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Tome 1, Chapitre 25 « Un miroir, un sablier... » Tome 1, Chapitre 25

    
    Ambre servit de l’eau minérale à Violine – Aurore somnolait – et Jyrhan dans deux verres fraîchement lavés, pendant que celui-ci s’occupait de mettre du gros scotch le long des fenêtres. Elle lorgna ensuite son ordinateur portable. Avec l’électricité coupée, il était hors de question de l’utiliser. Son réflexe de toujours traquer la solution sur le web lui donnait de mauvaises habitudes. De plus, elle n’était pas une pointure en physique ou en géologie, loin de là… Qu’est-ce qui pouvait bien provoquer un tel phénomène sur plusieurs mondes à la fois ?
    
    Elle fixa le store fermé ; ils savaient qu’au-dehors, le ciel demeurait nocturne alors que le jour s’était levé depuis un moment et qu’il s’opacifiait davantage, ne laissant plus aucun doute sur la gravité de la situation.
    
    Elle avait mis en marche aussi la radio après y avoir inséré des piles neuves. Des experts conseillaient de s’enfermer chez soi et de ne pas sortir. Les récents relevés scientifiques avaient démontré que l’atmosphère se modifiait de manière imperceptible à cause d’un facteur inconnu, et qu’elle commençait à être néfaste pour certains individus. D’où le fait de se confiner comme lors d’une explosion nucléaire.
    
    Elle finit par dire à Jyrhan, d’une voix lasse :
    
    — C’est bête, de bloquer si près du but.
    — Oui…
    
    Il utilisait un écran tactile de forme ovale, emporté durant leur fuite ; Violine s’était allongée sur le canapé après avoir disposé une dizaine de bougies dans la pièce.
    
    Le temps se jouait d’eux et de leurs vaines tentatives pour résoudre leurs problèmes, ou pour passer… le temps. Ambre aurait ri si cela avait été une facétie du Tisseur, au moins il aurait rétabli le cours normal des choses sans mettre en danger quiconque.
    
    Hélas, ce n’était pas le cas.
    
    Lorsqu’il consulta l’heure à la pendule, elle affichait dix-sept heures. Il posa son écran sur la table et marcha pendant une quinzaine de secondes. Enfin, ses mains se perdirent sur les épaules de la jeune fille, qui tressaillit.
    
    — Je ne pense pas que nous cherchions du bon côté.
    
    Elle se leva à son tour tandis qu’il la prenait dans ses bras. L’esprit en déroute, elle éprouvait une si grande impuissance ! Taéthi… La planète était très différente des vingt-quatre autres ; pourtant, elle partageait un point commun avec eux.
    
    Aurore renifla avec discrétion et se redressa. Elle et sa sœur avaient bien meilleure mine.
    
    Ambre se nicha un peu plus contre Jyrhan. Oui, Taéthi détenait peut-être la clé de leur énigme. Une odeur d’épices embaumait la peau de son compagnon. Elle ressentait également toute la tension qui l’habitait. Il avait beau ne rien laisser paraître, il était ébranlé par la catastrophe. Si seulement il cessait de donner l’illusion d’être un homme intouchable plus souvent…
    
    Soudain, il se raidit. Dans un souffle, elle l’entendit murmurer :
    
    — Retournons sur Taéthi. Ce n’est pas en restant ici que nous pourrons nous transporter jusqu’à Malemence.
    
    La vieille femme se racla la gorge :
    
    — Je suppose que vous y allez maintenant. Ne t’inquiète pas, Ambre. Si tes parents ou tes amis téléphonent, je ne décrocherai pas. Je sais que tu ne réponds pas à leurs appels depuis tout à l’heure.
    — Oui. Je serai infichue de leur expliquer. C’est trop complexe, et en toute franchise, je crains qu’ils me croient folle, ou qu’ils considèrent que je ne sois pas de taille à m’embarquer dans une histoire invraisemblable…
    — Tu n’as pas besoin de te justifier. Je ne m’en mêlerai pas.
    
    La mine grave, elle ajouta :
    
    — À vous de jouer.
    
    Ambre se jeta sur elle afin de l’étreindre avec tout l’amour dont elle était capable. Cependant, les deux femmes ne s’épanchèrent pas plus, même si les larmes menaçaient de déborder de leurs paupières. Quant à Violine, elle leur offrit ce moment d’intimité.
    
    La plus jeune des deux recula non sans placer quelques cheveux derrière les oreilles. Geste nouveau, pour elle. Enfin, elle agrippa le poignet du Tisseur.
    
    Les deux aïeules se retrouvèrent seules dans l’appartement. Le portable d’Ambre sonna. Quatre fois, pour être plus exact. Elles tinrent leur promesse et se contentèrent de se gratter la nuque avant d’allumer des bougies supplémentaires.
    
    
    
***

    
    
    Ils apparurent dans le hall. Ambre fut soulagée qu’ils n’aient pas atterri dans la salle de la Voie lactée. Elle leva les yeux au plafond ; elle remarqua qu’il était transparent. Elle chassa cette pensée et se dirigea vers l’escalier tout en déclarant :
    
    — Je vais dans la bibliothèque pour effectuer des recherches.
    
    Jyrhan la rejoignit et attrapa son poignet.
    
    — Cela nous prendrait trop de temps.
    — Alors que suggères-tu d’autre ? demanda-t-elle, désemparée.
    — Je ne sais pas.
    — Jyrhan...
    — Je réfléchis. Je ne compte pas baisser les bras ni te laisser de côté, mais je suis convaincu que nous ne trouverons pas la solution dans la bibliothèque.
    
    Elle soupira et s’assit sur une marche.
    
    — Me diras-tu au moins comment tu veux refermer la faille sur Taéthi ?
    
    Le Tisseur hocha la tête, puis sortit un petit sablier travaillé dans l’or, avec des nuances d’ocre. À l’intérieur, les grains se paraient de vert pâle.
    
    — J’ouvre des portails à travers l’espace pour louvoyer entre les mondes. Eh bien, mon pendentif sert aussi à voyager dans le temps. Seulement, je n’ai pas encore utilisé cette fonction parce que je risquerais de causer des perturbations dans les époques que je fréquenterai.
    — Le temps pourrait se casser la figure.
    — Bien résumé.
    
    Ambre grimaça tout en suivant le fil de ses réflexions. Elle s’exclama :
    
    — Tu vas le balancer à travers la crevasse ?
    — Oui. Je l’ajusterai à notre période pour que le mécanisme du passé se détache de celui de notre présent.
    — Tes explications sont un peu compliquées.
    
    En fait, ça me file la migraine.
    
    — D’où te vient-il ?
    — De mes ancêtres.
    
    Ambre fronça les sourcils.
    
    — Grand-mère et sa sœur sont catégoriques. Mais comment savent-elles que ce n’est pas la première fois que le phénomène se produit ?
    — Attends. Elles ont juste affirmé qu’un effroyable événement était survenu et pouvait justifier la catastrophe, lui répondit-il.
    — De quelle façon sont-elles arrivées à leur conclusion ?
    — Les anomalies sur chaque monde et leur liaison ne sont pas « naturelles ». Je le pense aussi, mais il est vrai que les indices sont minces.
    — Donc on n’est pas plus avancés. Super.
    
    Soudain, Ambre frémit ; un détail de sa première visite s’était rappelé à elle. Elle entraîna Jyrhan avec elle, remonta les escaliers et traversa la salle de la Voie lactée malgré les émanations toxiques de l’étrange substance. Enfin, elle se dirigea vers la pièce où elle avait aperçu la psyché. Haletante, elle s’adressa à lui :
    
    — Je parie que la solution est ici. Donne-moi ton sablier.
    — Quoi ?
    — J’ai dit : donne-moi ton sablier. Il ne t’a pas été légué pour rien.
    
    Circonspect, il s’exécuta. En revanche, la jeune fille ne l’utilisa pas tout de suite. Elle le contempla avec beaucoup d’attention, puis fixa le miroir. Ce dernier avait été placé là pour une excellente raison. Quant au mode d’emploi, son propriétaire ne l’avait pas caché bien loin. Il fallait qu’il soit facile à dénicher et à décrypter, mais pas trop. Comme le grimoire, en moins encombrant…
    
    Une certitude fracassa les barrières de sa conscience. Elle se tourna vers le Tisseur.
    
    — Cherche un journal intime avec moi, je suis sûre qu’il y en a un.
    
    Il ouvrit la bouche tout en la regardant arpenter à droite et à gauche :
    
    — Pourrais-je savoir où tu veux en venir, Ambre ?
    
    Elle se figea, les mains sur les hanches. Ensuite, elle pointa un doigt en direction du miroir :
    
    — Tu l’as aussi reçu de tes ancêtres ?
    — Oui. L’origine de cette psyché remonte à des millénaires.
    
    Ambre fouilla les étagères poussiéreuses, puis les coffres en marbre ou en bois. Son cœur battait la chamade.
    
    La pièce s’obstinait à garder son secret.
    
    Elle ne songeait pas à se reposer cinq minutes. Le Tisseur, quant à lui, scrutait l’intérieur de vieilles armoires, le plancher inégal, sans pour autant obtenir plus de succès. Elle s’acharna davantage. Ses poings martelèrent les murs à la recherche d’une cavité invisible. Jyrhan eut alors l’idée de tâtonner derrière le miroir.
    
    Sa main effleura une excroissance.
    
    — Ambre, par ici !
    
    À deux, ils exposèrent la surface située derrière. Un bouton se détacha de l’uniformité du matériau. Le Tisseur appuya dessus ; un double fond se révéla, un carnet à l’aspect tanné y gisait. Ambre s’en empara. Il se pencha vers elle, caressa de son souffle sa nuque, puis murmura :
    
    — Nous n’avons plus qu’à lire le journal maintenant.
    
    Déterminée, la jeune Terrienne l’ouvrit.
    
    
    
***

    
    
    Avéran étouffa une quinte de toux pour ne pas inquiéter les trois enfants. Hélas, ils n’étaient pas dupes. Ils pointèrent un doigt accusateur sur lui. Toë grommela :
    
    — Tu as été dehors.
    
    Le champ de force présentait des faiblesses et ne protégeait plus totalement les habitants exposés à l’air toxique.
    
    — Je devais aider ces pauvres gens à réparer le toit des écuries. Les animaux aussi ont besoin d’être couverts.
    
    Ses épaules s’affaissèrent de culpabilité tandis qu’il ajoutait :
    
    — En tant que Mestro, je ne pouvais pas rester les bras croisés.
    
    Jylen poussa un gros soupir.
    
    — Il n’y aura pas de prochaine fois. Tu nous le promets ?
    
    L’artisan la regarda avec un sourire aux lèvres. Lorsqu’elle deviendrait une femme, elle ne se laisserait pas marcher sur les pieds. Il en éprouva un sentiment de fierté, malgré la douleur qui comprimait sa poitrine.
    
    — D’accord.
    
    Il fixa ensuite le garçon à la crinière sombre.
    
    — Je sais que les disputes t’affectent… mais crois-moi, tout va s’arranger.
    
    Ils discutaient dans une pièce du château qui avait peut-être servi de salle de réception secondaire. La magie des lieux avait été éclipsée par la gravité du moment. De nombreuses personnes étaient assises contre les murs gris perle, quand ce n’étaient pas sur des chaises taillées dans un bois dense, mais au grain fin et coloré, ou des divans au tissu soyeux. Les Hemonos comme les Elnaris ici s’absorbaient dans une sorte de rêverie éveillée.
    
    Toute querelle s’était éteinte. Tous s’efforçaient de cultiver le peu d’espoir qui siégeait encore au sein de leur être. Le garçonnet eut un soupir et baissa la tête.
    
    — Et si tu allais vers la petite Hemonos qui est devant la cheminée ? Elle tente de l’allumer. Il me semble que vous parliez tout à l’heure.
    — Hm. Elle m’a dit que la tristesse habitait son cœur à cause de toutes les bêtises entre nos… deux peuples.
    — Elle n’est pas la seule.
    
    Il ébouriffa ses cheveux, ce qui lui attira un grognement courroucé. Quant à Lula, elle paraissait indifférente à tout. Elle s’était assoupie sur les genoux d’Avéran depuis quelques minutes.
    
    
    
***

    
    
    Cher journal,
    
    La construction de l’île est presque achevée. Heureusement, la fatigue pèse sur mes épaules !

    
    
    — Eh, pourquoi peut-on le déchiffrer dans ma langue ?
    — Parce que son auteur en connaissait un nombre important. Il a enchanté son écriture pour qu’elle soit intelligible. Continue.
    
    Intriguée, Ambre fronça les sourcils. Ce n’était pas le même sort que celui employé sur le grimoire. Toutefois, elle obéit :
    
    
    Le voyage en lui-même a duré de longs mois, le temps de transporter de Taéthi nos bagages et nos matériaux. Les récoltes sont abondantes, nous avons réussi à faire pousser du riz ! Nos lacs artificiels sont tous dépourvus de sel, bientôt nous pourrons pratiquer la pêche…
    
    Ma maison est peinte ; il ne me reste plus que les volets et les charpentes. Il faut aussi nous assurer que la Faille nous prodiguera assez de potentiel pour alimenter nos réacteurs organiques, comme tout l’atoll en somme.
    
    
    Ambre s’interrompit et fronça les sourcils.
    
    — La Faille ?
    — Les anomalies des vingt-cinq mondes se fondent en un seul phénomène, ni plus ni moins.
    — Oh.
    
    Jyrhan ajouta :
    
    — Hmmm, je saisis mieux certaines choses.
    
    Ambre le fixa avec un air confus. Il explicita :
    
    — Ils se sont établis sur une planète à Taéthi. Ils fournissaient de l’énergie à leur île grâce à la Faille, par le biais des réacteurs.
    — Et tu penses que leurs actions ont provoqué une sérieuse perturbation.
    — La logique le voudrait.
    — Si la Faille a été close une fois, le problème qui a causé sa naissance n’a pas été réglé. Au bout de quelques milliers d’années terriennes, elle finit par réapparaître. Au même endroit.
    — Oui.
    
    La jeune fille secoua la tête.
    
    — Je nage dans le brouillard. Ton ancêtre et les siens n’ignoraient pas la nature de la Faille ni le fait qu’elle relie vingt-cinq mondes entre eux. Pourquoi ont-ils pris le risque de l’exploiter
    
    Le visage du Tisseur se rembrunit.
    
    — Nous commettons tous des erreurs.
    — Y compris toi ?
    — Y compris moi. Tu n’as pas idée.
    — Oh, mais je le découvrirai.
    
    Un malaise émanait de lui. Il répugnait vraiment à se confier de lui-même. Quelle image avait-il de lui ? Ambre garda à l’esprit qu’elle comptait bien le cuisiner à un moment plus approprié.
    
    — Où se sont-ils établis ?
    
    — Nous ne tarderons pas à le savoir. Enfin, j’espère, répondit-il dans un soupir.
    
    Elle survola le journal pour arriver au passage qui les intéressait. Jyrhan attira son attention dessus :
    
    
    Une déstabilisation énorme a ébranlé le monde que nous avions choisi pour foyer. Nous n’aurions pas dû nous servir de la Faille ; à cause de nous la vie va disparaître…
    
    Je ne me pardonnerais pas si cela devait survenir. Si je parviens à arrêter la catastrophe avant que les êtres vivants la détectent, cet événement ne sera pas rapporté et tous survivront.

    
    
    — Mouais, nos doutes sont confirmés. Par contre, tu peux me rappeler ce que provoque la Faille ? s’enquit Ambre.
    — Au sein de la forêt Malemence, je t’ai expliqué que j’avais failli me perdre. La Faille y brouille la ligne temporelle. Toutes les époques de Taéthi se mélangent.
    — Oui, et celles des vingt-quatre autres planètes s’y ajoutent, puisque la Faille les joint à Taéthi via des endroits où les anomalies se produisent.
    — Tu te répètes.
    — Je tente aussi de remettre de l’ordre dans ma tête, s’excusa-t-elle.
    
    Jyrhan tapota le journal.
    
    — Reprenons.
    
    
    Notre île sera submergée. Sans notre source d’énergie, elle se désagrégera. La matière organique qui la compose deviendra néant…
    
    Il faut que je le fasse. Le désastre se reproduira. Alors j’ai créé ce sablier, qui au départ m’a permis de voyager dans le temps.

    
    
    Il pointa du doigt le passage concerné.
    
    — Je vais t’avouer quelque chose. Une personne est apparue par inadvertance sur Erret, lors d’un « essai ». Grâce à elle, le grimoire et les Tisseurs existent. Les habitants lui ont appris leur dialecte.
    — Hein ? Mais…
    — Je tiens cette histoire de la précédente Tisseuse d’Erret, à laquelle j’ai succédé, et je pense que l’auteur est le fameux itinérant temporel. Quant à son journal, il possède la même essence magique que le livre, voilà pourquoi tu peux le lire dans la bonne langue, qui s’est traduite à ton contact.
    — Pour le grimoire, il a fallu que je prononce une formule avant que…
    — C’est la seule différence, lui dit-il avec un petit sourire.
    
    Il se tut. Son ancêtre sous-entendait diverses anecdotes, comme celle qu’il venait de lui narrer.
    
    
    L’heure n’est plus à se lamenter. Le sablier cache une autre utilité. Il redressera le cours des choses.
    
    
    — J’avais raison. L’auteur du récit s’en est servi pour refermer la Faille une première fois. Par contre, comment ? Ces pages-là sont superflues, grommela-t-elle.
    
    Les derniers paragraphes étaient plus abondants :
    
    
    L’atoll est en majeure partie englouti. Notre peuple périra, mais nous avons été trop orgueilleux de nous être élevés tels des dieux. Nous avons joué avec le feu, nous en payons le prix.
    
    J’ai achevé la construction d’une psyché, et je l’ai envoyée avec mon journal sur Taéthi pour qu’ils ne soient pas perdus. Les miens les recevront. Ils sauront que notre colonie a été un échec.
    
    Ce miroir permet de conduire la personne au cœur de Malemence ; il est hasardeux d’emprunter la Faille de l’Atlantide pour se tromper d’époque et apparaître ailleurs…

    
    
    — Eh ! C’est sur Terre ! s’exclama Ambre. La façon dont l’île a été submergée me disait quelque chose, mais impossible de m’en rappeler !
    — Voilà qui facilitera nos recherches… L’Atlantide serait donc située dans votre Triangle des Bermudes.
    — À priori...
    
    Le Tisseur se frotta la nuque. La jeune Terrienne grimaça.
    
    — Si je récapitule le tout, tes ancêtres se sont servis de la Faille en tant que source d’énergie pour l’Atlantide. Ils ont provoqué une instabilité qui met en péril les vingt-cinq mondes...
    — Oui. Et il ne s’agit pas de la première erreur de notre part.
    — Jyrhan…
    — Lisons la suite, la coupa-t-il, désireux de changer de sujet.
    
    Ahurie par son comportement, Ambre n’osa pas insister.
    
    
    La chance m’a permis d’accomplir la tâche qui m’incombait et de revenir en ce lieu.
    
    
    — Euh… Je n’ai pas tout compris.
    — Pour créer la psyché et le sablier, il lui a fallu traverser la Faille afin d’en apprendre le fonctionnement, où elle envoyait exactement...
    
    Ambre écarquilla les yeux.
    
    — Il est fou !
    
    Il ne releva pas et poursuivit :
    
    
    Maintenant, je m’adresse à vous, qui voulez refermer la Faille. Lorsque vous vous retrouverez au centre de Malemence, vous activerez le sablier avec cette configuration…
    
    
    L’auteur avait esquissé un schéma. Ambre s’aperçut qu’il existait un mécanisme qui entravait l’écoulement des grains vert pâle entre les deux bulbes d’or. À vue d’œil, le premier était rempli au quart, et le second du reste. Les mesures précises étaient écrites à côté : 17/75 et 58/75. Le pendentif était tourné une fois dans le sens des aiguilles d’une montre, et trois fois à l’inverse.
    
    
    Cependant, attention ! L’endroit est soumis à un champ de gravité assez important, tout déplacement demande une peine considérable. Le sol se compose de marais, et la Faille est enterrée dans leurs profondeurs.
    
    Ce sablier est unique. Il doit être plaqué contre la crevasse pour que son pouvoir se propage. Plusieurs degrés sont nécessaires, et il faut donc vous entourer d’un halo de Magie protecteur quand vous plongerez dans les vases mortelles.
    
    Le miroir jumeau est encastré dans un tronc d’arbre. Vous y reviendrez le plus vite possible, sinon vous serez projeté dans une période différente. Une tâche que la Faille fera avant de se clore, pour se rouvrir dans un avenir lointain.
    
    Si vous êtes transporté ailleurs, vous y serez bloqué, les fissures des autres mondes s’étant fermées en même temps que celle de Taéthi. Voilà mes ultimes avertissements. Nos impairs ne peuvent être effacés, malheureusement.
    
    Ah ! Le ciel est magnifique sous les embruns, sous la tempête. Les vitres tremblent. J’aurais tant aimé voir mes futurs petits-enfants et savourer la joie d’être grand-mère […].

    
    
    Le regard d’Ambre croisa celui de Jyrhan.
    
    Leur seule chance tournoyait encore.
    
    — Bon… On part pour Malemence alors ? Je vais peut-être finir par appréhender ce que tu m’as expliqué avec le mélange des époques, la sensation que tu as éprouvée.
    — J’aurais préféré le contraire.
    — Je sais.
    
    Ils se prirent par la main et s’avancèrent vers le miroir. Le pendentif du Tisseur se souleva pour s’inverser, le sable à l’intérieur se mit en mouvement. La surface de la glace se déforma et dévoila une clairière glauque.
    
    Ils inspirèrent, puis ils traversèrent le verre.

Texte publié par Aislune Séidirey, 28 janvier 2018 à 11h48
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