LC logo
Découvrir     Romans & nouvelles     Fanfictions     Poèmes     Blog     Forums
Connexion
Bienvenue visiteur !
Se connecter ou S'inscrire
Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Chapitre 17 « Après la bataille (première partie) » Tome 1, Chapitre 17
La fin du forage ne fut marquée que par trois attaques de quadriclopes, deux de catégorie deux et une de catégorie trois, dont les Paladions encore valides se débarrassèrent sans grande difficulté. L’Ayrith demeurait posté à côté de l’appareil d’extraction, immobile au milieu des tourbillons paresseux de Margarita. Monsieur Sig annonça au haut-parleur la complétion à cent pour cent du prélèvement. Les engins restèrent de faction le temps que l’araignée puisse opérer le retrait de son appendice de forage et de pompage. Les pattes se redressèrent, la partie centrale remonta et la machine, d’une démarche lente et un peu saccadée, regagna le rivage. Les Paladions en état l’escortèrent jusqu’à ce qu’elle soit à l’abri sur la terre ferme, tandis que l’Ayrith se dirigeait directement vers la barge.
    
    Lukas et Vodo prirent l’ascenseur pour revenir sur le pont supérieur ; ils arrivèrent en même temps que monsieur Sig, qui portait une expression tendue. La tourelle d’observation se rétracta et le toit du hangar s’ouvrir de nouveau. La plate-forme remonta, chargeant les immenses machines qui regagnèrent une à une leur emplacement initial, puis basculèrent en position couchée.
    
    Le garçon suivit Vodo et le directeur dans le hagard. Les deux hommes se ruèrent sur la passerelle qui longeait l’Ayrith, sans prêter attention à Lukas qui sentait son cœur battre à tout rompre. Les plaques pectorales du Paladion argenté s’écartèrent, dévoilant le réservoir empli de fluide.
    
    « Aucune fuite constatée, grommela Vodo, les yeux rivés sur la console. C’est déjà ça !
    
    — Puisque je vous dis que ça va, protesta la voix artificielle d’Ayrith.
    
    — Parce que tu penses qu’on va te croire ? rétorqua le mécanicien. Je lance le diagnostique physique complet et tant qu’il n’est pas fini, hors de question que tu bouges d’un millimètre. C’est compris ? »
    
    Le jeune homme ne répondit pas, sans doute parce qu’il était impossible de soupirer à travers le synthétiseur vocal. Pendant ce temps, les habitacles des autres Paladions s’étaient ouverts et les plongeurs avaient été extraits de leur poste par le mécanisme qui les y avait placés. Cette fois, un système de douche s’était activé, une série de fins jets sous pression qui avait nettoyé leur combinaison de toute trace de fluide.
    
    Lukas avait toujours jugé assez étrange le fait que bien qu’il existe de l’eau sur Cyrga, et qu’il pleuve même parfois, l’océan n’en soit pas composé. Du moins, pas Margarita : au-delà du Croissant, le continent que les Terriens avaient colonisé, s’étendaient des mers plus ordinaires, mais l’argentium, la seule véritable richesse de la planète, autour de laquelle tournait toute son économie, ne se trouvait qu’ici. Malgré tout, il y avait des mines plus classiques dans le Croissant intérieur, qui offraient les métaux les plus courants comme les plus rares, plutôt abondants dans le sous-sol de Cyrga.
    
    Fort heureusement d’ailleurs, car la Terre était bien trop loin pour aider la colonie, et le resterait jusqu’au jour où le voyage spatial serait assez avancé pour permettre aux humains de faire la traversée hors des cellules d’hibernation. Plus encore, le système où était situé Cyrga possédait une ceinture d’astéroïde riche en minerais de toutes sortes, qui auraient été faciles à exploiter avec la technologie née du sang d’argent. Cependant, dès que l’on quittait l’atmosphère la planète, la substance perdait ses propriétés.
    
    Lukas sortit de sa rêverie quand Varen, Sila et Shimmer le rejoignirent au pied de la passerelle, encore revêtus de leur combinaison humide. Il s’attendait à ce que Sila se lance dans une diatribe bien sentie sur la supposée stupidité de son partenaire, mais il n’en fut rien. Son visage demeurait grave, tandis qu’elle fixait avec inquiétude la grande machine étendue devant eux. Varen posa la main sur l’épaule d’un Shimmer terriblement pâle :
    
    « C’est de ma faute, murmura l’adolescent. Si je n’avais pas laissé passer le Quadriclope…
    
    — Bien sûr que non, Shimmer. C’est le Glisseur qui a fait tous ces dégâts. Aucun de nous n’était préparé à l’irruption de ce monstre…
    
    — Et bien entendu, il a fallu que monsieur joue les héros… ajouta amèrement Sila.
    
    — Ne sois pas injuste. Il n’avait pas vraiment d’autres choix. Et je suis sûr que tout ira bien. Le diagnostic n’a rien repéré de grave. »
    
    Il y avait une note d’optimisme forcée dans la voix du géant brun ; Lukas se sentit d’autant moins rassuré. Il ne ressentait pas d’affinités particulières envers Ayrith, mais il ne lui souhaitait pas du mal pour autant. Il en était même venu à éprouver une certaine forme de respect devant la maîtrise et l’audace du plongeur.
    
    Après une éternité, le diagnostic approfondi toucha à sa fin ; Vodo poussa un soupir de soulagement :
    
    « Ça va aller. Rien de bien grave. Un peu de stress dû aux chocs répétés et à et la sursollicitation de son système argentien. Il va pouvoir être extrait normalement du Paladion. »
    
    Un soupir de soulagement collectif se fit entendre autour de l’Ayrith ; le réservoir se déverrouilla et le berceau descendit pour recueillir le plongeur. Une fois sa combinaison nettoyée et son casque ôté, il apparut fidèle à lui-même, un peu pâle peut-être et légèrement instable sur ses jambes. Dès qu’il prit pied sur la passerelle, monsieur Sig lui fit face, les bras croisés et l’expression sévère :
    
    « On peut dire que tu as eu de la chance sur ce coup.
    
    — Sans doute, mais je n’avais pas vraiment d’autres solutions, non ? »
    
    Ayrith repoussa quelques mèches aigue-marine collées à son front, avant de se diriger vers l’escalier.
    
    « En attendant, tu as quand même bousillé l’Ayrith, grommela Vodo. Et ce n’est pas toi qui vas réparer. »
    
    Le jeune homme leva une main, afin de contrer par avance toute autre remarque :
    
    « Je veux bien aller à Untercity dès ce soir s’il est nécessaire de trouver du matériel. Il suffit de dire ce dont tu as besoin. Ce n’est qu’à deux heures en motoglisseur. En appelant par avance Maïa et Cluz, ils auront sans doute…
    
    — Hors de question, le coupa rudement monsieur Sig. C’est repos pour toi, jusqu’à ce que tout soit revenu à la normale.
    
    — Mais je… »
    
    Le regard sévère du directeur le coupa net. Le jeune homme serra les mâchoires et fit un effort manifeste pour ne pas répondre. Il pivota sur ses talons et se dirigea vers les vestiaires, sous les yeux surpris et désolés des autres plongeurs. Ce ne fut que lorsque la porte se referma sur lui que Varen toisa son directeur avec une expression contrariée :
    
    « Sig… Je sais que tu as eu peur. Mais ce n’est pas une raison pour agir de la sorte. D’accord, il a encore froissé de la tôle, et alors ? Personne d’autre que lui n’aurait pu se débarrasser d’une créature aussi dangereuse avec une telle maîtrise. »
    
    Vodo contempla le bout de ses chaussures, avant de relever les yeux et de s’éclaircir la voix :
    
    « On a tous eu peur, Sig. Mais il n’est pas en verre non plus. Tu devrais aller lui parler et lui expliquer que tu étais juste inquiet. Il a été soumis à rude épreuve. Si tu veux lui remonter les bretelles parce qu’il prend trop de risques, attends qu’il soit en meilleure condition pour le faire. De toute façon, ce n’est pas ce qui l’arrêtera et tu le sais très bien. »
    
    Devant les remontrances de ses deux plus anciens employés, le directeur secoua la tête et força un sourire :
    
    « Bien. Je n’ai pas vraiment le choix, n’est-ce pas ? »
    
    Il s’éloigna en direction des vestiaires et frappa discrètement à la porte. Au bout d’une dizaine de secondes, celle-ci s’ouvrit enfin, livrant passage au plongeur, habillé d’un simple survêtement bleu. Monsieur Sig posa une main sur son épaule et lui parla d’un air sérieux. Le jeune homme hocha la tête, visiblement un peu plus serein. Les deux se dirigèrent vers la sortie du hangar puis les bâtiments d’administration et d’habitation. Sila les regarda s’éloigner avec une expression indéfinissable, avant de déclarer fermement :
    
    « Bien, je ne sais pas ce que vous attendez, mais je vais me changer. »
    
    Elle tourna les talons, bientôt suivie de Varen et de Shimmer. Lukas demeura seul avec Vodo, qui était resté sur la passerelle pour examiner l’Ayrith. Il était en train de lancer le diagnostic technique quand Lukas, qui ne savait pas trop quoi faire de lui-même, le rejoignit. Il regarda le mécanicien ordonner le déverrouillage des plaques qui recouvraient l’épaule de la machine. Elles dévoilèrent ce qui ressemblait étrangement à des muscles artificiels et une ossature de métal, ainsi qu’un enchevêtrement de petits tuyaux translucides.
    
    « Vous allez pouvoir l’arranger ? »
    
    Vodo sursauta légèrement et se retourna vers le garçon :
    
    « Tiens, tu étais là, toi ! Je pensais que tu étais parti avec les autres. »
    
    Lukas baissa la tête, se sentant soudain indésirable.
    
    « Je peux vous aider ? proposa-t-il timidement.
    
    — Hélas, je ne crois pas… »
    
    Vodo examina la mécanique complexe et s’essuya le front d’un revers de la manche.
    
    « C’est l’attache d’un des câbles de flexion qui a pris un sale coup. Je peux rafistoler ça, mais l’Ayrith risque de présenter une faiblesse à cet endroit. Il faudra que je trouve un nouveau pas d’attache à Untercity, dès que possible. En attendant, ça pourra tenir, mais ce n’est pas l’idéal… »
    
    Il se retourna vers le garçon et esquissa un sourire fatigué :
    
    « Ça a été rude, hein ? On ne s’attendait vraiment pas à autant de problèmes… »
    
    Il secoua la tête :
    
    « Les choses vont de mal en pis. Les grandes firmes font n’importe quoi, Aurora en tête… Et tout l’écosystème est perturbé. Il faudra combien d’accidents pour qu’ils le réalisent ? »
    
    Lukas fut surpris par la douleur audible dans sa voix.
    
    « Allez, reprit-il, file. Tu n’es pas là pour écouter les jérémiades d’un vieux fou comme moi. L’essentiel, c’est que tout le monde aille bien. Je me débrouillerai tout seul. »
    
    Devinant le besoin du mécanicien de rester seul avec ses pensées, le garçon acquiesça et partit rejoindre les autres.
    

Texte publié par Beatrix, 20 septembre 2017 à 19h03
© tous droits réservés.
Commentaire & partage
Consulter les commentaires
Pour réagir â ce chapitre et poster une review, veuillez vous identifier ou vous inscrire !
«
»
Tome 1, Chapitre 17 « Après la bataille (première partie) » Tome 1, Chapitre 17
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
878 histoires publiées
426 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Elia
LeConteur.fr 2013-2017 © Tous droits réservés