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Tome 1, Chapitre 5 « Paladions (première partie) » Tome 1, Chapitre 5
L'ascenseur qui montait du parking débouchait directement au rez-de-chaussée du bâtiment dressé à l'avant de la barge. Le bureau de Sig Benz se trouvait tout au fond du couloir ; c'était un espace vaste, inondé par la lumière opalescente que reflétait la surface de Margarita.
    
    Assis derrière un meuble simple mais fonctionnel, en métal laqué blanc, le directeur travaillait sur un écran tactile branché à une microstat. Il avait roulé ses manches au-dessus du coude ; le garçon put constater que ce n’était pas seulement sa main, mais tout son bras gauche qui avait été remplacé par une prothèse synthétique. Avait-il été victime d'un accident ordinaire, ou cette mutilation était-elle liée à son métier comme le craignait Lukas ?
    
    Compte tenu de ce que lui avait dit Vodo, c'était bien possible. Le reportage qu'il avait vu la veille de la visite de monsieur Bel lui revint alors en mémoire. Un danger redoutable menaçait les sites d’exploitation d'argentium .
    
    Les océaniens.

    
    Des monstres surgis des profondeurs de Margarita...
    
    Une crainte subite lui noua les entrailles. Monsieur Benz avait-il été victime d'une de ces créatures ? Il se demanda s'il serait envoyé sur le terrain affronter ces êtres terrifiants. À Stellae, certains de ses amis le disaient imprudent à cause de sa façon de conduire son motoglisseur. Il y avait cependant une différence entre le risque calculé des courses officielles et un métier qui impliquait de se frotter à des êtres titanesques et particulièrement agressifs…
    
    « Lukas ! Je suis heureux de te voir enfin parmi nous ! »
    
    Le ton enjoué du directeur semblait sincère ; à croire que la firme l'avait attendu depuis des années ! Peut-être que cet enthousiasme permanent était un trait naturel chez lui. Sans vraiment comprendre pourquoi, le garçon se sentait enclin à lui faire confiance. Tant qu'il ne l'envoyait pas se faire croquer par les océaniens, du moins !
    
    Monsieur Benz se leva et déclara, toujours avec le sourire :
    
    « Je vais te présenter les autres employés d'Armatis. En temps normal, ils auraient déjà repris leur entraînement, mais je leur ai demandé d'attendre un peu pour que tu puisses les rencontrer. Ils t’attendent sur le pont supérieur. »
    
    Il contourna son bureau et saisit de sa main droite l'épaule du garçon, l'entraînant à sa suite vers la sortie du bâtiment.
    
    « Vodo et moi – ainsi que toi, à présent, constituons l'équipe de direction et d'intendance d'Armatis. »
    
    Lukas dut admettre que le mot « intendance » n'avait jamais paru aussi doux à ses oreilles. Un peu rassuré, il s'enhardit à demander :
    
    « Et l'autre équipe, celle que nous allons rencontrer ? C'est celle qui travaille… avec les Paladions ?
    
    — Il y a deux autres équipes, en fait, précisa Vodo. Ce sont nos plongeurs.
    
    — Plongeurs ? Vous voulez dire qu'ils... plongent dans l'océan pour... combattre des monstres ? »
    
    Les deux adultes échangèrent un regard avant d'éclater de rire :
    
    « Pas tout à fait, Lukas, précisa le directeur. Tu comprendras vite en voyant comment fonctionnent les Paladions. »
    
    Le garçon se rembrunit : décidément, les membres d'Armatis faisaient bien des manières... Pourquoi ne pas lui donner directement des explications claires ?
    
    Ce que les deux hommes appelaient « pont supérieur » était tout simplement l'espace en plein air de la barge, entre le hangar et les bâtiments. Un vent léger soufflait, ébouriffant sa chevelure et déposant un frisson ténu sur sa peau. Il ne s'était jamais tenu si près de Margarita. Plusieurs espèces de nautaériens se poursuivaient en couinant dans les courants aériens au-dessus du port. Lukas pensa brièvement à la contamination génétique qui avait tant effrayé Eylin ; il esquissa un sourire amer en songeant que c'était désormais trop tard pour lui. Il ne retrouverait jamais sa place à Stellae, même s'il parvenait un jour à payer ses dettes. Le monde extérieur l'avait souillé à jamais. Mais en toute honnêteté, le regrettait-il vraiment ?
    
    Sa vie à Stellae lui semblait déjà tellement lointaine, étrangère, même... Il avait le sentiment d'avoir échappé à une prison dorée où toutes ses sensations et ses émotions avaient été savamment contenues ; un peu comme son motoglisseur, quand les systèmes de contrôle de la circulation en prenaient les commandes. Et soudain, il se retrouvait en roue libre, une impression déconcertante, mais pas totalement désagréable.
    
    Lukas émergea de ses pensées en voyant deux silhouettes s'avancer vers lui : de toute évidence, les fameux plongeurs d'Armatis. Le premier, un homme puissamment musclé aux cheveux noirs et au teint mat, semblait écraser de sa seule présence son compagnon. Le second, un mince adolescent blond, arborait sur sa peau claire le même réseau argenté que monsieur Benz. Tous deux étaient revêtus de combinaisons moulantes, gris sombre pour le plus âgé, kaki pour le plus jeune.
    
    « Voici les membres de l’équipe extérieure : Varen Kariel, le chef d'équipe, et Shimmer Adelan, son apprenti. »
    
    Varen baissa les yeux vers le garçon et lui tendit une énorme main bronzée :
    
    « Soit le bienvenu à bord, Lukas. J'espère que tu te plairas parmi nous. »
    
    Après un temps d'hésitation, il laissa le plongeur engloutir sa main dans la sienne. Il rencontra un regard franc, amical et serein ; en dépit des tatouages un peu effrayants qui marquaient un côté de son visage d'arabesques épineuses, Varen possédait une personnalité chaleureuse qui mettait immédiatement à l'aise.
    
    « Varen est un naturel, expliqua Benz, et notre plus ancien employé... à part Vodo, bien sûr.
    
    — Personne n'est plus ancien que Vodo, plaisanta Varen.
    
    — Mais je pourrais encore te battre avec une main dans le dos, gamin », rétorqua le mécanicien entre deux éclats de rire.
    
    Pour appeler « gamin » un homme d'une trentaine d'années, Vodo devait effectivement être ancien, peut-être plus encore que Lukas ne l'avait supposé. Le terme de « naturel » lui était familier : on nommait ainsi les gens nés avec la faculté d'interagir avec l'argentium, même contenu dans un circuit technologique. Une des mutations issues de la contamination biologique... Pourtant, rien chez le plongeur ne laissait penser qu'il pouvait être autre chose qu'un humain normal.
    
    Pendant ce temps, Shimmer était resté en arrière, se contentant d'un signe de tête pour toute concession à l’amabilité. Ses grands yeux vert pâle toisaient le nouveau venu avec un mélange de curiosité et de réserve. Il devait être un peu plus jeune que lui et possédait des traits si délicats que Lukas avait eu peine à déterminer, au premier coup d’œil, s'il ne s'agissait pas d'une fille. Mais il avait entendu dire que seuls les garçons pouvaient légalement être infusés : il y avait donc peu de doutes possibles.
    
    « Et voici notre seconde équipe ! »
    
    Lukas tourna les yeux vers les nouveaux venus et demeura figé sur place.
    
    L'un comme l'autre capturait le regard pour ne plus le laisser se détacher. En particulier la mince jeune fille à la peau sombre qui le toisait d'un air supérieur. Il se sentit rougir violemment, oubliant d'un coup toutes les Eylin de Cyrga.
    
    Sa combinaison noire et or ne dissimulait rien d'un corps souple et élancé, aux courbes harmonieuses. Les traits fins de son visage étaient encore rehaussés par la couleur chaude de son teint et la chevelure de jais qui lui arrivait aux épaules. De larges yeux ambrés éclairaient sa physionomie d'une lueur...
    
    … réprobatrice ?
    
    « Bon, tu as fini de me reluquer ? » le rabroua-t-elle sèchement en croisant les bras.
    
    — Laisse-lui le bénéfice du doute, Sila, déclara son compagnon avec amusement. Il vient juste de te rencontrer. »
    
    Elle lança un coup d’œil agacé vers celui qui venait de parler, lequel ne parut pas s'en émouvoir. Sa combinaison blanche et azur mettait en valeur sa musculature longiligne ; elle s'accordait avec un teint clair et des cheveux d'un bleu glacier, rassemblés en une épaisse tresse qui frôlait le bas de ses reins. Les stigmates argentés de sa nature d'infusé soulignaient des traits réguliers, un peu anguleux, et de grands yeux en amande. Son regard gris pâle paraissait bien plus amical que celui de la jeune fille.
    
    « Je suis Ayrith Elm, annonça-t-il aimablement, et voici mon apprentie, Sila Nagara.
    
    — On ne choisit pas toujours...» grommela l'intéressée.
    
    À son expression résignée, le jeune homme devait avoir l’habitude des piques de sa coéquipière.
    
    « Nous constituons l'équipe intérieure d'Armatis », poursuivit-il.
    
    Mais Lukas l'écoutait à peine. Ce type s'appelait... Ayrith ? Quels parents étaient assez farfelus pour donner à leur enfant le nom... d'une marque de motoglisseur ? Pouvait-il s'agir d'un surnom ? C'était la seule explication...
    
    Varen se pencha vers Lukas :
    
    « C'est toujours comme ça entre eux, lui souffla-t-il d'un ton amusé. Bientôt, tu n'y feras plus attention. »
    
    Le garçon hocha la tête, en s'efforçant de ne plus laisser son regard traîner sur la plastique de Sila. La jeune fille semblait dotée d'un redoutable caractère. Il s'enhardit malgré tout à lui demander :
    
    « Vous êtes une naturelle ?
    
    — Bien entendu, répondit-elle avec hauteur. Je ne pourrais pas plonger sinon. D'ailleurs, les naturels sont largement supérieurs aux infusés par leur puissance de projection. »
    
    C’était sans doute un peu rude pour les trois infusés présents, mais ils ne parurent pas s'en offusquer.
    
    « Les capacités des naturels et des infusés sont sensiblement différentes, précisa Varen. C'est pour cela que chaque équipe est constituée d'un naturel et d'un infusé. Je suppose que tu n'as encore jamais vu de Paladion ?
    
    — Seulement à l'holoTV», admit Lukas.
    
    Vodo, Ayrith et Varen échangèrent un coup d’œil entendu :
    
    « Viens avec nous, tu ne seras pas déçu ! »
    

Texte publié par Beatrix, 31 mars 2016 à 23h16
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