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Tome 1, Chapitre 17 « Instants fragiles » Tome 1, Chapitre 17
Elle fixait le ciel piqueté de joyaux pâles avec un calme qu’elle était pourtant loin de ressentir. Silencieuse, elle marcha jusqu’aux portes du château qu’elle aurait reconnu entre mille. Elle ignorait comment ses pas l’y avaient emmenée. Un rêve, encore ? La jeune fille le sut rien qu’en se regardant. Elle portait la tenue qu’Avéran lui avait confectionnée.
    
    Cet homme aux yeux d’encre lui envoyait-il ce songe ? Elle aurait tant aimé pouvoir connaître son nom ! Il lui paraîtrait moins sinistre !
    
    Ambre serra les poings, mais les força à se détendre. La lourdeur oppressante habituelle qui la gagnait lorsque son ennemi se manifestait était absente. Non. À bien y réfléchir…
    
    J’accueille l’ivresse qui s’empare de moi chaque fois que je frôle le monde du merveilleux avec le Tisseur.
    
    La princesse en son sein s’éveilla, abrutie par la romance et la démence.
    
    — Tellement de « je » et de miroirs, je suis totalement obnubilée par Lui. Qui est-il donc ? Un mirage ?
    
    Sa langue ne lui appartenait plus. Quel étrange discours de sa part ! Elle ne divaguait jamais ainsi, même à l’écrit ! Cependant, elle rêvait, alors quelle importance ?
    
    — J’ai la conscience embrumée. Je sens mon corps traversé par les épines de l’aube.
    
    La jeune fille tangua tandis qu’elle avançait. Elle voulut continuer sa symphonie, mais des paroles sans visage retentirent au moment où elle se rapprocha de la grille :
    
    — L’Aubépine fleurit sur mon âme, et l’Aube-épine s’accroche à ses prunelles pour voir…
    
    Le souffle manqua à ses poumons. C’était un poème issu du grimoire ! Qui s’exprimait ? Ambre se figea pour mieux écouter la voix aux intonations vibrantes.
    
    — … voir la mer, veilleuse des temps anciens, celle que j’affectionne, garde et guide. La graine germe de torpeurs inconnues, elle éclot tel un lampion. À contre ailes et marées, elle teint son fond en noir, ou en blanc.
    
    La voix faiblit et se dépouilla de sa tessiture astrale, pour devenir plus familière. La jeune Terrienne écarquilla les yeux. Elle se plaqua contre les barreaux de la grille, la main sur son thorax.
    
    — Que m’arrive-t-il ? J’ai le corps qui brûle de galaxies tournoyant comme des paumes caresseraient ma peau.
    
    Le Tisseur. Il était là ; sans doute à une fenêtre du château. Il laissait éclater ses émotions ! Impossible peut-être, mais…
    
    — Épanouis-moi, épanouis-nous.
    
    Ses mots s’éteignirent tout à fait et abandonnèrent Ambre, dont les joues étaient cramoisies. Elle fixa ses poings tremblants et sentit les larmes couler sur son visage. Elle fut tirée de son sommeil, le cœur perdu et éperdu.
    
    
    
***

    
    
    Ambre lisait un conte celtique dans une bibliothèque spacieuse et éclairée. Petite, elle avait été passionnée par la mythologie égyptienne, puis gréco-romaine. Ce ne fut qu’à partir de l’adolescence que les légendes nordiques l’avaient intéressée.
    
    Elle trouvait dommage de ne pas en étudier en première année d’université. Quelque part, il s’agissait d’une forme de littérature, non ? Il était vrai qu’il s’agissait d’un genre très particulier, mais tout de même !
    
    Captivée par l’histoire, la jeune fille ne vit pas l’Ombre derrière elle grossir, grossir… et enfler.
    
    Ses poignets furent agrippés avec violence. Elle hurla ; sa chaise métallique se renversa sur le linoléum. Les murs peints d’un jaune doré et rehaussés de boiseries s’effritèrent pendant que les livres se réduisaient en poussière. L’Ombre la serrait si fort, elle pouvait sentir son haleine sur son visage…
    
    Ambre étouffait.
    
    Haletante, elle se débattit avec fureur pour se débarrasser de l’étreinte glaciale. Elle ne réalisa pas qu’elle était prête à basculer du clic-clac.
    
    Deux mains la secouèrent avec fermeté. Elle hoqueta, puis se mit à trembler ; la léthargie quitta ses membres. Sa lampe de chevet était allumée. Elle remarqua enfin la présence d’une personne.
    
    Jyrhan. Il cherchait à la sortir de son rêve.
    
    La jeune fille riva ses yeux sur les siens. Son esprit était encore embrumé. Cependant, l’espace d’un instant, elle fut heureuse de le revoir. Hésitante, elle posa ses paumes sur son torse pour l’écarter. Elle ne parvenait pas à se décider si elle était bel et bien réveillée ou non.
    
    — Calme-toi. Ce n’était qu’un cauchemar.
    — Je… Mais… que…, marmonna-t-elle d’une voix pâteuse.
    — Et moi qui comptais te rendre une petite visite. Je pensais que tu me recevrais mieux que cela.
    
    Ambre le fixa comme un chat échaudé. Plaisantait-il ? Les minuscules paillettes dorées dans les iris émeraude de Jyrhan finirent par la rasséréner, ainsi que son sourire. Elle frotta ses paupières pour chasser les dernières traces de sa terreur nocturne. Malgré tout, elle demeurait piégée entre la réalité et le monde onirique.
    
    Soudain, le Tisseur se déroba ; le clic-clac grinça.
    
    Que fait-il ?
    
    Elle eut sa réponse quand un bras la plaqua contre le matelas. Jyrhan la ramena vers lui et lui massa le dos doucement après avoir plongé la pièce dans l’obscurité. À son oreille, elle entendit :
    
    — Cette nuit, tu n’es pas toute seule.
    
    Trop fatiguée pour réagir, elle ne répliqua pas. Peu à peu, ils sombrèrent dans un profond sommeil, ensemble.
    
    
    
***

    
    
    — Joyeux Noël ! Joyeux Noël, lalalala !
    
    Un sursaut ébranla le corps d’Ambre. Elle jeta un coup d’œil torve à son réveil.
    
    Quatre heures du matin. Elle tendit l’oreille et perçut la lente respiration de Jyrhan.
    
    — Joyeux Noël !
    
    Elle serra les dents. Noël, c’était avant-hier ! Sans un mot, elle s’écarta du Tisseur pour se lever et mettre ses pantoufles. Elle qui croyait goûter à la tranquillité pendant au moins une semaine, peine perdue ! Pourtant, ce voisin était censé partir en vacances ! Elle prit un balai qu’elle avait acheté d’occasion, se dirigea vers le coin-cuisine et tapa au plafond avec le manche.
    
    — Ha, ha, ha ! Joyeux Noël ! J’emmerde les dormeurs !
    — La ferme !
    
    Bam.
    
    Il poursuivit ses beuglements. Ambre pesta contre lui.
    
    Oh bon sang, ça me gonfle…
    
    Elle attrapa ses clés et sortit sur le palier. Elle était une trouillarde, mais pour ce genre de choses, non : elle savait qu’elle ne risquait rien de la part de l’autre imbécile. Elle gravit les escaliers du troisième étage puis, une fois qu’elle fut arrivée à destination, son poing cogna à la porte du malotru. Il lui ouvrit avec une rapidité qui la surprit.
    
    C’était un homme d’une quarantaine d’années. Des touffes de cheveux poivre et sel hirsutes parsemaient son crâne luisant. Pour couronner le tout, une robe de chambre vert pomme le couvrait de la tête aux pieds.
    
    La jeune fille se retint de reculer ; il empestait le tabac et le whisky. Son air éméché, d’ailleurs, ne laissait aucun doute planer. La parfaite caricature du bougre de classe moyenne. Il avait fallu qu’elle tombe sur un pareil énergumène en chair et en os ! Il la regarda et se moqua d’elle :
    
    — Ah ! C’est vous la nouvelle voisine ! Eh ben, vous z’avez pas envie de vous amuser ?
    — Il est quatre heures du matin Monsieur Saparatti, quatre heures ! À quel moment faut-il cesser le tapage nocturne ?
    — Ha, ha, ha ! Vous voulez appeler les flics, hein ?
    
    Ambre croisa les bras et leva le menton.
    
    — Je n’hésiterai pas si vous continuez. Vous n’êtes pas tout seul dans l’immeuble. Je suis étudiante, les gens vivant ici travaillent…
    — Y a personne à part nous deux, je vous signale !
    — Je ne parle pas que pour cette fois, mais aussi pour toutes les autres où vous foutez le bordel.
    — Eh, eh ! Ne me dites pas que vous avez école demain ? Vous êtes en vacances, non ?
    — Contrairement à vous, je gagne mon pain quand je ne bosse pas sur mes cours. Je ne passe pas mon temps à me saouler la gueule.
    
    Il blêmit sous la remarque acerbe et les mots vulgaires de la jeune fille. Ses yeux porcins devinrent menaçants ; elle riait sous cape de son attitude.
    
    — Espèce de mal baisée, va ! Excuse-toi, sinon…
    — Sinon quoi ? Vous me frappez ? Eh bien, allez-y, je porterai plainte pour coups et blessures, ça vous fera un joli casier judiciaire si vous continuez.
    
    Il lui claqua la porte au nez, furibond. Ambre ne put se retenir de pouffer au milieu du couloir désert. Il n’oserait pas la toucher.
    
    Maintenant, on aura la paix.
    
    Elle retourna chez elle, en soufflant profondément pour éviter une seconde crise de fou rire. Elle coula un regard vers la pendule du coin-cuisine. Quatre heures et quart.
    
    Pas la peine que je tente de me rendormir.
    
    Jyrhan se rappela à sa mémoire. Elle haussa les épaules. Elle se souvenait à peine de son cauchemar, ainsi que de sa conversation avec lui…
    
    Ça ne servira à rien que je lui demande pourquoi il est venu et a passé la nuit avec moi.
    
    Elle devait occuper ses mains. Finalement, un quart d’heure plus tard, elle versa dans une tasse de café fumante un peu de lait et de sucre. Ensuite, elle alla chercher en silence son ordinateur portable que ses parents lui avaient offert en septembre dernier, ainsi que ses cours. Elle jeta un coup d’œil à la silhouette du Tisseur sur le clic-clac avant de repartir au coin-cuisine avec ses affaires. Elle s’assit, laissa le temps à la machine de démarrer. Elle relut quelques feuilles après s’être calée contre le dossier de sa chaise.
    
    Quand elle en eut assez, elle les posa sur le bord de la table, mais elles tombèrent par terre ; tant pis. Ses doigts tapotèrent la souris, puis elle ouvrit le document désiré d’un simple clic. Elle entreprit de continuer l’exposé – sur un mouvement littéraire – qu’elle rendrait dans deux semaines.
    
    Au bout d’une demi-heure, les mains raides et la tête ailleurs, elle s’interrompit. Elle but son café froid, puis elle pétrit les muscles de son cou. Ses songeries grises absorbèrent son attention.
    
    D’abord, elle ne passerait pas Nouvel An avec ses parents, parce qu’elle avait accepté un travail temporaire afin de payer son loyer. Hors de question de se faire complètement entretenir par son oncle ! Ensuite, Jyrhan… Sa visite était-elle si innocente ? Comptait-il lui parler du baiser qu’ils avaient échangé ? Quant à elle, le ferait-elle ? S’en souvenait-il ?
    
    Son expression s’assombrit davantage lorsqu’elle repensa à ses rêves. Elle dormait peu à cause d’eux, et l’angoisse la taraudait en permanence. Elle ignorait combien de temps elle pourrait encaisser avant de craquer. L’homme aux yeux d’ébène et aux cheveux pâles en était-il l’instigateur ? Elle s’interrogeait toujours…
    
    La jeune fille frotta ses tempes douloureuses. Son véritable ennemi l’affaiblissait. Elle décida de le baptiser ; peut-être détiendrait-elle une certaine emprise sur lui en agissant ainsi. Elle lui trouva un pseudonyme approprié : le Marionnettiste. Après tout, elle avait l’impression qu’il manipulait ses ficelles…
    
    Elle frissonna. Elle ne se sentait pas vraiment rassurée.
    
    Elle consulta la pendule. Cinq heures du matin.
    
    Bon, il faut que je m’y remette.
    
    Une main se posa sur la sienne. Ambre sursauta, et la souris qu’elle tenait se réfugia à l’autre bout de la table. Le responsable s’esclaffa de son effet.
    
    — Jyrhan ! Si tu recommences…
    
    Il enlaça ses épaules en restant derrière elle. Il ne releva même pas le fait qu’elle venait de le tutoyer.
    
    — Quoi ? Qu’est-ce que tu vas me faire ?
    — Je te gifle !
    — Vraiment ?
    
    La jeune fille ne répondit pas. Il la lâcha et se laissa choir sur une chaise. Elle délaissa son ordinateur pour se placer face à lui. Elle constata qu’il ne portait pas sa cape. Il était habillé d’un débardeur en cuir et d’un pantalon noir. Elle leva un sourcil.
    
    Le Tisseur lui renvoya un coup d’œil interrogateur. Elle secoua la tête, puis son regard s’attarda sur la peau dorée de l’homme. Elle remarqua des cicatrices sur ses avant-bras. Ses cheveux étaient plus courts – et mal coupés, l’avait-il fait tout seul ? –, et…
    
    Avec brutalité, elle revint sur terre avec un air dépaysé lorsqu’elle se rendit compte du spectacle qu’elle lui offrait. Fidèle à ses habitudes, Jyrhan s’amusait, à croire qu’il n’avait pas tout à fait quitté l’enfance tant il paraissait candide à cet instant.
    
    Soudain, un son étrange retentit. Il ressemblait à un tintement de cloche, mais feutré. Ambre fixa Jyrhan en haussant les sourcils ; ses traits à lui, plus saillants que lors de leur dernière rencontre, se durcirent. Il sortit de sa poche un objet rond et plat, dont la couleur oscillait entre le rouge et le violet.
    
    Il le contempla longuement, puis il se redressa avec une expression fermée. La jeune fille n’osa pas lui demander ce qu’il se passait. Elle se contenta de poser sa tasse dans l’évier.
    
    — Je dois retourner sur Erret.
    — À cause des Hemonos ?
    — Non, à cause des Elnaris. Comme tu l’as souligné, il y a des fauteurs de trouble dans les deux camps.
    — Tu le sais grâce à la Magie ?
    — Non. Au contraire de la technologie, elle ne permet pas le développement de réseaux de communications autrement qu’entre êtres vivants qui sont dotés de capacités.
    — Je t’accompagne.
    
    Le visage de Jyrhan se renfrogna. Quelques mèches de cheveux glissèrent sur son front.
    
    — Non, Ambre. Tu te mettrais en danger.
    — Mais…, protesta-t-elle, dépitée.
    
    Le Tisseur ne lui donna pas le temps de répliquer. Un nuage de poussière engloba sa silhouette jusqu’à sa disparition. La jeune Terrienne soupira, puis elle se frotta les paupières et se rassit devant son PC, tel un automate. L’agacement la guettait, mais elle s’efforça de la refréner.
    
    Il faut que je pense à autre chose, tout se passera bien.
    
    Elle travailla d’arrache-pied jusqu’à sept heures du matin. Ses phalanges craquèrent quand elle les étira.
    
    Au moins, j’ai fini mes devoirs grâce à cet imbécile de voisin.
    
    La pendule semblait lui susurrer de se hâter. Elle devait se préparer afin de faire le ménage chez Madame Girude. Elle se leva tout en se grattant la nuque et fila à la douche ; dix minutes lui suffirent pour se laver, s’habiller et se coiffer. Lorsqu’elle quitta le studio, un pincement au cœur la saisit.
    
    
    
***

    
    
    Neuf heures du soir sonnèrent au loin quand Ambre monta les escaliers de son immeuble. Si sa tête en avait été capable, elle aurait laissé s’échapper de la fumée épaisse comme celle d’un volcan. La vieille harpie avait failli ne pas la payer parce qu’elle était arrivée en avance.
    
    Jamais vu ça ! La prochaine fois je viendrai en retard, ça lui fera les pieds !
    
    Tandis qu’elle grimpait les marches jusqu’à son étage, elle remarqua un homme à la crinière grise, habillé d’un pull en laine blanche et d’un pantalon brun. Elle le reconnut : le voisin Saparatti. Il l’observa avec un air indéchiffrable. La jeune fille s’arrêta, mal à l’aise. Il s’approcha d’elle en baissant ses yeux porcins. Que lui voulait-il ?
    
    Elle ne put se poser davantage de questions ; il trembla, puis s’effondra dans ses bras en pleurant. Interloquée, elle oublia la colère qu’elle éprouvait encore envers lui et tenta avec maladresse de le réconforter :
    
    — Eh, tout va bien, je…
    — P-pardon… Pardon pour… hic ! Cette nuit !
    
    Un gros sanglot jaillit de la bouche de l’homme. Désarçonnée, plantée dans la cage d’escalier, Ambre tapota son dos. Elle ne savait pas comment réagir, sauf le laisser s’épancher. Avec beaucoup de peine et de reniflements, il finit par s’apaiser après des propos incompréhensibles et se sépara d’elle en essuyant ses joues ; ses yeux bruns larmoyants la fixèrent. D’une voix brisée, il lui avoua :
    
    — J’ai perdu mon fils il y a un mois, dans un accident de voiture. Il a rejoint ma femme… J’ai pété les plombs, vous voyez…
    
    Ambre sentit sa gorge se nouer. Elle hocha la tête.
    
    — Vous ne devriez pas rester seul chez vous, alors.
    — Je n’ai plus personne… Je suis parti une semaine pour l’enterrement, pas pour les vacances. Ma sœur m’a accueilli. La vie continue, mais je n’arrive pas à m’en remettre !
    
    Il soupira et leva son visage dévasté et prématurément vieilli vers elle.
    
    — Désolé.
    
    Il remonta à son étage, la démarche hésitante. La jeune fille demeura pétrifiée un petit moment. Le destin pouvait se montrer cruel, et son voisin lui avait prouvé que rien n’était acquis ; rien n’était ou tout noir, ou tout blanc.
    
    Elle relégua l’incident au fond de son esprit et se rendit jusqu’à son studio. Elle mourait de faim. Elle posa son sac en vrac sur une commode branlante après s’être enfermée à clé et courut vers le coin-cuisine. Elle se réchauffa du gratin de pommes de terre au four à micro-ondes. Quand il fut chaud, elle s’installa à table. Elle mangea à même le plat.
    
    Elle s’inquiétait pour Jyrhan et s’interrogeait sérieusement.
    
    Que me veut-il ? Il vient, il part, il vient…
    
    Une porte claqua. Le bruit traversa la fine épaisseur des murs ; ce n’était qu’une voisine de l’étage. La jeune Terrienne reprit le cours de ses questions.
    
    Veille-t-il sur moi ? Qu’est-ce que ça signifie ?
    
    Elle mit le récipient vide à la poubelle. Ensuite, ses doigts touchèrent l’interrupteur pour plonger le coin-cuisine dans le noir. Elle se dirigea d’un pas lourd vers son unique pièce de vie. Avec espoir, elle alluma sa lampe de chevet. Personne ne l’attendait, sauf peut-être le Marionnettiste, au milieu des contrées oniriques. Un frisson glacial parcourut son échine.
    
    Comme tant d’autres fois, le pyjama remplaça ses vêtements de jour ; comme tous les soirs, elle se pelotonna sous les couvertures.
    
    Trois heures et quart plus tard, une silhouette se matérialisa. Silencieux, Jyrhan se départit de sa cape et de ses bottes pour s’allonger à ses côtés. Engloutie par les affres d’un rêve qui ne semblait pas agréable, Ambre se tranquillisa tout à fait lorsqu’il la serra contre lui. Il caressa ses cheveux bruns, rendus cassants par l’hiver et son mauvais régime alimentaire du moment.
    
    Pour des motifs égoïstes, il l’avait mise en danger en lui imposant l’épreuve du grimoire. De plus en plus, il songeait que son attitude envers la jeune fille avait été déplorable. Réagissait-il de la sorte à cause de ce qu’il ressentait pour elle ?
    
    Il chassa ses dernières préoccupations. Il veillerait sur elle et sur ses nuits, désormais.

Texte publié par Aislune Séidirey, 18 août 2017 à 14h06
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