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Tome 1, Chapitre 3 « Quatre Saisons : Printemps » Tome 1, Chapitre 3
Journal du ??, saison : printemps 2XXX
    
    Primus Tempus. Quelle est cette langue ? Bah, depuis longtemps oubliée et reléguée, je ne connais personne qui y entende.
    
    J’ai trouvé refuge dans ce qui pourrait être la cave d’un hôtel ou un restaurant, tant il regorge de victuailles, pour la plupart desséchées ou putréfiées, au point d’être presque fossilisées. Quelle importance, quand jamais la faim ne tenaille. Elle est une fleur depuis bien longtemps oubliée, au point que je ne sais plus si je suis en vie. En attendant, je couche ces fugaces idées sur ces sommaires feuilles de papier.
    
    Dehors, c’est le primus tempus, moment choisi par la nature, si l’on peut encore qualifier ainsi ce qui s’apprête à jaillir de cette poudre grise, que j’hésite encore à appeler neige. Étrange anniversaire, car ce fut à une époque semblable que tout se souleva et tout retomba. Je ne l’ai pas vue, seulement les circonstances avenantes, dont cette poudre, qui jamais ou presque ne s’envole, est devenue le symbole.
    
    Un grondement se répand. Cela ne dure qu’un instant. Il paraît que les coraux adoptaient la même stratégie. À la pleine lune, les voici qui relâche leur semence, en attendant de donner naissance. Je l’ai lu quelque part, sûrement dans une ferme de livres laissée à l’abandon. Mais pardon, je te délaisse. Je m’en vais, car cela commence. Je ne voudrai manquer cela à aucun prix. Voir le monde éclore, n’y a-t-il rien de plus beau. Derrière la vitre blindée de la casemate aménagée, je contemple, mélancolique, la terre se soulever. Mais à quoi bon rester enfermé, si l’on ne peut toucher, alors qu’il me suffit de me rendre au rez-de-chaussée et franchir les quelques pas qui me retiennent dehors.
    
    L’onde se propage. Elle ravage tout sur son passage. Je la vois qui enfle et se soulève. Bientôt, elle m’aura englouti, en même temps que la cave qui m’abrite et alors il faudra sortir. J’aurai à bousculer les nuées, éventrer et renverser les mottes de boues écarlates.
    
    Oui ! J’aurai à cœur de faire tout cela, mais seulement quand le noir viendra.

Texte publié par Diogene, 22 mai 2016 à 21h30
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