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Les voleurs d'âme, Tome 1 : Les Profondeurs
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Tome 1, Chapitre 13 Tome 1, Chapitre 13

Ils s'immiscèrent dans le continent froid. Edward grelotta malgré son long manteau prévu à l'occasion et Aldibe avait l'air de résister au climat. La neige paraissait les engloutir sous son manteau épais. Les flocons tombaient comme des étoiles de glaces. L'image des montagnes gelées autour deux les laissait surpris. Le vent souffla fortement de quoi ralentir nos voyageurs. Sous certaines falaises se formait des grottes qui laissaient des abris pour le froid. Des grandes étendues eaux, il ne restait que des lacs gelés. Seulement quelques arbres se trouvaient sur leur route mais ils perdaient leurs feuilles à cause du temps. Aldibe indiqua les mesures à suivre :

- Avec le froid vous ne tiendrez pas plus deux minutes à l'extérieur. Il faut essayer de nous abriter dans l'un des grottes à l'horizon.

Edward rajouta :

- Et les créatures dont vous m'avez parlé l'autre jour, ou sont-elles ?

Aldibe soupira et prévint :

- Malheureusement elles peuvent se cacher n'importe où ici. Les « Dévoreuses « comme on les nomme aiment jouer avec l'inattention des voyageurs. Il suffit que faut oublier le danger et elles vous enterrent vivante.

Edward se rassura :

- Au moins aucune plus grosse créature ne nous attend comme la dernière donc nous avons eu à affaire.

Aldibe s'empressa :

- Dépêchons nous. Je déteste rester figé ici et j'attends que vous soyez vigilants.

L'Eclaireur reprit sa course et l'animal résistait aux effets du froid. Ses pattes laissaient des traces dans la neige. La monture traversa au galop le paysage gelé. Les deux hommes étaient invisibles dans la tempête de neige. Le plus difficile c'était passer les pics et à chaque progression, la montée sur les routes de roches fatiguait l'animal. Heureusement il ne trouva aucunes créatures agressives sur leur trajet. Juste des genres d'écureuils blancs qui grimpaient et s'enfuyaient à leur passage.

Ils devaient franchir de nombreux lacs gelés. Le sol paraissait glissant et sous un poids trop conséquent, la glace se briserait. Ils ralentissaient la cadence car la prudence était de mise ici. Edward pensa :

- Il ne faut pas risquer un faux pas. La glace à l'air d'être fragile et je crains que nous ne survivrons pas dans les eaux gelées.

Aldibe répondit :

- Et cette tempête brouille notre champ de vision. Nous devons avancer à l'aveugle.

Au début du parcours la glace continuait à être solide mais après leur avancée des trous s'étaient formés un peu partout sous leurs pas. Edward esquiva les zones qui paraissaient moins solides et avança avec précision. Il paniqua quand il entendit un craquement et vit apparaitre des fissures partout. Il cria :

- Je n'aime pas ça. Accrochez-vous !

La couche de glace sous ses pieds se brisa et il reprit la course avec la monture. En même temps derrière lui, les morceaux tombèrent un à un. L'Eclaireur était rapide mais le choc se rapprocha dangereusement. Edward se cambra sur sa monture pour prendre encore plus de la vitesse et Aldibe remarqua qu'ils n'arriveraient pas au bout.

L'Arpenteur analysa les mètres qui restaient devant eux et du utiliser ses chaînes comme un grappin. Il lança les chaînes de ses bras avec force et il les accrocha autour d'un gros rocher. Aldibe projeta :

- Il faut abandonner la monture. Nous n'arriverons pas sinon !

Edward comprit le plan d'Aldibe mais il ne pût protester dans le feu de l'action et ensemble ils se jetèrent de l'autre côté en s'écroulant dans la neige. L'Eclaireur se noya sous les eaux glacées, il se débattit mais la profondeur du lac l'emmena tout au fond comme un être oublié.

Les deux hommes firent une chute violente et roulèrent plusieurs fois dans la neige avant de pouvoir se reprendre. La neige les enveloppait de tout leur corps et ils l'enlevèrent de leurs vêtements. Edward reçut comme un choc la perte de la monture :

- C'est malin ça ! On n'a plus de monture et maintenant nous devons marcher des kilomètres à côté de ces créatures ! Vous vous rendez compte !

Aldibe affirma simplement :

- J'ai encore fais le meilleur choix disponible. C'était nous trois qui auraient péri si je n'avais pas utilisé mes chaines. J'ai bien conscience de ce qui rode ici.

Edward se prit la tête et continua :

- Nous n'avons plus qu'à marcher jusqu'à trouver un potentiel refuge.

Ils poursuivirent leur route à pied entre les chaînes de montagnes et les routes étroites. Le froid ne les laissait guère aucun répit. Edward ne savait pas combien de kilomètres ils avaient à parcourir et il s'inquiétait de s'épuiser trop vite en cas d'éventuel combat.

Aldibe à son habitude, ne laissa aucune émotion superflue perturber son voyage et il marcha, un foulard recouvrant la moitié de son visage. L'homme affichait un regard neutre et au fond de lui il savait son compagnon utile malgré ses remarques parfois déplaisantes sur ses pratiques.

Ils grimpèrent de plus en plus les plateaux enneigés. Le chemin en pente était d'un extrême effort en plus du vent qui les ralentissait. Leurs pas se faisaient tout de même rapides, car l'idée n'était pas de périr au milieu de nulle part mais bien trouver une grotte où ils pouvaient se réfugier et leur apporter de la chaleur.

Edward scruta l'amas de neige qui grouilla sous ses pieds et s'inquiéta. Il fût vent du danger à Aldibe :

- Quelque chose bouge là-dessous !

Aldibe s'exclama :

- Je sais. Restez concentré, il va falloir se battre.

Edward opina et dégaina son épée et Aldibe tendit les bras dos à lui. Les mouvements sous le sol se faisaient de plus en plus rapide et ces choses s'agitaient de plus en plus. Edward tendu, serra la poignée de son épée.

Des formes sortirent du sol et sautèrent hors de leur tanière. Les « Dévoreuses « comme les a prévenu Aldibe et étaient répugnante lorsqu'Edward aperçut ces créatures difformes. Elles étaient petites et n'avaient pas de yeux mais leur couleur blanche leur donnait l'avantage d'un somptueux camouflage. Leurs dents et griffes étaient acérées et découpaient facilement les chairs. On dirait des démons miniatures sorti des enfers pour punir ceux qui s'aventuraient ici.

Edward dégagea déjà une qui le sauta au visage et tournoya son épée à la meute de dévoreuses qui tenta de l'attaquer. Il esquiva parfois en plongeant au sol et revint à sa posture d'origine en plantant son épée dans l'une des créatures.

Aldibe garda son sang-froid et enchaîna des entailles avec ses armes rampantes en acier et parfois retira les têtes à l'une des créatures. Les monstres crièrent beaucoup et jouèrent de leur ruse pour déstabiliser les combattants. Il en acheva plusieurs que d'autres surgirent du sol pour s'accrocher à ses jambes et à ses bras. Il cria à Edward :

- Couper les leurs têtes ! Ce sont leur point faible !

Edward comprit la tactique et dansa avec l'armée de créatures qui barrèrent sa route. Il attrapa même une en vol de son bras droit et de son autre bras, il la découpa au niveau de la nuque. Il pivotait de tous les côtés du champ de bataille et sa lame n'arrêta pas sa furieuse course. L'homme vît Aldibe en proie aux créatures.

Aldibe se débattit dans tous les sens et les créatures s'entassèrent sur son corps tout en le tirant au fond de la neige. Elles bloquèrent ses bras et il ne pût utiliser ses chaines pour riposter. La moitié de son corps fût encore visible. Un peu plus et il finirait par finir être enterré.

Edward accourut sauver l'Arpenteur et projeta les créatures avec son arme. Il s'acharna à découper toutes ces bêtes afin de dégager l'homme à deux doigts de finir comme leur repas. Aldibe pût se dégager et les corps s'écroulèrent sur les sols mais il en arriva d'autres derrière eux à l'infini.

Edward se protégea d'un coup de griffe qui a failli l'être fatal et écrasa de son épée chaque créature qui tenta une feinte. Il s'essouffla mais ne s'arrêta pas, pas avant la fin du combat. Il avait beau parfaire ses combos et ne rater aucune cible pourtant la durée du combat l'épuisa énormément. Des blessures apparurent un peu partout sur son corps. Une entaille à l'épaule gauche jusqu'à une blessure au flanc. Il vacilla mais resta lucide et reprit la mêlée en faisant voler des têtes.

Aldibe fouetta violemment ces monstres carnivores et les chaines parfois passèrent à travers les créatures. Il recula lorsqu'une l'une d'entre elles alla le mordre. Les chaînes tuèrent tous ses ennemis en explosant les têtes ou les arrachant grâce aux pointes sur les serpents d'acier.

Edward s'agenouilla avec grâce et la lame de son arme n'épargna pas les éventuels assaillants. Il remarqua qu'il n'allait pût être en position de force si ces créatures déferlèrent en masse. Il avertit Aldibe :

- Aldibe ! Il est inutile de continuer le combat. Elles sont trop nombreuses !

Aldibe entendit Edward mais continua à combattre. Etait-il fou au point de ne pas s'avouer vaincu et terrasser seul tous ces monstres ?

Edward se releva avec maladresse après une attaque et ajouta :

- Arrêtez tout Aldibe ! Nous devons fuir !

Aldibe ne dit rien et visiblement, fût préoccupé à l'intérieur de lui. Les créatures coururent sur eux et pas moins d'une cinquantaine voulurent les dévorer. L'homme les attendit de pied ferme et hurla :

- Je ne dois pas abandonner ! Pas maintenant !

Edward pensa l'homme divaguait et il ne pouvait pas se permettre en même temps de délaisser son allié ici. Il se rappela du code d'honneur du soldat, ne jamais fuir en laissant un compagnon d'arme sur le champ bataille.

L'ex-soldat serra les poings et appela une dernière fois Aldibe :

- Nous aurons d'autres combats bien plus importants à mener ! J'ai toujours besoin de votre aide compagnon !

Aldibe reprit ses esprits et suivit Edward. Les créatures ne lâchèrent pas leurs proies et ils avaient toute une armée de ces monstres à leur trousse.

Edward courut de toute sa force et en pensant en même temps à Cassandra. Il ne devait pas mourir à ce moment. La douleur de son corps tirailla tous ses membres mais il puisa dans toute son énergie afin de ne pas lâcher.

Aldibe rattrapa Edward et les créatures parurent s'éloigner. Il talonna les reliefs plats enneigés et dans la tempête ils foncèrent à l'aveugle. Il fuyait rarement les combats mais l'état critique de la situation le fît changer d'avis. Pourtant pendant le combat sa volonté ne l'obéissait plus pendant quelques secondes et il pensait à quelque chose. Qu'est-ce qui rendit l'Arpenteur ainsi ?

Edward s'écroula au sol après les nombreuses foulées. Il imposa ses mains sur ses blessures et remarqua un peu de sang sortir.

Aldibe reprit son souffle et chercha un abri aux alentours. Il ne vît qu'un tas de montagnes, il était encerclé par ces massifs. C'était à peine s'il avait de quoi s'abriter. Il se tourna vers Edward en le pressant :

- Ce n'est pas le moment de faiblir ! Il faut trouver un abri avant la nuit.

Edward l'interrompit :

- C'est vous qui dites ça ? Vous avez bien failli nous tuer tous les deux. J'ai dû avec difficulté vous faire reprendre raison. Qu'est-ce qui vous a pris ?

Aldibe resta froid :

- Nous parlerons de cela plus tard. Avant toute chose, continuons la route.

Edward termina :

- C'est bien ce que je pensais. Vous évitez toujours les sujets importants et...

Aldibe ne le laissa pas le temps de terminer sa phrase qu'il reprit le chemin. Edward s'agaça de cet homme impertinent.

Ils franchirent pendant encore des kilomètres la toundra. La lune commençait presque à apparaître. Edward semblait tourner en rond à cause du paysage sauvage. Cependant, Aldibe pointa le doigt vers une entrée sombre non loin d'eux. Il signala :

- Il n'y a plus de doute. Nous sommes à proximité d'une grotte.

Edward nota :

- Je commençais à oublier l'idée de cela faisait de se reposer au chaud et profiter d'un confort minimum.

Ils s'arrêtèrent dans une grotte étroite. Des cristaux de glace se dessinaient dans le plafond rocheux. Tandis que sur les murs des petites cavités se formaient. Ce n'était pas le plaisir d'une maison de fortune mais les hommes profitèrent d'un feu qu'ils avaient confectionné par leur soin.

Edward s'appuyait contre le mur de la grotte. Aldibe avait les bras croisés et remarqua l'état de l'homme :

- Vous êtes blessés ? Il ne faudrait pas rester ainsi.

Edward souffla et répondit :

- Ce n'est rien du tout. J'ai connu des blessures bien plus profondes que celles-ci.

Aldibe suggéra :

- Comme vous voudrez. J'ai quelques connaissances et j'ai justement préparé des fournitures pour ce genre de situation.

Edward approuva :

- Ce n'est pas la haute médecine comme chez nous mais puisque vous insistez, je me suis fait des entailles ici. Edward montra ou il était blessé.

Aldibe sortit des bandages avec quelques plantes. Il appliqua les plantes délicatement. Pendant que l'Arpenteur le soignait, Edward l'interrogea :

- Attendez, j'aimerais savoir ce qui vous avez préoccupé lors de ce récent affrontement.

Aldibe soupira :

- Vous ne lâcherez pas définitivement l'affaire...

Edward lâcha presque un sourire et pensa :

- Ce que j'ai appris dans l'infanterie, est que tout homme a un souvenir qu'il lui est cher qu'il soit malheureux ou bienveillant. Ce souvenir forge chaque soldat.

Aldibe s'assoit et raconta :

- Qu'aurais-je à perdre toute façon... Bien avant que je sois Arpenteur, j'habitais dans une belle région qui s'appelait Ektasia. Il y avait un village paisible dont l'unique charme était l'art. On contemplait la nature et on griffonnait les paysages. Il y avait bien quelques monstres qui chassaient mais ils rodaient loin des habitations et n'étaient pas nombreux. Heureusement parfois des patrouilles d'élites nous protégeaient et évitaient que ces créatures s'approchent trop près. J'étais un jeune homme sans histoire. Et justement, l'histoire changea lorsque je rencontrais Lucile. Nous avons passé des tendres moments ensemble jusqu'à qu'elle devienne ma fiancée. Sauf qu'un jour lors d'une promenade, nous nous étions faits encerclés par ces hommes en rouge. Ils rirent et impuissant, je regardais à genoux, l'étoile de mon âme perdre la vie.

Suite à cela, je n'avais que la haine pour ces hommes et je ne vivais que dans la solitude. Vivre jusqu'à plus rien ressentir. J'étais faible et il fallait que je trouve un moyen de me battre. Du coup j'avais entendu par des passants, l'existence de cette guilde secrète des Arpenteurs. Un homme finissait par me montrer la voie des chasseurs et lors de la fin de mon apprentissage, je me suis joins à leur cause.

Sauf que je n'avais plus entendu parler des hommes en rouges. Ils s'étaient enfuis ou du moins, ils s'étaient cachés dans un endroit donc je soupçonnais l'existence. Je me suis éloigné de ce village et je n'y suis plus y retourner. J'ai continué à vivre seul et à traquer ceux qui le méritaient.

Jusqu'à aujourd'hui, je revis ces hommes et cette sorte de dirigeant à leur tête. J'ai compris que seul je n'y arriverais pas et maintenant je me suis décidé à vous avoir comme allié malgré les différents que nous avons eu.

Edward compatit :

- Et bien... vous n'êtes pas le seul à souffrir sachez-le. J'ai justement quitté l'armée car j'avais perdu mon épouse malgré tout mon entrainement. Dire que j'ai été prétentieux à cause de mes capacités et bien ce n'a pas mené du bon côté. Mais plutôt à ce drame.

Aldibe souligna :

- C'est bien pour que ça que nous devons réussir cette aventure. Deux hommes brisés doivent s'unir face à son destin et se prouver malgré tout qu'ils restent dignes et forts.

Edward opina :

- Je suis plus que d'accord avec vous. Vos paroles sont d'une très grande sagesse.

Aldibe conclut :

- Reposons nous. Nous devrons encore franchir des contrées hostiles demain.


Texte publié par Clyx, 22 avril 2018 à 13h43
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