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Tome 1, Chapitre 14 « XIII - La décision - Quatrième mouvement » Tome 1, Chapitre 14
Apaisé et heureux, Angelus était tombé endormi dans la salle même, affalé à plat ventre sur les coussins. Il n'avait même pas bronché quand une couverture avait été tirée sur lui, ni quand une main avait ébouriffé ses cheveux. Aïzie était resté auprès de lui dans la salle, choisissant lui aussi d'y passer la nuit, dans le calme retrouvé et la fraîcheur qui s'engouffrait par la baie.
    
    La soirée s'était déroulée en rires, en récits de vol dans la voûte du ciel et, à certains moments, en discussions plus graves sur la meilleure façon de faire cesser l'esclavage des anges et le calvaire des chaînes. Windeïm s'était discrètement éclipsé au milieu de la soirée pour effectuer le vol promis au-dessus de Piques.
    
    Quand le jeune Ange s'éveilla, la matinée était déjà bien avancée. Aïzie s'était déjà levé pour s'occuper de Nuée ; plus un plat vide, plus une assiette sale, plus une cuillère ni une timbale ne témoignait des festivités de la veille. En se redressant, il sentit la couverture glisser de ses épaules. Les échanges de la veille commençaient à lui revenir en mémoire.
    
    « Je ne savais pas les anges aussi flemmards ! » lança une voix enjouée depuis la porte de la salle.
    
    Angelus se releva péniblement, un peu déséquilibré par son aile immobilisée. Il constata cependant qu la douleur latente qui y jouait encore la veille n'était plus qu'une vague gêne. Il se demanda si Aïmara accepterait de la libérer, s'il promettait de ne pas voler, ne serait-ce que pour éviter d'attirer trop de questions à Cimes. Il se frotta les yeux ; le visage rieur de son ami perdit le flou léger qui le brouillait jusqu'alors.
    
    Le garçon roux avait du mal à tenir en place :
    
    « Nous avons plein de choses à préparer ! Windeïm a pu observer toutes les défenses de Piques, il va te faire un rapport complet ! Il les a mêmes dessinées pour toi, au cas où ton affreux seigneur te demanderait des détails ! »
    
    Il attrapa le bras d'Angelus et le tira avec lui vers la sortie. La lumière frappa l'ange de pleine fouet ; il cligna des paupières, aveuglé par la clarté intense du milieu de matinée. Quand ses pupilles se furent réhabituées à l'éclat du jour, il leva les yeux vers le ciel, se noyant dans l'intensité du bleu infini. Il se permit un sourire : tout allait pour le mieux.
    
    « Tu n'as pas de craintes pour votre propre voyage ? » demanda-t-il à Aïzie.
    
    Le jeune semeur de tempête éclata de rire :
    
    « Pourquoi le devrais-je ? C'est une belle aventure qui m'attend ! »
    
    Angelus avait envie de partager son bel enthousiasme... et cependant, quelque chose le taraudait. L'étrange particularité de la population de l'île volante lui revint alors en mémoire. Sans vraiment le vouloir, il laissa une question inattendue passer ses lèvres :
    
    « Et tes parents ? Ils ne sont pas inquiets pour toi ? »
    
    La perplexité se peignit sur le visage du garçon :
    
    « Mes parents ? »
    
    Il fronça les sourcils, comme s'il ne s'était jamais posé la question.
    
    « À vrai dire... Je n'en ai aucune idée. J'ai toujours vécu avec mon oncle.
    
    — Même quand tu étais tout petit ? »
    
    Aïzie se mordilla pensivement la lèvre :
    
    « Je ne pense pas me souvenir de cette époque... J'ai toujours vécu sur cette île... »
    
    Angelus fronça les sourcils, un peu surpris, mais il décida de ne pas creuser le sujet : avec sa quête qui se préparait, son ami avait sans doute bien d'autres sujets de préoccupation. Il décida de changer de sujet :
    
    « Depuis quand es-tu le cavalier de Nuée ? demanda-t-il curieusement. Vous semblez vraiment très proches. »
    
    Aïzie éclata de rire :
    
    « On m'a donné son œuf quand Alizé, la vieille khaïte que je chevauchais auparavant, est devenue trop âgé pour semer les tempêtes.
    
    — Ils naissent dans des œufs ?
    
    — Bien sûr... répliqua le garçon roux d'un ton un peu supérieur. Mais c'est vrai, ajouta-t-il plus généreusement, tu ne pouvais pas le savoir, vu que tu n'en avais jamais croisé avant ton arrivée ici... »
    
    Aïzie se lança aussitôt dans un long exposé sur les khaïtes, leur naissance, leur mode de vie, la façon de s'en occuper... Angelus se demanda comment il pourrait réussir à retenir autant d'informations ! Mais après tout, il n'avait pas besoin d'en connaître autant : il lui suffirait de chevaucher Nuée jusqu'à Cimes, puis de la relâcher hors de la vue des gardiens de la forteresse : elle retrouverait seule son chemin vers l'île du ciel !
    

Texte publié par Beatrix, 7 avril 2016 à 01h41
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