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Tome 1, Chapitre 37 « L'ultime secret du Tisseur » Tome 1, Chapitre 37
Jadis, il était un bijou de l’Univers. Rien n’avait plus d’importance que d’abriter des milliards de vies. Rien n’était plus primordial que de leur offrir un asile.
    
    Il était une planète comme les autres.
    
    Cependant, cette planète détenait quelque chose de plus : tandis que différentes formes d’êtres vivants se développaient au sein d’elle, ainsi que sur ses courbes, ses vallons et ses creux, elle prenait petit à petit conscience d’elle-même. Comment, pourquoi ? Elle n’aurait su le dire.
    
    Au début, elle ne possédait aucune identité de genre ; un concept inconnu pour elle, en toute logique, mais elle adopta le féminin puisqu’elle était une planète.
    
    Elle incarnait un Foyer, celui où la Vie et la Mort se côtoyaient. Elle était un amas de roches qui s’étaient agglomérées. L’accrétion, parmi plusieurs phénomènes, lui avait conféré sa silhouette et son visage actuels.
    
    Sa jeunesse, elle l’avait passée à se modeler au fil des contraintes de son noyau, de sa machinerie interne, de ses rondes aux environs d’une étoile, et d’autres événements que sa mémoire n’oublia pas.
    
    Avec le temps, sa perception des choses s’affina. Son système planétaire natal se mourait, mais ce n’était pas le cas de la galaxie dans laquelle il se mouvait ! La certitude d’un « après » ne s’insinua pas en elle tout de suite ; il lui fallut des millions de cycles encore, alors que l’astre autour duquel elle tournait rougeoyait de plus en plus, avant d’y songer.
    
    Lorsque la menace d’une future nova se profila, celle qui avait pour nom Yranu se sentit si impuissante qu’elle manifesta sa détresse. Si seulement ceux qu’elle hébergeait étaient en mesure de l’aider !
    
    Hélas, les plus évolués d’entre eux ne possédaient ni la technologie ni les connaissances pour la sauver ! Résignée, elle attendit avec la plupart d’entre eux son trépas – sauf deux peuples ayant atteint l’apogée de leur civilisation, qui étaient parvenus à la quitter pour s’établir sur une autre de ses consœurs, dans un système stellaire. Incapable de se résoudre à les tuer, car une telle pensée lui faisait horreur, elle assista à leur extinction lorsque l’étoile grossit.
    
    Quand elle commença à être dévorée par les filaments de feu qui émanaient de cette boule de plasma, son esprit de planète chercha à s’endormir pour ne pas trop souffrir. Un rêve nébuleux et insolite perturba son sommeil mortifère : et si elle devenait une forme de vie, elle aussi ? Ou peut-être préférait-elle s’éteindre à jamais dans le Cosmos ?
    
    Bien que l’idée d’incarner un être vivant sur un monde lui parut absurde, Yranu la considéra, puis la laissa germer en elle. Pourquoi pas ? Sa volonté d’exister l’emporta.
    
    La conscience de Taéthi, une planète qui gisait vers une bordure de la galaxie, attira cet amas d’énergie pure et invisible vers elle, puis vers le ventre fécond d’une femme autochtone et métamorphe de nature. Elle cohabitait avec plusieurs espèces humanoïdes qui possédaient diverses particularités merveilleuses, comme son compagnon.
    
    Déjà mère d’une fille qui avait hérité des qualités de son père et qu’elle avait appelée Réolys, elle accoucha d’un fils ensuite ; il développa son don de métamorphose, même s’il n’était pas aussi poussé que chez des membres de sa famille ou d’autres habitants de Taéthi. Par exemple, il lui était impossible d’imiter l’apparence d’êtres avec qui il n’avait pas noué un certain lien.
    
    Jamais elle ne soupçonna que celui qu’elle avait nommé Jyrhan avait vécu une longue vie de planète.
    
    
    
***

    
    
    Des grondements naquirent sous leurs pieds ; Ambre et le Tisseur se déconnectèrent de Dianteph. Hébétée face aux dernières révélations, la jeune Terrienne recouvrait peu à peu sa lucidité. Il la serra contre lui et lui murmura à l’oreille :
    
    — Rentrons chez nous, à présent.
    
    Elle leva des yeux stupéfaits vers lui.
    
    — Mais, la planète…
    — Elle a choisi de mourir. Mon récit a ébranlé ses ultimes résistances. Je l’ai convaincue qu’il lui était possible de se réinc…
    
    Une secousse l’interrompit en plein milieu de sa phrase. Il se releva avec Ambre et, d’un tour de poignet, invoqua un miroir lisse, qu’elle reconnut aussitôt. Au fur et à mesure, elle le vit grandir au point d’atteindre leur taille.
    
    — Allons-y, souffla-t-il.
    
    Elle hocha la tête. Cependant, au moment où elle posa les paumes sur la surface froide, celle-ci se fissura et se brisa ; des fragments les blessèrent aux bras. Interdite, elle geignit de douleur et replia les siens contre elle.
    
    Jyrhan fronça les sourcils. Sans attendre, il la saisit par la main et se mit à courir hors de la plage. S’il ne pouvait user d’un miroir pour revenir, alors il ne restait plus qu’un seul moyen pour eux, aussi désespéré soit-il.
    
    Lorsqu’ils se furent suffisamment éloignés, Ambre ferma les yeux et enfouit son visage dans l’épaule du Tisseur. Il manipulait son pendentif sablier dont il avait détaché la chaîne, tâche peu aisée avec les grondements de la planète qui vrillaient leurs tympans.
    
    C’est trop long…
    
    — Ambre.
    
    Elle releva ses prunelles vers lui ; son estomac se noua en avisant son regard effaré et, le cœur dans la gorge, elle comprit. Elle murmura :
    
    — Le sablier…
    — Son mécanisme est enrayé.
    — Mais, il fonctionnait…
    
    Jyrhan secoua la tête.
    
    — Pour me rendre sur Dianteph, je n’ai pas utilisé ce moyen, qui est basé sur l’énergie temporelle. Ici, comme tu le sais, elle est figée.
    
    Elle blêmit.
    
    — Parce que le temps n’a plus d’emprise sur elle, puisqu’elle est censée être trépassée.
    
    Il serra les dents.
    
    — Exactement.
    
    Elle fixa la Mer Sombre, puis gémit :
    
    — Tout ça pour rien…
    
    Le Tisseur ne répondit pas. Soudain, Ambre sentit un regain de rébellion enflammer son être :
    
    — Non ! Nous devons nous en sortir !
    
    Désespérée, elle cherchait la solution qui se dérobait à eux au fil des secondes. Mourir ainsi après tous leurs efforts, elle s’y refusait !
    
    Les formules du grimoire…
    
    Aussitôt elle chassa cette idée.
    
    Non, non, elles ne concernent que la Terre et Erret.
    
    Elle songea à Taéthi. Une planète qui regorgeait de secrets, qu’elle aurait vraiment voulu découvrir ! Un monde qui avait vu naître tant de merveilles et de miracles… Peu à peu, ses pensées dérivèrent vers le miroir qu’il avait invoqué tout à l’heure. Une question saugrenue lui vint à l’esprit :
    
    — Jyrhan, que se passe-t-il pour un reflet ?
    — Pardon ?
    — Dans un miroir… comment est le monde ?
    
    Il réfléchit, puis lui répondit :
    
    — Inversé, bien que tous ses éléments soient identiques à celui d’origine.
    — Oui, ça je sais, mais comment s’y déroule le temps ? À rebours ?
    — Ah… parfois, oui.
    
    Ambre arqua un sourcil.
    
    — Parfois ?
    
    Le Tisseur haussa les épaules.
    
    — Cela peut arriver qu’il ne soit pas à l’envers. Par contre, il reste déformé et n’avancera pas à la même vitesse que dans notre dimension.
    
    Il l’observa tandis qu’elle assimilait ses informations.
    
    — Pourquoi me poses-tu cette question ?
    — Ton fragment s’est brisé quand on a essayé de l’utiliser pour partir, mais pour le reflet de Dianteph, le temps n’est pas figé, non ?
    — Non. Il aurait tendance à défiler vers le pass…
    
    Jyrhan s’interrompit ; ses yeux s’arrondirent. Pour quelle raison n’y avait-il pas pensé plus tôt ? Il ne pouvait rien contre le temps sur Dianteph, mais contre celui de son image, si !
    
    Une rumeur jaillit des entrailles de la terre. La jeune fille sentit la nausée secouer son estomac tandis que son corps lui paraissait si lourd. La gravité de la planète augmentait. Un sifflement continu envahissait ses oreilles. Le vertige la gagnait.
    
    Elle toussa et tomba à genoux. Une odeur putrescente suinta du sol qui se craquelait sous leurs pieds. Le Tisseur l’accompagna dans sa chute.
    
    Toutefois, il réussit à tendre la main et invoqua de nouveau un miroir, qui conserva sa petitesse. Ambre hoqueta.
    
    Que fait-il ?
    
    — Ne bouge plus… et regarde la glace…, grogna-t-il.
    
    Avec difficulté, elle obéit. Il observa leurs silhouettes à travers celle-ci, puis le pendentif qu’il tenait toujours. Il entreprit de le manipuler en se fiant aux mouvements de son reflet.
    
    — Jyrhan ?
    — Chut. Je… me concentre, lui souffla-t-il.
    
    La pesanteur des lieux les accabla davantage. Le Tisseur tourna d’un quart son sablier ; cette fois, le miroir ne se rompit pas, et une vibration émana du bijou. Le paysage sembla se diluer tel du pastel détrempé, dont les coulures granuleuses agrippaient encore le papier. Ambre s’accrocha à son compagnon. Elle hurla :
    
    — Qu’as-tu fait ?
    — Je l’ai programmé pour qu’il nous envoie dans le passé de Taéthi !
    — Pourquoi ?
    — C’était… la seule direction possible.
    
    Ahurie, elle le dévisagea comme si la folie s’était emparée de lui ; calme, il posa son front contre le sien et murmura, tandis que le monde autour d’eux déclinait :
    
    — Ambre, fais-moi confiance.
    
    Après plusieurs secondes interminables, leurs corps furent emportés loin de Dianteph, dont l’agonie s’achevait enfin. De ses marais et autres contrées chaotiques ne subsistait plus qu’une poussière verdâtre, proche de la couleur qu’arborait l’unique ruisseau survivant qu’Ambre avait longé.
    
    
    
***

    
    
    Un faible sourire réussit à s’épanouir sur les lèvres d’Erloh tandis qu’il regardait l’horizon se couvrir de nuages de plus en plus proéminents et obscurs. Gorgés de morts, ils ne tarderaient pas à déverser leur venin sur ces terres dont même la couleur s’était oubliée dans les méandres du passé.
    
    Le vent forcit et dérangea ses courts cheveux ivoirins. L’Elnaris puisa au cœur de son énergie pour raviver la Magie qui coulait dans ses veines ; il appartenait au genre humain, mais jamais il n’avait eu à rougir d’un constat pareil.
    
    Il avait appris beaucoup de secrets à propos de Jyrhan – au-delà de ses espérances. Son périple sur Dianteph avait été très instructif. Toutefois, ses propres facultés ne suffiraient pas pour vaincre le Tisseur, et il n’y parviendrait pas en volant celles de la Terrienne ou d’autres personnes. Il lui fallait voyager, continuer d’acquérir des connaissances et se les approprier. Il était arrivé à cette conclusion tandis que lui et Jyrhan recherchaient Ambre.
    
    Le jour viendrait où ils s’affronteraient enfin.
    
    Un infime regret l’envahit en songeant à Réolys. Si seulement elle avait partagé ses intérêts avec lui ! Il éprouvait envers elle des sentiments sincères. Elle aussi recelait un potentiel considérable de Magie et de savoir. Malgré tout, la tuer le répugnait.
    
    Il sortit de sa poche un petit sablier. À la fois semblable et différent de celui du Tisseur, il était composé dans un matériau d’un pourpre soutenu, et les grains qui reposaient dans le bulbe du bas se paraient d’une nuance proche du blanc. De minuscules morceaux de miroir s’y mêlaient. Un mélange fondamental s’il souhaitait que le bijou fonctionne malgré une ligne temporelle détraquée.
    
    Il l’avait fait fabriquer par l’Incantesse qu’il avait assassinée. C’était l’enseignement le plus primordial qu’il attendait d’elle avant de l’occire. À plusieurs reprises, il avait vu le Tisseur en utiliser un ; les parcelles de Magie, qu’il lui avait dérobées grâce au miroir dont il avait ensorcelé l’essence, avaient été des ingrédients précieux.
    
    Certes, l’artefact était moins puissant et destiné à un seul usage, mais c’était mieux que rien.
    
    Il le tourna quatre fois dans un sens, puis six dans l’autre. Sa silhouette s’effaça de la surface de Dianteph.
    
    
    
***

    
    
    Ils atterrirent sur le sol de la chambre du Tisseur.
    
    Nous avons réussi. Nous…
    
    Des sanglots jaillirent de la poitrine d’Ambre ; il l’enlaça. Malgré l’odeur écœurante des marais qui collait aux vêtements de son compagnon – elle ne devait pas être mieux lotie, de toute manière ! –, elle s’en moquait. Même si avant d’être un homme, il avait vécu l’existence d’un corps céleste que maints scientifiques terriens auraient qualifié d’inerte, ce qu’elle éprouvait pour lui restait inchangé.
    
    Leurs mains s’accrochèrent et ils se relevèrent.
    
    — Attends, souffla-t-il d’une voix rauque. Je nous ramène dans le présent.
    
    Jyrhan utilisa de nouveau son sablier. Son mécanisme ne s’enraya pas. Le paysage tournoya brièvement.
    
    Lorsqu’ils atteignirent leur destination, ils coururent jusque dans la salle de la Voie lactée. La substance opaque avait disparu, ainsi que ses émanations.
    
    Mais il faudra restaurer la peinture, elle est fissurée à de multiples endroits…
    
    Toutefois, une dernière question taraudait Ambre.
    
    — Maintenant, tu peux m’expliquer à quelle époque nous étions pour Taéthi ?
    — Nous sommes arrivés deux secondes avant que Dianteph commence à mourir. Il s’agit d’un moment collé au présent.
    
    Lorsqu’il la vit froncer les sourcils, il renchérit :
    
    — Rappelle-toi ce que j’ai dit : pour le reflet de Dianteph, le temps circule dans l’autre sens, donc vers le passé. Je ne pouvais pas nous transporter à la période actuelle de Taéthi à cause de cela, alors je me suis efforcé de m’en rapprocher.
    — Oh…
    
    Ambre acquiesça. Elle avait saisi l’essentiel même si les détails techniques la perdaient un peu.
    
    Plus vivante et plus belle que jamais, la vraie galaxie continuait son ballet. Ils s’élancèrent au-dehors de la demeure pour regarder le ciel, pour savourer le fait d’être en vie et d’avoir sauvé de nombreux mondes. Certes, ils avaient biaisé le temps en prenant des risques immenses, mais l’Univers s’en remettrait.
    
    Ils dévalèrent les marches du hall ; ils faillirent se cogner contre une statue de Phénix. Enfin, ils sortirent à l’air libre. Jyrhan ôta sa cape encore mouillée et imprégnée de boue, plaqua sa tignasse humide en arrière et s’essuya le visage du mieux qu’il put. Ambre le contempla avec émotion.
    
    Un mouvement sur sa gauche attira son attention. Elle avisa une jeune femme à la chevelure pâle parsemée d’argent et à la peau d’un bleu plus soutenu que celle de Jyrhan. Elle la reconnut à ses yeux verts.
    
    Réolys. Elle la croisait vraiment pour la première fois. L’épisode du bal ne comptait pas. Ici, elle la voyait sous sa véritable apparence. D’une voix douce, la sœur de Jyrhan murmura :
    
    — Nous nous rencontrons enfin.
    
    Un sourire tremblant fleurit sur les lèvres d’Ambre. Insouciant, le chant d’un animal annonça le crépuscule.
    
    
    
***

    
    
    Le soleil d’Erret brillait au zénith lorsque la porte de la chambre du Tisseur s’ouvrit. Une silhouette mince et vêtue de noir s’avança avec fluidité avec un plateau dans les mains, qu’elle fit glisser avec précaution sur la petite table ronde près de la fenêtre. Une cloche qui protégeait son contenu y était posée et soustrayait son trésor aux yeux indiscrets.
    
    Un sourire étira leurs lèvres ; à leur manière, Aurore et Violine disaient au revoir à Jyrhan et à Ambre, qu’elles ne croiseraient pas de sitôt. La veille, elles s’étaient longuement entretenues avec Réolys.
    
    Elles n’avaient pu leur apporter leur aide. Elles étaient inaptes à contacter Ambre par télépathie ; le lien qu’elles partageaient avec elle n’avait jamais été réactivé à cause d’Erloh. Jyrhan avait insisté afin qu’elles y songent lorsque leur arrière-petite-fille serait hors de danger.
    
    Il est trop tard pour regretter.
    
    Aurore hocha la tête. Violine avait raison.
    
    Elles se dirigèrent vers la sortie.
    
    La quête qu’elles s’apprêtaient à suivre ne concernait qu’elles. Vivre à deux au sein d’un même corps les épuisait et, telle une fleur privée d’eau et de nutriments, elles s’étiolaient. Il leur fallait régler ce problème au plus vite. Seule Réolys le savait, et elle leur avait promis de garder le secret.
    
    Leur unique solution résidait dans le voyage qu’elles souhaitaient entreprendre. Elles comptaient se rendre sur un monde régi par le Tisseur, puis utiliser sa technosomnie (1) afin de rejoindre une planète inaccessible par tout autre moyen.
    
    Ambre leur manquait déjà. Toutefois, un jour, elles se retrouveraient.
    
    
    

    
    
    (1) Technologie basée sur l’essence des rêves.

Texte publié par Aislune Séidirey, 12 février 2018 à 10h39
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