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Tome 1, Chapitre 10 « Super-pouvoirs » Tome 1, Chapitre 10
Sara, Simus et Guillermo s’arrêtèrent lorsqu’ils virent, attablé dans la zone des restaurants, un grand jeune homme blond. Son visage enfantin et ses immenses yeux bleus semblaient fascinés par son écran d’ordinateur. Tandis qu’ils s’apprêtaient à se remettre en route et sans raison apparente, Guillermo désarma la Française. Le tueur à gages lutta un instant, puis il ferma les paupières et essaya d’avaler le couteau de la jeune femme.
    
    Simus soupira. Il ne lui manquait plus qu’un dépressif pour compléter le tableau ! Mais alors qu’il s’avançait pour retenir le geste du Milanais, il se tétanisa. Quelque chose ou plutôt quelqu’un lui ordonnait de ne plus bouger. Ce « truc » l’appelait Simus à tout bout de champ et essayait de le persuader de se tirer une balle dans le pied. L’Anglais expira profondément et chassa toute pensée de son esprit. La voix cessa et Simus supposa que le stratagème fonctionnerait tant qu’il resterait concentré. Il avait appris cette technique de compartimentation mentale lors de son entraînement militaire. C’était, soi-disant, le meilleur moyen de résister à toute forme de torture.
    
    Sara n’en croyait pas ses yeux. Dino essayait de mettre fin à ses jours en avalant une lame de plus de dix centimètres de long et Simus restait là, figé. Encore une fois, c’était à elle de résoudre cette situation absolument incongrue. Elle commença par saisir doucement le bras de Guillermo qui se laissa faire sans résistance, puis gifla Simus. Les deux hommes semblaient se réveiller. Ils étaient totalement hébétés et avaient du mal à parler.
    
    « Bon, alors les GI Jo, ce n’est pas bientôt fini vos simagrées ! s’exaspéra la jeune femme.
    — Ma... Tu l’entends pas ? balbutia Dino en italien.
    — Qui ?
    — La voix… dans ma tête, continua le Milanais hésitant.
    — Mais bien sûr ! ironisa la Française.
    — Sara sans h, Gun a raison. Je l’ai entendue en pensée, intervint Simus calmement.
    — Qui ?
    — LA VOIX ! crièrent-ils à l’unisson.
    — OK les GI… Reprenons les Jeanne D’Arc. Quelqu’un vous parle... dans vos têtes. Admettons. Pourquoi ne suis-je pas touchée par ce phénomène ?
    — Ça, j’aimerais bien le savoir, lui répondit Simus quelque peu hargneux.
    — OK, vous allez mieux, c’est le principal, continua-t-elle pragmatique. Nous allons gentiment…, Sara fixait Simus qui avait repris le couteau à Guillermo. Gentiment, j’ai dit, monsieur Grant. Nous allons donc, gentiment, j’insiste, faire la connaissance du jeune homme passionné par son ordinateur portable et nous lui demanderons s’il entend lui aussi des voix dans sa tête. Cela me semble la meilleure façon de se faire des amis. Non ? »
    
    Sarcastiquement, la Française s’avança comme si elle parlait à une personne imaginaire. Simus haussa les épaules dans un soupir et Guillermo se gratta le crâne. Une chose était sûre : ils n’avaient pas gagné en crédibilité auprès de Sara sur ce coup-là !
    
    Maintenant à la hauteur de ce qui semblait être un grand adolescent, les trois compagnons se figèrent. Le jeune homme s’était levé, tremblant. Il les fixait, terrorisé. Lorsqu’il s’urina dessus Sara décida de lui venir en aide. Elle avança doucement et lui posa la main sur l’épaule. La Française le fit asseoir et le cala contre son sein afin de lui faire un câlin.
    
    « Ben voyons ! s’exclama Simus. Je suis serviable et tout et tout… j’obtiens une gifle et l’autre il se fait dessus et il a des papouilles !
    — Ne l’écoute pas. Quel est ton nom ? Moi, c’est Sara. Sara sans h.
    — Zohn… Zohn avec un h. Ze... Ze... Ze... hoqueta l’Américain sans arriver à finir sa phrase.
    — OK Zohn avec un h, t’es attardé ou tu fais semblant, s’exaspéra Simus. Non, parce que je me traîne déjà une émotive sarcastique, un obèse suicidaire... alors là, là tu vois un débile incontinent ça ne va pas être possible ! »
    
    Sa patience était, selon Simus, son point fort. De nature plutôt glaciale, il était heureux de pouvoir se vanter que quasiment rien ne pouvait le mettre en colère. Pourtant, il était en train de péter un plomb. La situation avait quelque chose de rocambolesque qui le dépassait totalement. Comment accepter que l’apocalypse, comme Sara sans h nommait les faits, ait pu avoir lieu ? Rien que ce simple postulat était pour lui inconcevable. Qu’il ait survécu ne l’étonnait pas outre mesure. Par contre, être affublé d’une équipe de bras cassés était au-dessus de ses forces.
    Il fixait ses trois compagnons durement, souhaitant qu’ils disparaissent. Enfin, il ne désirait peut-être pas que Sara sans h s’évapore… Il n’eut pas le temps de se demander pourquoi la Française lui était si indispensable qu’il reçut non pas une, mais deux gifles.
    
    « Monsieur Grant ! Je vais être très claire. Vous traitez qui que ce soit de débile, obèse et j’en passe et nous vous abandonnons dans l’instant. Vous allez vous comporter correctement. C’est compris ?
    — Tout d’abord, je n’ai pas trois ans. Ensuite, j’injurie qui je veux comme je veux !
    — Ben voyons Jeanne D’Arc ! Et vous croyez aller loin, vous et vos voix, sans personnes pour vous remettre sur le droit chemin ?
    — La voix... je l’ai entendue, l’interrompit l’adolescent. Elle m’a dit que vous souhaitiez me faire des tas de choses horribles. Enfin à Zohn… Permettez-moi de me présenter : John Moore. Autant vous dire de suite que je souffre d’un syndrome de dédoublement de la personnalité. Afin de lutter contre cette fille qui veut absolument que je m’autodétruise, je vais devoir faire appel à “Z”. C’est le troisième de mes caractères et… il n’est pas des plus sympathique. »
    
    Sara, Simus et Guillermo restèrent bouche bée. Sara avait déjà accepté tellement de choses qu’elle se dit qu’elle n’était plus à une bizarrerie près.
    
    « Enchantée John… “Z” est-il parmi nous ? »
    
    Simus ne put s’empêcher de sourire. La jeune femme avait l’air infiniment sérieuse et la situation tellement irréelle. Sans même s’en rendre compte, une sensation nouvelle l’envahit. Il était heureux. Vraiment heureux, sans faux-semblant, sans compromis, il se sentait bien et il aimait cela. Il avait fallu que des milliers d’êtres humains meurent et qu’il se retrouve coincé dans un aéroport avec les plus improbables des compagnons pour que Simus Walker Grant réalise qu’il n’avait jamais été heureux. Pire, sa vie n’avait jamais vraiment eu de sens avant ce jour. Il se rapprocha de Sara et demanda à John Moore :
    
    « Oui, enchanté John, je tiens à présenter mes excuses à Zohn, la situation est quelque peu...
    — T’inquiètes mec, on a tous nos passages à vide ! Alors, les branquignols c’est quoi le programme ?
    — “Z”, interrogea Sara.
    — Lui-même, en chair et en os, poupée. Qu’est-ce qu’on fait pour la gonzesse télépathe ?
    — La quoi ? s’étonna la Française.
    — OK, il y a une nana survivante dans cet aéroport dont le don est la communication mentale. Zohn parle aux ordinateurs direct avec son cerveau et il a observé Bandhu se transformer en tigre. Et vous ? Vous avez quoi comme super-pouvoirs ? demanda “Z” incroyablement poli.
    — Bandhu ? interrogea Sara.
    — Yep, Bandhu, le nabot… le mec qui s’est métamorphosé en gros chat. Bref, pour la nana télépathe, c’est quoi le programme ?
    — Ah ! Voyez le Schtroumpf… j’avais raison ! Sauf… enfin pour les super-pouvoirs bien sûr... ça, c’est de l’inédit ! »
    
    Conclut Simus en relevant le menton. Sara soupira bruyamment puis lui ordonna de donner pantalon et slip propre à leur nouvel ami. Pendant que Simus refermait son sac, « Z » s’isola afin de se changer. Guillermo avait écouté la conversation sans broncher, encore sous le choc de l’incident avec le couteau.
    
    
***

    
    Ladli se dirigeait en suivant les voix qui emplissaient son esprit. Elle adorait ce lieu, les conditions et surtout ses nouvelles aptitudes. Elle avait réalisé que non seulement elle pouvait être à l’écoute des pensées des autres, mais aussi qu’elle pouvait leur répondre et même les forcer à faire certaines choses. C’est ainsi que la Dalit était entrée en contact télépathique avec Guillermo. Elle l’avait persuadé de manger son couteau. Elle avait dû relâcher son emprise lorsqu’une prétendue Sara était intervenue.
    À sa grande surprise, l’Indienne sentait bien la présence de la jeune femme, mais ne pouvait absolument pas lire son âme ni même entrer en contact avec elle de quelque manière que ce soit. Un autre individu se trouvait aux côtés de ces deux-là. Un certain Simus. Ladli n’aimait pas ce type-là. Son esprit était une véritable forteresse, il cachait si bien son jeu et probablement depuis si longtemps que la seule chose que l’adolescente arrivait à identifier de façon sûre et certaine c’est qu’il était dangereux. De plus, il ne redoutait rien ce qui lui donnait encore un peu moins d’emprise sur lui.
    
    La peur était ce que la jeune intouchable cherchait en manipulant les esprits de ses contemporains. Elle n’avait pas pu s’amuser longtemps avec Bandhu, car ce dernier s’était à nouveau transformé en tigre, rendant toutes interventions difficiles. Par contre, Zohn était son hôte idéal. Un vrai trouillard. Ladli avait capté ses pensées alors qu’il rencontrait pour la première fois les trois autres. Elle avait réussi à ce qu’il urine d’effroi et n’en était pas peu fière. Là encore, cette foutue Sara était intervenue. Le simple contact qu’elle avait eu avec le bras de Zohn avait suffi pour qu’il disparaisse. À la place, la Dalit avait vu surgir dans son esprit John Moore. Beaucoup moins peureux et extrêmement organisé, ce dernier avait eu vite fait de s’apercevoir que quelqu’un piratait son cerveau. Il avait envoyé ce qu’il appelait un antivirus, un certain « Z ».
    Depuis Ladli essayait d’éviter de rencontrer le petit groupe, s’éloignant lorsque leur voix devenait plus claire. Mais c’était sans compter sur la fameuse Sara. Cette dernière, d’après l’opinion de ses compagnons, avait un véritable don pour trouver les survivants. La Dalit venait justement de se glisser sous un banc, entre deux cadavres, car la jeune femme avait subitement décidé de faire demi-tour et arrivait à sa rencontre.
    Mais ce que l’Indienne n’avait pas vu c’était le gros museau d’un tigre blanc dont la taille était très supérieure à la moyenne. D’un coup de patte, l’animal envoya voler la rangée de sièges sous laquelle Ladli s’était réfugiée. Terrorisée, elle était incapable de bouger. Son esprit, totalement livré à la panique ne réfléchissait plus. Elle aperçut sur sa gauche le groupe de quatre personnes arriver et crut un instant qu’elle était sauvée. Cependant, au lieu d’agir, ils se mirent à discuter :
    
    « Ma mama mia ! Ma que ? Il est gros... intervint Guillermo qui n’avait encore jamais vu de tigre.
    — Plus gros que la moyenne, compléta Simus.
    — Waouh ! Le nabot a un super pouvoir ! s’exclama “Z”.
    — OK, on se concentre et on trouve une solution. “Z”, va me chercher John, j’ai besoin de lui.
    — Heps ! La gonz…
    — On ne discute pas… Compris ! John, ce tigre est un être humain ? Tu es sûr de toi ? C’est le fameux Bandhu ?
    — Oui Sara. Sûr à cent pour cent ! Et je crois bien que la fille qu’il désire manger est notre télépathe. D’ailleurs, il va s’en vouloir…
    — Pourquoi ?
    — Durant tout notre voyage en Inde, il n’a pas cessé de nous dire qu’il était végétarien.
    — Vous vous connaissiez avant ? l’interrogea la Française.
    — Oui, c’était mon guide touristique. Nous nous sommes retrouvés enfermés dans…
    — Un lieu hermétique et clos », conclut Simus.
    
    Tous se regardèrent, trouvant enfin une raison à leur présence ou du moins un début de réponse.
    Sara souffla doucement et alors que les autres échangeaient leur ressenti, elle se dirigea vers le tigre. Elle posa sa main sur la croupe de l’animal et le caressa.
    
    « Bandhu, mon nom est Sara. Tu es en sécurité, laisses cette enfant tranquille. En plus, tu es végétarien ! »
    
    À peine avait-elle eu fini que Bandhu apparut dans un éclair, nu comme un ver. La jeune femme se tourna prestement et fit signe aux autres de venir en aide au nouveau venu. D’une démarche assurée, la Française se dirigea vers l’Indienne. Elle la saisit par le bras et la souleva :
    
    « Mademoiselle ! Il va falloir être plus gentille ! Quel est ton nom ?
    — Ladli, lui répondit John survenu sans bruit dans son dos.
    — Pardon ?
    — Sara, Ladli est muette. Elle ne comprend que l’Hindi. Il n’y a que lorsqu’elle communique par télépathie qu’elle peut s’adresser à tout le monde... Enfin, sauf à toi. »
    
    Expliqua calmement John. Simus arriva à ce moment-là et prononça quelques mots en Hindi. Le visage de Ladli s’embruma dans un premier temps puis, elle se précipita vers Sara et la serra fortement dans ses bras. La Française enlaça la jeune fille. Lorsque la Dalit eut fini son câlin, Sara se tourna lentement vers Simus, écarlate. La colère, due au surplus d’émotions, transformait son visage d’habitude si doux. Elle crispa un instant les mâchoires avant de hurler :
    
    « Simus Walker Grant ! Ignoble menteur ! Vous parlez Hindi ! »

Texte publié par Isabelle , 18 janvier 2017 à 22h09
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