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Tome 1, Chapitre 4 « Confrontation » Tome 1, Chapitre 4

    L’inconnu acquiesça avec lenteur.
    
    — Oui. Je suis le voyageur, celui que tu dois affronter. Le Tisseur de mondes.
    
    Ambre le regarda avec stupéfaction, puis l’agacement s’épanouit en elle.
    
    — Vous… vous vous foutez de moi !
    
    Un sourire espiègle éclaira les traits du jeune homme. Il se releva, s’avança jusqu’à se retrouver à trois pas d’elle et tendit une main fermée. Il déplia ses doigts et fit apparaître un objet rectangulaire et brillant. Un fragment de… miroir ?
    
    Ambre chercha à ouvrir la porte pour sortir du salon. Sa paume glissa sur la clenche et s’y heurta. Elle réprima un rictus de douleur quand le Tisseur s’empara de son poignet et la força à frôler la surface lisse du fragment. Un champ envahi par une herbe de couleur sombre s’y esquissa. Au loin, peut-être des montagnes. Dans le ciel, trois lunes… La lycéenne reconnut un des paysages que son aïeule lui avait tant décrits dans ses contes.
    
    Le Tisseur finit par la lâcher.
    
    — Ça va, ça va…
    
    Elle se reprit et renchérit d’une voix rauque :
    
    — Je n’ai pas besoin d’autres preuves.
    
    Les yeux du Tisseur chatoyaient, comme s’ils riaient. Mortifiée, elle serra les dents.
    
    — Notre rencontre est un accident, en quelque sorte. Cependant, il faut jouer le jeu. Tu m’as assisté dans ma quête. Néanmoins, n’oublie pas que tu dois m’affronter.
    — Pourquoi ? Je n’ai rien demandé !
    
    Il la gratifia d’un regard impassible, tandis qu’il lui rétorquait :
    
    — Il s’ensuivrait des conséquences plutôt… désastreuses pour ton monde.
    — Mais bien sûr.
    
    Cette phrase lui avait échappé. Le Tisseur lui avait offert une démonstration de sa puissance, mais elle n’avait pas pu s’en empêcher.
    
    Tandis qu’un ricanement nerveux la saisissait, elle s’arrêta aussitôt en avisant l’expression sérieuse du jeune homme. Il ne plaisantait pas. Qu’insinuait-il, d’ailleurs ? La Terre risquait-elle vraiment d’être en péril ? Comment pouvait-il le prévoir ? À moins que…
    
    Elle comprit ; un fort sentiment de désarroi la prit à la gorge. Il était plus que probable qu’il cherche lui-même à affaiblir son monde, ou pire encore.
    
    Elle éprouva une envie violente de hurler à l’injustice. Il sembla avoir lu dans ses pensées, parce qu’il ajouta d’un ton condescendant :
    
    — C’est ainsi. Si aucun duel n’a lieu, alors cela signifie que quiconque est capable d’ouvrir le livre et de pénétrer dans mon royaume.
    — Le grimoire s’est traduit parce que mon arrière-grand-mère me l’a légué ! S’il était tombé entre les mains de n’importe qui, il aurait gardé son secret !
    — En es-tu si certaine ? Tu n’es pas la seule à avoir un brin de jugeote et à être gagnée par la curiosité. Ce sont des ingrédients suffisants.
    
    Avant qu’elle ne puisse le contredire, il renchérit :
    
    — Celui ou celle qui saura me vaincre pourra revenir et peut-être rester.
    — Je ne compte pas…
    
    Le Tisseur posa un doigt sur ses lèvres.
    
    — On ne dit jamais « jamais ». Il ne s’agit pas d’un combat jusqu’à la mort. Je ne suis pas cruel et je respecte la vie.
    — Vous avez tout de même l’intention de vous en prendre à la Terre si je n’accepte pas le défi ! explosa-t-elle.
    — Pour nos deux mondes, je dois procéder de la sorte. Si tu le relèves, le problème est résolu. J’épargnerai ta planète, quelle que soit l’issue de notre… confrontation.
    — Comment ai-je sauvé votre sœur ? Je…
    — Tu le devineras sans doute, ou pas.
    — Mais mon rêve ?
    — Ce n’en était pas un, même si ton esprit a atteint les contrées oniriques.
    
    Désemparée, Ambre secoua la tête.
    
    — Vos motifs ne sont pas clairs.
    
    Le Tisseur la fixa de nouveau avec intensité.
    
    — Quand tu es entrée en contact avec le grimoire, un lien s’est établi. Il te faudra en découvrir la raison.
    — Ma grand-mère…
    — Non, pas uniquement.
    
    Il pivota vers la fenêtre, puis lui annonça :
    
    — À compter de la prochaine nuit, dès qu’il sera trois heures du matin chez toi, je te donne quatorze heures pour me débusquer au lieu où je t’attendrai.
    — C’est tout ?
    
    L’homme eut un rire amusé.
    
    — Oui.
    
    Il recula de deux pas.
    
    — Tu m’y affronteras. Si au bout de ce laps de temps tu échoues à me rejoindre ou si tu y parviens, mais que je suis le vainqueur de l’épreuve, tu rentreras chez toi sans le livre. Bien sûr, tu n’auras plus accès à ma planète. En revanche, si tu remportes le duel, tu sais de quoi il retourne.
    — Je suis sans doute bornée, mais je ne vois toujours pas pourquoi je dois vous combattre pour nos deux mondes même si je n’y arrive pas !
    — Cesse de me poser des questions auxquelles j’ai déjà répondu. Réfléchis à notre échange.
    
    Enfin, il s’évanouit dans un nuage de poussière – ou ce qui s’en rapprochait. Hébétée, Ambre contempla d’un regard vague le salon baigné de soleil. Midi sonna au lointain. Elle ne l’entendit pas ; pas un muscle de son corps ne tressaillit. Elle ne cilla pas non plus lorsque son téléphone portable vibra sur la table basse.
    
    
    
***

    
    
    Cinq minutes s’écoulèrent comme du sable mouillé. Ambre fixait les rideaux de sa fenêtre de chambre, ainsi que le mince croissant de lune visible à travers le tissu vaporeux. D’ici dix minutes, trois heures s’afficheraient sur son réveil. Elle mordillait sa lèvre du bas avec nervosité et du sang suintait d’une plaie.
    
    Comment pénétrer dans ce monde ? Ça sera quoi ce combat ?
    
    Pour quelle raison son aïeule l’avait-elle entraînée là-dedans ? Quel était le lien entre elle, cet homme et ces terres inconnues ? De nombreuses questions tourbillonnaient au sein de son être. Néanmoins, elle se remémora un détail : la formule parlait d’une énigme à résoudre. S’agissait-il de l’affrontement ?
    
    Comptait-il vraiment détruire la Terre si elle refusait le défi ? Si elle échouait, il épargnerait sa planète quand même… Cela n’avait aucun sens ! Toutefois, le Tisseur semblait sérieux. Prendrait-elle le risque de laisser des milliards de personnes juste parce qu’elle n’y croyait pas ?
    
    Ambre serra les poings. Non. Elle ne pouvait pas rester sans réagir. Elle voulait comprendre.
    
    À midi, ses parents l’avaient appelée. Sa mère lui avait dit qu’ils rentreraient lundi en fin de matinée. Le Tisseur lui avait donné quatorze heures afin de le débusquer…
    
    Tout ceci sera terminé lorsqu’ils seront revenus à la maison. Tout se passera bien.
    
    Tandis qu’elle essayait de s’encourager, elle se dirigea vers le grimoire, qu’elle avait posé sur sa table de chevet. Elle l’ouvrit. La page se dévoila sous ses yeux bleus. L’incantation pour atteindre sa destination la narguait avec sa calligraphie tortueuse, bien que ronde.
    
    Elle se souvint du miroir que le Tisseur avait fait apparaître ; il montrait assurément un paysage de la planète où il vivait.
    
    J’inspire un grand coup, et j’y vais. Un, deux, trois… Je me calme, et j’y vais.
    
    Le livre entre les mains, Ambre se leva. La fenêtre bâillait encore et la chambre conservait une température fraîche. Un léger frisson la gagna. Elle n’oublia pas de prendre une montre, puis se planta devant sa psyché. Encastrée dans un cercle de bois vert pâle, elle lui convint tout à fait. Après s’être encouragée, elle murmura :
    
    — Ainsi sois-tu, Passage. Ouvre-toi entre nos deux cœurs.
    
    La surface froide du verre ondula et se plissa comme un origami. Le reflet d’Ambre s’était dissipé ; il avait laissé place à un désert blanc gardé par un ciel bleu marine. Elle se pencha davantage et réussit à apercevoir un monument. Elle plaqua ses mains sur la glace. Elles s’enfoncèrent. La jeune fille n’eut pas le temps de dire ouf !
    
    Son corps fut happé.
    
    En un battement de paupières, elle fut de l’autre côté. La chaleur s’appesantissait alors que la nuit avait déposé ses jupons depuis un moment. Le sable crissait sous ses baskets. Désorientée, Ambre resta immobile et observa son nouvel environnement sans vraiment le voir. Trop perturbée pour l’analyser, elle ferma les yeux et respira avec lenteur. Lorsqu’elle se sentit prête, elle se retourna.
    
    Elle ne vit que le vide ; elle avait atterri au bord d’un gouffre. Elle recula en frissonnant, puis se parla à voix haute :
    
    — Très bien, Ambre. Maintenant, réfléchis.
    
    À pas lents, elle s’avança vers le monument, qui ressemblait plutôt à un temple. Trois lunes parsemaient leur lueur diffuse sur les dunes pâles. Selon l’angle de vue et l’intensité, le bleu cobalt s’invitait dans les nuances violine et lavande de leur halo.
    
    Le désert… Grand-mère me l’a décrit dans un conte !
    
    Aurore avait connu ce monde et y avait sans doute voyagé. Comment ? Pour quelle raison Ambre en avait-elle rêvé ? Ce n’était pas seulement à cause des histoires de son aïeule ! Elle se morigéna aussitôt ; elle n’avait pas le loisir de se questionner ! Ses pas foulaient le sable avec hésitation. Malgré elle, une interrogation naquit au sein de son esprit.
    
    Pourquoi la Terre n’a qu’une lune alors que sa planète jumelle en possède trois ?
    
    Le grimoire parlait de cette gémellité.
    
    Aucune porte ne barrait l’entrée du « temple ». Un bleu anthracite habillait ses pierres et des colonnes aux dessins sibyllins encadraient le passage. Des racines d’arbres grimpaient jusqu’à des triangles – il lui semblait que c’en était.
    
    Elle savait qu’il ne fallait pas trop s’attarder. Comme pour appuyer ses réflexions, sa montre afficha trois heures trente. Le temps pouvait se montrer si narquois parfois !
    
    Saisie par une montée d’adrénaline, Ambre courut et pénétra à l’intérieur ; elle tâta les murs pour tenter de se situer et de se guider. Cinq minutes s’ensuivirent pendant sa recherche effrénée, puis elle vit une lueur mouvante et azurée. Hypnotisée, la jeune fille s’avança vers elle. Plus près… plus près.
    
    Elle tendit la main. Le drôle d’éclat, encore hors de portée, persistait à chatoyer. Soudain, il fonça sur elle à une vitesse fulgurante. Elle cria de peur et leva les bras vers son visage. L’instant d’après, elle sentit le sol trembler sous ses pieds. Un bruit feutré naquit d’en haut. Elle n’osait plus ouvrir ses paupières, pourtant elle s’y obligea ; un bleu omniprésent l’aveugla.
    
    Il y en a partout !
    
    L’aura vaporeuse s’adoucit, ce qui rassura Ambre. Elle explora la pièce du regard. Les murs ondoyaient sous la lumière émanant de nulle part. Elle en effleura un du bout de ses doigts raidis d’appréhension, et s’aperçut qu’il se rétractait en se comportant comme un liquide. Les lieux lui inspirèrent la vision d’un aquarium géant. De plus, elle ne voyait pas d’issue.
    
    Elle rechercha un autre indice.
    
    Un temple. Une salle aux parois d’eau… mais oui !
    
    La femme mystérieuse s’était tenue ici ! Cette certitude ne lâchait pas Ambre même si elle ignorait d’où elle lui venait.
    
    Où est-elle à présent ?
    
    — Je suis là.
    
    Avec un hoquet de surprise, elle se retourna. La silhouette et la robe immaculée de l’inconnue se déployaient dans l’espace lumineux. Leur éclatante beauté l’intimidait.
    
    — Alors, vous n’êtes pas…
    — Morte ? Pas le moins du monde, grâce à toi. Mon nom est Réolys.
    — Mais…
    
    Ambre déglutit, à court de mots. La jeune femme haussa les épaules.
    
    — Il est vrai que j’étais gravement blessée. Par chance, je suis parvenue à guérir à l’abri des rebelles. Ce sont des Hemonos.
    — Des Hemonos ?
    — Oui.
    — Je ne comprends pas.
    
    Réolys lui répondit derechef :
    
    — Plus tard, les questions. Une multitude de mystères vagabondent entre nos deux mondes.
    
    Ses doigts coururent sur le mur de gauche.
    
    — Une guérilla s’est déclenchée. Seuls mon frère et certains d’entre nous ont réussi à se protéger et à bâtir un semblant de paix. Cela dit, nous nous éloignons du sujet. L’heure tourne. Tu es là parce que tu as prononcé la formule.
    
    Pour la deuxième fois depuis le début de ses péripéties, Ambre étala son hostilité :
    
    — Je ne l’aurais pas fait si le livre n’était pas tombé entre mes mains. Quelle idée de le laisser traîner sur Terre ! C’est stupide d’ailleurs, si vous tenez à votre tranquillité.
    
    Réolys ne répliqua pas, mais ses sourcils se froncèrent.
    
    — J’ai envie de demander : pourquoi moi ?
    — Quelle présomption et quelle mauvaise foi de penser que tout est écrit par le destin, ou par je ne sais quelle Toute-Puissance. T’imagines-tu vraiment que tu as été « élue » et qu’en plus, tu es victime de ton sort ?
    
    Contrariée par la pauvreté des explications de Réolys, la jeune fille voulut rétorquer. Au dernier moment, sa langue se colla à son palais.
    
    Ça suffit. Tu te crois où, dans un conte de fées ?
    
    Pour se rattraper, elle s’excusa avec maladresse :
    
    — Pardon, je suis confuse. Je me suis énervée parce que je suis mêlée contre mon gré à vos histoires et celles de votre frère. Puis vos propos me perturbent. J’ai du mal à m’y retrouver…
    
    L’incohérence s’imposait face à Ambre au fur et à mesure que les mots se bousculaient dans sa bouche. Il fallait qu’elle se l’avoue : elle n’attendait que ce genre d’aventure, comme tant de personnes de son âge, malgré sa propension à la peur. Réolys interrompit sa diatribe hypocrite :
    
    — Je t’expliquerai les aspirations du groupe de rebelles, mais pas avant que nous soyons en sécurité. Ne perds pas de vue toutefois que dans chaque monde, il existe des individus qui veulent renverser une hiérarchie, et les règles sont toujours enfreintes. Parfois pour le meilleur, parfois pour le pire, parfois pour rien.
    — Et les intentions de votre frère à mon égard ?
    — Nous en reparlerons.
    
    Ambre frotta son pied sur l’autre cheville. Elle était mal à l’aise même si Réolys avait saisi au vol ses justifications boiteuses.
    
    — Au sujet de mon tour de passe-passe, je te demande pardon. Tu as aperçu une sorte de monument en plein désert, n’est-ce pas ? Eh bien, j’ai activé un portail en son sein afin de te conduire jusqu’ici, dans le temple d’Aliante. Je n’ai pas eu le choix.
    — Un portail ? Comment ?
    — Grâce à la magie. Elle est bien plus sûre que la science, même si une part du processus quémande des réactions chimiques.
    — Et le fameux monument ? Qu’était-ce ?
    — Il s’agissait d’un prototype. Ensuite, le temple a été reconstruit à l’emplacement actuel. Une connexion subsiste entre eux.
    
    Elle enchaîna en hâte :
    
    — Je suis convaincue que mon frère se questionne à mon sujet. Il faut que nous nous rendions à la prochaine étape de ta quête.
    
    L’échine d’Ambre tressaillit.
    
    — J’étais persuadée que vous…
    — Oui, je sais, mais un imprévu est survenu.
    
    À ces mots, l’expression de son visage s’assombrit.
    
    — S’il te plaît, tutoie-moi. Je ne vais pas te manger.
    
    Elle sourit devant l’air penaud d’Ambre et ajouta :
    
    — Les rebelles cherchent un moyen d’entrer. Il faut fuir sans nous faire repérer.
    — Comment ?
    — Tout accès au lac est gardé secret. Une caverne se trouve près d’ici, sur un versant de colline. Nous pourrons sortir du temple d’Aliante en catimini via un tunnel relié à cette cavité souterraine.
    — D’accord. Le lac se situe donc…
    — À l’intérieur de la caverne.
    — Veui… Euh, excuse-moi, la géographie et moi…
    — Ce n’est rien. Il faut partir maintenant, conclut Réolys, tout en écartant une mèche blonde de son front.
    — Par où ?
    
    Elle prit la main d’Ambre et la plaqua sur le mur. De nouveau, une fluctuation naquit sous ses doigts qui, à sa grande surprise, traversèrent l’obstacle pour plonger dans un liquide froid. Ses hypothèses étaient justes : elles devraient nager ! La salle était connectée à la caverne !
    
    — Allons-y.
    
    Dans quoi me suis-je embarquée ?
    
    Elles se fondirent dans la paroi ; l’eau les entoura comme une courtisane impatiente. Leurs cheveux et leurs habits se mêlèrent aux flots, qui se pressaient contre elles tandis qu’elles rejoignaient la surface, d’un bleu toujours plus bleu.

Texte publié par Aislune Séidirey, 4 janvier 2017 à 16h23
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