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Tome 1, Chapitre 11 « Conte à rebours » Tome 1, Chapitre 11
Toë battait les herbes avec une branche de saule récupérée en chemin. Lorsque ses cheveux aile de corbeau chatouillaient son front, il repoussait les mèches les plus taquines d’un geste vif et nerveux. Ses deux amies le suivaient tranquillement, la bouche close. Leur avenir les préoccupait. Lula avait caché son visage larmoyant et sa tignasse, moins sombre que celle du jeune garçon, derrière les pans de sa pèlerine. Elle trottinait telle une souris.
    
    Jylen essayait de ne pas trébucher à chaque pas. Elle s’était blessée au pied en tombant dans la rivière, et sa plaie s’était rouverte malgré le bandage improvisé avec le bas de sa robe. Soudain, Toë s’exclama :
    
    — Le château ! Regardez, il est illuminé de toutes parts !
    — Pourquoi ?
    — Je ne sais pas…
    — Tout va bien, lâcha Jylen, d’un ton empli d’un calme qu’elle était pourtant loin d’éprouver.
    
    Les deux autres la dévisagèrent comme si elle était folle. Leurs yeux, où se disputaient le gris et le bleu, brillaient d’interrogations et l’incitaient à s’expliquer. Elle s’exécuta :
    
    — Personne ne dort, donc quelque chose se prépare.
    
    La petite fille brune s’écria :
    
    — Des gardes sortent !
    
    Un trio fit son apparition. Vêtus de manteaux noirs, ils se mouvaient dans la nuit avec aisance.
    
    — Vite, allons leur parler et leur demander où est le Tisseur !
    
    Leurs jambes grêles les portèrent jusqu’à eux ; ils crièrent en chœur :
    
    — S’il vous plaît ! Au secours !
    
    Les silhouettes s’arrêtèrent net, les jaugeant du regard.
    
    — Notre village, il… Il… Il…
    
    Toë coupa Jylen dans son élan :
    
    — Falifeey a été attaqué. Nous craignons que le Tisseur soit en danger. Il faut le prévenir !
    — Calmez-vous, intervint une voix douce et féminine.
    
    Elle tendit un bras pour les inviter à les suivre. Lula ne se laissa pas démonter et s’égosilla :
    
    — Mais… mais nos maisons ont été détruites ! Mat’, pat'…
    
    Elle éclata en sanglots de nouveau.
    
    — Comment ? s’étonna un homme.
    — Les Hemonos sont venus et les ont mises à feu et à sang, expliqua le petit garçon. Ils n’ont pas fait que tuer, ils ont torturé beaucoup de gens. Nous avons réussi à nous échapper, mais…
    
    Il s’efforçait de conserver une mine stoïque, tout comme Jylen. Hélas, il lui était de plus en plus difficile de se contenir. La femme se pencha vers Lula et l’enlaça.
    
    — Chhhht… Nous allons vous aider. Je préviendrai le Tisseur.
    — C’est vrai ? De quelle façon ? Il n’y a que Réolys qui…
    
    L’inconnue rabattit son capuchon. Ses iris émeraude furent éclairés par la lumière lunaire et sa chevelure blonde flotta sur ses épaules. Jylen recula de saisissement.
    
    — Suivez-moi, je le contacterai avec mon esprit.
    
    Face à leur air sidéré, elle ajouta :
    
    — J’ai quitté ma cachette, j’ai accompli ma tâche. Maintenant, venez.
    
    
    
***

    
    
    Après s’être battue contre des ténèbres collantes, Ambre sentit du coton et de la laine sous ses doigts engourdis. Sa mémoire choisit ce moment pour surgir de l’oubli : la balle logée dans son cœur, le Tyran la regardant trépasser avec un sourire, puis ses traits se déformant sous la terreur – alors qu’il lui avait tiré dessus ! –, le château, le Tisseur… La douleur au sein de son crâne fut térébrante au début, mais elle s’amoindrit et laissa place à un maelström incroyable de questions. Elle leva les bras et se frotta les paupières.
    
    Où suis-je ?
    
    Lentement, la jeune fille ouvrit les yeux ; sa vue jouait les eaux troubles, mais se précisait. Ses convictions se révélèrent fausses : elle était bel et bien vivante, parce qu’elle respirait. Hébétée, elle se redressa et avisa la lumière d’une chandelle à son chevet. La pièce était parée de tentures bleu nuit, et une fenêtre se découpait devant elle malgré les longs rideaux jaune d’or qui la masquaient.
    
    Aucun meuble ne rompait cette harmonie à l’exception d’une table ronde où la bougie se consumait. Ambre distingua alors un objet brillant posé à côté. Elle l’examina sans oser le toucher. Fuselé et de couleur dorée, il était parsemé de minuscules aiguilles. Confuse, elle observa sa poitrine. Ses vêtements étaient exempts de tout dommage ! Le tissu s’était-il régénéré de lui-même ? Chaud, il sembla s’animer sous ses doigts. Elle ne put se retenir de hurler pour aussitôt plaquer une main sur sa bouche.
    
    Pâle, elle se releva avec maladresse et se dirigea vers une porte à peine cachée par deux morceaux d’étoffe. Elle arriva au fond d’un couloir de pierres, dont le grain et la teinte évoquaient la craie blanche. L’air frais la fit tressaillir.
    
    Des pas rompirent la monotonie du silence. La jeune Terrienne retourna dans la chambre et courut jusqu’à la fenêtre.
    
    Peu importe qui m’a sauvée, je dois rejoindre le Tisseur à l’endroit où il m’attend !
    
    Combien de temps lui restait-il ? Ambre ne songeait même plus à elle. Avec fébrilité, elle poussa la vitre et engagea son corps. La chance lui souriait, l’ouverture était de plain-pied…
    
    Cependant, deux mains la rattrapèrent.
    
    — Arg !
    
    Elle se débattit et s’exclama :
    
    — Laissez-moi partir !
    
    Elle pencha la tête et le buste en arrière pour déstabiliser son adversaire. Elle manqua de s’étrangler en croisant un regard familier.
    
    
    
***

    
    
    Une lueur chaleureuse naquit dans ses yeux émeraude. C’en était déstabilisant, mais il commençait à l’apprivoiser, tel un oiseau blessé qui cherchait désespérément à prendre son envol. Un sourire fleurit sur son visage pensif tandis qu’il l’attendait. Elle.
    
    Les paupières closes, le Tisseur entreprit de parlementer avec son esprit afin de ramener le calme en son être.
    
    Retrouve-moi. Tu sauras, alors…
    
    La plaine dormait en silence, sa chevelure de temps à autre secouée par un vent espiègle. Cet endroit était étranger au danger, à la catastrophe, mais si personne ne le protégeait, il se métamorphoserait en désert de feu. Des lieux seraient en proie aux glaces éternelles. Il réfléchissait.
    
    L’Homme aime dominer la nature. Il veut souvent la transformer. Il a le sentiment qu’il en est le maître.
    
    Les doigts fins du Tisseur se replièrent contre sa paume gauche.
    
    En déréglant le mécanisme du temps, ou celui du macrocosme, il met en péril la planète entière.
    
    Beaucoup d’Hemonos s’en moquaient bien. Ils ne se fiaient qu’aux machines. Néanmoins, le Tisseur était fautif, de même que les Elnaris. Le Savoir et de la Science, en faisaient-ils réellement bon usage ? Les dernières années, ils les avaient passés à creuser le fossé entre eux et les Hemonos, à traquer ceux qui leur paraissaient nuisibles.
    
    Des avertissements ont été répandus parmi une poignée d’hommes et de femmes lucides appartenant aux deux peuples, mais ils ne sont pas écoutés ; cela au profit de la technologie, et du progrès, de la magie… ou de la régression de l’être en bête.
    
    Ces constats, ces réflexions tournaient en tout sens dans sa tête – au propre comme au figuré. Malgré ses facultés, une étrange naïveté siégeait en son cœur. Il s’inquiétait pour sa sœur, pour sa planète et ses habitants…
    
    Et pour elle.
    
    Il déploya sa cape et s’assit dans l’herbe. Juste en face de lui, la terre crachait un liquide qui n’avait de l’eau que le nom. Il formait une sorte de fontaine naturelle, ou plutôt un geyser dont la taille était égale à celle d’un semi-homme. Le Tisseur envoyait les esprits entre deux mondes grâce à elle. Le Tisseur envoyait les esprits entre deux mondes grâce à elle. Le corps était déposé au sommet du jet, qui absorbait l’âme en conséquence. Pour ce faire, sa composition avait été modifiée par la Magie.
    
    Normalement, la Source Sacrée n’était pas localisable, mais une incantation du grimoire le permettait. Seul le Tisseur en avait connaissance, ainsi que la personne qui disposait du livre, sauf que ce dernier ne se trouvait pas à portée de main. Elle devait donc être apprise par cœur.
    
    Il avait guidé Ambre dans sa quête. Placer des individus de confiance sur son chemin n’était pas anodin. Quant au rôle joué par Réolys… Elle le découvrirait en temps et en heure.
    
    Le don qui sommeillait en elle s’était enfin éveillé. C’était nécessaire. Pourtant, un malaise commençait à naître au sein de lui.
    
    La menace que représentaient les Hemonos courait toujours. Le Tisseur en avait plus que conscience. Leur chef « officiel » cherchait à l’éliminer afin de prendre le pouvoir. Une raison si simple… Par contre, les motivations de celui qui tirait vraiment les ficelles demeuraient obscures.
    
    Soudain, un frisson parcourut son échine ; son esprit vibra au contact de celui de sa sœur, Réolys.
    
    Ses paupières s’ouvrirent. Ses prunelles étaient empreintes d’éclats dorés. La colère. Il peinait à la maîtriser et il se révélait effroyable lorsqu’elle s’épanouissait en lui, tout en exposant sa vulnérabilité. Toutefois, il ne se laisserait pas balayer par le ressac de ses émotions.
    
    Ce monstre est allé jusqu’à s’attaquer à un peuple innocent afin de parvenir à ses fins !
    
    Les lèvres du tisseur s’étirèrent en un rictus de tristesse. Ses poings blanchirent et ses ongles malmenèrent ses paumes. Il attendrait le Tyran de pied ferme.
    
    
    
***

    
    
    — Grand-mère !
    — Oui, plus ou moins.
    — Mais… pourquoi ? Comment ?
    
    La voix d’Ambre croassait ; elle la croyait morte dans une chambre capitonnée ! Morte d’épuisement, de lassitude…
    
    De longs cheveux, dont la couleur rappelait tant celle de la lune terrienne, encadraient le visage de la vieille dame prénommée Aurore. Malgré son âge, elle avait conservé la mince silhouette d’une femme de soixante ans. Elle portait une robe indigo, et ses yeux emplis d’océans regardaient Ambre avec tendresse.
    
    — Ce vêtement a sauvé ta vie.
    — Quoi ?
    — La balle devait perforer ta chair et ton cœur. Les aiguillons auraient agi comme des lames de baïonnette. Tu aurais subi une agonie lente et douloureuse. Cependant, ta tenue a été enchantée par le Tisseur. Je reconnais sa magie.
    — Ce qui fait que…
    — Oui, Ambre. Elle a arrêté le projectile.
    — Mais j’ai senti que…
    — C’est normal. Pour fonctionner, le sort a besoin d’une partie de ton énergie vitale. On n’a rien sans rien.
    
    Ambre prit une profonde inspiration. Aurore enchaîna :
    
    — Je savais que tu tomberais sur le grimoire et ma lettre. Vois-tu, je suis décédée, mais…
    — Mais quoi ? Les morts ne peuvent pas revenir parmi les vivants !
    
    Aurore décela le mélange de terreur et d’incompréhension dans la voix grinçante de son arrière-petite-fille. Elle réagit :
    
    — C’est vrai, en quelque sorte. Attends, je vais t’expliquer.
    
    Au bord du malaise, Ambre plaqua sa main sur sa poitrine et se concentra sur sa respiration. L’aïeule s’empara de son poignet sans brutalité, puis la força à retourner dans la chambre et à s’asseoir sur le lit. Lorsqu’elle fut certaine que la jeune fille s’était à peu près calmée, elle lui parla :
    
    — Avec une incantation du livre, et avec le secours de ma sœur jumelle qui habitait sur Erret, j’ai réussi à préserver mon âme et à entrer dans son enveloppe charnelle.
    
    Ambre ne put s’empêcher de proférer ces mots ahuris :
    
    — Hein ? Je c…
    — Laisse-moi finir. La formule a fonctionné, bien qu’elle ait un taux d’échec de quarante pour cent. Depuis, ma sœur et moi partageons son corps. Ce n’est en aucun cas un dédoublement de personnalité. D’ailleurs, un électroencéphalogramme montrerait deux signaux de vie.
    — Comment se fait-il que ta jumelle vive ici ?
    — Tout simplement grâce aux rencontres de la précédente Tisseuse avec un Terrien, ton arrière-arrière-grand-père. Cela s’est passé il y a plus de cent ans maintenant. La durée est presque semblable sur la Planète bleue.
    
    Devant l’air perdu de la jeune fille, elle ajouta :
    
    — Erret a un jour solaire de quatorze heures, une révolution égale à trois cent soixante-sept jours environ. Deux minutes terriennes sont équivalentes à une minute erretienne, et un mois compte vingt-cinq jours. Contrairement à la Terre, tous les mois ont le même nombre de j...
    
    Ambre grimaça et leva les mains.
    
    — Stop ! Ça va, grand-mère.
    
    Les lèvres d’Aurore se fendirent d’un sourire. Elle marqua une pause, consciente que ses révélations clouaient l’esprit de son arrière-petite-fille.
    
    — Tu as sans doute lu dans le livre que seuls son détenteur et le Tisseur pouvaient l’utiliser. L’information est aussi vraie pour ceux qui possèdent un lien de parenté fraternelle, maternel ou paternel.
    — D’accord. D’accord…
    
    Confuse, la jeune Terrienne se plongea dans le mutisme. Aurore était bien plus impliquée que ce qu’elle avait imaginé. Elle désira en savoir davantage sur elle, parce que ses paroles lui tordaient le ventre, mais le temps jouait contre elle.
    
    Elle jeta un coup d’œil au-dehors. Le vent refroidit son nez après une halte entre les rideaux. Elle le frotta et murmura :
    
    — Je dois partir et retrouver le Tisseur. Je suis pressée.
    — Pourquoi chercher quelque chose qui se devine sous nos pieds ?
    
    Ambre perçut l’espièglerie dans la voix de l’aïeule. Le regard que lui lança celle-ci ne brillait plus de la même façon. Un rire malicieux franchit ses lèvres.
    
    — Vous êtes sa jumelle ?
    — En effet. Je m’appelle Violine.
    
    La vieille femme lui sourit de nouveau.
    
    — Dis-moi, Ambre, as-tu au moins saisi que tu possédais un don ?
    — Pardon ?
    — Tout à l’heure, lorsque tu errais dans le château, tu as demandé de l’aide en utilisant ton esprit parce que celui-ci était envahi par des pensées d’autres personnes, non ?
    — Oui.
    — Tu es télépathe.
    
    La nouvelle la fit pâlir.
    
    — Quoi ?
    — Tu as hérité de ce pouvoir de notre mère, qui était…
    — Tisseuse de mondes, gra… Aurore me l’a avoué. Et…
    — Chut, ne pose plus de questions. Comme tu le sais, il faut que tu y ailles. Ferme les yeux, et la Source Sacrée viendra à toi, grâce aux incantations que tu as lues dans le grimoire.
    — Hein ? La Source Sacrée ?
    — Ferme les yeux, et rentre en transe. C’est là-bas que vous vous rejoindrez.
    
    La jeune fille se tut ; il fallait qu’elle… qu’elle se construise un mantra, oui. Une seule idée jaillit en elle : le créer avec l’un des six derniers titres appartenant aux ouvrages de la mystérieuse bibliothèque.
    
    Le plus logique. Secrets d’outre-monde. Pas pour sa signification, mais pour le son des mots. De toute façon, c’est le but d’un mantra. Il me protégera pendant que mon inconscient se souviendra de la formule du grimoire. Ça fait partie de l’épreuve, j’en suis sûre.
    
    Elle déglutit. Une question nouait ses entrailles. Elle se promit farouchement qu’elle arrêterait après celle-là.
    
    — Attendez. Juste une…
    — Oui ? s’enquit la vieille femme, avec douceur.
    — Mon don, me servira-t-il encore ?
    
    Violine sembla réfléchir quelques instants.
    
    — En effet, mais prends garde à toi : tu peux le perdre à cause de n’importe quel autre esprit qui risquerait de découvrir son existence. Tout à l’heure, tu as failli y passer lorsqu’il s’est réveillé pour la première fois. J’ai fait appel à ma volonté et je l’ai bloqué derrière un bouclier impénétrable, sauf que le renégat qui t'a repérée a réussi à le briser.
    — Il est télép…
    — Hélas, oui. Il a appris cette capacité grâce à des prédispositions naturelles, mais aussi parce que c’est un expert de la Magie.
    
    Ambre haussa un sourcil. Le profil brossé correspondait si peu à celui du Maître des Hemonos, mais bon. Pourquoi pas.
    
    — Maintenant, il faut que tu y ailles. Le Tisseur n’est pas idiot, il sait ce qu’il fait.
    
    Sur les paroles énigmatiques de Violine, la jeune fille se rallongea dans le lit et se concentra sur elle-même. Invoquer le vide dans son esprit ne lui causa guère de difficultés malgré ses craintes. Un voile chaud et anesthésiant s’abattit en son être, et un profond sommeil la saisit. Son corps disparut de la chambre.
    
    La vieille femme poussa un soupir ; elle ne connaissait pas l’identité de celui qui s’en était pris à Ambre, mais cela ne tarderait pas.

Texte publié par Aislune Séidirey, 15 mai 2017 à 15h07
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