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Tome 1, Chapitre 13 « L'Eveil des géants (première partie) » Tome 1, Chapitre 13
Quand Lukas pénétra dans le hangar à la suite de Vodo, les quatre plongeurs patientaient, déjà revêtus de leurs combinaisons. Lukas remarqua qu'elles avaient été renforcées par des protections articulaires et spinales. Non sans amusement, il constata qu'Ayrith avait rentré sa longue natte dans la sienne. Les différences de corpulence, en particulier entre le grand et puissant Varen et le petit et mince Shimmer, présentaient un côté presque comique, mais Lukas se garda bien de le mentionner, au vu des expressions graves et concentrées que portaient les plongeurs.
    
    « Bon, lança Vodo, tout le monde est prêt ?
    
    - Bien sûr, rétorqua Sila avec hauteur.
    
    - Rassurez-moi... Vous avez tous pensé à aller aux toilettes ?»
    
    Ayrith secoua la tête d'un air navré :
    
    « Vodo... Cette blague était déjà éculée quand je suis arrivé à Armatis !
    
    - Et plus encore ! renchérit Varen avec un sourire amusé. J'y avais déjà droit bien avant d'avoir ce p'tit jeune dans les pattes ! »
    
    Le mécanicien ricana, mais retrouva vite son sérieux :
    
    « Allez, messieurs dame, je pense qu'il est grand temps d’intégrer vos Paladions ! »
    
    Chaque plongeur se dirigea vers la passerelle qui menait à son engin et en gravit les marches. Vodo actionna un interrupteur sur le mur ; aussitôt, un pupitre de commandes surgit au centre de la pièce, devant laquelle le mécanicien s'intalla pour prendre en main les opérations. Du plafond descendit une plate-forme à l'arrière de laquelle s'élevait un demi-cylindre, qui formait un habitacle adapté à la taille et la morphologie de chacun. Quand les plongeurs y prirent place, leur casque émergea d'un compartiment pour être déposé sur leur tête ; les parties amovibles se refermèrent, dissimulant leur visage.
    
    Lukas observa le processus avec fascination : en l'espace de quelques secondes, les gens qu'il commençait à connaître s'étaient transformés en créatures anonymes à l'aspect à peine humain, équipées de grands yeux polarisés, des gadgets technologique et des multiples prises de branchement. Le casque d'Ayrith était une merveille d’aérodynamisme ; les autres, plus raisonnables et classiques, lui rappelèrent douloureusement celui qu'il utilisait quand il chevauchait son Xtrace. Il faudrait vraiment qu'il sorte son motoglisseur de son box à Terra. Hélas, ce n'était pas le bon moment pour s'en préoccuper.
    
    Le demi-cylindre bascula à l'horizontale, tel un berceau, et se translata au-dessus des Paladion pour placer les pilotes dans l' « Aquarium », au cœur du torse ouvert des engins. Lukas vit Ayrith s’enfoncer dans le liquide bleu vert, qui semblait légèrement plus visqueux que l'eau. Aussitôt, des tuyaux et des capteurs vinrent automatiquement se brancher au casque et à la combinaison du jeune homme. Le demi-cylindre se dissocia alors en segments horizontaux qui glissèrent chacun dans un sens opposé pour libérer le corps du plongeur, avant de remonter vers le plafond, encore dégoulinant de fluide. Le sas étanche se referma et la partie antérieure du buste se remit en place.
    Lukas sentit son cœur sombrer un peu en voyant le pilote être « avalé » dans les profondeurs de l'énorme machine, pour en devenir le cerveau. Vodo vérifia les témoins sur le pupitre :
    
    « Oxygénation, capteurs vitaux, interfaçage fonctionnel... tout a l'air correct... Sig, c'est bon de ton côté ?
    
    - Impeccable ! répondit la voix du directeur.
    
    - Parfait. Je te laisse lancer le largage ? »
    
    Lukas haussa un sourcil surpris :
    
    « Vous ne lancez pas toute l'opération vous-même ?
    
    - J'aurais pu le faire, mais le processus peut être enclenché également depuis la salle de contrôle. La phase de vérification s'opère depuis les deux postes, de sorte que si dysfonctionnement il y a, il soit plus précisément ciblé.
    
    - Cela arrive ?
    
    - Oui... régulièrement. Les machines sont soumises à rude épreuve et le matériel n'est pas tout jeune. Nous ne pouvons pas prendre de risque avec la santé... voire la vie de nos plongeurs. Il y aura une phase complète de diagnostic après activation complète des Paladions. »
    
    Il alluma le communicateur :
    
    « Vous me recevez tous ? brailla-t-il dans le micro.
    
    - Pas la peine de hurler, je t'entends ! » gromela Ayrith.
    
    Le plongeur marqua un temps de pause, avant de demander prudemment :
    
    « J'ai bien ma voix habituelle ? »
    
    Lukas ne put s'empêcher de rire en repensant à la blague évoquée lors du repas.
    
    « Je t'ai déjà dit que ça n'était pas moi ! » rétorqua Vodo d'un ton vertueux. 
    
    Le mécanicien quitta son pupitre pour se rendre sur chaque passerelle, vérifiant les contrôles et le bon fonctionnement des communications. Lukas put une nouvelle fois constater à quel point les énormes machines différaient les unes des autres, comme s'il n'existait aucun modèle type. Il s'était imaginé que « Paladion » désignait une marque spécifique de robot piloté, comme le Xtrace ou l'Ayrith pour les motoglisseurs. Il se promit de questionner Vodo sur le sujet, quand il aurait des choses moins urgentes et importantes à traiter.
    
    Le mécanicien passait déjà à la phase suivante. Le toit du hangar s'ouvrit en deux parties qui coulissèrent chacune d'un côté, révélant le ciel irisé de Cyrga. La clarté douce, mais intense du jour entra à flot, faisant étinceler le revêtement des quatre Paladions. Lentement, les plateaux qui supportaient les machines s'inclinèrent, les redressant en position verticale. Un frémissement profond parcourut tout le bâtiment, tandis que les Paladions revenaient à la vie. De longues lignes de témoins lumineux s'allumèrent le long de leurs membres, sur leur poitrine, leur tête. Vodo se pencha sur la console :
    
    « Diagnostic préliminaire enclenché. »
    
    Lukas se sentait minuscule à côté des monstrueux engins, aussi hauts qu'un immeuble de trois étages. Il remarqua cependant qu'ils ne faisaient pas tous la même taille. Ironiquement, le plus grand et le plus massif avait été attribué au frêle Shimmer. Le Paladion avait tout juste l'air « humanoïde » avec ses membres épais et son poitrail énorme. Voyant son regard fixé sur la machine, vodo ne put réprimer un sourire :
    
    « Le Kobol. C'est un modèle qui remonte au tout début des Paladions. Il est d'une solidité à toute épreuve. Il compte une bonne trentaine d'années, ce qui explique son côté un peu... rustique. Nous l'avons trouvé dans un sale état, dans une casse. Mais avec l'aide de nos amis de l'Untercity, nous avons pu le remettre en état. Shimmer a tenu à ce qu'il soit bardé de capteurs : la perception, c'est l'aspect qu'il contrôle le mieux. Et vu qu'il est un peu en dessous des autres en matière de coordination, c'est le choix parfait pour lui. »
    
    Lukas hocha la tête, se souvenant que le garçon blond ne s’entraînait pas assez au goût de l'équipe.
    
    « Le Colossus, poursuivit Vodo en désignant le Paladion couleur bronze de Varen, est le modèle que nous possédons depuis le plus longtemps. Extrêmement versatile et très généraliste ! »
    
    L'engin ressemblait aux armures que portaient les chevaliers au Moyen Âge terrien, dont il avait vu les images en cours d'histoire à Stellae. À première vue, il semblait presque ordinaire ; mais quand on y regardait de plus près, on décelait dans ce modèle comme une puissance contenue qui ne demandait qu'à se libérer.
    
    « Quasiment tout le monde l'a piloté : Ayrith, Sila, et même monsieur Sig quand il plongeait encore. »
    
    Le regard de Vodo se porta ensuite sur l'engin sombre de Sila. Ses lignes agressives évoquaient un dangereux prédateur.
    
    « Le Black Knight. Il se caractérise par ses réflexes extrêmement performants. Mais comme il nous pose parfois des problèmes mécaniques, nous préférons le confier à un plongeur soigneux du matériel. »
    
    Lukas songea que la machine était bien assortie à son impitoyable pilote : toutes deux étaient belles, dangereuses... mais pas pour autant exemptes de fragilités. Jamais il n'en ferait la remarque à Sila : il n'avait pas envie de terminer écrasé sur le pont de la barge.
    
    « L'Ayrith, c'est encore autre chose... »
    
    Lukas contempla le Paladion élancé, argent et bleu ; de tous les engins d'Armatis, il présentait la forme la plus humanoïde. Il possédait une élégance identique à que son plongeur. Lukas se demanda s'il bougeait avec la même grâce indolente. Contrairement aux autres, il donnait l'impression d'une machine de grand luxe, un peu comme son Xtrace.
    
    « Un engin de haut vol. Rapide et endurant. Extrêmement nerveux. Il nécessite un plongeur très précis dans ses actions, mais aussi parfaitement coordonné. Et seul Ayrith présente ces capacités. »
    
    Lukas fronça un sourcil :
    
    « Parce qu'il est un infusé ? »
    
    Vodo secoua la tête :
    
    « À la vérité... ce garçon n'entre dans aucune catégorie prédéfinie. C'est, disons, un cas à part.
    
    - C'est pour cela qu'il a un traitement de faveur ? »
    
    Il se mordit aussitôt la langue , regrettant la pointe de ressentiment dans ses paroles. Vodo le toisa sévèrement :
    
    « Écoute-moi bien, Lukas. Tu viens juste d'arriver et je conçois que nous ne t'avons pas offert un spectacle parfait, très loin de là. Mais nous sommes tous plus soudés... et plus compétents qu'il n'y paraît. Ayrith, lui, revient de très loin... et jamais tu ne devras sous-estimer ses talents, et encore moins son courage. »
    
    Le garçon sentit la honte l'envahir. Il ne s'expliquait pas l'étrange acrimonie qu'il ne pouvait s'empêcher de ressentir envers le plongeur aux cheveux bleus. Il n'avait jamais été d'un naturel jaloux. Jusqu'à sa ruine, c'était plutôt lui qui avait été en butte à l'envie des autres, même ceux qui possédaient ce dont Lukas ne pourrait jamais bénéficier, comme une famille unie et aimante.
    
    Tout son enthousiasme de voir les Paladions en action s'était envolé. Il n'avait plus qu'un désir, rentrer dans ses quartiers, se jeter sur son lit et s'abrutir de jeux sur sa microstat. Il ne manquerait à personne.
    

Texte publié par Beatrix, 9 janvier 2017 à 00h33
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