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Tome 1, Chapitre 15 « L'Affrontement (première partie) » Tome 1, Chapitre 15
Ce qui s’ensuivit arriva si vite que Lukas eut à peine le temps de le voir : le quadriclope qui faisait face au Black Knight cessa de se balancer nerveusement pour se ramasser sur lui-même. Une étrange luminescence bleutée apparut dans ses quatre globes oculaires, tout juste visible dans la clarté du jour. Puis il bondit en direction de l’araignée de forage, ignorant la présence du Paladion juste en face de lui.
    
    Les énormes mains métalliques saisirent le cou serpentin de la bête, la retenant de justesse. Elle se tortilla pour s'extirper de son emprise. Sa longue queue hérissée de pointes surgit du fluide océanique pour flageller l’agresseur qui l’empêchait d’atteindre son but. Le Black Knight le lâcha une fraction de seconde, pendant laquelle l'océanien agile faillit lui échapper. Avec une stupéfiante rapidité pour un engin aussi gigantesque, le Paladion ploya le genou pour attraper la créature à bras le corps. Des gerbes de fluides montèrent en tourbillons étincelants autour de sa carcasse noire et brillante. D’étranges membres sinueux s’agitaient non loin d’eux.
    
    Presque au même moment, le second quadriclope, celui que surveillait l’Ayrith, fut pris à son tour de frénésie, mais sa plus grande taille et sa masse supérieure le rendaient plus dangereux. Sans un instant d’hésitation, la machine argentée plongea vers l’avant, se saisissant de la créature et roulant avec elle dans les flots de Margarita. Il se redressa presque aussitôt, portant à bouts de bras l'océanien qui se débattait férocement. Il était clair que la force du Paladion dépassait celle du quadriclope, mais il y avait quelque chose d’inquiétant dans la façon dont la gueule de la créature tentait d’atteindre la gorge de son agresseur. Lukas espéra que ce n’était pas un point vulnérable pour la machine.
    
    Il entendit Vodo pester à voix basse à côté de lui :
    
    « Bon sang, Ayrith… faut toujours que tu te la joues, hein ? »
    
    Cette récrimination n’était que pour lui-même – son communicateur n’était pas activé –, mais la voix du mécanicien était inquiète et tendue. Lukas essaya d’imaginer à quoi pouvait être soumis le corps du plongeur, suspendu dans son aquarium de fluide, lors de pareilles manœuvres. Les divers commentaires qu’il avait entendus depuis son arrivée laissaient supposer que le jeune homme aux cheveux bleus n’était tendre ni avec le matériel ni avec lui-même.
    
    Quelques créatures qui les observaient de plus loin s’enfoncèrent brusquement dans les flots.
    
    « Est-ce que les Paladions peuvent les voir sous la surface ? demanda le garçon, intrigué.
    
    — Oui, ils sont tous équipés d’un capteur organique, mais avec moins de portée que le nôtre ou celui de Mercurius. »
    
    Même si les créatures du périmètre extérieur n’avaient pas encore bougé, le Kobol et le Colossus se positionnèrent face aux deux plus imposantes, laissant les moins grandes se rapprocher du périmètre intérieur. Il n’y en avait que trois, mais Lukas se sentait un peu nerveux…
    
    « Pourquoi est-ce qu’ils ne les ceinturent pas dès maintenant ?
    
    — Tout simplement parce que sous l’emprise du Glitz, les océaniens ne sont plus eux-mêmes. Ils ne garderont pas de mauvais souvenirs du traitement que nous leur infligeons. S'ils s'en prenaient à une créature en possession de ses facultés, elle risquerait d’acquérir une haine profonde des Paladions et de les attaquer sans sommation, de même que toutes les installations humaines. Ils peuvent à la rigueur leur bloquer le passage, mais sans plus !
    
    — Et combien de temps dure-t-il, ce glitz ?
    
    — Cela dépend des espèces et de la taille des créatures. Plus elles sont petites, plus il est court.
    
    — Mais si elles sont touchées toutes en même temps, comment vont faire les Paladions ? Ils sont moins nombreux qu'elles…
    
    — Ils vont faire au mieux. Il faut dire que la population d'océaniens est assez dense près des côtes. Il y a rarement autant de bêtes quand on est en haute mer, mais elles sont aussi plus grandes, donc leur glitz dure bien plus longtemps chez les créatures les plus puissantes. Des crevettes dans ce style ne sont pas affectées plus de quelques minutes. Chez les plus imposantes, ça peut aller jusqu’à une bonne vingtaine de minutes, voire plus. D'un autre côté, il faut plus d'argentium pour les intoxiquer. »
    
    Lukas haussa un sourcil au terme de « crevette »… Ces crevettes-là lui paraissaient incroyablement meurtrières. , cela faisait une éternité, semblait-il, que les deux membres de l’équipe intérieure étaient aux prises avec leurs adversaires.
    
    Soudain, l'océanien le plus proche du Kobol bondit à son tour, les yeux illuminés par le glitz. Au même moment, un animal qui se trouvait un peu plus loin se précipita lui aussi en direction du forage. Déconcentré par la double attaque, le Paladion massif hésita, juste assez pour que celui qu’il surveillait depuis le début de la mission passe sa garde. Le Kobol ne réagit pas assez rapidement pour l’empêcher de filer dans le périmètre intérieur. Malheureusement , son partenaire était aux prises avec son propre Quadriclope. Déjà, le catégorie deux faiblissait sous la prise du Dark Knight. Cependant, ce fut l’Ayrith, pourtant encore occupé avec son catégorie trois, qui se porta pour servir de rempart, avec une puissance et une vitesse étonnante.
    
    Lukas serrait son poing contre sa bouche, effaré par ce qu’il était en train de voir ; le quadriclope, privé de tout jugement par la frénésie du glitz, se rua vers le Paladion argenté, dont le premier adversaire se débattait toujours entre ses robustes bras d’acier. L'Ayrith se détourna légèrement pour éviter que la créature qu’il tenait ne soit blessée dans le choc, présentant à la place son côté droit.
    
    Le contact de l’animal, au moment où sa proie se tordait violemment, le mit en déséquilibre. Pivotant légèrement sur lui-même, il s’efforça de libérer un de ses bras pour attraper la nouvelle venue. Sa tentative réussit, mais il fut précipité brutalement sous la surface de Margarita. Pendant de longues secondes, il n’y eut plus aucun signe de vie.
    
    Vodo appuya frénétiquement sur un bouton de la console :
    
    « Bon sang… Ayrith, est-ce que tu m’entends ?
    
    — Cinq sur cinq, Vodo, répondit enfin la voix du plongeur. Je suis juste un peu occupé là ! »
    
    L’Ayrith émergea des remous du fluide, un monstre sous chaque bras. Il ne semblait pas avoir souffert de sa chute, pas extérieurement en tout cas. Les yeux de l’un des océaniens commençaient à perdre leur éclat lumineux et malsain. Il arrêta de se tortiller et se laissa aller, flasque et inerte sous la poigne de la machine. Le Paladion le lâcha, le regardant disparaître dans son habitat nature, et reporta toutes ses forces sur la créature qu’il tenait encore, jusqu'à ce qu'elle sorte elle aussi du glitz.
    
    « Il n’y en a plus que deux… souffla Lukas contre ses phalanges crispées.
    
    — Deux parmi ceux qui ont été repérés », répliqua Vodo d’un ton tendu.
    
    Depuis les « exploits » d’Ayrith, il semblait particulièrement nerveux.
    
    Entre temps, le Dark Knight s'était libéré de son propre adversaire ; il tourna sa face noire au profil dangereux vers son compagnon argenté, comme pour vérifier que tout allait bien. L’attitude qu’il adoptait, sa posture même, rappelaient étrangement Sila elle-même. Lukas se souvint que tant que les plongeurs se trouvaient dans leur Paladion, c’était celui-ci qui constituait leur corps.
    
    Soudain, le haut-parleur au-dessus d’eux se réveilla :
    
    « Mercurius nous signale de nouvelles arrivées côté large, annonça la voix de monsieur Sig. Deux catégorie trois et un catégorie quatre. Je transmets la localisation aux Paladions.
    
    — Combien de temps avant qu’ils arrivent sur le site ?
    
    — Une minute trente pour le plus proche, de deux à trois minutes pour les autres. Par contre, dès que le glitz de son adversaire sera terminé, je veux un diagnostic technique et médical sur l’Ayrith ; sauf en cas d’absolue nécessité, il ne reprendra la protection que lorsqu’il sera établi qu’il n’a subi aucun dommage. Tu t'en occupes, Vodo ?
    
    — J’arrive, déclara laconiquement le mécanicien.
    
    — Mais Sig… protesta la voix virtuelle d’Ayrith. Je t'assure que tout va bien !
    
    — Je sais ce que cela veut dire venant de toi », répliqua le directeur un peu sèchement.
    
    Vodo soupira et se dirigea vers la partie centrale de la pièce pour utiliser l’ascenseur.
    
    « Monsieur Vodo ? L’interpella Lukas avant qu’il ne disparaisse derrière les parois circulaires. Est-ce que l’Ayrith risque vraiment d’être endommagé ?
    Le mécanicien secoua la tête :
    
    « Hum, il y a assez peu de risque. Mais quand cela touche Ayrith, Sig est... particulièrement attentif. »
    
    Il hésita un moment, avant d’ajouter :
    
    « Mais disons qu’il a de bonnes raisons… »
    
    Lukas plissa légèrement les yeux, en se demandant ce qui pouvait justifier autant de précautions : le jeune homme ne paraissait pas particulièrement fragile, surtout à côté de Sila et de Shimmer. Mais sans doute était-il du genre à dissimuler les problèmes jusqu’au dernier moment. Une attitude imbécile s’il en était : si Lukas avait appris quelque chose de son accident de motoglisseur, c’était bien qu’il fallait rester attentif au moindre dysfonctionnement, à la plus petite intuition. Mais il se garda bien de tout commentaire : le plongeur aux cheveux bleus était intouchable, semblait-il, quand il s’agissait de monsieur Sig et de Vodo. Ou plutôt, ils estimaient être les seuls en droit de souligner les travers du jeune homme – et encore, juste ceux qui leur posaient un problème.
    
    Vodo disparut dans l’ascenseur ; resté seul dans la salle d’observation, Lukas se tourna de nouveau vers la scène devant lui ; l’araignée pompait toujours sa précieuse substance. Il commençait à se demander si tout cela valait la peine. Récolter une si faible quantité d’argentium au prix d’une lutte aussi ardue semblait presque contre-productif à ses yeux. Il secoua légèrement la tête, puis tenta de repérer où en était chacun, en employant les capacités de zoom des vitres de l’habitacle.
    
    

Texte publié par Beatrix, 16 août 2017 à 11h52
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