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Tome 1, Chapitre 35 « Départ inéluctable » Tome 1, Chapitre 35
— Non.
    
    L’Elnaris arqua un sourcil devant le ton ferme d’Ambre.
    
    — Non ? Pourtant, le choix me paraît clair : Jyrhan reste sur Dianteph. Elle est incapable de le blesser, il doit payer son crime. L’idée me semble bonne, n’est-ce pas ?
    — Et comment comptes-tu quitter ce monde sans mon aide, dis-moi ?
    
    Le Tisseur avait lâché sa question avec ironie. Erloh ricana :
    
    — Tu as avoué toi-même que tu ignorais la manière dont tu t’y prendrais.
    — Tu ne m’as pas écouté. Je ne peux pas lutter contre Dianteph, mais je connais un moyen de partir d’ici.
    — Eh bien nous sommes deux, figure-toi.
    
    Ambre se débattit malgré l’arme proche de sa poitrine et renchérit :
    
    — Si tu crois que je vais le laisser seul et te suivre, tu rêves !
    — Tut tut tut… Je lui ai promis de te ramener vivante sur Terre. Je m’en voudrais tellement de manquer à ma parole, ronronna l’Elnaris, dont les lèvres esquissèrent une moue.
    — La principale concernée, c’est moi, alors si je dis que je resterai auprès de Jyrhan, tu ne m’en empêcheras pas ! vociféra-t-elle, hors d’elle.
    
    Ses joues s’empourpraient de colère. Erloh poussa un soupir fataliste.
    
    — Je ne désire surtout pas contrarier mademoiselle, mais il faut qu’elle comprenne qu’elle n’a pas le choix. D’ailleurs, il subsiste un dernier petit détail à régler avant que nous soyons quittes...
    
    Il plaqua sa paume contre le front de la jeune Terrienne avec brusquerie ; une lueur rougeâtre jaillit de la chair de l’homme. Elle hoqueta. Un froid immense paralysa ses entrailles, puis enserra ses tempes. La douleur, explosive, vrilla son crâne. Elle hurla et dut fermer les paupières. La voix de Jyrhan lui parvint comme dans un rêve :
    
    — Lâche-la !
    
    C’en fut trop pour Ambre.
    
    Sans prévenir, elle balança sa tête en arrière. Un craquement sinistre, puis un grognement lui répondirent. L’emprise d’Erloh se relâcha ; elle voulut se retourner pour continuer à le frapper et le neutraliser, mais son asthénie la rattrapa. Le vertige la gagna. Sa respiration haletante fut son seul repère.
    
    Merde...
    
    Un instant plus tard, elle s’écroulait au sol. Sa hanche se heurta à une saillie. Aveuglée par la souffrance et par le choc, elle ne bougea pas. Le cœur au bord des lèvres, elle entendit Erloh maugréer :
    
    — Je n’ai fait… que lui rendre ce qui lui appartenait. Cela ne m’est… plus utile.
    
    Elle ouvrit péniblement les yeux ; quoi ? Jyrhan s’agenouilla à ses côtés, prêt à intervenir si Erloh tentait de la reprendre en otage. Il le questionna :
    
    — Tu n’as pas cherché à lui voler son pouvoir ?
    
    Non. Elle le sentait pulser et chanter au fond de son être.
    
    — Il n’est pas assez mature, marmonna l’ancien espion.
    
    Une main plaquée sur son nez ensanglanté, il les fixait avec agacement. Elle tremblait.
    
    — Tu n’es pas assez grand pour y remédier ? ironisa Jyrhan.
    — Quel intérêt ? J’ai besoin d’un don bien plus épanoui que le sien.
    
    Il recula.
    
    — Puisqu’elle refuse que je la sauve, je n’insisterai pas.
    — Pardon ? coassa-t-elle.
    — Je pars. J’ai saisi comment Dianteph reste connecté aux autres, même si la Faille est close.
    — Tu ne survivras pas à un tel voyage ! l’avertit Jyrhan.
    
    De quoi parle-t-il ?
    
    Un sourire étira les minces lèvres d’Erloh.
    
    — On ouvre les paris ?
    
    Sur ces mots énigmatiques, il ferma les yeux. Une lueur diaphane naquit autour de lui.
    
    — Dianteph te mettra la main dessus, ne fais pas cela ! s’exclama Jyrhan.
    — Savoir que tu t’inquiètes pour moi est touchant. Hélas, il est temps de nous dire adieu.
    — Tu ne réussiras pas à retourner sur Erret. Tu fais fausse route !
    
    Pendant que sa silhouette pâlissait et se confondait davantage avec les bas nuages du ciel, Erloh leur adressa un rictus assuré. Il les salua de sa paume rougie de sang.
    Bientôt, il disparut.
    
    
    
***

    
    
    Lula était occupée à démêler ses cheveux, qu’elle voulait couper tout court. Elle avait passé une bonne nuit, mais était assaillie par la migraine depuis qu’elle s’était réveillée. Elle avait tenté de masser ses tempes pour la chasser, en vain. Lorsqu’elle eut fini, elle laissa sa brosse sur sa coiffeuse, puis se dirigea vers la fenêtre. Le ciel gris se paraît de rares zébrures d’azur.
    
    — Bonjour Lula.
    
    La fillette pivota et avisa Réolys à l’entrée de sa chambre. Elle ne l’avait pas entendu arriver. Elle la vit froncer les sourcils tandis qu’elle l’observait.
    
    — Tu as l’air bien pâle. Tout va bien ?
    — J’ai mal à la tête…
    
    Sans un mot, la jeune Taéthianne s’approcha d’elle et posa une main sur son front. Sous sa paume tiède, Lula frissonna.
    
    — Allonge-toi sur le lit.
    
    Le ton de Réolys était sans appel. La petite fille la fixa avec une expression apeurée. Elle lui offrit un sourire rassurant.
    
    — Ne t’inquiète pas. Tu comprendras lorsque nous aurons commencé.
    — Commencé quoi ?
    — À libérer ta vision.
    
    La stupéfaction gagna Lula, qui finit par obtempérer tout en tremblant. Elle ramena les draps contre son menton. Ses yeux se fermèrent.
    
    — Garde-les ouverts, s’il te plaît.
    — Ça va être dur ?
    
    Réolys plongea son regard émeraude dans le sien. Elle admit :
    
    — Un peu. N’aie crainte, je te guiderai.
    
    Elle détacha son collier, au bout duquel pendait un sablier d’une surprenante couleur turquoise. Il se balança avec lenteur sous l’impulsion donnée par son poignet.
    
    — Bien. Concentre-toi bien dessus. Tes paupières sont lourdes. Ta tête est plus légère…
    
    La fillette se calma petit à petit. Son corps se détendait.
    
    
    
***

    
    
    Ambre se releva. Elle vacillait, mais puisait dans ses forces pour tenir debout. Elle s’était relâchée dans sa pratique de l’aïkido.
    
    Pas tellement. Tu es à bout physiquement surtout…
    
    Elle se tourna vers le Tisseur avec un air hébété. Désappointé, il secoua la tête. Elle le questionna :
    
    — Ce n’est pas dans ses projets de revenir sur Erret tout de suite, on dirait… Pourquoi ? Où irait-il ? Il ne connaît que Dianteph et la Terre !
    
    — Sans doute, mais maintenant qu’il a découvert un moyen avec la Magie, il l’emploiera peut-être pour se rendre sur les mondes qui étaient concernés par le problème de la Faille, lui expliqua-t-il.
    — Il ne souhaite plus te tuer ni te voler tes pouvoirs ?
    
    Jyrhan ne lui répondit pas et préféra l’attirer contre lui. Après un ersatz d’hésitation, Ambre l’enlaça et enfouit son visage dans son torse pour cacher ses larmes. Elle avait eu si peur de le perdre, de mourir loin de lui ! Dianteph incarnait un zombie, ni plus ni moins. La métaphore lui arracha un frisson glacial. Elle murmura à l’oreille du Tisseur :
    
    — Dis, nous parviendrons à nous enfuir d’ici, hein ?
    — Je ferai tout pour, lui souffla-t-il.
    — J’ai cru que je deviendrais folle. Ces changements d’époque, je n’en pouvais plus…
    
    Ambre éclata en sanglots. Elle s’était retenue jusqu’à présent, mais elle éprouvait le besoin de s’épancher après tout ce qu’elle venait de vivre. Jyrhan caressa son dos et lui chuchota des paroles réconfortantes tandis qu’elle se laissait aller contre lui. Elle percevait malgré tout l’émotion dans sa voix et le soupçonnait aussi de pleurer. Cela expliquait pourquoi il avait caché son visage dans son épaule.
    
    Une dizaine de minutes s’écoulèrent. Le Tisseur déposa un baiser dans son cou. Ambre ne bougea pas. Toutefois, elle frissonna de plaisir. Le moment était mal choisi, mais ils se rassuraient l’un et l’autre. Elle se surprit à respirer son odeur pour s’apaiser. Elle lui avoua :
    
    — Réolys m’a parlé en esprit.
    — Comment ? souffla-t-il, stupéfait.
    — Elle a emprunté la voie onirique et s’est servie de notre premier contact pour y arriver.
    — Oh, oui. J’aurais dû y penser.
    
    Elle se sépara de lui et frotta ses yeux. Jyrhan la fixait avec intensité. Elle remarqua qu’il arborait son apparence originelle. Erloh n’étant plus avec eux, il n’était plus utile pour lui de la dissimuler. Il lui sourit. Elle finit par l’imiter bêtement, puis se racla la gorge ensuite. Ses réflexions bouillonnaient au sein de sa tête. L’Elnaris était un Incantes assez puissant pour quitter Dianteph par ses propres moyens. Néanmoins, Jyrhan possédait bien plus de Magie en lui, alors ils s’en sortiraient.
    
    Il le faut.
    
    La main de son compagnon se leva, puis s’égara de nouveau dans ses cheveux. Elle se mordit la lèvre inférieure. Dianteph ne pourrait rien contre elle tant qu’il l’accompagnerait.
    
    — Tu sais, je l’ai tuée…
    
    Elle se figea ; d’une voix un peu réprobatrice, elle répliqua :
    
    — Tu n’avais pas le choix. N’éprouve pas des remords alors qu’en plus, aucune autre solution n’existait.
    
    — Dianteph mérite de trouver la paix, lui répondit-il avec calme.
    — Qu’envisages-tu comme plan ?
    — Réitérer ce que j’ai entrepris naguère.
    
    Ambre posa ses paumes sur ses épaules.
    
    — Comment ?
    — Elle n’a pas dévoré beaucoup d’âmes depuis l’ouverture de la Faille. La « réserve » qu’elle s’était octroyée en commettant son génocide, elle l’a sans doute épuisée.
    
    Il se détacha d’elle.
    
    — Pour la détruire, je ne me risquerai pas à absorber son énergie vitale. Même moi, je pourrais plonger dans la folie. L’ultime moyen serait de convaincre Dianteph d’accepter la mort.
    — Je voulais te demander, qu’entendais-tu par « claquer des doigts » pour créer ou anéantir un monde ?
    
    Un sourire amer fleurit sur les lèvres du Tisseur.
    
    — Ce n’est valable que pour la Terre. Je t’expliquerai, mais pas maintenant.
    
    La jeune fille riva son regard sur le ciel livide.

Texte publié par Aislune Séidirey, 10 février 2018 à 10h26
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