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Tome 1, Chapitre 6 « Falifeey » Tome 1, Chapitre 6

    L’allée mena Ambre droit au cœur du bourg – si elle pouvait le nommer ainsi. Des pavés gris et blancs formaient une mosaïque au sol et rehaussaient la beauté d’une fontaine. Assez simple, sculptée dans un matériau bleu cobalt, elle supportait en son sein un bassin échancré qui crachait une eau limpide. Un trottoir bas délimitait les rues plutôt larges. La jeune fille identifia quelques bouches d’égout verticales. Elle ne vit aucun véhicule motorisé toutefois.
    
    L’air charriait une légère poussière, bien moins irritante que l’atmosphère polluée des villes terriennes.
    
    Des personnes se promenaient, vêtues d’habits sobres aux couleurs vives ; robes, pantalons, tuniques… Ambre s’observa ; elle détonnait sans doute avec sa tenue, mais ils ne lui prêtaient guère d’attention. Peut-être avaient-ils l’habitude de rencontrer des étrangers de tous bords. Elle tenta d’écouter leurs conversations, puis s’arrêta aussitôt en constatant leur banalité.
    
    Autour de la place, elle repéra des magasins. Intriguée, elle se dirigea vers les différentes enseignes d’un bois brun clair. Leurs inscriptions peintes en noir lui demeuraient incompréhensibles, comme les symboles aperçus sur le prototype du temple d’Aliante. La langue écrite de ce monde mélangeait plusieurs codes. Malgré tout, Ambre devinait la fonction de chaque commerce à sa devanture : boulangerie, pâtisserie, épicerie…
    
    L’architecture générale n’était pas en adéquation avec l’avancée technologique d’Erret. Une volonté des Elnaris, qui désiraient un mode de vie plus proche de la nature ? Ambre secoua la tête ; avec ses questions, elle s’embrouillait.
    
    Elle s’arrêta devant une boutique de vêtements ; un rideau de velours marron en cachait l’entrée. Elle en écarta les pans. Une salle, où l’étoffe neuve côtoyait l’ancienne, se livra à ses prunelles curieuses. Sur des cintres ou des corps sculptés dans du bois, des capes et des toilettes de princesses s’accordaient avec des corsaires, des jupes en coton et des chemises d’aventuriers. Des étagères débordaient de pulls en laine, de tuniques et de tee-shirts. La jeune Terrienne avisa des bacs contenant des écharpes et divers accessoires.
    
    Un parfum agréable s’épanouissait dans la pièce. En revanche, elle était incapable de le définir. Un mélange d’épices et de fleurs ?
    
    Son attention se fixa sur un ensemble de cuir et de soie. Il était composé d’un corsage rouge écarlate et noir, avec des lacets bruns qui le nouaient par-derrière. Les manches flottantes étaient courtes et se terminaient aux coudes. Il était assorti d’un pantalon étroit sombre. L’étoffe se distinguait par sa souplesse, mais aussi par sa fermeté. Une longue traîne couleur neige partait des bords du corsage. Des bottes plates accompagnaient le tout. Ambre toucha le tissu.
    
    — Ma création vous plaît ?
    
    Elle tressaillit. Un homme à la cinquantaine bien tassée se tenait à cinq pas d’elle, vers une entrée masquée par un rideau de perles. Elle ne l’avait pas entendu arriver. Elle se concentra pour ne pas être déconcertée par d’éventuels mots inconnus.
    
    — Oui, c’est vrai qu’elle est superbe.
    — Prenez-la, elle est à vous.
    — Euh, je…
    — Voyons, n’ayez pas de scrupules !
    
    Incrédule, Ambre ne réagit pas. Les yeux de l’individu, d’un marron chocolat, la scrutèrent de haut en bas et son visage oblong, sans être rubicond, s’éclaira d’un sourire rassurant :
    
    — Vous n’êtes pas d’ici, hum ? On dirait bien. Vous venez d’un monde proche, je pense.
    — Oui, c’est ça et, euh… je recherche un… un ami.
    — En tout cas, je l’ai terminée il y a une heure. Un homme habillé d’une cape m’a confié le modèle pour que je la confectionne à… zut, je ne me rappelle plus quand. Tant pis, ce n’est pas important.
    
    Ambre n’osa pas lui demander de répéter, même si le sens de certains mots lui échappait. Elle se contenta de lui poser une autre question :
    
    — Qui donc ?
    — Oh. Je ne me souviens pas, mais il m’a affirmé qu’elle trouverait une cavalière.
    
    Encore lui.
    
    L’homme, en voyant ses traits s’affaisser, s’affola :
    
    — Vous n’en voulez pas ?
    — Euh. Si, enfin… J’aimerais l’essayer.
    — Je vous laisse.
    
    Il quitta la pièce. Médusée dans un premier temps, la jeune fille se décida à se changer. Une fois en sous-vêtements, elle saisit avec délicatesse la tenue, puis l’enfila. Après avoir boutonné son pantalon, elle entreprit de lacer son corsage. Son dos n’était pas trop découvert. Elle chaussa ses bottes ; le bord atteignait le haut de ses mollets. La traîne blanche flottait autour d’elle.
    
    L’air rêveur, Ambre resta plusieurs secondes ainsi. L’artisan frappa à l’encadrement.
    
    — Je peux entrer ?
    — Oui.
    
    Il écarta le rideau de perles, dont la nacre et le bois bruissèrent avec discrétion. Un sifflement d’admiration rebondit jusqu’à ses oreilles après qu’il se fut avancé vers elle.
    
    — Eh bien, cela vous sied comme un gant !
    
    Il frotta sa moustache poivre et sel. Elle s’aperçut alors qu’il était à peine plus petit qu’elle et que son front luisait. Il portait une robe marron assez ample, semblable à un habit chamanique. Son échancrure et ses manches étaient brodées de motifs clairs, ronds et pleins. Il la regarda droit dans les yeux.
    
    — Accepteriez-vous d’être mon modèle ? Dans une heure, une grande fête est donnée à l’occasion de l’ouverture de ma nouvelle collection.
    — Quoi ? balbutia-t-elle, interdite. Que voulez-vous que je fasse ?
    
    L’artisan lui répéta avec patience :
    
    — Pourriez-vous défiler pour moi avec d’autres personnes ?
    — Mais…
    — S’il vous plaît, cela ne durera pas longtemps.
    
    Ambre se mordit la lèvre inférieure. Impossible ! Elle devait rejoindre le Tisseur ! La voix de l’homme l’expulsa de ses pérégrinations mentales :
    
    — Si vous désirez rencontrer votre mystérieux personnage, c’est l’occasion ! Il viendra… Il a insisté, en plus.
    
    Le cœur de la jeune fille s’accéléra.
    
    — Vous êtes sûr ?
    — Oui, et je suis convaincu qu’il ne manquera pas à sa parole.
    
    A-t-il placé cet homme exprès sur mon chemin ? Est-ce encore un moyen de me déstabiliser ?
    
    Un soupir s’échappa de sa bouche. Elle se frotta la tempe ; un mal de tête commençait à la tarauder. Le Tisseur ne lui laissait pas le choix. Elle murmura :
    
    — Bon, j’accepte.
    — Ah, excellent ! Merci beaucoup madame, euh mademoiselle…
    — Appelez-moi Ambre.
    
    Elle n’arrivait pas à le croire : elle allait jouer au mannequin devant des gens qu’elle ne connaissait pas ! Elle se tourna vers l’artisan. Sa joie et son air béat lui donnaient le sourire malgré les circonstances. Elle lui demanda :
    
    — Euh, où pourrais-je me rafraîchir ?
    — Pas de problème. J’ai fait installer des loges vers le lieu du défilé. Les autres modèles y sont déjà.
    
    Ambre se sentit démunie. Il lui était un peu difficile de dialoguer. Gênée, elle marmonna :
    
    — D’accord… merci.
    
    Elle s’interrogea. Écouter une personne qui lui avait peut-être servi un mensonge pour l’attirer dans un piège, n’était-ce pas suicidaire ? Elle écarta cette pensée. Non. Son instinct lui soufflait que l’homme était digne de confiance. Il la trompait rarement sur ses ressentis envers les gens qu’elle croisait.
    
    — Suivez-moi ! s’exclama-t-il en gesticulant. Il reste tout juste une heure et je n’ai rien préparé…
    
    Il l’agrippa par le bras et l’emporta hors de la boutique avant qu’elle n’ait pu se remettre de ses émotions. Ils adoptèrent un pas plus mesuré une fois à l’extérieur, ce qui la soulagea. Ils passèrent à côté de la fontaine, puis prirent un chemin étroit et poussiéreux entre deux maisons. Construites sur trois étages avec des arcades, elles possédaient des encorbellements plus sombres. Les dalles des murs arboraient une splendide nuance orangée et le bois semblait verni. Ambre se questionna : étaient-elles bâties avec du torchis ? Quant à leur toit, il était pentu et constitué de tuiles ondulées d’un rouge profond. Elle remarqua des tonneaux posés devant un perron. Une odeur peu ragoûtante et familière s’échappait de sous leur couvercle. Elle comprit qu’ils servaient à récolter les ordures et que les propriétaires effectuaient un tri selon le type.
    
    Au fur et à mesure de leur avancée, les habitats se parsemaient et se résumaient à des fermes. Ambre haletait à cause du versant qu’ils empruntaient. Quoi qu’elle pense, elle n’avait pas assez dormi.
    
    
    
***

    
    
    Ambre s’activait à achever ses derniers préparatifs. Avéran, l’artisan, l’attendait avec impatience. La traîne partant de son corsage frémissait autour de ses chevilles. Elle se planta devant un immense miroir de chêne brun et entreprit de se coiffer. Du mieux qu’elle put, elle lissa ses mèches longues et ébouriffa le reste avec un produit qui faisait office de gel, à petites doses. Un trait noir charbonneux soulignait le contour de ses yeux. Ensuite, elle appliqua une poudre fine aux nuances lilas sur ses paupières. Enfin, elle peignit au pinceau ses lèvres avec un baume à la texture agréable, d’une superbe couleur rosée.
    
    Elle avait remercié avec chaleur Shanoa, l’épouse de l’artisan, pour le maquillage. Bien qu’elle n’en ait pas voulu au départ, le couple s’était entêté. Elle mira ses bottes neuves avec plaisir.
    
    Avéran frappa à la porte de la loge. Ambre s’écria :
    
    — C’est bon !
    
    Il entra dans la pièce et, en la découvrant, son regard s’illumina.
    
    — Vraiment, vous êtes jolie !
    
    Elle sourit ; elle l’appréciait de plus en plus. Une question capitale frôla son esprit. Elle avala sa salive et commença :
    
    — J’ai entendu dire que vous aviez des ennuis avec… avec des Hemonos.
    — Oh oui, confirma Avéran d’une voix triste. Ils n’ont pas encore repéré Falifeey, mais sachez que si cela arrive, nous serons assiégés.
    — Falifeey…
    — C’est le nom de notre village.
    
    Son expression se rembrunit.
    
    — Nous serons soumis à la torture. Ils traquent la jeune Réolys.
    — Au lieu de faire comme si de rien n’était, pourquoi ne vous protégez-vous pas ?
    — Parce que. Nous partirons à travers Erret et nous nous enfuirons. Nous connaissons ses cachettes mieux que personne. Ils ne toucheront pas à nos biens ni ne se donneront la peine de saccager nos maisons. Ce n’est pas leur préoccupation principale.
    
    Ambre comprenait de mieux en mieux l’artisan, qui avait pris le temps de lui apprendre quelques mots. Sinon, il employait des termes différents quand elle éprouvait des difficultés.
    
    En avisant sa perplexité, il ajouta :
    
    — Ne vous inquiétez pas. Falifeey est invisible aux voyageurs qui ne se désaltèrent pas à la rivière sacrée, grâce à un sortilège lancé par le Tisseur de mondes.
    
    Il renchérit après avoir froncé les sourcils :
    
    — J’avoue qu’il ne nous camouflera plus très longtemps, car n’importe qui est capable de boire à la source. Enfin, il faut qu’ils en aient l’idée d’abord ! Pour les personnes qui sont dénuées de mauvaises intentions, l’eau a l’air claire alors que pour les autres, elle semble marécageuse.
    
    — Elle est quoi ?
    
    Avéran répondit en riant :
    
    — Elle a un aspect dégoûtant. Après, je n’en suis pas sûr.
    
    Il entortilla le bout de sa barbe autour de son index avant de poursuivre :
    
    — Une quelconque défense de notre part attirerait l’attention. La plupart des Elnaris ont commis cette erreur… Ils ont cru qu’ils seraient sauvés. Hélas, la technologie des Hemonos égale la nôtre, seuls le Tisseur et sa sœur possèdent l’art de la Magie.
    — Excusez-moi, mais à propos de technologie… Votre village me paraît assez rustique.
    — C’est notre choix. Nous préférons ne pas étaler nos savoirs.
    
    Ambre sentit que la discussion était close. Ses hypothèses se validaient. Taraudée par une énième question, elle lui demanda avec douceur :
    
    — Pourquoi vous confiez-vous à moi aussi facilement ? Je pourrais être leur espionne.
    
    Les prunelles d’Avéran la scrutèrent avec gravité.
    
    — Parce qu’Il m’a dit qu’une jeune fille prénommée Ambre viendrait. C’est vous, n’est-ce pas ?
    — O-oui, balbutia-t-elle, déconcertée, sauf que je peux vous mentir !
    — Vous m’avez répondu avec spontanéité et personne n’est au courant de votre existence. Je ne veux pas vous offenser, mais vous n’avez pas la tête de l’emploi.
    
    Il n’avait pas tort : elle n’avait pas l’air féroce. Elle se perdit dans ses pensées. Soudain, il s’agita après avoir consulté sa montre – du moins, le curieux bracelet qu’il portait.
    
    — Ouh la la la ! Vous commencez dans cinq minutes ! Il faut y aller tout de suite !
    
    Il saisit Ambre par la main. Elle se laissa entraîner sans résistance à travers les couloirs en bois pour rejoindre les coulisses.
    
    
    
***

    
    
    Au sud du village, des loges et une scène occupaient l’endroit où se déroulerait le défilé. Cinq chapiteaux rouge et orange, ainsi qu’une cinquantaine de bancs, étaient disposés dans le modeste espace encerclé de verdure. Un étang somnolait tout près. Le soleil de midi pointait ses rayons avec ferveur sur ces lieux habités par le fantôme des festivités et des coloris.
    
    Quelqu’un se tenait aux aguets, un peu en retrait, le visage et le corps cachés par une cape ample d’un vert profond. Son regard émeraude furetait.
    
    Dans les coulisses avec les autres modèles qui patientaient, Ambre rongeait son frein. Elle se risqua à jeter un coup d’œil vers la scène, puis marcha jusqu’au rideau teinté de pourpre dont la matière rappelait de la soie épaisse. Elle l’écarta de quelques centimètres.
    
    Une douce brise chargée d’humus et d’herbe coupée se leva ; de nombreuses personnes étaient déjà présentes. Leurs murmures se dispersaient. En contemplant les vêtements qu’elles portaient, la jeune fille s’imaginait que différentes époques se fondaient en un joyeux méli-mélo, comme pour s’accorder avec les mannequins qui monteraient sur les planches. Une pareille diversité reflétait les influences culturelles d’Erret. Des badauds restaient debout, d’autres s’asseyaient.
    
    Avéran lui enjoignit de reculer. Il la prit dans ses bras et chuchota à son oreille :
    
    — Bonne chance. Souvenez-vous de ce que je vous ai dit. Ayez une démarche naturelle, ne pressez pas le pas, et souriez.
    
    Blême, elle le remercia avec maladresse. Il réitéra ses encouragements aux cinq personnes qui défileraient avec elle. Un nœud d’angoisse croissait au sein de son estomac et se nourrissait de son trac. Si ses parents et ses amis se doutaient de ce qu’elle s’apprêtait à faire ! Connaissant son caractère, ils auraient beaucoup de mal à y croire !
    
    Le premier à parader fut un homme d’une trentaine d’années. Il était habillé d’une tenue qui rappelait celle d’un noble chinois – mais Ambre n’aurait su dire de quel siècle. Elle s’emmura dans son anxiété. Elle entendait de temps à autre le rire des deux femmes mannequins, ou encore les exclamations admiratives des villageois, mais elle ne participait pas à l’allégresse générale.
    
    Elle pensa défaillir quand son nom fut annoncé par l’apprenti adjoint d’Avéran. Les étoffes s’écartèrent dans un froissement délicat. L’adolescent aux cheveux roux, vêtu tel un poète des temps anciens, laissa Ambre passer devant lui et se retira.
    
    Elle fut confrontée à une foule calme et multicolore. Ses yeux brillaient d’incertitude ; elle les ferma, respira par petits coups, puis avança.
    
    — Regardez !
    
    L’organisme d’Ambre semblait réglé pour agir en toutes circonstances malgré sa panique. Un sourire fleurit même sur ses lèvres. L’astre l’invitait avec pétulance et caressait sa peau. Le bois de l’estrade avalait la chaleur de ses rayons ; il grinça sous ses pas.
    
    — Oh…
    — Ah !
    — La voilà !
    
    Elle alla jusqu’au bout de la scène. Ses pieds firent corps avec le plancher quelques minutes. Les spectateurs s’extasièrent sur la création d’Avéran. Ses iris bleus s’attardèrent sur les habitants.
    
    — Elle est magnifique, sa tenue !
    — Et cette demoiselle la porte si bien…
    
    Où es-tu ?
    
    La recherche d’Ambre fut récompensée. Elle sentit son cœur se tordre. Avec la distance, même si la silhouette du Tisseur se fondait dans l’affluence, elle le reconnut. Les joues rosies, elle acheva sa marche avec fébrilité.
    
    Soudain, un sifflement aigu se fit entendre. Elle se raidit.
    
    — On nous attaque !
    
    Les cris de l’apprenti adjoint la sortirent de sa léthargie :
    
    — Ils nous ont trouvés ! Il faut fuir, vite !
    
    Le charivari gagna la foule terrorisée. Ambre n’eut pas le temps de se retourner. Une forme indistincte se jeta sur elle. Ils tombèrent de la scène. Sur le dos, elle suffoquait sous le joug des mains de son agresseur qui agrippaient sa gorge. Pour combler le tout, l’odeur de la terre piétinée assiégeait ses narines.
    
    Elle se débattit en vociférant ; il se reçut un coup de poing dans le nez. Il geignit. En grognant, la jeune fille le repoussa et ordonna à ses jambes de courir. Hélas, elle ne fit pas trois pas que, déjà, elle sentit les bras de l’homme enlacer sa taille. Ils heurtèrent le sol de nouveau. Elle parvint à grand-peine à se débarrasser de son assaillant. Elle roula et se releva.
    
    Le regard fou de rage, il lui fonça dessus. Ambre ne laissa pas la peur s’emparer de son cœur. Elle prit sur elle et, en tremblant, se saisit d’un bâton traînant sur la toile d’un chapiteau qui avait rendu l’âme. Elle pratiquait l’aïkido depuis l’adolescence. L’épée était préférable, mais son maître lui avait appris à se défendre avec d’autres armes dans des situations épineuses.
    
    Elle chargea et, d’un mouvement souple du poignet, elle fit tournoyer le morceau de bois. Il fouetta le mollet gauche de l’homme. Il hurla et ploya sous la douleur, elle en profita pour le frapper à la tempe. Il évita le coup de justesse ; Ambre ne put anticiper son geste. Un élancement fulgurant s’épanouit vers sa hanche. Elle tomba à genoux. Hébétée, elle palpa l’endroit, mais ne vit pas de sang. Elle ne sentit pas non plus de plaie sous ses doigts. Elle pivota et avisa le sourire goguenard de son agresseur, dont le reste du visage était masqué. Lui avait-il tiré dessus ?
    
    Sa vision vacilla ; les bourdonnements s’intensifièrent. Les ténèbres fondirent sur elle.

Texte publié par Aislune Séidirey, 20 janvier 2017 à 20h00
© tous droits réservés.
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