussi terriblement faim… Manifestement, j’ai dû louper le repas de midi. Cela me paraît soudain très paradoxal de me préoccuper de ces petites questions logistiques étant donné ce que je viens de subir. Je ne peux m’empêcher d’en rire.
    
    Tous les bâtiments du complexe se ressemblent plus ou moins ; blancs et argentés, en forme de parallélépipèdes, ils ne se distinguent vraiment que par les symboles de leur fonction. Je reprends une allure plus normale à l’approche du mess, reconnaissable par l’assiette et les couverts stylisés sur son fronton : peut-être que je pourrai attraper quelque chose à grignoter. Au lieu d'emprunter l’allée principale, je préfère passer par l’entrée de livraison. Je ne suis pas censée le faire, mais je sais me montrer assez discrète pour éviter d’attirer des attentions malvenues. La chance est avec moi ce jour-là : parmi les personnes de service se trouve mon ami d’enfance, Kara.
    
    Kara est une neutre, mais elle a tout de même voulu faire sa part pour la ville de Strata. Être affectée au mess a été pour elle une excellente surprise, vu qu’elle adore cuisiner. Le repas est passé depuis deux bonnes heures, elle doit déjà commencer à planifier le prochain. Je reste à l’entrée de la pièce où plusieurs personnes s’affairent jusqu’à ce que les yeux de Kara se tournent dans ma direction. J’attire son attention par de grands gestes tout en lui faisant signe de garder le silence.
    
    Elle regarde prudemment autour d’elle avant de s’approcher de moi :
    
    « Prismè ? Est-ce que tout va bien ? J’ai été surprise de ne pas te voir ce midi.
    
    — Ne m’en parle pas… j’ai eu un sacré coup de poisse, si tu savais… »
    
    Elle hausse un sourcil intrigué, mais je la rassure d’un sourire :
    
    « Je te raconterai tout cela si tu me trouves quelque chose à grignoter. Avec tout ça, j’ai loupé le repas et je meurs de faim.
    
    — je dois pouvoir me débrouiller… Attends-moi à côté de la porte du mess, je te rejoindrai. Nous avons bientôt droit à une petite pause… je m’arrangerai pour la prendre en avance. »'
    
    Ses longues couettes rousses dansant derrière elle, elle file au milieu des autres employés. Je lui fais confiance pour tenir sa parole. Je regrette déjà le mensonge que je vais être obligée de lui dire. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas trop quand elle saura que je change d’affectation. À cette pensée, je me sens triste… Je n’avais pas songé que cela signifierait aussi quitter mes amis, et cette idée m’est soudain douloureuse.
    
    Le cœur un peu lourd, je vais m’asseoir le dos au mur près de notre lieu de rendez-vous.
    
    
    
    
    Il se pourrait bien que notre Prismè ait mis le doigt sur quelque chose. Pourquoi les Profondeurs feraient-elles la mauvaise blague d’envoyer des démons et toute une série de cochonneries vers Ether depuis plus de trois siècles ? On se demande bien… Mais c’est l’un des secrets de l’univers et je ne vais pas en parler tout de suite (ça me laisse le temps de l’inventer).
    

Texte publié par Beatrix, 25 septembre 2017 à 01h04
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