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Tome 1, Chapitre 5 « Skippy » Tome 1, Chapitre 5
Avant les lois de Truxton, tout allait bien. Ce n’était pas l’harmonie parfaite, mais chacun pouvait vire sa vie tranquillement. Mais il a fallu qu’Ils s’en mêlent, que tout devienne codifié, maitrisé… et par eux, bien évidemment. Les Chimères n’étaient pas capables de prendre des décisions, soi-disant.
    

    L’un des plus grands points communs entre Riley et Tiago, c’était leur manie de toujours chercher à se déplacer à moto. L’un parce que c’était une forme d’exutoire. L’autre parce qu’en plus des sensations, c’était un mode de transport rapide et pratique. La jeune femme gara sa Triumph Scrambler à deux rues du Quai des Brumes et termina le chemin à pieds. Le numéro 33 était un entrepôt qui aurait difficilement pu passer pour désaffecté, contrairement aux bâtiments qui lui étaient mitoyens. Si la porte principale, assez grande pour permettre le chargement d’une semi-remorque avait été condamnée, la « petite porte » elle semblait toujours en service, en témoignait l’absence de rouille sur les gonds et les montants. On y avait installé l’un de ces judas qui laissaient entrevoir une partie du visage de l’interlocuteur lorsqu’on le faisait glisser pour l’ouvrir. Là aussi, l’absence d’oxydation indiquait qu’il était récent et servait régulièrement. Riley prit une brève inspiration et après avoir vérifié l’heure, frappa trois coups brefs à la porte. Seul le silence lui répondit dans un premier temps, puis enfin un bruit de pas et le judas laissa apparaître une paire d’yeux gris acier. Le portier dévisagea la jeune femme sans mot dire, probablement aussi pour s’assurer qu’elle était bien seule.
    – Qu’est-ce qui t’amène ici ?
    * Bonjour à toi aussi. *
    – Skippy.
    Elle avait répondu sans l’ombre d’une hésitation. Une lueur de compréhension traversa le regard de Yeux-Gris. Il referma le judas et verrouilla la porte. Riley entra dans ce qui semblait être un sas. Le portier la dévisagea de nouveau. Yeux-Gris était du genre sec mais musclé et sa façon de se tenir faisait assez penser à un militaire, ou du moins, un combattant.
    – Des armes ?
    – Non.
    – Va falloir que tu laisses tes affaires ici.
    Sa voix était plutôt jeune et tranchait bien avec la dureté de sa démarche. Il désigna une espèce de oîte d’un mouvement de tête. La jeune femme obtempéra et vida ses poches. Elles ne contenaient rien d’incriminant : ses clés, son téléphone, un peu de monnaie… Et son couteau, lequel tira un haussement de sourcils intrigué à Yeux-Gris. Elle se contenta d’un sourire en coin, mais le portier la fouilla tout de même par précaution avant de la guider à travers le labyrinthe de l’entrepôt. Les lieux ressemblaient plus à un poste de garde avancé que dans le souvenir de ses dernières balades dans le coin. Il n’y avait là que des adultes dont la tenue similaire faisait penser à un simulacre d’uniforme sombre. Tous la dévisagèrent avec méfiance pour la plupart et animosité pour certains, c’était un intrus, alors il fallait la garder à l’œil. Yeux-Gris la mena jusqu’à un bureau aménaé dans le fond du local, spartiate et fonctionnel. Il toqua à la porte et ouvrit lorsqu’il eut une réponse, puis il se tourna vers Riley avec un sourire sardonique.
    – Bonne chance.
    *Et en plus il se fout de ma gueule. *
    Elle se retint de l’envoyer paître, après tout elle n’était que tolérée ici, et de toute façon, Yeux-Gris s’était empressé de repartir. « Skippy » lui tournait le dos. Elle n’était pas petite mais lui faisait facilement une tête de plus qu’elle et il était bâtit comme une armoire à glace. Riley allait se râcler la gorge quand il se retourna. Si son visage avait encore un air relativement juvénile, ses tempes grisonnantes et ses yeux le vieillissaient prématurément. Son regard paraissait comme mort ou du moins, d’une froideur glaciale. L’homme ne se priva pas non plus d’examiner la jeune femme qui lui faisait face. On aurait pu croire à deux loups alphas de meutes différentes cherchant à savoir dans quelle catégorie classer leur vis-à-vis entre ami ou ennemi. Ce fut finalement elle qui rompit le silence.
    – On m’a dit de demander Skippy ici.
    Un sourire étira les lèvres du colosse, apportant un peu de vie à son regard fermé.
    – Un jour, Kidd va avoir des putains d’emmerdes. Assieds-toi.
    Il prit lui-même place sur un fauteuil. Il avait l’air de connaître Tiago plus que ce que le message de ce dernier avait laissé entendre, ce qui était quand même étrange pour un de ceux qui avaient renié la société et les « normaux ».
    – Vous connaissez Santiago ?
    – C’est une longue histoire et ce n’est pas le moment, ni le lieu d’en parler. Mais c’est parce qu’il m’a demandé un coup de main que tu es ici. Chouette bécane au passage.
    – Donc tu peux nous aider.
    Puisqu’il la tutoyait, elle n’allait pas se gêner pour lui rendre la politesse.
    – Oui. Il se trouve que l’un des nôtres aussi a disparu récemment. Et il n’y a aucune chance qu’il ait voulu retourner en ville après ce qu’ils lui ont fait subir. Un jeune qui venait tout juste de rejoindre le Bunker. Il s’est comme qui dirait volatilisé alors qu’il était allé faire une course avec deux autres gars qui eux sont revenus. Ils sont hors de tout soupçon, je m’en suis assuré.
    Il dégageait tant d’assurance en disant cela qu’il semblait impossible de ne pas le croire et en même temps ses derniers mots avaient donné un mauvais pressentiment à Riley. Le Bunker, c’était ainsi qu’ils appelaient leur « forteresse », le lieu sécurisé où la plupart des réfractaires vivaient et dont l’emplacement était tenu secret. L’entrepôt n’était qu’une façade, pour leurrer les Brigades chargées de la surveillance des Chimères. Le Bunker n’était connu que de ceux qui avaient choisi la clandestinité, Riley en avait juste entendu parler. Skippy sortit un paquet de cigarettes froissé et en tira une avant de tendre le paquet à la jeune femme qui refusa poliment. Lorsqu’il alluma sa clope, elle remarqua que la peau sur le dessus de ses mains avait été brûlée, là où aurait dû apparaitre son tatouage. Son regard un peu trop appuyé tira un rire amusé à Skippy.
    –J’ai demandé à Zippo de me faire ça. Douloureux mais nécessaire pour reprendre le contrôle de ma vie. Même si c’est plutôt voyant.
    Riley grimaça. Elle imaginait très bien le côté désagréable de l’acte, d’autant plus que le surnom de Zippo lui était familier ; cela ne l’étonnait même pas à vrai dire de l’entendre dans ces lieux. Tout le onde au Quai des Brumes semblait avoir opté pour un surnom, rien qui ne ressemble toutefois à un nom de super-héros. Mais Skippy... A moins qu’il ne soit capable de sauter comme un kangourou, Riley ne voyait pas quel pouvait être le rapport entre le surnom et son pouvoir.
    – Cramoisi ou rouge ?
    La jeune femme leva sa propre main ornée du tatouage tant haï par les Chimères.
    – Rouge.
    Dangereux, donc. Mais elle n’avait pas peur pour autant : il y avait suffisamment d’ombres dans le bureau pour qu’elle puisse se défendre ou s’échapper.
    – Tu as déjà entendu parler de l’île aux Chimères, Marcheuse d’Ombre ?
    Il la connaissait – ou du moins, connaissait son pouvoir. Mais ce surnom était sans aucun doute possible sortit tout droit de l’imagination de Tiago et il allait falloir qu’ils aient une petite discussion à ce sujet.
    – Seulement les on dit et ils sont tous plus farfelus les uns que les autres.
    Ce lieu faisait partie de la mythologie urbaine à Paradise, mais Riley n’avait jamais trop su quoi en penser à force d’entendre tout et son contraire alors elle préférait conserver le côté légende urbaine.
    – Eh bien, il y a comme dans tout mythe, une part de vérité. C’est pour ça que notre ami commun t’a envoyé ici.
    Il se tut pour ménager un peu son effet, mais Riley s’en doutait un peu, Tiago ne l’aurait pas guidée sur cette piste sans raison, ni en posant simplement des questions.
    – L’île est un ancien laboratoire de l’armée, l’emplacement est resté secret défense même après qu’il a eu été mis au rebut. Tout ce qui concernait son exploitation à disparu et il arrive des bricoles à ceux qui posent des questions. C’est pour ça qu’on pense que c’est l’endroit où ils amènent les nôtres.
    – Et tu sais où se situe cette île.
    Ce n’était pas une question, c’était ce que lui criait son instinct. L’homme face à elle acquiesça avec un demi-sourire. Il le savait et mieux que ça, il avait prévu de s’y rendre avec une poignée de volontaires, pour récupérer celui des siens qui avait disparu et libérer les autres si possible. Il était prêt à embarquer la jeune femme dans cette mission commando, elle avait l’air d’avoir du cran et ne s’en laissait visiblement pas conter.
    – Est-ce qu’il y a la moindre chance de pouvoir s’y introduire ou ça relève de la mission suicide ?
    S’il y avait une chance même infinitésimale que le petit frère de Kieran soit là-bas, alors elle se devait d’y aller, malgré les risques, parce qu’elle appréciait Kieran et que Riagan n’était qu’un gosse.
    – Ou plutôt, si tu sais où c’est, peux-tu m’aider à y aller ?
    Skippy hocha la tête.
    – C’est une possibilité envisageable.
    Après tout, le pouvoir de la jeune femme serait un atout intéressant pour leur expédition. Il était déjà en train de composer une équipe mentalement.
    

Texte publié par Capitaine Désastre, 6 août 2018 à 19h13
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