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La Taverne de l’Homme aux Yeux de Jack
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Qu’ouï-je, tavernier ? Alors que j’ai bourse déliée, vous n’avez rien à donner à mon gosier desséché ? Enfin ! Mes bourses sont pleines ! Pleines de ces guinées, si honnêtement gagnées. Souffrez donc que j’offre ma tournée ! Ah, mais diantre ! Pourquoi ainsi donc suis-je renvoyé ? Il fait si froid dehors et le brouillard est aussi épais qu’un jus de sumac. Est-ce donc à la mort, dans les bras de la grande faucheuse, que vous me jetez ? Vous n’avez donc point de cœur, encore moins d’âme ? N’avez donc point entendu, cette nuit encore, les cris ? Les cris de cette petite ? Les cris de cette petite au cœur si vif ! On l’a retrouvée ce matin, vidée de son sang et de ses tripes, décorée de fleurs de givre ! Tous ceux qui l’ont vu se sont signés, puis ont pris leurs jambes à leur cou. Enfin quoi ! Nous le savons tous, le Diable rôde dans la nuit. Cet homme ! L’homme aux yeux de Jack ! Croyez-moi, ce n’est pas moi qui souhaiterai finir à l’état de joli cadavre. Je garde ma tripaille pour moi. Pensez-vous qu’en l’état, vous pourrez l’entendre geindre et se plaindre ? Allez tavernier ! Une pinte et un bon repas ! Elle n’a besoin que de cela, la chère petite. Entends donc ma bourse cliqueter ! Elle est pleine à craquer ! Cela ne vous suffit pas ! Il vous faudrait en plus la voir ! Ah que je brûle, que je souffre, mais je m’y refuse ! Trop d’yeux sont présents, et qui me dit que ne se cache point ici l’homme aux yeux de Jack. Non ! Non ! Non ! Apportez et vous verrez. Je refuse de me faire tirer les cordons de la bourse, cuistre ! À vous entêter ainsi, vous n’en verrez jamais la couleur ! Est-ce ainsi que l’on traite sa clientèle ? Je vous ferai mauvaise réputation et je m’en irait répandre dans la ville, à qui veut l’entendre, tout le mal que je pense de votre lieu de débauche. Il ne vaut pas mieux qu’un lieu d’aisance.

Ivre !

Comment pourrai-je l’être alors même que vous me refusez mes tournées ? Je ne le puis ! Puisqu’il en est ainsi, je vous quitte. Ne vous donnez point cette peine ! Je connais la sortie. C’est cette petite porte méchante de bois noir, couverte de poix et de crasse.

Qu’il en soit ainsi, j’irai vider mes bourses chez un autre con. N’entendez-vous point Tavernier, ce pas, ce pas qui nous glace d’effroi ? Tac, tac, tac, c’est le bruit de sa canne qui frappe le sol gelé. Ne vous avais-je point mis en garde contre le diable, l’homme aux yeux de Jack ? Vous m’avez refusé l’hospitalité ! Vous m’avez renvoyé ! Souffrez donc que je ripaille de vos tripailles, puisque je suis le Diable, l’homme aux yeux de Jack.


Texte publié par Diogene, 28 septembre 2017 à 12h20
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