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Tome 2, Chapitre 5 « La professeure de littérature (défi créatorium) » Tome 2, Chapitre 5
Tandis qu’elle était assise sur les cuisses de Jyrhan, Ambre se remémorait un souvenir qui lui était revenu à l’esprit au petit matin, lors d’un songe. Il s’aperçut de son expression pensive et, malicieux, embrassa son cou. Elle rougit et l’observa avec une petite moue.
    
    — Qu’est-ce qui te perturbe ?
    
    La jeune Terrienne finit par lui avouer :
    
    — Eh bien je me rappelle quelque chose, mais je ne sais pas si c’est vrai.
    — Ah ?
    — La nuit dernière, j’ai rêvé de l’université. D’un cours en particulier, sur l’histoire de la littérature et ses mouvements.
    — L’école te manque ? la taquina-t-il.
    
    Ambre lui tira la langue en guise de réponse, puis poursuivit :
    
    — Quand je me suis réveillée, j’ai repensé au mois d’octobre. Notre professeur a été absent pendant deux semaines, mais ils ont vite trouvé quelqu’un.
    
    Jyrhan la fixa avec un sourire amusé.
    
    — C’est étrange, mais la femme qui l’a remplacé m’est très familière. À l’époque, j’avais tout de même noté une ressemblance.
    
    La jeune fille riva son regard sur Jyrhan.
    
    — Elle m’a énormément rappelé ta sœur. Le problème, c’est qu’Erret avait coupé toute communication avec la Terre à ce moment-là…
    — Réolys et moi n’obéissons pas toujours aux règles que nous instaurons.
    
    Ambre hoqueta de surprise et le dévisagea avec un air choqué.
    
    — Quoi ? Tu veux dire que… que… Oh !
    
    Jyrhan éclata de rire. Elle rougit de contrariété et croisa les bras. Afin de l’attendrir, il la berça contre lui et lui chuchota à l’oreille :
    
    — Et si tu me racontais le premier jour de cours que vous avez eu avec elle ?
    
    Après force câlineries, Ambre y consentit enfin.
    
    
    
***

    
    
    Ambre s’assit au troisième rang de l’amphithéâtre en grelottant. Elle s’était pris une belle averse en se rendant à l’université et il ne faisait pas chaud. Le chauffage n’était pas encore mis et, à sa plus grande consternation, une petite fenêtre située tout en haut de la salle était brisée. De temps à autre le vent s’y engouffrait sous forme d’une mélodie lugubre.
    
    Elle ouvrit son bloc-notes, prête à écrire. Elle se concentrait exclusivement sur cette activité et ne prêtait pas attention à autrui.
    
    Il s’agissait de leur premier cours officiel et, déjà, leur professeur attitré était absent. Par chance, la faculté avait dépêché une remplaçante. Si certains étudiants râlaient de cette mesure, la jeune fille en était plutôt soulagée. Elle ne tournerait pas en rond et ne ressasserait pas dans son studio au moins.
    
    Ambre ignorait le brouhaha ambiant, jusqu’à ce qu’il cesse de façon soudaine. Elle releva la tête et aperçut une jeune femme, dont les cheveux blonds étaient noués en chignon, se diriger vers l’estrade. Elle portait des verres fumés, ce qui l’intrigua. Pourquoi cachait-elle son regard ? Vêtue d’un haut et d’une jupe tailleur de couleur pourpre, elle ne devait pas avoir plus d’une trentaine d’années.
    
    La jeune fille fut saisie par la grâce de ses gestes tandis qu’elle branchait son ordinateur portable et mettait en route le TBI. Un frémissement la parcourut lorsque la voix de l’inconnue, cristalline et douce, s’éleva dans l’amphithéâtre :
    
    — Bonjour à tous. Je suis Iris Demarchand, et je remplacerai votre professeur pendant deux semaines.
    
    Elle se tut tandis que chaque étudiant l’écoutait avec une sorte de fascination qu’Ambre trouva surréaliste.
    
    Elle ressemble à Réolys…
    
    Elle se morigéna. Non, il ne fallait plus qu’elle songe à Erret ni à Jyrhan !
    
    — Au début, je vous demanderai de me rappeler votre prénom chaque fois que je vous poserai une question individuelle ou que vous voudrez vous exprimer.
    — Eh, on n’est plus à l’école, ricana un jeune homme situé au tout dernier rang.
    
    Son intervention déclencha des rires amusés, ainsi que des remarques salaces sur le physique de leur professeure. Ambre serra les dents. Ils sortaient tout juste du lycée, ce n’étaient que des adolescents encore… D’une voix calme, Iris répondit à l’impertinent :
    
    — Je vous signale que lors d’un entretien d’embauche collectif au sein d’une entreprise, il est demandé aux candidats de mettre une pancarte avec leur nom et prénom devant eux.
    
    Les rires s’interrompirent net et la tension monta d’un cran. Iris ajouta, l’air mi-figue mi-raisin :
    
    — Il en est de même lors de réunions obligatoires organisées par Pôle Emploi. À vous de voir.
    
    Des étudiants chuchotèrent entre eux. Toute envie de jouer aux grandes personnes avait quitté la plupart d’entre eux.
    
    — Bien. Je vais maintenant vous exposer les objectifs de ma matière pour ce semestre. Vous êtes en première année, mais ne croyez pas qu’il s’agit d’une période sabbatique. J’espère également que je saurai vous intéresser et vous interpeler. Ces cours, nous les construirons ensemble. Quant aux TD, vous découvrirez le travail d’équipe. Bien entendu, j’ai discuté de tout cela avec le collègue que je remplace.
    — Vous allez faire comment pour les cours magistraux ? Tout le monde ne viendra pas puisqu’ils ne sont pas obligatoires, rétorqua une jeune femme.
    
    Iris riva son regard sur elle. Ambre se demanda pourquoi elle ne retirait pas ses lunettes en verre fumé.
    
    — Je ne force personne, mademoiselle. Toutefois, si vous vous êtes inscrits dans cette filière ou même à l’université tout court, je suppose que ce n’est pas pour vous amuser à manquer des heures. Vous êtes des adultes responsables, à vous d’assumer les conséquences de vos actes.
    — Pourquoi vous nous dites ça ? s’exclama un autre étudiant.
    — Je ne fais que répondre à la question de votre collègue.
    — De toute façon, même avec un bon diplôme, on va finir chômeur ! répliqua la jeune femme qui était intervenue quelques minutes plus tôt.
    
    Iris leva les mains.
    
    — Écoutez. La société est compliquée. La vie aussi. Il ne faut pas partir perdant. Battez-vous pour ce en quoi vous croyez. Je ne peux pas dire mieux.
    
    Elle se tut cinq secondes, puis renchérit avec une voix douce :
    
    — Je suis ici pour vous offrir des connaissances précises. Je ne sais pas qui vous êtes ni d’où vous venez. Je suppute que vous êtes inscrits dans la licence des Lettres Modernes par choix. À partir de là, je ne peux que vous prodiguer des conseils fondamentaux : faites ce qui vous passionne, entourez-vous de personnes capables de vous soutenir pour aller jusqu’au bout, et n’oubliez pas aussi de donner le meilleur de vous-mêmes.
    
    Ambre se sentit pénétrée par les paroles censées de leur professeure. Les autres étudiants ne bronchèrent pas. Certains étaient pensifs, d’autres choqués. Iris se racla la gorge, puis souffla :
    
    — Bien, et si nous en revenions au cours ?
    
    Contre toute attente, plus personne n’osa l’interrompre. Chacun s’empara d’un stylo ou d’un crayon de papier. Chacun se laissa emporter par les propos et la voix envoûtante de leur professeure, y compris la jeune Terrienne. Sans qu’elle puisse l’expliquer, son cœur paraissait plus léger, comme s’il était bercé.

Texte publié par Aislune Séidirey, 24 septembre 2017 à 21h23
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