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Tome 1, Chapitre 11 « Trois cheveux et deux fleurs » Tome 1, Chapitre 11
Courageusement tout le petit groupe recula, exception faite de Simus. Une fois de plus, il soupira. Il attendait la suite, car Sara avait forcément un autre reproche en attente. Le marchand d’armes ne se trompait pas. La Française, l’air furibarde, avançait dans sa direction, l’index droit pointé vers lui.
    
    “Vous n’êtes qu’un menteur ! Un menteur ! Un menteur monsieur Grant !
    — OK, Sara sans h. Pour commencer et si vous m’appeliez Simus…
    — Jamais ! Menteur ! cria-t-elle sans savoir que dire d’autre.
    — Sara, cela devient répétitif, répondit calmement l’Anglais. Oui, je vous ai menti. Je suis marchand d’armes tant officiellement qu’officieusement. Je parle anglais, pachtoune, arabe, hindi, chinois et japonais. J’ai aussi des rudiments dans plusieurs dialectes. Ma firme est responsable d’un des plus grands génocide d’Afrique de l’Est. Mais ce n’est pas vraiment le genre de chose que l’on confie à une inconnue qui vous a volé et avec qui on partage un burger dans les toilettes.
    — Quoi d’autre ?
    — Sara, supplia Simus tendrement.
    — Quoi d’autre ? insista-t-elle maintenant boudeuse.
    — J’ai été envoyé au pensionnat militaire à l’âge de six ans. J’ai intégré la Royal Navy à dix-huit et j’ai signé mon premier contrat à vingt-cinq. Je suis aussi diplômé de Yale et d’Oxford. Je suis incapable de ressentir la moindre empathie et…
    — Et ?
    — Et dans tout ce merdier vous êtes une vraie bouffée d’oxygène.
    — D’accord…”
    
    Soudainement, Sara se mit à pleurer à gros sanglots et se précipita dans les bras d’un Simus totalement déstabilisé par l’attitude irrationnelle de la jeune femme. Il la serra doucement contre lui et lui caressa délicatement la tête. Le pilote aurait tant voulu lui faire plaisir, la rassurer, mais rien ne lui vint à part une banalité :
    
    “Chut, chut...Tout va bien se passer…
    — Vous...Vous êtes un mythomane.
    — Et que me vaut un tel compliment ? demanda l’Anglais faussement outré.
    — Dans...dans les toilettes, vous avez dit ne parler qu’anglais et que vous nous sortiriez de là...Vous m’avez menti, vous ne pouvez rien faire pour nous. Arrêtez de dire… des… des trucs… des trucs, machins enfin de faire des promesses que vous ne pourrez jamais tenir”, continua-t-elle, pleurant toujours à chaudes larmes.
    
    Simus éprouvait de la honte. Ce sentiment était nouveau et lui, qui avait plutôt la fâcheuse tendance à être fier de tous ses actes, se demanda pourquoi il se sentait si minable. Dans son autre vie, celle où il était odieux et indécent, il aurait simplement demandé à Becka, sa secrétaire, d’envoyer deux trois fleurs de façon à se faire pardonner.
    Ici tout n’était que mort, putréfaction et désolation ; le seul rayon de soleil de cette incroyable aventure était en pleurs dans ses bras. Fixant les plantes décoratives en face de lui, l’Anglais s’interrogea : “Pourquoi les végétaux n’avaient-ils subi aucun dommage ?”
    L’estomac de l’homme d’affaires se noua aussi soudainement que violemment. En réponse à son malaise, il serra un peu plus fort Sara contre lui. Son dérangement ne dura pas plus de quelques secondes. Le pilote éprouva ensuite un léger flottement. Puis, ils se sentit libre. Détaché de toute entrave tant physiques que morales, une force nouvelle coulait en lui.
    Bien qu’il ne sut pas instantanément quel pouvoir il avait acquis, le jeune homme se sentit différent. Son regard sur les choses avait changé. Maintenant qu’il fixait à nouveau les plantes grasses, il visualisa autour d’elles un scintillement. Il sourit et leur ordonna mentalement de fleurir… rien. Il demanda gentiment, pour Sara, et l’enchantement commença. La jeune femme blottit un peu plus sa tête contre son torse :
    
     “En plus…, hoqueta-t-elle, vous n’avez aucun pouvoir.
    — Je n’en suis pas si sûr…”
    
    Simus dégagea la Française de son épaule et la tourna de façon à ce qu’elle puisse observer la vitrine du magasin de sport situé en face d’eux. Les bacs de végétaux encadrant la porte étaient en bouton. La jeune femme regarda plus attentivement, surprise de voir les fleurs éclore en nombre. De couleurs vives et variées, les pétales des Kalanchoés s’élevaient maintenant en nuages délicats. La jeune femme entrouvrit légèrement la bouche, stupéfaite par le spectacle qui s’offrait à elle. Elle renifla et essuya la goutte qui perlait au bout de son nez d’un revers de manche avant de se tourner à nouveau vers Simus.
    
    “C’est bizarre comme pouvoir, non ? C’est arrivé comment en plus ?
    — Parce que vous croyez que j’ai eu le choix ? Ce genre de truc vous tombe dessus comme ça, dit-il en faisant claquer ses doigts. Mais, pourquoi trouvez-vous mon don… bizarre ?
    — Vous êtes un être destructeur pour qui la vie n’a aucun sens et votre super pouvoir c’est de créer.
    — Disons que je ne vous ai peut-être pas tout avoué.
    — Pourquoi ?
    — Parce que j’ai des jardins tellement secrets que je me les cache à moi-même, lui répondit-il amusé.
    — Hum… Vous croyez que vous pourriez rendre sa langue à Ladli ?
    
    Demanda la Française, regardant maintenant John et l’Indienne qui se fixaient en faisant de nombreux signes avec leurs mains. Elle se douta qu’ils étaient en pleine discussion et se demanda ce qu’ils pouvaient bien se raconter.
    
    “Je n’en sais rien, mais je ne le ferai certainement pas. Elle est bien assez dangereuse comme ça, continua Simus, essayant de capter à nouveau le regard de la jeune femme. Par contre, je peux essayer quelque chose...
    — Au fait que lui avez-vous dit...en Hindi ? répondit Sara sans prêter une réelle attention à Simus.
    — Rien de particulier, sauf que si jamais elle faisait du mal à qui que ce soit, le tigre la boufferait toute crue. Et… et qu’elle avait eu beaucoup de chance que vous soyez là… sinon elle serait déjà morte.
    — C’est drôle que ses pouvoirs n’agissent pas sur moi.
    — Je crois qu’en fait vous y êtes hermétique.” s’amusa l’Anglais.
    
    Tandis qu’il embrassait tendrement la tête de la jeune femme, il eut une idée. Il lui ôta son bonnet. La Française fronça les sourcils et le fixa d’un air mauvais.
    
    “Laissez-moi faire, une fois… juste une fois
    — Hum… Je vous laisse déjà beaucoup trop de libertés, plaisanta-t-elle.
    — Mademoiselle est trop bonne”, renchérit Simus.
    
    Ils se mirent à rire et une douce chaleur enveloppa l’ancienne étudiante en médecine. Soudain, un bruit attira leur attention. À une dizaine de mètres d’eux Dino patientait en donnant des coups de poings dans le mur. Rejoint par Ladli et John, il continua son manège sous les applaudissements. Bandhu, qui s’était tranquillement assis en tailleur en attendant que Mademoiselle Schtroumpf soit calmée, sortit de sa méditation. Il se leva et retrouva le petit groupe. Il ne mit que quelques secondes avant de crier des vivas et autres bravos.
    
    Prenant alors la jeune femme par les épaules, Simus la fit pivoter afin de la sortir de sa réflexion. Il passa ses mains dans la chevelure naissante du Schtroumpf. Soudainement, les courtes mèches de la Françaises s’allongèrent. Elles tombaient maintenant en boucle lourdes et indomptées jusque sur ses épaules.
    
    “ Oh ! s’émerveilla-t-elle. Je crois qu’ils sont assez longs, merci. Par contre avant ils étaient bleus.
    — Bleus, le fait que vos cheveux soient revenus ne vous suffit pas, plaisanta-t-il. Il faut, en plus, qu’ils soient bleus ?
    — Enfin, si cela est possible ? demanda Sara en battant des cils ostensiblement.
    — Bleu clair, foncé, indigo ? s’enquit le marchand d’armes.
    — Disons bleu ciel ! s’enthousiasma la jeune femme.
    —Pourquoi ai-je posé la question ? Hum… un vrai Schtroumpf !
    
    Sara avait réussi à dépasser le petit moment de faiblesse qui l’avait rendue irrationnelle. Elle s’était défoulée sur Simus et trouvait que ce dernier avait géré la situation avec calme et diplomatie. En plus, elle venait de récupérer sa tignasse azur. La Française pardonna donc bien vite au marchand d’armes. Après tout la jeune femme aussi lui avait menti. Elle n’avait pas raté ses examens comme il le pensait. Elle était même major de sa promotion et avait obtenu ses unités de valeurs avec deux ans d’avance. Sara avait tout simplement tout lâché parce qu’elle n’avait pas supporté le fait, qu'en temps que médecin, elle ne pouvait pas sauver tout le monde. Son petit ami de l’époque ne l’avait pas vraiment soutenue. Pire, il n’avait rien trouvé de mieux que de lui poser un ultimatum : si elle arrêtait ses études… il annulait leur mariage, en tant que chirurgien il ne pouvait épouser une “Gipsy”. En fait la jeune femme étouffait et avait pris des mesures drastiques pour reprendre simplement son souffle. Elle avait donc tout plaqué... son mec et ses études.
    
    Les deux jeunes gens étaient maintenant souriants et regardaient les fleurs continuer leur ballet. Guillermo arriva sur ces entrefaites, accompagné du reste de la bande. Il tourna la tête en tous sens, observant la création de Simus.
    
    “Ma che bella ! Sara, vous êtes magnifique ! Bien plus belle que n’importe quelle fleur, remarqua-t-il d’une voix suave. Simus c’est toi qui…
    — Hum… Oui, apparemment je serais un créatif.
    — Nous sommes d’accord, compléta John parlant pour toutes ses personnalités.
    — Mademoiselle Schtroumpf autant l’énervement vous rend hideuse, autant cette chevelure bleue vous embellit, déclara Bandhu avant de continuer. Vous devriez penser à la méditation. Cette science millénaire permet d’acquérir cal…
    — Tu nous emmerdes le “nabot”, intervint “Z” calmement. Quand vous allez voir le foutu pouvoir du rital… ça c’est du lourd ! Mieux que trois cheveux et deux fleurs !”
    
    Ladli n’avait rien perdu de la conversation et acquiesçait ou non en fonction de ses affinités. Ainsi, elle était toujours d’accord avait John et jamais avec Bandhu. Tandis que tous les regards se tournaient vers Guillermo, la jeune Dalit vint caresser la chevelure abondante de Sara. Elle lui fit un grand sourire et la Française put clairement entendre dans son esprit :
    
     "Ils sont très beaux et vous aussi, Déesse”
    
    La Française étouffa un rire, elle entendait Ladli, du moins lorsque celle-ci la complimentait. L’ancienne étudiante en médecine câlina la jeune fille et la remercia. Sara lui expliqua qu'elle n'avait rien d’une divinité. Les garçons attendaient en trépignant que ce débordement de sentimentalisme s’arrête. Dino, plus impatient que les autres, intervint, mettant ainsi fin à toutes les attentes :
    
    “J’en ai un ! Moi aussi ! dit-il d’un ton enjoué à Sara.
    — Apparemment, j’ai cru comprendre que tu avais un pouvoir, s’amusa la Française.
    — Pas un pouvoir… un super-pouvoir… déclara-t-il en bombant le torse.
    — Et qu’est-ce que c’est ? s’enquit Simus curieux.
    — Je suis ce que je touche !”
    
    S’exclama fièrement l’Italien, déclenchant malgré lui l’hilarité générale. Il posa tout d’abord sa main sur le skaï des fauteuils et ferma ensuite les yeux. Son corps se recouvrit lentement du simili-cuir. Une minute plus tard, lorsqu’il lâcha le dossier l’effet persista. Dino toucha ensuite un des montants métalliques de la porte en face de lui et tandis que son corps reprenait son aspect normal, son bras se transforma en acier.
    “ En plus, j’ai gagné en puissance ! s’exclama-t-il.
    — Waouh impressionnant ! concéda l’Anglais en prenant la main de Dino.
    — Je peux toucher ?”
    
    Sara avait posé la question en rougissant légèrement comme une enfant émerveillée. Guillermo lui présenta alors son bras, faisant mine de l’escorter. John et Ladli ronchonnèrent, affamés. Décrétant qu’ils ne pouvaient plus attendre, ils partirent donc en direction du magasin de presse, motivés par une commune et brusque envie de sucre. Bandhu les suivit, les sermonnant sur les dégâts que le glucose pouvait faire sur de jeunes organismes. Pendant ce temps-là, la Française posa délicatement sa main sur le poignet du tueur à gages et… la magie s’évanouit. La jeune femme sembla désemparée. Avant même que l’Italien ait pu dire quoi que ce soit, Simus, resté à leurs côtés, plaisanta en prenant Sara par la taille :
    
    “ Hermétique ! Je le savais… Allez le Schtroumpf, viens avec moi sinon j’ai bien peur qu’il ne reste pas grand chose à manger.
    — Andiamo !”
    
    Reprit en riant Dino qui n’était pas insensible au trouble et à la soudaine tristesse de Sara. Ils firent comme si de rien n’était et avancèrent à la rencontre de leurs compagnons, espérant que le pouvoir de Sara se fasse bientôt connaître.
    
    

Texte publié par Isabelle , 28 janvier 2017 à 20h33
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