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Tome 1, Chapitre 16 Tome 1, Chapitre 16
Système solaire d'Almar
    Planète Kalaris
    Temple

    
    Atur ne bougeait plus. Il fixait le visage de Milor d'un regard vide en tentant de contenir la douleur qui naissait peu à peu dans sa poitrine. L'envie de regarder ce que l'avenir lui réservait se faisait de plus en plus forte. Pourrait-il encore survivre longtemps sans lui ? Parviendrait-il un jour à guérir ? Mais il savait que le temps ne devait pas être su, comme avait dit Freyja. C'était dangereux pour tout le monde. À contrecœur, il détacha donc son regard de la gravure et rejoignit Mayfara.
    L'archéologue était toujours penchée sur la grande tour et elle se recula d'un coup, retirant ses doigts au bout desquels des filaments blancs disparurent. Elle poussa un soupir à fendre l'âme et regarda son comparse scientifique.
    
    « – Elle peut visiblement s'ouvrir mais je ne comprends pas comment, dit-elle d'un ton agacé. Il faut visiblement utiliser de la lueur mais la mienne ne suffit pas. Ce peuple semblait très proche de la création de Locourbe et donc de la Lueur Primaire. Il faut peut-être cela pour l'ouvrir.
    
    – Les dragons kalars utilisent la Lueur Primaire, l'informa Atur.
    
    – Oui… Il y en a peut-être encore dans leurs écailles ! Lieutenant ! Appela Mayfara en se dirigeant vers Polamis. Il nous faut des écailles du dragon kalar.
    
    – Nôröm a réussi à en prélever quelques unes, » indiqua l'officier en se tournant vers le sergent qui sortit quelques écailles de sa cape en grognant.
    
    La halfling s'en saisit sans un mot et retourna vers la tour. Elle les fit glisser le long des arabesques pour que les résidus de lueur s'y insèrent. La lueur pouvait rester dans un organisme mort pendant des jours, voire des mois chez certaines créatures. Les écailles de dragon retenaient notamment très bien la magie.
    
    « – Que savez-vous exactement de la Lueur Primaire ? Demande Polamis.
    
    – La Lueur Primaire, la plus puissante, expliqua Atur, si puissante qu'elle serait à l'origine de la création de Locourbe selon certaines études scientifiques. Peu de créatures savaient s'en servir. Découvrir un peuple qui semble aussi lié à elle permettrait des avancées magiques considérables. »
    
    Tous regardaient Mayfara qui finit par se reculer une fois les arabesques marquées. Le silence s'étira pendant de longues secondes et la halfling poussa un nouveau soupir, d'agacement cette fois.
    
    « – J'étais pourtant certaine de… »
    
    Elle fut coupée par un nouveau « clic ». Le sol se mit à trembler et une puissante magie émana soudainement de la tour, commençant à dévorer le reste des écailles de dragon dans la main de Mayfara. Nôröm poussa un juron en voyant son butin partir en cendre mais sa mauvaise humeur s'envola pour céder la place à l'admiration quand il découvrit l'imposante machine.
    
    Elle trembla de plus belle et des leviers s'activèrent les uns après les autres. Tous se reculèrent prudemment et observèrent l'énorme enceinte en pierre et métal se soulever lentement pour dévoiler le centre de la machine. Ils virent apparaître des étagères en bois protégées par de plaques de verrem. Des milliers de parchemins y étaient précieusement conservés.
    
    Tous furent frappés par une telle découvertes. Mayfara tendit la main et effleura les étagères du bout des doigts dans un silence religieux. Atur fut le premier à faire le tour de la structure pour l'analyser un peu plus précisément. Le sol était composé de cinq dalles rondes, quatre placées autour de la dernière. Il se pencha et les regarda de plus près avant de froncer les sourcils en donnant un petit coup dessus.
    
    « – Ce sont des trappes, dit-il en se redressant. Il faut trouver un moyen de les ouvrir. Il doit y avoir un mécanisme de dissimulé, ne nous reste plus qu’à le trouver.
    
    – Ces parchemins sont fascinants, rajouta Mayfara, un des documents en main. Celui que j'ai est signé « Garod, Troisième roi des Primairiens ».
    
    – Les Primairiens ? Demanda Polamis en se penchant au-dessus de l'épaule de la halfling. Est-ce le nom de ce peuple ?
    
    – Visiblement… Donc ils seraient liés à la Lueur Primaire. Je vais analyser cela. En attendant, vous pouvez retourner en haut si vous le souhaitez pour rassurer les autres. Nous n’en aurons pas pour longtemps je pense, je vais recopier quelques textes pour pouvoir les ramener sur Trerra et les confier à quelques confrères.
    
    – Je reste avec elle, marmonna Atur, assis dans un coin, plongé dans la lecture d'une tablette semblant faite en argile cuite.
    
    – Je vous laisse deux soldats, » termina Polamis.
    
    Il fit signe aux autres de se retirer et tous remontèrent vers la salle principale du temple. La tempête semblait s'être calmée, du moins le vent ne soufflait-il plus aussi fort qu'à leur arrivée. Avant même qu'ils n'arrivent dans le naos, Siin sentit sa peau frémir et une boule se former dans son ventre. Elle fronça légèrement les sourcils et un léger sourire s'inscrivit sur ses lèvres. Faisant mine de rattacher convenablement une lanière de sa botte, elle laissa les autres passer devant elle.
    
    À peine la porte fut-elle passée que Polamis et Nôröm se figèrent sur place. Ils se regardèrent du coin de l'œil, incapables de bouger. Le sergent serra violemment les dents sous la colère alors que son regard en capta un autre, vert, aux doux reflets gris perle. Le lieutenant aurait voulu parler si seulement il en avait été capable. Il ne parvenait même pas à bouger sa langue. Il ne pouvait que respirer. Les soldats nains sortirent leurs armes rapidement. Siin posa sa main sur l'un d'eux, capta son regard et le combattant se retrouva lui aussi figé avant de s'écrouler lorsque la filtrada bloqua son souffle.
    
    « – Que lui avez-vous fait ? S'exclama Letha qui se tenait près de Tharor Boradan, toujours inconscient.
    
    – Je me suis assurée qu'il ne me gêne pas, répondit l'elfe noire en saisissant sa dague à la ceinture pour la braquer vers Freyja qui s'avançait vers elle. Ne me force pas à briser le respect que j'ai pour toi en te faisant subir la même chose. Rejoins ton amiral avant que je ne te tue. Et ordonne à vos nains de déposer les armes et de faire de même.
    
    – J'aurais dû me douter qu'il ne fallait pas se fier aux elfes noirs, gronda l'orc en lui obéissant. Lâchez tous vos armes. »
    
    Les nains acquiescèrent et Siin les fit tous s'asseoir avec les autres survivants. Seuls restaient Nôröm et Polamis, toujours figés. L'ombrageuse vont prendre dans les affaires de sa compagne une corde et elle les désarma avant de les attacher solidement. Alänya relâcha son emprise sur eux et ils tombèrent au sol. Siin les fit s'asseoir avec les autres et regarda la consœur, étonnée. Cette dernière, toujours lourdement blessée, avait réussi à se faire obéir.
    
    Alänya était plus qu'une simple ombrageuse. Un crash de bâtiment n'allait pas pour autant la priver de ses pouvoirs. Elle avait reçu des ordres de son Empereur qu'elle avait bien entendu suivis à la lettre, avec plus de facilité que prévu. Elle ferma une seconde ses yeux toujours teintés de gris pour endiguer une vague de douleur parcourant son corps avant de regarder Siin.
    
    « – Nous allons attendre le retour des chercheurs, dit-elle, toujours allongée. Tu as bien réagi Siin. Je crois que la volonté des Von'Lalys n'est pas entièrement morte. Sa Grandeur sera ravi de l'apprendre.
    
    – Je vous remercie, répondit-elle en inclinant la tête. Comment vont vos blessures ?
    
    – Letha a soigné ce qu'elle pouvait et je canalise pour l'heure les autres grâce à la filtrada, la rassura sa supérieure en occultant le feulement rageur de la druidesse chatte.
    
    – Elle le permet ? Demanda Siin en ouvrant de grands yeux fascinés.
    
    – Si tu savais tout ce que la filtrada permet…, ricana Alänya en se redressant légèrement.
    
    – Que comptez-vous faire une fois les secours arrivés ? Les coupa Polamis d'un ton agressif, frustré de n'avoir rien pu faire pour éviter cela.
    
    – Sa Grandeur Sorn Hatch'valas est en route depuis bien plus longtemps que les secours, répondit la puissante ombrageuse. Il sera là bien avant et toutes les connaissances de ce temple iront aux elfes noirs.
    
    – Braevs était-il au courant ? Questionna de nouveau le lieutenant.
    
    – Oui, mais Braevs était un imbécile. Il était certes efficace en combat mais il n'a jamais su maîtriser l'art de la politique. Il n'était qu'un pion. Il est autant utile mort que vivant, il aurait sans doute tout fait échouer, tête brûlée comme il était. Heureusement, le dragon kalar m'a permis de ne pas me salir les mains avec lui. »
    
    Les paroles d'Alänya glacèrent même le sang de Siin. Jamais elle n'avait entendu quelqu'un parler de manière si détachée de la mort de quelqu'un. Elle était impressionnée autant qu'effrayée d'être aux côtés d'une telle femme. Alänya était puissante, sûre d'elle et semblait assise sur un trône duquel personne ne pourrait la déloger. Elle avait la prestance d'une reine.
    
    « – Et comment comptent-ils passer les vagues d'énergies qui nous ont attaqué à notre approche ? Demanda le sergent nain d'une voix assombrie de colère.
    
    – La filtrada peut renforcer les rituels de protection des vaisseaux et absorber l'énergie des vagues, répondit Alänya. Ne doute pas de notre Empereur, il n'est pas stupide. Il trouvera une solution pour passer les défenses de cette planète. »
    
    Nôröm grogna et lui accorda qu'elle n'avait pas tort. Sous-estimer de l'Empereur des elfes noirs était la dernière bêtise à faire avant de mourir, tout le monde le savait.
    
    Polamis se tourna vers Nôröm qui fixait les deux elfes noires d'un regard assassin. Le lieutenant tenta de se dégager de l'épaisse corde qui retenait ses mouvements mais Siin avait fait en sorte qu'il ne puisse même pas tourner le poignet. Il fit rapidement le tour des survivants du regard. Pour l'heure, la seule victime était le nain tué par Siin. Il devait tout faire pour ne plus perdre personne. À l'arrivée du bâtiment elfe noir, il tenterait de parlementer avec l'Empereur, bien qu'il doutât fortement d'y parvenir. Il se sentait plus que jamais responsable des vies de ses compagnons d'expédition.
    
    De son côté, Freyja avait du mal à comprendre le comportement de Siin. Elle aurait dû s'en douter mais elle ne pouvait s'empêcher de croire que même les elfes noirs et les orcs possédaient une part bonne en eux. Regardant l'Amiral Boradan d'un regard douloureux, elle lui effleura le front du bout des doigts. Lui aurait su gérer la situation, de même que sa mère adoptive. Mais elle-même ne savait pas comment réagir. Siin et Alänya n'étaient pourtant que deux mais l'orc ne pouvait pas prendre le risque de se faire tuer aussi facilement que le soldat nain.

Texte publié par Loune, 9 janvier 2018 à 11h28
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