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Tome 1, Chapitre 13 « Point de départ » Tome 1, Chapitre 13
Lorsque ses paupières s’ouvrirent, Ambre hoqueta. Elle était couchée en travers de son matelas. Incrédule, elle reconnut le plafond familier de sa chambre.
    
    Je n’ai pas rêvé, ce n’est pas vrai ! J’ai bien vécu tout ce que j’ai vu !
    
    Le mal-être projetait ses tentacules vers son corps. La jeune fille se regarda de haut en bas. Elle portait de nouveau son jeans et son tee-shirt. Ses yeux se troublèrent.
    
    Non, non, impossible !
    
    Elle se laissa aller aux larmes. Il lui fallut de longues minutes avant que le calme revienne un peu dans son âme. Elle renifla sans distinction, puis frictionna ses bras.
    
    La fenêtre était ouverte, l’air froid s’engouffrait dans la pièce. Ambre se leva doucement, s’y dirigea et la ferma avec une extrême lenteur. Ensuite, elle pivota vers son fauteuil. Son cœur battait de douleur… puis un bond effroyable le secoua.
    
    La tenue d’Avéran était posée sur l’assise, ainsi que le livre. Elle se retint de danser de joie.
    
    Elle avait gagné.
    
    Cependant, le désarroi se hâta de s’emparer de son être ; après tout, elle n’avait pas de raison de repartir sur Erret. Comment était-il possible qu’elle ne se soit aperçue de rien quand elle avait été « rhabillée » ? Le sortilège qui l’avait ramenée sur Terre en était sans doute responsable. Quant à savoir de quelle manière… Son soupir bruyant fit voler en éclats le cocon du silence.
    
    Songe à ça plus tard, Ambre. Il faut dormir et être en forme pour le retour des parents.
    
    Elle mit en veilleuse ses préoccupations malgré sa tristesse. Une fois qu’elle eut troqué ses vêtements contre son pyjama, elle se coucha entre les draps frais ; elle était épuisée. Juste avant de sombrer dans les bras de Morphée, elle murmura :
    
    — Jyrhan…
    
    
    
***

    
    
    Journal d’Ambre, le 25 mai 200*
    
    Un espoir fou m’a saisie quand j’ai ressorti le grimoire hier soir. Déjà gagnée par la nostalgie d’Erret, j’ai voulu vérifier si ce que le Tisseur – non, Jyrhan, pardon – m’avait dit était vrai. J’ai utilisé la formule.
    
    À ma plus grande déception, il est demeuré inerte. Y a-t-il encore un problème avec les Hemonos ? Ou alors, c’est autre chose…
    
    Le baccalauréat approche. Je me plonge dans les révisions jusqu’à m’endormir dessus, mais le cœur n’y est pas. Ma mère s’inquiète pour ma santé et m’a même emmenée consulter un médecin. Il nous a rassurées. J’ai horreur lorsqu’elle a ses « coups de speed ». Elle m’angoisse à un point ! J’ai essayé de lui dire, en vain.
    
    Je me sens déconnectée de la réalité. Thomas et Juliette ont voulu me changer les idées et m’ont invitée à voir un film de science-fiction hier. Comme ils étaient ensemble, elle ne m’a pas tiré les vers du nez. Par contre, ce matin, elle ne m’a pas lâchée d’une semelle. J’ai dû lui broder une excuse en évoquant mon prochain déménagement pour mes études.
    
    Je conçois qu’elle se préoccupe de moi, mais j’ai du mal à supporter son insistance. Pourtant, je sais qu’elle agit ainsi parce qu’elle tient vraiment à moi. Au collège, elle a été la première personne à m’ouvrir son cœur. Elle seule connaît plus ou moins l’histoire de mon arrière-grand-mère, même si je ne lui ai pas tout confié.
    
    Malheureusement, je sens que je m’éloigne d’elle malgré le fort lien d’amitié que l’on partage. Ce n’est pas de sa faute, mais de la mienne.
    
    
    Journal d’Ambre, le 17 juin 200*
    
    Les épreuves du baccalauréat, je les ai passées dans un état second. Je ne saurais pas parler en détail de mes sujets d’examen. Je n’ai ressenti que très peu de stress alors que je suis d’un naturel anxieux. Mes parents sont confiants, mais moi j’ai la tête ailleurs.
    
    Il y a un tel vide en moi… J’ai l’impression d’être une coquille. Je n’ai pas envie de voir mourir la rose qui a éclos en moi. Pfff, voilà que je deviens poétique. Ça ne me ressemble pas. Je suis ridicule.
    
    Je ne parviens pas à me raisonner. Mon cœur n’aspire qu’à retourner sur Erret. Ce monde, je ne le connais que si peu ! Juste à travers les récits du grimoire et le bref voyage que j’ai entrepris pour retrouver le Tisseur.
    
    Il m’avait promis que je pourrais m’y rendre à loisir. Chaque soir, je reprends le livre et prononce la formule à voix haute, mais rien ne se produit. Je regrette l’époque où il s’animait pour rien.
    
    Que se passe-t-il ? Je suis confuse, et je ne peux que me laisser aller à des suppositions toutes plus délirantes les unes que les autres.
    
    Je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai dû endurer toutes ces épreuves sur Erret ni pourquoi Jyrhan souhaitait que j’éveille mon don de télépathie.
    
    Les vacances sont proches. Je m’en moque comme de l’an quarante. Cette année, nous ne partirons pas au bord de la mer parce que mon père travaille. De toute façon, je n’en aurais pas eu vraiment envie. Fabrice a tenté de me joindre, sans doute pour que je vienne me baigner avec lui, Juliette, Laure et Thomas. Je ne l’ai pas rappelé.
    
    Il me faut me concentrer sur une activité. Une longue promenade me changera les idées. Il ne fait pas trop chaud, autant en profiter.
    
    
    Journal d’Ambre, le 24 juin 200*
    
    La chanson que j’écoute en ce moment pénètre mon âme fêlée sans la soulager. De nouvelles questions me harcèlent. Je les chasse et joue au zapping musical. Pathétique, je sais.
    
    Lors de la fête de mon anniversaire, il y a plus d’un mois maintenant, Fabrice m’a assuré que je ne devrais pas être célibataire. Je crois qu’il ne veut pas comprendre que je ne partage pas ses sentiments. Notre amitié va à vau d’eau.
    
    Ces derniers temps, il se montre assez pénible. Il m’invite tous les jours à sortir en ville alors que je cherche à être tranquille. Je me suis confiée à Juliette, qui m’a juré de lui en toucher deux mots. Elle aura peut-être plus de succès que moi.
    
    Par le passé, il n’affichait pas un tel comportement. Juliette m’affirme qu’il est amoureux de moi depuis un bon moment. Je n’ai rien vu venir. J’aurais préféré qu’il abandonne, mais il est obstiné.
    
    Quelques fois, je rêve d’Erret, mais ce n’est pas comme avant. Mes songes n’ont rien de prémonitoire. Ils n’incarnent que des fantasmes ou des souhaits qui ne réaliseront jamais. Ai-je eu tort de me fier aux paroles de Jyrhan ?
    
    
    Journal d’Ambre, le 25 juillet 200*
    
    Je refuse d’y penser. À quoi bon ? J’en souffre. Le grimoire a perdu ses pouvoirs. Il aurait mieux fait de disparaître ! Il n’est là que pour me rappeler ma peine.
    
    Je ne suis pas belle. Je me sens incomplète, fade et évaporée. Vide.
    
    
    Que des bribes, que des bribes… Ambre n’oubliait pas ; elle n’y arrivait pas. Elle s’accrochait de toutes ses forces à ses sentiments.
    
    
    
***

    
    
    Ambre délaissa son journal intime. Cela ne lui apportait guère de soulagement. Restait son cahier des rêves, où elle s’appliquait à y écrire les siens avec soin. Pourtant, elle avait conscience que les songes qu’elle y consignait ne la ramèneraient pas sur Erret. La paix y était-elle instaurée ? Que se passait-il à présent ?
    
    Le grimoire ne réagissait plus, comme si toute magie l’avait quitté. Alors elle avait fini par abandonner ses tentatives, la mort dans l’âme.
    
    Le mois d’août fut étouffant ; le soleil n’était pas spécialement au rendez-vous, mais une chaleur accablante mêlée à des orages plutôt violents s’était abattue sur leurs épaules. Avec ironie, la jeune fille se fit la réflexion que ce climat s’accordait tellement bien à ses humeurs en dent de scie.
    
    Elle avait expliqué à Juliette et à Fabrice qu’elle n’avait plus de temps à leur consacrer à cause de son futur déménagement. Thomas et Laure, elle ne les croisait plus beaucoup. Par conséquent, ils prenaient moins de ses nouvelles. Cette situation soulageait et attristait à la fois Ambre.
    
    Ses parents remarquèrent qu’elle était devenue taciturne. Ils supputèrent qu’elle angoissait à propos de la rentrée universitaire et de ses études.
    
    D’une certaine manière, ils n’avaient pas tort ; en revanche, ils ignoraient qu’elle se plongeait dans ses préparatifs afin d’oublier Jyrhan et Erret.

Texte publié par Aislune Séidirey, 16 mai 2017 à 23h56
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