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Tome 1, Chapitre 19 « XVIII - Le retour - cinquième mouvement „ » Tome 1, Chapitre 19
La nuit était tombée sur Cimes. Le ciel s'était transformé en un champ couleur de jais, piqué d'innombrables étoiles. Il respira l'air frais de l'altitude, goûtant à cette senteur de liberté... même si elle se dérobait à lui encore et toujours. Il remua doucement ses ailes : la droite demeurait un peu raide, mais elle fonctionnait déjà mieux.
    
    Il dirigea son regard vers la maison de l'angelier : les lumières étaient éteintes. L'homme n'irait pas vérifier s'il avait regagné son logis dans la tour... une cellule moins confortable que ne l'étaient les stalles des khaïtes sur l'île volante. Il se demanda pourquoi les seigneurs de hauteurs n'avaient jamais pensé à dresser ces animaux comme monture. D'un autre côté, peut-être n'en avaient-ils jamais vu ; lui-même les avait découverts chez ses hôtes.
    
    Dans la légère brise du soir, les maillons qui retenaient la prison de Catena grinçaient doucement. Il se dirigea vers le bord de l'à-pic et avec précaution, descendit le long de la chaîne jusqu'à la cage ; il s'accroupit sur le dessus, cherchant à discerner son occupante :
    
    « Catena... ? »
    
    Il pouvait entendre sa respiration un peu haletante dans la nuit.
    
    « Angelus, répondit-elle, un simple frémissement.
    
    — Je vais passer la nuit avec toi, ici.
    
    — Sur... sur la cage ? Et si tu tombes ? »
    
    Il sourit, même si elle ne pouvait pas le voir dans l'obscurité :
    
    « Nous autres, les Anges, avons l'habitude de dormir sur d'étroites corniches surplombant le vide. Je ne tomberai pas. »
    
    Il n'était pas sûr de l'avoir totalement rassurée, mais au moins pouvait-il un peu atténuer sa crainte et son inconfort par sa présence... du moins l'espérait-il.
    
    « Solia », murmura-t-il.
    
    Il l'entendit prendre une brusque inspiration :
    
    « Tu... tu n'as pas le droit de m'appeler comme ça... souffla-t-elle d'une voix à peine audible.
    
    — Personne ne nous entend, répondit-il avec douceur. C'est ton nom... Comme Luciellus est le mien. Personne n'avait le droit de nous les prendre. Nous devons vivre et lutter, pour être libre... libre d'aller où bon nous semble et d'être Solia et Luciellus. »
    
    Il l'entendit remuer pour trouver une place plus confortable dans la petite cage. Lentement, il déploya ses ailes dorées de part et d'autre pour la protéger de l'air froid de la nuit, frémissant à peine quand le mouvement tira celle qui était encore convalescente.
    
    « Je... je ne sais pas. Tu crois que c'est possible ?
    
    — Tout est possible, assura-t-il, tentant de faire passer dans sa voix la force de sa conviction. J'ai des amis à présent, qui sont prêts à nous aider !
    
    — Des amis ? »
    
    Il sourit en entendant l'étonnement dans sa voix.
    
    « Oui, Solia. Et plus encore, un endroit où nous réfugier si nous parvenons à quitter Cimes. Demain matin, je partirai, mais tu dois garder confiance. Nous ne sommes plus seuls ! »
    
    Il devait s'accrocher autant que possible à cette conviction, pour connaître un lendemain illuminé par l'espoir, et non une aube grise de plus.
    
    

Texte publié par Beatrix, 28 août 2016 à 20h44
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