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Tome 1, Chapitre 2 Tome 1, Chapitre 2
Depuis qu’il avait eu Mme Costa une demi-heure plus tôt, cela faisait trois fois qu’il réactualisait ses mails dans l’espoir de voir le virement apparaître. Pour le moment, il n’y avait rien ce qui n’était pas très étonnant. Sa cliente n’était pas aussi pressée que lui, même si elle avait hâte de recevoir les preuves. Néanmoins, le deal était clair : pas d’argent, pas de dossier bien ficelé !
    
    Pour tromper son impatience en attendant l’ouverture de l’hôpital, il se décida à s’occuper du courrier qui s’empilait sur son bureau depuis quatre jours. Factures, publicités, cela se révéla peu fructueux : il n’y avait que deux personnes qui sollicitait ses services. La première datait de plusieurs jours et Covalt se doutait que le client avait trouvé son bonheur ailleurs. Il aura sûrement plus de chance avec le deuxième, mais il faudrait qu’il téléphone et il détestait ça. Il pesta contre ces gens qui n’avaient même pas la décence de mettre un email dans leur contact.
    
    Pour se donner du baume au cœur, il appela l’hôpital avant toute chose. Le standard ouvrait avant qu’il ne soit possible de faire des visites, autant s’assurer de ce qu’il y trouvera.
    
    — Les Alizées, Élisa, bonjour.
    
    — Bonjour, Madame, excusez-moi de vous déranger, mais je souhaite avoir une entrevue avec Mademoiselle Dupont, une de vos patientes. Est-ce que c’est possible ?
    
    — Dupont Élisa ?
    
    — Oui, c’est ça.
    
    — Et vous êtes ?
    
    — Monsieur Covalt.
    
    — Un instant, je regarde son dossier.
    
    Il l’entendit pianoter et joua avec le fil du téléphone pour s’occuper l’esprit.
    
    — Je suis désolée, elle a quitté le service hier.
    
    — Pardon ?
    
    — Elle a quitté les lieux hier.
    
    — Mais pour où ?
    
    — Je ne suis pas habilitée à vous donner ses éléments Monsieur. Je suis désolée.
    
    —…
    
    — Monsieur ?
    
    — Oui, oui, j’ai entendu ! Désolé de vous avoir dérangé. Bonne journée Madame.
    
    — Bonne journée, au revoir.
    
    — Au revoir.
    
    Il se retint de justesse de lui dire à plus tard. Il ne comprenait pas comment c’était possible. Avant-hier encore, elle ne pouvait pas parler aux dires des médecins. Il sentait que même en allant sur place, il n’aurait pas plus de réponses.
    Oubliant mails et courriers, il attrapa son manteau et quitta son bureau à grandes enjambées pour trouver celui par qui le mystère s’était épaissi. Trois pas plus loin, il fit demi-tour pour fermer à clé avant de reprendre sa route au petit trot.
    
    
***

    
    La tête basse, les avant-bras en appui sur ses jambes écartées, il avait presque une position suppliante. Il n’était pas croyant pourtant. Il avait oublié depuis longtemps les prières enseignées au catéchisme où sa mère le forçait à aller pour son plus grand malheur et celui de la bonne sœur qui essayait vainement de le faire tenir en place.
    
    Covalt attendait les informations de son ami. Le verdict. Il espérait qu’il pourrait poursuivre l’enquête, comprendre ce qui s’était passé dans cette clinique. Néanmoins, son instinct lui soufflait le contraire et il se trompait rarement. Le détective avait beau repousser la sensation avec force, elle revenait avec toujours plus d'intensité. Ses yeux dérivèrent sur un homme menotté devant l’accueil qui remplissait un document administratif sous la garde attentive d’un policier en uniforme.
    
    — Gaby ?
    
    Il détourna le regard vers un homme d’une trentaine d’années, propre sur lui.
    
    — Nico, tu sais que je préfère Covalt ! Je commençais à me demander si tu ne m’avais pas oublié !
    
    Bien qu’il essaye de paraître serein, l’impatience lui taraudait l’estomac.
    
    — J’ai passé des coups de fil. BEAUCOUP de coups de fil, figure-toi.
    
    — Et ?
    
    — Et je n’ai réussi à savoir qu’une seule chose.
    
    — À savoir ? Arrête de tourner autour du pot.
    
    — Une vielle femme et un jeune homme d’à peine vingt ans ont récupéré la fille. On ne connait toujours pas son nom d’après mes archives, mais les avis de recherches ont été effacés et il ne reste presque rien de son dossier à la clinique.
    
    Une impasse. Covalt insista néanmoins, par acquit de conscience.
    
    — Tu as une identité ou quoi que ce soit d’intéressant sur ceux qui l’ont emmenée ?
    
    — Non rien. Même les Alizées n’ont pas de traces. L’employée était d’ailleurs inquiète en le réalisant. Pour la forme ou pas, je ne saurais le dire par téléphone. Tu crois qu’elle a des ennuis ?
    
    — J’en sais rien, mais c’est vraiment louche.
    
    — Je ne peux qu’approuver ! Tu vas continuer à fouiller ?
    
    — J’aimerais, mais je manque de pistes.
    
    Les lèvres pincées, Nico s’agita.
    
    — Je vais essayer de fouiner un peu, mais je n'aurais pas beaucoup de temps à y consacrer dans les jours qui viennent. J’ai deux grosses affaires à élucider. Désolé de ne pouvoir en faire plus.
    
    — Merci quand même, je sais que tu n’as pas que ça à faire.
    
    — Si tu apprends quelque chose ou si je peux t’aider, n’hésite pas !
    
    — Ouais…
    
    Nico le salua avant de repartir dans son bureau.
    
    Une fois hors du commissariat, les yeux de Covalt se perdirent un instant dans le vide. Il savait comment ça allait finir, mais la discussion avait augmenté sa frustration au-delà de ce à quoi il s'attendait. Il avait déjà entendu parler d’une vieille dame qui avait fait disparaître un jeune homme.
    
    Ça s’était passé un an auparavant.
    
    Une maison soufflée par une explosion. Sans traces d’explosion. Pourtant, sur les photos, c’était comme si une tornade avait dévasté les lieux. Un voleur avait été arrêté sur place, mais quand il avait voulu en apprendre plus, ce dernier s'était mystérieusement évaporé en compagnie de sa grand-mère. Le jeune homme était orphelin et baladé de foyer en foyer depuis des années, la venue providentielle de cette femme l’avait laissé perplexe à l’époque.
    
    Quoi qu’il ait pu entreprendre par la suite, il n’avait pu trouver le moindre indice. Ils étaient comme envolés. Les propriétaires de la maison qui l’avaient sollicité n’étaient toujours pas indemnisés à l’heure qu’il est : l’expert cherchait encore à comprendre ce qui avait bien pu se passer et la compagnie d’assurance refusait de payer tant qu’aucun diagnostic n’avait été énoncé.
    
    La carotte lumineuse d’un tabac attira son attention. Sans vraiment réfléchir, il entra et acheta un paquet, le premier sur lequel ses yeux se posaient depuis six ans. Il alluma la cigarette et savoura la sensation de la nicotine s’insinuant dans ses poumons.
    
    Rien ne le met plus hors de lui que sa curiosité non assouvie.

Texte publié par Sizel, 8 juin 2017 à 15h11
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