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Tome 1, Chapitre 39 « Le preneur » Tome 1, Chapitre 39
Le docteur Maxwell a beaucoup de mal à les allonger sur la couche de Patrick. Les deux jeunes gens sont inséparables. Le capitaine, resté conscient plus longtemps, réussit péniblement à expliquer que lorsqu’ils sont désunis sa souffrance devient insupportable. Une fois alités, les deux malades sombrent dans un sommeil profond. Cela permet au médecin de s’organiser.
    
    Il sort de sa mallette deux mini-moniteurs de contrôle. Les appareils en matières souples se collent sans aucun problème sur les mollets des patients. Le praticien a également prévu un liquide glucosé pour le capitaine et du sérum physiologique pour Kalena qui, il le sait maintenant, ne doit recevoir aucun apport calorique. Une fois les premiers gestes d’urgence effectués, Ly Maxwell regarde les deux jeunes gens. Personne ne doit les voir ainsi ! Il faut garder le secret sur l’état de Kalena et sur ses capacités.
    
    Le praticien décommande l’équipe d’urgence. Cependant, il a besoin d’aide et de l’aval de sa supérieure. De ce fait, il doit résumer la situation à Lauren Mac Ferson et lui demander l’autorisation d’utiliser les compétences des différentes prisonnières.
    
    Le médecin-chef soupire. Il enclenche son transpondeur et prévient la vice-amirale. La militaire est hors d’elle. Une chance qu’O’Commara soit malade, sinon elle l’aurait mis aux arrêts, confie-t-elle au médecin. Quelle idée lui a donc traversé l’esprit ? Pourquoi cet idiot l’a ramenée chez lui ? Et si elle était contagieuse ? Sont autant de questions que la haut-gradée pose à Maxwell. Ce dernier ne peut répondre, ne comprenant vraiment pas la réaction du jeune homme. Pourtant, elle se calme lorsqu’elle réalise que le pilote vient probablement de sauver la vie de la Novice selon les premières observations du docteur Ly.
    
    À peine un quart d’heure plus tard, l’intercommunicateur résonne. Le médecin répond prestement et s’assure que les gardes qui ont escorté la détenue restent bien en faction devant l’appartement. Le praticien explique la situation à mademoiselle Brives. Ils échangent des idées, mais ne savent absolument pas ce qui se passe. Le docteur Maxwell insiste et repose une énième fois la même question :
    
    « Vous n’avez jamais assisté à ce genre de phénomène, vous êtes sûre ?
    — Certaine ! Les Pures prennent les maladies, elles ne les donnent pas… répond Jane, dubitative.
    — Dans ce cas… Il va falloir faire venir Mac Ferson et… Ethna…
    — Pour quoi faire ? l’interrompt Jane, étonnée.
    — J’ai besoin de l’autorisation de la famille pour ce que je prévois... et Ethna est la sœur de Kalena, Lauren est sa tutrice et la responsable de Patrick, vous comprenez ? Parce que là, tout de suite, je ne peux rien demander à Patrick dont il me faudrait également l’accord !
    — Oui, mais... que voulez-vous tenter ?
    — Le soigner lui et espérer que les médecines passent au travers de ce “lien” pour la guérir par la même occasion. En même temps, administrer à Kalena les décoctions que nous avons mises au point afin d’essayer de les tirer d’affaire.
    — C’est très intelligent docteur, si vous avez besoin d’aide…
    — Je vais en avoir besoin, Jane, je vais en avoir besoin… »
    
    Le praticien soupire une nouvelle fois. Il rappelle Lauren Mac Ferson et lui refait un bilan clair de la situation. Les deux patients sont stables, même si leur état est critique… il ne s’aggrave pas. Ly Maxwell explique le plus simplement possible son idée. Il n’est sûr de rien !
    
    Depuis son bureau, la vice-amirale comprend que son avis déterminera la suite des événements. Le médecin lui demande de choisir à l’aveugle sans aucune preuve scientifique. Dans le meilleur des cas : ils survivent tous les deux, dans le pire... ils meurent. La cheffe militaire donne les pleins pouvoirs au praticien, laissant ce dernier face à la décision la plus difficile de sa carrière. Le docteur Ly réalise que Lauren Mac Ferson ne fuit pas. C’est simplement que la médecine n’est pas de son ressort. Le médecin-chef sait que sa supérieure lui fait totalement confiance.
    
    
oOo

    
    À peine, une demi-heure plus tard Ethna dont le fauteuil est poussé par Carol arrive. Une fois encore, les soldats ne sont pas autorisés à entrer. Les gardes se relaient devant la porte sans savoir ceux qu’ils protègent. Pourtant, ils emportent avec eux les rumeurs les plus folles. Les deux jeunes femmes peuvent les entendre parler tandis que la relève part pour la cafétéria. Le bruit se répand que Patrick O’Commara a organisé une fête où seules les prisonnières sont invitées. Une conquête ne lui suffit plus !
    
    L’appartement est plongé dans une pénombre inquiétante. Les râles en provenance de l’ancienne chambre d’enfants augmentent cette sensation d’étrangeté, mettant la Préceptrice mal à l’aise. Les plaintes sont continues et synchronisées. Lorsque Patrick O’Commara gémit Kalena Davenport dort et inversement.
    
    L’aînée des Davenport est amenée au chevet de sa sœur. Elle regarde le couple, étonnée. Elle réfléchit un instant et demande à Carol de l’emmener auprès du docteur Maxwell.
    
    « C’est un Preneur ! » affirme Ethna.
    
    Le médecin-chef est en train de préparer les perfusions dans la cuisine tandis que Jane aligne les fioles d’huiles essentielles après les avoir sorties de la mallette médicale. Tous deux se retournent. Ils sont suspendus aux propos de l’aînée des Davenport.
    
    « Vous dites ? demande Ly Maxwell.
    — Votre militaire malpoli... c’est un Preneur, assure la Préceptrice.
    — Un Preneur ? Et qu’est-ce donc ? questionne le médecin-chef.
    — Une légende devenue réalité, intervient d’une voix presque inaudible Carol qui se tient derrière Ethna.
    —  Expliquez-m’en plus ! insiste Ly Maxwell.
    — Ma mère aimait beaucoup les histoires et autres contes ayant pour sujet les Pures. Elle me disait toujours que c’était le moyen de savoir qui j’étais vraiment et… d’où je venais. Pour elle, ces contes étaient l’unique source d’information ayant échappée au Pouvoir Central. Ce ne sont pas des faits docteur Ly… continue mademoiselle Johnson qui a pris un siège.
    — J’entends bien, mais c’est la seule piste que nous ayons... s’il vous plaît Carol. Je comprends que cela soit pénible de vous souvenir de votre mère à cet instant précis... des vies sont en jeu.
    — Ce n’est pas difficile, c’est juste que je ne me rappelle pas de tout... Ethna, toi qui passais tes journées avec elle…
    — Je sais le début, hésite l’aînée des Davenport. L’humanité est victimes d’une malédiction… elle ne connaît plus l’espoir. Tout commença le jour où un scientifique manipula l’ADN de sa bien-aimée afin de la guérir. Il la transforma en Pure. La jeune femme altruiste ne désira pas garder son Don pour elle et partit. Elle traversa les pays, n’ayant pour seul objectif que de soigner les victimes des guerres noires. Le savant, fou d’amour et de colère, ne supporta pas le départ de sa dulcinée… Désespéré, il voulut devenir comme elle. Il modifia son propre ADN et se changea en Preneur… L’humanité fut alors plongée dans la violence qui la mena peu à peu à sa perte... Je n’en sais pas beaucoup plus, conclut Ethna.
    — Que faisait-il de particulier ce “Preneur”, demanda le docteur Maxwell.
    — Les Preneurs devinrent les ennemis des Pures. Ils sont à l’origine du Pouvoir Central et du départ de la Résistance. Il ne s’agissait que d’hommes, antagonistes des Pures, ils étaient égoïstes et méprisants. Jamais malades, ils finissaient par dépérir de solitude. Au contraire, même si elles en mouraient, les Pures ne pouvaient pas s’empêcher d’être généreuses et affables. Elles vivaient dans la joie et étaient aimées de tous, complète Carol.
    — Pas de doute ! Notre capitaine est un Preneur, s’esclaffe le médecin. Autre chose ?
    — Les Preneurs sont les seuls à pouvoir sauver les Pures… en leur enlevant leur Douleur... La légende dit qu’un jour un Preneur et une Pure tomberont amoureux et qu’ils briseront ce cercle infernal… expliquent Carol et Ethna en alternance avant de conclure d’une même voix : Ils offriront alors un nouveau départ… plein d’espoir !
    — Pour ce côté-là de l’histoire, ce n’est pas gagné ! s’amuse Jane.
    — En effet, constate, un sourire triste aux lèvres, le médecin.
    — Ma mère croyait à ces histoires... et moi également, intervient doucement mademoiselle Johnson.
    — Comme vous dites Carol... si l’on croit aux contes pour enfants… » constate le praticien, dubitatif.
    
    
oOo

    
    Ly Maxwell plisse ses yeux ; il réfléchit. Il retourne auprès de ses patients : ils sont stables. Depuis la chambre, il hèle Jane et lui demande d’apporter sa mallette. La Mère Intermédiaire s’exécute et laisse Carol et Ethna seules dans la pièce principale.
    
    Une fois au chevet de Patrick et de Kalena, toujours enlacés, elle aide le médecin. Ils injectent antibiotiques et antifongiques au capitaine non sans oublier les analgésiques. D’un autre côté, ils enduisent les membres meurtris de la Novice à l’aide de différentes huiles essentielles. La tâche n’est pas aisée, car de longs cris de douleur accompagnent chacun de leurs mouvements, le moindre de leurs massages se transformant en torture pour les deux jeunes gens.
    
    Le médecin-chef Ly Maxwell est en sueur. Ses mains tremblent légèrement, traduisant son anxiété face à l’inconnu. Il n’a aucune idée de ce qu’il fait... réellement. Sa surprise n’est pas feinte lorsque moins de deux heures plus tard l’état des deux blessés s’améliore. Il appelle Ethna et Carol restées à attendre dans la cuisine et leur demande de surveiller les deux malades le temps qu’il prenne, ainsi que Jane, un peu de repos.
    
    
oOo

    
    Carol tamponne régulièrement le visage du capitaine à l’aide d’une éponge glacée. Ethna masse les bras et les jambes de sa sœur. Les minutes passant, les corps jusque-là crispés des deux jeunes gens se détendent. Patrick et Kalena s’éloignent peu à peu l’un de l’autre. Ils commencent à bouger pendant leur sommeil.
    
    L’aînée des Davenport fixe mademoiselle Johnson. Elles pensent la même chose. Carol se lève et va prévenir Ly Maxwell. Allongé sur le canapé, ce dernier ne dort pas, il essaye toujours de comprendre.
    
    « Docteur Ly ? l’interrompt la Pure.
    — Oui, Carol... quelque chose ne va pas ?
    — Non... C’est plutôt l’inverse.
    — Pardon ! »
    
    Le praticien a bondi. Il ne lui faut que deux enjambées pour se retrouver au chevet de ses patients. Il demande à Jane qui l’a suivi de ramener Ethna dans la pièce principale. Il souhaite être seul afin de pouvoir effectuer tous les contrôles. Ly Maxwell ne veut pas donne de faux espoirs à l’aînée des Davenport.
    
    Le médecin-chef commence par le capitaine. Ce dernier n’a presque plus de plaques rouges et tous les bubons noirs qui parsemaient sa peau ont disparu. Il n’a plus de température et semble dormir comme un bienheureux.
    D’un autre côté, Kalena a encore une petite fièvre et sa tension est toujours basse. Son derme reste marqué par les traces de brûlure dues à la Douleur. Par contre, la Novice ne s’accroche plus désespérément à Patrick O’Commara. Elle a changé de position et laisse simplement sa tête au creux de l’épaule du jeune homme. Ly Maxwell appelle les trois jeunes femmes qui attendent, anxieuses dans le salon.
    
    « Mesdemoiselles, je ne voudrais pas trop m’avancer, car nous ne sommes pas à l’abri d’un changement d’état... ils vont beaucoup mieux... tous les deux.
    — Docteur Ly, vous permettez que j’examine Kalena... demande presque timidement mademoiselle Brives.
    — Je vous en prie Jane, faites donc, vous avez une plus grande habitude que moi de la Douleur… »
    
    La Mère Intermédiaire se munit d’une lampe de poche. Elle soulève les paupières de son amie puis laisse le petit faisceau lumineux errer sur la peau encore meurtrie de la Novice. Jane Brives n’en croit pas ses yeux. Elle se tourne le souffle court et fait tomber la veilleuse. Elle sort de la pièce en courant et se réfugie dans la cuisine.
    
    Là, après de nombreuses tentatives infructueuses, elle arrive à enclencher le robinet. La jeune femme passe sa tête sous l’eau. Puis, elle pose les deux mains sur le rebord de l’évier et essaye de calmer son souffle.
    
    Le médecin-chef suivi d’Ethna dans son fauteuil et de Carol arrivent à la hauteur de Jane. Cette dernière leur fait maintenant face, une étrange lueur dans le regard :
    
    « C’est un Preneur... Ethna tu... tu... tu avais raison.
    — Jane, vous allez bien ? s’enquiert le praticien inquiet.
    — Oui... Oui... Je vais merveilleusement bien. Kalena est en phase trois... en phase d’absorption complète... Normalement, il aurait fallu... un mois, peut-être deux vu le nombre de plans qu’elle a soignés…
    — Attention, jeune fille, nous ne savons si les plans sont guéris. J’ai prévenu la vice-amirale… mais je n’ai aucune idée de ce qu’il en est pour le chef jardinier Meyer. Normale… commence à répondre Ly Maxwell avant d’être interrompu par un cri rageur.
    — NON, MAIS... C’est quoi ce délire ? »
    
    

Texte publié par Isabelle , 20 juillet 2017 à 08h22
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