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Tome 1, Chapitre 7 « Entourloupes » Tome 1, Chapitre 7
Quand Ambre se réveilla, un mal de crâne épouvantable l’accueillit. Elle cligna des yeux. Heureusement, l’obscurité y remédia et la douleur reflua petit à petit. Elle put avoir une vue d’ensemble du lieu où elle séjournait. Allongée sur un sol de pierre, elle n’était pas attachée. Des remugles chatouillèrent ses narines ; perturbé par le choc subi, son odorat identifia néanmoins une humidité stagnante. La jeune fille grimaça, habituée à un air sec et propre.
    
    Elle tenta de se relever, mais le vertige la gagna. Ses oreilles interceptèrent un bruit léger, qui provenait du mur de gauche.
    
    En fait, on dirait qu’il vibre…
    
    Une porte s’ouvrit à cet endroit ; une silhouette sombre se découpa dans le carré de lumière qu’elle projetait, puis s’avança vers Ambre, qui n’osait plus bouger, pour la saisir par le cuir chevelu. Elle se mordit les lèvres et retint un gémissement.
    
    — D’où viens-tu, toi ? se fit entendre une voix rocailleuse.
    
    Elle déglutit et considéra l’homme au visage juvénile encadré de mèches brunes et ondulées. De petite taille, mais de corpulence remarquable, il était bâti pour le combat à mains nues. Elle balbutia :
    
    — De… de quoi ?
    
    Il la gifla. Elle refréna un hoquet de justesse. Il la souleva de nouveau par les cheveux avec encore plus d’indélicatesse.
    
    — Je répète ma question : d’où viens-tu ?
    — Aïe ! Euh… Je suis perdue.
    
    Il la gratifia d’un regard froid. Toutefois, sa poigne se fit moins ferme. Elle murmura :
    
    — Je ne sais pas mon nom. Je… je ne me souviens de rien ! Qu’est-ce qui se passe ?
    
    Pourvu que ça marche, pourvu que…
    
    L’homme arqua un sourcil. Il renifla la détresse de la jeune Terrienne, puis finit par la lâcher. Elle se redressa tout en bégayant :
    
    — On… on est où là ? Je ne connais pas cet endroit !
    — Pour l’instant, tu ne bouges pas, ton sort sera fixé quand j’aurai parlé avec le Maître.
    — Je veux me rappeler de qui je suis ! Vous m’avez fait quoi ? Dites-moi !
    
    L’homme la toisa en penchant la tête, la bouche plissée. Il se retenait de rire. Son attitude coupa le sifflet d’Ambre – elle ne lui inspirait que de la pitié. Il se reprit et, d’un ton dénué d’émotions, objecta :
    
    — Je n’ai pas d’ordre à recevoir.
    
    Sur ces mots, il sortit en fermant la porte derrière lui.
    
    Il retourna la chercher dix minutes plus tard. Ambre demeurait prostrée, les yeux dans le vague. Elle avait eu le temps de voir que ceux-ci étaient gravés de symboles familiers. D’un geste brusque, il lui fit signe de se lever. Elle s’avança jusqu’à lui et il la poussa dans un couloir parsemé de barres lumineuses verdâtres. Le silence accompagnait leurs pas, suivis de menus crissements d’origine inconnue.
    
    Sans doute des insectes.
    
    Son geôlier se chargea de les conduire jusqu’à un escalier sinueux, puis une vieille porte ; parfois, des chandelles les saluaient de leurs flammèches. Ambre n’arrivait pas à déterminer pourquoi ces deux types d’éclairage cohabitaient.
    
    Ils pénétrèrent dans une immense salle, mais contrairement à ce que s’imaginait la jeune fille, aucune décoration médiévale ne l’embellissait. Bien au contraire, n’importe quel scientifique terrien pâlirait d’envie devant les prouesses technologiques des Hemonos.
    
    Pourquoi autant de décalage entre les prisons, le couloir et ici ?
    
    D’un gris ferreux, les murs renvoyaient son image. Lorsqu’elle s’en aperçut, elle frissonna à cause de l’aura glaciale qui émanait de sa silhouette au sein de ces reflets sinistres. Elle détourna les yeux.
    
    En plein milieu de la pièce, une table servait pour des expériences sur des êtres vivants. Du moins, elle le constata, parce que des hommes et des femmes habillés de bleu s’affairaient autour d’un enfant d’une dizaine d’années – mort, ou endormi ? Ils étaient isolés par des panneaux transparents assurant la stérilité de l’espace qu’ils occupaient. La nausée lui tordit l’estomac et elle baissa la tête. Au fond de la salle, elle remarqua un trône aux formes droites et carrées.
    
    Il paraissait forgé dans de l’argent ou du titane. Des bannières avec différents motifs, les mêmes que sur la porte de sa cellule, étaient accrochées au-dessus. Un homme chauve, aux iris d’un azur si vif que la jeune Terrienne les trouva extraordinaires, s’y tenait assis ; un frisson la parcourut.
    
    Vêtu d’un uniforme d’une bonne coupe et sans apparat, il respirait l’autorité. En dessous, il était peut-être équipé d’une brigandine, mais elle n’en était pas certaine. Il portait des spalières fines et des brassards. Le matériau de ses protections s’avérait être identique à celui du trône.
    
    La beauté des traits assurés et bien dessinés de l’homme provoquait chez elle un sentiment de répulsion irrépressible.
    
    Son geôlier lui intima de se mettre à genoux, mais elle refusa. Il lui asséna un coup derrière les mollets et appuya sur ses épaules avec ses paumes ; elle n’éprouva rien d’autre que de la surprise avant d’être accroupie de force devant l’inconnu. Il se leva et marcha vers elle d’un pas fluide. Ambre se prépara à leur échange. Avéran lui avait donné assez de bases pour saisir les propos de tout habitant de la région, et pour y répondre sans se trahir en tant que Terrienne. Du moins, elle espérait que cela suffirait. Il lui faudrait prendre garde aux mots qu’elle emploierait.
    
    Le sourire aux lèvres, il la dévisagea et susurra d’une voix grave :
    
    — Alors, tu ne te souviens pas de ton identité ?
    
    Il souleva Ambre par le coude. Elle lui arrivait juste en dessous du menton.
    
    — Quel dommage. Vraiment, je le déplore. Tu nous aurais beaucoup aidés.
    — Vous me tutoyez, mais on ne se connaît pas.
    
    Elle interloqua quelques scientifiques qui… ne travaillaient pas sur le corps de l’enfant. Diverses expressions animèrent leur visage ; Ambre en avala sa salive de travers. Ça la rendait malade.
    
    Elle croisa les bras. Hors de question de défaillir ! Après une longue inspiration, elle lâcha :
    
    — Vous allez me tuer parce que je… euh, que… que j-je ne v-vous sers à rien ?
    
    Plus elle cherchait à être crédible, et plus elle se montrait ridicule ; plus elle tentait de contrôler sa voix, plus celle-ci lui échappait. Elle réprima des larmes d’impuissance. Elle ne supportait pas d’être humiliée !
    
    L’homme objecta :
    
    — C’est ce que tu crois.
    
    Un rire vibra dans sa gorge et la fit tressaillir. Elle avait juste gagné du temps.
    
    — Vois-tu, je suis sceptique quant à ton état. Non : soucieux, en fait.
    
    Elle comprit qu’il se moquait d’elle et qu’il ne se privait pas de la considérer comme une demeurée.
    
    Espèce de salaud !
    
    Son ego un peu mal placé lui permit de retrouver sa répartie ; elle riposta :
    
    — C’est trop d’honneur.
    
    Les joues pâles de l’homme, qu’elle décida de baptiser « Tyran », se tendirent. Il rétorqua avec sécheresse :
    
    — Des quartiers spéciaux seront aménagés pour toi, je veillerai personnellement sur ta santé. Tu m’excuseras de leur vétusté apparente, mais cela suffit largement pour toi.
    
    Il claqua alors des doigts ; Ambre remarqua que sa main entière était composée du même métal que ses brassards et spalières.
    
    — Toi, conduis cette jeune fille jusqu’à sa nouvelle résidence. Elle a besoin de repos, les mauvais traitements de mes hommes l’ont malmenée.
    
    Avec un ricanement, il ajouta :
    
    — Enfin… Il serait fâcheux qu’un autre incident se produise.
    
    Elle s’efforça de ne pas baisser la tête, même si son sarcasme l’atteignait plus qu’elle ne l’aurait souhaité. Son geôlier la tira par le bras. Elle fut contrainte de le suivre.
    
    
    
***

    
    
    La main du gardien se posa sur son dos pour l’inciter à s’introduire dans la cellule. Ce bref contact amena chez Ambre une sensation de dégoût. Elle se retint de le gifler. Une fois la porte cloutée verrouillée, elle chercha à se repérer. La pièce, plus étroite que celle où elle s’était réveillée, anéantit le peu d’optimisme qu’il lui restait.
    
    Une fenêtre minuscule, située sur un mur adjacent à l’unique entrée, laissait passer un filet de soleil. Néanmoins, il n’éclairait pas l’endroit, sauf une maigre portion du sol. Ambre fronça le nez. Une odeur aigre d’eau croupie et de moisissure lui monta à la gorge. Un frisson de répugnance la gagna en songeant au Tyran ; un Hemonos dont l’aura machiavélique se mêlait à son charme. En effet, la prison dans laquelle il l’avait jetée était vraiment rudimentaire. Sous-entendait-il que des cellules plus perfectionnées d’un point de vue technologique étaient réservées à des criminels ? Elle se rangea à cette hypothèse.
    
    Était-il un simple commandant de groupe… ou bien était-ce le Maître en personne ?
    
    En tout cas, loin de la caricature des « super méchants », mais quand même ! Quoique…
    
    Elle échouait à le définir, et il valait mieux qu’elle abandonne. À force, le souvenir de sa récente confrontation avec lui embrasait son cœur de colère. Elle repensa à ses parents, au Tisseur de mondes, puis s’arrêta aussitôt afin de ne pas se morfondre davantage.
    
    Ambre voulut regarder sa montre, mais l’obscurité ne lui permit pas de bien voir. Elle s’accroupit vers le maigre halo de lumière et tordit son poignet vers le soupirail. Quatre heures de l’après-midi terriennes. Sur Erret, combien s’en était-il écoulé ?
    
    Un gémissement monta le long de sa gorge. Elle avait perdu du temps, beaucoup trop ! De plus, elle était piégée comme un rat. Prisonnière des Hemonos, sans moyen de s’échapper, elle était fichue.
    
    Fichue.
    
    Pour un peu, elle en aurait pleuré.
    
    Plusieurs minutes passèrent avec une lenteur angoissante, même si la jeune fille n’en avait pas conscience. Recroquevillée dans le mince carré ensoleillé, elle essayait de réfléchir à sa situation. La cellule était glaciale. Si elle ne parvenait pas à se sortir de là, elle resterait sur Erret et ne rentrerait pas à temps, puisque le Tisseur ignorait sans doute ce qu’il s’était produit. Il serait incapable de la ramener. Sa mère, son père et sa petite sœur se feraient un sang d’encre. Elle se représentait leur expression décomposée lorsqu’ils s’apercevraient de son absence. Ils appelleraient ses amis afin de savoir si elle ne logeait pas chez eux à cause de telle ou telle raison. Ambre imaginait leur stupéfaction douloureuse devant sa disparition ; ils contacteraient ensuite la gendarmerie…
    
    Elle leur briserait à tous le cœur.
    
    Les paumes plaquées sur ses genoux tremblants, elle cherchait une excuse pour héler le geôlier, pour comparaître de nouveau devant le Tyran. Pour continuer à jouer son rôle d’amnésique. Elle devait se montrer plus convaincante. Cette solution pitoyable se révélait être sa seule ressource.
    
    Ambre se releva en époussetant sa traîne d’une main anxieuse. De sa poche arrière de pantalon, un éclat brillant chuta au sol, mais elle ne s’en rendit pas compte. Elle se posta face à l’issue de sa prison, puis cogna le battant.
    
    — Ouvrez-moi !
    
    Elle s’acharna ainsi pendant environ une minute… en vain. Elle n’eut même pas droit à un rire du gardien ou à ses railleries. L’angoisse la saisit derechef et elle s’assit contre le mur. Elle tenta de maîtriser sa respiration. Lorsque son stress était trop intense, il l’étranglait aussi efficacement qu’une corde.
    
    Elle posa sa paume par terre ; un caillou pointu s’y enfonça et la coupa. Hébétée, elle fixa l’écorchure, puis l’endroit fautif. Elle ne voyait rien. Elle effleura de ses doigts la roche afin d’essayer de retrouver la saillie qui l’avait blessée. Sans résultat.
    
    Ambre se donna quelques instants pour recouvrer ses esprits. Enfin, elle se releva avec précaution. Elle s’apprêta à frapper encore la surface massive de la porte, la bouche ouverte et prête à lâcher ses invectives. La politesse était le cadet de ses soucis.
    
    Soudain, ses yeux s’écarquillèrent. Sa voix resta en suspens, et son poing serré devant elle.
    
    Qu’est-ce que…
    
    Un éclat de verre, coincé entre la pierre et le bois. Étrange qu’elle l’ait remarqué. Il ne se plaçait pas dans l’axe de la fenêtre, mais presque sous la porte ! Elle l’avait repoussé avec sa paume de manière involontaire, voilà pourquoi elle ne l’avait pas décelé ! Fébrile, elle s’en empara ; dans son agitation, elle faillit se couper de nouveau. Les bords étaient irréguliers. Pourtant, elle saisit l’importance de ce détail.
    
    Elle explosa de rire.
    
    Je deviens cinglée !
    
    Une intuition possessive malmenait son cœur à force de le comprimer entre ses crocs. La jeune Terrienne approcha le morceau de verre du soupirail de manière à ce que le rayon de soleil effleure sa surface. Une éternité s’écoula tandis qu’elle se maintenait dans une posture instable. Elle crut qu’il ne se passerait rien, sauf qu’elle surprit sa peau en train de chauffer, surtout au niveau de ses doigts.
    
    Un éclair blanc l’aveugla ensuite. Son corps fut comme tiraillé par le haut. Lorsqu’elle réussit enfin à appréhender son environnement, elle comprit avec ahurissement qu’elle ne croupissait plus du tout dans sa cellule, mais aux abords de ruines ! Mangées par les mauvaises herbes, elles paraissaient âgées de milliers d’années.
    
    Ambre fixa de nouveau l’éclat transparent, qu’elle serrait dans sa paume, et se rendit compte que c’était un fragment de miroir.
    
    Il m’a transportée hors de ma prison ! Il était enchanté !
    
    Elle repensa à sa première rencontre avec le Tisseur. Il lui avait montré un paysage d’Erret à travers une glace. Elle-même avait traversé sa psyché et…
    
    Bon sang !
    
    Bouleversée, elle pivota et essaya de se situer. Des ruines donc, à perte de vue. Elles ressemblaient aux vestiges d’un ancien manoir. Hélas, le temps lui manquait pour s’appesantir sur de telles interrogations. Elle décida de se mettre en route.
    
    
    
***

    
    
    Le soleil dardait de nouveau ses rayons ; Ambre n’avait pas trop chaud, mais elle mourait de soif comme ce matin et elle s’était perdue. Avec désespoir, elle scruta sa montre, geste qui devenait salement mécanique. Cinq heures de l’après-midi.
    
    Non, ça ne rime plus à rien.
    
    Il lui fallait se repérer d’une autre manière. Elle retira le bijou et le rangea dans la poche de son short.
    
    Maintenant, faut que je me grouille !
    
    Un chemin parsemé de gravats et de galets surgit vers sa droite. Ambre s’y dirigea, le pas traînant. Elle se planta pour la énième fois devant un mur couvert d’inscriptions indéchiffrables.
    
    Il lui semblait avoir vu le même syllabaire à son arrivée au sein d’Erret, sur les colonnes du monument dans le désert. Une écriture cunéiforme, des idéogrammes ? S’il l’avait pu, son cerveau aurait laissé échapper de la fumée.
    
    Bon, si j’aboutis là, ce n’est pas par hasard ! Le prochain coup, je retomberai dessus.
    
    La jeune Terrienne scruta de nouveau la paroi rêche, d’un blanc cassé. Les symboles, teintés d’un bleu océan aussi chatoyant que le ciel, la narguaient.
    
    Sans réfléchir, elle toucha les plus gros. Ils bougèrent, puis changèrent de forme tandis qu’un grondement ébranlait la pierre. Les autres les imitèrent. Le cœur d’Ambre tambourinait au sein de sa poitrine. Elle avait déclenché quelque chose en effleurant les runes qui, désormais, s’articulaient en un alphabet latin. Elle posa une main sur une lettre et constata qu’elle pouvait la déplacer. Un écho chamboula sa mémoire.
    
    Le grimoire ! Il y avait ces inscriptions à l’intérieur, sur la première page !
    
    La surface granuleuse et tiède de la lettre ne lui était pas désagréable. Ambre cogita encore. Devait-elle les mouvoir pour les ranger ou pour écrire un message ? Ses yeux s’illuminèrent.
    
    Mais oui ! Dans le livre, ils parlaient d’une énigme qu’il fallait résoudre en agençant des symboles de sorte à créer un mot pour activer un mécanisme !
    
    Elle commença son exercice. Après maints efforts, elle parvint enfin à isoler les majuscules des minuscules. Néanmoins, elle s’y reprit plusieurs fois avant de former cette phrase : « Bientôt tu t’égareras, dans le Cœur du passage tu atterriras, et ce avant le Prologue de l’Épreuve qui Suivra. »
    
    Le sol se déroba sous ses pieds ; Ambre poussa un cri de terreur. Ses doigts tentèrent de se raccrocher aux bords, mais ils glissèrent. Le noir avala les rayons du soleil, et l’infini absorba la jeune fille dans sa chute.

Texte publié par Aislune Séidirey, 2 mai 2017 à 21h24
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