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Tome 4, Chapitre 5 « Ileana » Tome 4, Chapitre 5
Ileana ouvrit un œil et ne put retenir un sourire. Elle avait le temps. Le temps de se préparer, d’hésiter entre deux tenues, de prendre calmement un petit-déjeuner, de savourer un thé le regard perdu à travers la baie vitrée, de suivre le cours d’anglais d’Éloïse, puis d’aider Kamil à préparer le repas de midi.
    
    Bien qu’elle ne partageait plus la chambre de Vince, elle faisait peu de cauchemars. La jeune femme se sentait réellement reposée pour la première fois depuis son sauvetage. La peur qui l’asphyxiait depuis son réveil à Roraima avait disparu. Le sentiment d’urgence qui avait guidé leur fuite n’avait plus lieu d’être. Ileana découvrait avec bonheur la notion de routine et un quotidien sans pression.
    
    Plus sûre d’elle, elle reprenait doucement contact avec son don grâce à de petits exercices conseillés par Jaelyn ou Vince. Elle associait la pratique à la théorie, passant ses après-midis à lire tout ce qui touchait à la magie dans le Subsidium.
    
    Ileana prit le temps de s’étirer avant de s’extirper de ses couvertures et de se diriger vers la salle d’eau. Après une toilette rapide et une robe en grosses mailles enfilée au-dessus d’un collant et d’un sous-pull, elle quitta sa chambre pour l’étage.
    
    Archi se frotta à ses jambes et elle lui donna une caresse en réponse. Aymeric, une tasse fumante de café à la main, lui adressa un sourire.
    
    — Je t’en sers un ?
    
    — S’il te plait.
    
    Elle s’installa au bar et piocha une petite brioche dans la corbeille de pain.
    
    — Tout le monde dort encore ? s’étonna-t-elle.
    
    — Je n’ai pas vu Jaelyn ce matin, mais je doute qu’elle dorme. Les parents sont en pleine conversation téléphonique et Vince est sorti.
    
    Ileana usa de sa Sensibilité pour le repérer et le trouva non loin, à quelques dizaines de mètres dans les bois. Il n’était pas seul, Jaelyn était avec lui. De toute évidence, il testait sa magie, sans forcer néanmoins.
    
    — Un problème ? s’inquiéta Aymeric.
    
    — Non, grommela-t-elle.
    
    S’il montra son étonnement face à son changement d’humeur, il n’insista pas.
    
    Ileana luttait contre des sentiments dont elle était peu fière : elle était jalouse. Et ce n’était pas la première fois. Lorsque Kamil et Éloïse partageaient les informations qu’ils arrivaient à avoir concernant les colonies, il n’était pas rare que cela entraîne des échanges entre Vince et Jaelyn. Ils parlaient de personnes qui étaient inconnues d’Ileana et elle était frustrée de ne pas pouvoir suivre leurs conversations.
    
    Souvent, elle avait la sensation que la Colombienne était plus proche qu’elle ne pouvait l’être de Vince, malgré leur lien de Dimidiam. En réalité, c’était même logique que ce soit le cas. Magiquement, Ileana et le jeune homme étaient sur la même longueur d’onde, mais ils se connaissaient peu. Elle avait oublié les souvenirs qu’elle partageait avec lui et Vince considérait qu’elle était différente de celle qu’elle avait été. Ils étaient donc des inconnus, liés par la nécessité plus que par une réelle volonté.
    
    — On était ami ?
    
    — On ? demanda Aymeric, un beignet entre les dents.
    
    — Vince et moi ?
    
    — Oui.
    
    — Ça nous a pris du temps ?
    
    — Les entraînements magiques, puis les missions ont probablement accéléré les choses. Ton tempérament également. Tu t’es montrée tenace et motivée pour deux. Tu n’as pas réellement laissé le choix à mon frère, mais il ne s’en est jamais plaint.
    
    Cela découragea Ileana. Elle se sentait très éloignée de cette jeune femme assurée et pleine de détermination qu’on lui décrivait. Il dut voir ses craintes à son expression, car il reprit :
    
    — Parle-lui avec franchise. C’est ce qu’il comprend le mieux ! Il manque parfois d’empathie et il n’a probablement pas la moindre idée de ton état d’esprit.
    
    — Vince n’est pas facile à aborder.
    
    — Je te le confirme, je n’y suis jamais vraiment parvenu ! À sa décharge, je n’ai jamais vraiment essayé non plus. Par contre, maman si, mais elle n’a pas eu plus de succès. Toi, tu as réussi à percer sa carapace assez vite.
    
    — Je ne suis pas sûre d’en être à nouveau capable.
    
    — Vince a mûri et vous ne partez pas de zéro ! Ça change beaucoup de choses ! Le connaissant, il pense sûrement te protéger en te gardant dans l’ignorance.
    
    — Me protéger de quoi ?
    
    — De ses doutes, je suppose. Tu sembles être parvenue à trouver un certain équilibre, il craint peut-être de le mettre à mal avec ses interrogations.
    
    — Et bien, c’est raté.
    
    — C’était souvent le cas, s’amusa Aymeric. Il avait l’habitude de vouloir te protéger et ça t’énervait.
    
    La légèreté qu’elle avait ressentie à son réveil s’était envolée. Elle se sentait angoissée à présent. Comment rattraper des années de complicité perdues avec l’amnésie ? Elle avait renoncé à ses souvenirs depuis un moment et Vince n’avait jamais eu l’air de compter sur un retour de sa mémoire, mais comment faire pour devenir… Elle ne savait même pas ce qu’elle voulait être pour Vince. Le terme de Dimidiam était fort, mais n’était lié qu’à la magie. Est-ce qu’elle souhaitait être une amie, une partenaire, une alliée ?
    
    Le bruit d’une porte interrompit ses pensées. Les propriétaires entraient, la mine grave. Le cœur d’Ileana se serra d’appréhension. Éloïse contourna le bar de la cuisine, le bras tendu vers la cafetière.
    
    — J’ai besoin de recharger les batteries, la matinée a été longue.
    
    — Maman, qu’est-ce qui se passe ?
    
    — Dumont prend position.
    
    — Ça nous met en danger ?
    
    — Pas directement, mais l’existence des Mages va être révélée incessamment sous peu. On savait qu’on y viendrait, ça a d’ailleurs failli se faire après la Deuxième Guerre mondiale, mais se retrouver ainsi face au mur... Je préfèrerais qu’on en discute posément, mais au complet…
    
    — Je vais chercher Vince et Jaelyn ! s’exclama Ileana.
    
    Elle avait à présent une bonne raison de sortir et prendre l’air lui ferait le plus grand bien. La perspective de la conversation l’enthousiasmait peu : elle manquait encore trop de connaissances sur le fonctionnement des mondes magique et non magique pour saisir tous les tenants et les aboutissants des futurs échanges.
    
    Elle attrapa son long manteau en feutrine doublé de polaire suspendu à un crochet près de la baie vitrée qu’elle ouvrit d’un geste vif. Le vent frais lui piqua le visage mais lui redonna un semblant de sourire. Quelques flocons tombaient entre les arbres. Elle troqua ses chaussons contre des bottes fourrées, puis elle referma la porte derrière elle. Elle prit son temps pour rejoindre Jaelyn et Vince.
    
    Ils étaient près d’un étang à l’abandon, celui crée par Magalie, supposa Ileana et elle le longea quelques instants en suivant le tracé laissé dans les joncs par les animaux sauvages. De temps à autre, son pied glissait sur une plaque de boue gelée, mais elle retrouvait vite son équilibre. Elle appréciait la sortie et se promit de revenir pour profiter des lieux.
    
    Ileana n’espérait pas les surprendre, mais elle aurait aimé observer son Dimidiam à l’œuvre. Il ne le lui permit pas. Ils n’étaient même pas en vue qu’il venait déjà à sa rencontre. Malgré la semaine qui s’était écoulée depuis les soins procurés par l’Équilibreur, il gardait de profonds cernes sous les yeux.
    
    — Ileana ?
    
    — Tes parents ont eu des informations, ils aimeraient qu’on en parle.
    
    — De bonnes nouvelles ?
    
    — Dumont se prépare à faire une déclaration.
    
    — On se doutait que ça finirait par arriver, marmonna Jaelyn.
    
    Bien que son manteau soit grand ouvert, la Colombienne ne semblait pas souffrir du froid. Alertée par des mouvements aux Chenus, Ileana s’immobilisa, les sens à l’affût. Vince perçut les changements dans sa magie et il s’approcha d’elle, les poings serrés. Il prit le contrôle des énergies autour d’eux, jura à voix basse, puis grommela, l’expression furieuse.
    
    — Quelqu’un vient d’arriver, murmura-t-elle.
    
    — Quelqu’un ? répéta Jaelyn.
    
    — Un Autre. Aymeric descend dans le sous-sol.
    
    Vince l’observa avec attention. Son regard s’attarda sur ses doigts nus.
    
    — Tu es assez couverte pour rester un peu dehors ?
    
    Elle glissa ses mains dans ses poches pour les protéger du vent froid.
    
    — Ça devrait aller.
    
    — Alors on va s’approcher et attendre le feu vert des parents pour entrer. Tu sens quelque chose de particulier ?
    
    Il s’engagea dans le sous-bois, les pieds crissant dans les feuilles mortes. Elle le suivit, très vite doublée par Jaelyn qui ouvrit la marche.
    
    — Les auras de l’inconnu et de tes parents sont difficiles à lire, elles sont trop faibles.
    
    — Préviens-nous s’il y a des mouvements brutaux ou inhabituels… ou si Aymeric remonte.
    
    — On peut s’approcher, ajouta Jaelyn, et regarder par la baie vitrée sous le couvert du bois. Si tes parents font descendre leur invité, je ne serais pas surprise qu’ils l’installent de façon à ce qu’on puisse observer les choses de dehors.
    
    — Sûrement.
    
    Jaelyn en tête, ils approchèrent la demeure en ruine. Il n’y avait personne dans la pièce à vivre, Ileana sentait encore leurs présences à l’étage.
    
    — Ils descendent, murmura-t-elle après quelques instants.
    
    Kamil apparut et traversa le salon pour ouvrir la porte-fenêtre et Éloïse appela Aymeric au niveau inférieur. Vince se releva en s’époussetant.
    
    — On peut difficilement faire plus clair comme feu vert.
    
    Ils entrèrent et Ileana fut soulagée de retrouver la chaleur de la pièce à vivre. Elle s’empressa de quitter ses chaussures et son manteau pour se réfugier devant la cheminée électrique. Vince vint près d’elle. Kamil préparait un café pour l’inconnu, installé dans le fauteuil face à la bibliothèque. Il devait manquer de sommeil, car ses traits étaient tirés. Ses cheveux sombres en bataille et sa barbe de quelques jours lui donnaient un air négligé, sentiment renforcé par sa tenue : son jean était froissé sur le bas et le col de sa chemise sous son pull était également marqué de plis.
    
    Éloïse s’approcha de la cheminée et chuchota :
    
    — C’est un initié.
    
    Ileana se contint pour ne pas soupirer : le terme lui était inconnu. Éloïse poursuivit, le regard dans le vide.
    
    — Il demande de l’aide. On va essayer de passer quelques coups de téléphone pour voir si on peut trouver des Agents prêt à intervenir. Vous le gardez à l’œil ? Il…
    
    —… ne doit pas rester seul, la coupa Vince dans un murmure, ne doit toucher à rien et au moindre geste suspect, on intervient.
    
    — Exactement. On ne devrait pas en avoir pour longtemps.
    
    — À tout à l’heure.
    
    Alors qu’Éloïse s’éloignait pour le niveau inférieur, Kamil donnait la tasse de café à l’inconnu. Vince se servit à son tour et se planta devant le visiteur.
    
    — Vincent, se présenta-t-il en tendant la main.
    
    L’homme la serra et lui offrit un semblant de sourire.
    
    — Covalt !
    
    Vince s’assit dans un fauteuil face à lui. Jaelyn s’installa sur le canapé devant la télévision éteinte pendant qu’Aymeric retrouvait sa place au bar de la cuisine où son livre l’attendait. Ileana se rapprocha de son Dimidiam sans trop savoir que faire.
    
    — Alors comme ça vous êtes un initié ?
    
    — Effectivement !
    
    Ileana hésita à descendre dans sa chambre. Ne pas comprendre la discussion la frustrait. Demander des explications à Vince ne lui posait pas de problèmes particuliers, mais ça ne lui paraissait pas être le bon moment. Son Dimidiam continua de faire la conversation, un rôle dans lequel il avait l’air à l’aise ce qui surprit Ileana.
    
    — Qui vous a introduit dans notre milieu ?
    
    — Éliane ! Je ne sais pas si…
    
    — On a eu l’occasion de la croiser deux fois.
    
    Malgré le « on », Ileana n’en gardait aucun souvenir.
    
    — J’avais repéré deux nouveaux éveillés sans avoir aucune idée de l’existence des Mages et elle s’est dit que je serais utile parmi les recruteurs !
    
    — Prosper y officie toujours ? La dernière fois qu’on s’est vu, il rêvait de rejoindre les Agents.
    
    — Éliane n’avait pas la condition physique pour. À sa mort, ça a été envisagé, mais il fallait d’abord qu’il sorte de sa dépression.
    
    Le regard de Vince changea. Son sourire disparut au profit d’une expression alarmée.
    
    — Éliane est décédée ?
    
    Il avait l’air profondément touché par la nouvelle. Son inquiétude se transmit à Ileana qui se mit malgré elle sur ses gardes comme si un danger s’annonçait. Covalt fut gêné par la réaction qu’il avait provoquée.
    
    — Toutes mes excuses, je pensais que vous le saviez, vous sembliez bien les connaître… Elle nous a quittés au printemps, un cancer fulgurant l’a emportée en quelques mois.
    
    Vince avait les poings crispés et Ileana serra son épaule pour tenter de l’aider à retrouver le contrôle de ses émotions. Cela eut l’air de fonctionner. Il se détendit et son expression s’adoucit.
    
    — Je suppose que c’était mieux pour elle.
    
    — La sénilité la terrifiait. La possibilité que l’âge ou la maladie lui fasse perdre la tête lui était insupportable. Elle craignait d’imposer ça à Prosper et elle en faisait un sujet tabou avec lui.
    
    — Comment l’a-t-il vécu ?
    
    — Pas très bien, même s’il s’y préparait depuis toujours. Avec quarante-sept ans de différence, ils savaient l’un et l’autre que ce jour finirait par arriver. Et il s’en sortait plutôt bien… On n’avait pas besoin de ça.
    
    — De quoi ? s’alarma Vince.
    
    — Il a été kidnappé par des briseurs. Je devais le rejoindre dans un hôtel où il avait trouvé refuge avec des collègues, mais lorsque je suis arrivé, l’un d’entre eux était mort et les deux autres, dont Prosper, avaient disparu.
    
    Éloïse et Kamil remontèrent, ce dernier avait encore un téléphone à l’oreille. Vince relança Covalt.
    
    — Normalement, c’est à la colonie d’intervenir.
    
    — Pas en ce moment, rectifia Éloïse. C’est pour ça qu’Ileana est partie à votre recherche tout à l’heure.
    
    — Qu’est-ce qui se passe ? s’inquiéta Aymeric qui s’approchait, tout comme Jaelyn.
    
    — Dumont a décidé de révéler notre existence au reste du monde. Mais il craint que le bâtiment de la colonie suisse soit pris d’assaut par les forces de l’ordre après son intervention. Il essaye donc de gagner du temps pour vider autant que possible les locaux des informations sensibles. Sa première action sera de donner l’adresse des plus gros sites de briseurs en Europe aux gouvernements concernés. Des interventions seront très probablement menées dans les prochains jours avec quelques Mages en appui. Dumont prévoit également des fuites auprès des journalistes pour qu’il y en ait sur place.
    
    Jaelyn la coupa dans son explication.
    
    — Dumont espère s’attirer la sympathie des populations grâce aux crimes commis par les briseurs ?
    
    — Ça lui ressemblerait. Quoi qu’il en soit, tant que les descentes n’ont pas eu lieu et que la colonie n’est pas sécurisée, tout le reste est en suspens.
    
    Vince se leva et fit les cent pas.
    
    — Il va tuer des dizaines de Mages… Peut-être même des centaines. L’exécution des prisonniers est le premier acte des briseurs quand ils se savent découverts, tout le monde le sait.
    
    — Il est effectivement peu probable qu’ils laissent quelqu’un s’en sortir vivant une fois les assauts donnés, acquiesça Kamil. Et on ne sait pas comment ils vont réagir dans les structures secondaires, mais il est effectivement possible que ça se transforme en bain de sang également.
    
    — Ce n’est pas tout, intervint Éloïse. Il y a de grandes chances qu’il y ait des technologies anti-Mages sur les lieux. Je doute que les forces de l’ordre passent à côté. Ça risque de se démocratiser dans les prochains mois.
    
    — Et Dumont trouve que c’est une bonne idée ? s’étrangla Vince.
    
    — Ça fait de nous des victimes de crimes atroces, analysa Kamil, justifie le fait que nous nous cachions depuis des centaines d’années et paralyse un groupuscule qui est une vraie plaie. Je n’approuve pas sa décision, je pense qu’il y a d’autres façons de procéder, mais je la comprends.
    
    — Et Prosper dans tout ça ? Il est dans une planque de briseurs qui sera dénoncée ? demanda Vince à Covalt.
    
    — D’après mes investigations, il est dans un chalet au sud des Alpes, ce n’est pas un lieu important, je ne pense pas qu’il soit dans la liste, mais comme l’indiquait Madame Morel, cela ne veut pas dire qu’il est à l’abri pour autant. Si personne n’agit dans les prochaines soixante-douze heures, je doute qu’il s’en sorte en vie.
    
    Aymeric dévisagea ses parents, implorant.
    
    — Vous avez pu contacter quelqu’un ?
    
    — Oui, beaucoup de monde, répondit Éloïse, désabusée. Mais personne qui puisse agir. Entre les actions à coordonner avec les autorités des pays d’Europe et la colonie à vider de toutes données sensibles, tous ont des affectations. À cela s’ajoutent les Agents placés un peu partout qui tentent d’aider la communauté comme ils peuvent et qui sont déjà submergés de demandes.
    
    — Personne n’aidera Prosper ?
    
    Vince avait une voix blanche. Ileana le sentait bouleversé.
    
    — Nous n’avons pu trouver personne, murmura Kamil, fataliste.
    

Texte publié par Sizel, 4 février 2018 à 06h06
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