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Tome 1, Chapitre 2 « Dans l'avion-bateau » Tome 1, Chapitre 2

Dans une cage aux murs transparents située à l’intérieur d’une pièce vide, une créature écailleuse à peine plus grosse qu’un ours s’acharnait à sortir. Un joyau d’un rouge profond ornait son front.

Tandis que sa queue battait le sol, la Vouivre fulminait. L’espèce de bipède tout gris qui ne ressemblait à rien l’avait enfermée ici. Pour qui se prenait-il ?

Elle lâcha un sifflement de rage et griffa une surface vitrée. Un bruit strident lui écorcha les tympans. Elle n’avait pas demandé à se retrouver dans cette « maison » ! En plus, elle était abominablement laide : toute blanche, ronde, elle flottait dans le ciel. La Vouivre pouvait s’en apercevoir puisque sa prison était en face d’une immense fenêtre.

Elle mourrait de faim, pour ne rien arranger. Son estomac se tordait dans tous les sens. Le soleil ne s’était toujours pas levé.

Ah, son escarboucle lui avait encore joué un sale tour ! Ses pouvoirs l’avaient mise dans de beaux draps. Tout avait commencé lorsque le bijou avait disparu de son front pendant qu’elle dormait dans ses pénates. Ensuite, elle s’était réveillée dans une cathédrale d’une ville du futur. Elle avait dû emprunter des égouts, puis prendre un bain forcé chez le vieil homme qui détenait son précieux trésor. Enfin, alors qu’elle cherchait un exorciste pour la renvoyer d’où elle venait, paf ! Elle avait atterri dans cet endroit affreux !

Un triangle de lumière s’ouvrit sur un mur adjacent à la baie vitrée – les humains de son époque n’utilisaient pas de carreaux, quelle drôle d’idée. La Vouivre se retourna dans sa cellule tout en plissant les yeux. Malgré sa vue déplorable, elle parvint à discerner la silhouette rachitique qui avançait vers elle. Revoilà le bipède bizarre. Elle ne se gênerait pas pour relâcher son courroux sur lui !

La créature se redressa sur ses pattes arrière, déploya ses ailes, puis s’apprêta à gronder en montrant ses dents jaunies par ses trop nombreux excès. L’être gris pointa un objet long, fuselé et cylindrique vers son escarboucle. Une lueur rouge en jaillit et l’aveugla. Elle toucha le bijou, puis pénétra dans son crâne. La Vouivre siffla et se cogna le front contre une paroi de sa cage pour chasser la douleur lancinante qui y siégeait. Soudain, elle crut entendre une voix résonner au sein d’elle :

— Calme-toi, dragon. Je nous ai juste permis de communiquer.

La Vouivre ne comprenait pas comment un pareil phénomène était possible, mais une chose était certaine : le bipède avait commis une grave erreur. Elle, un dragon ? Quel outrage ! Peut-être qu’elle possédait des pattes alors que la plupart de ses congénères n’avaient pas cette chance, mais en aucun cas elle n’était un dragon ! L’être gris pencha la tête sur le côté, toujours en la fixant de ses iris ébène. De nouveau, il murmura en son esprit :

— Tu es une cousine des dragons, cela ne change rien au fait.

Cousine ? L’insulterait-il encore longtemps ? Les écailles de la Vouivre se hérissèrent de protestation.

— Tu es vraiment une curieuse créature.

Peuh ! Il pouvait parler. Il ne s’était jamais contemplé dans une glace ? Il était aussi expressif qu’un caillou – dont il avait volé ses nuances poivre et sel, d’ailleurs.

— Par quel moyen es-tu arrivée dans notre vaisseau ?

La Vouivre cligna des yeux. Un vaisseau ? Eh, elle avait échoué à bord d’un bateau ? Elle qui avait le mal de mer… Dès qu’elle y pensa, son estomac se souleva. Malheur ! Elle tangua sur place.

— Non, tu n’es pas dans un bateau, mais dans un vaisseau spatial.

Un vaisseau quoi ? Que lui chantait-il, là ? À moins que… Oui ! Le vieil homme qui détenait son escarboucle lui avait dit qu’elle devait prendre garde aux avions.

— Ce n’est pas tout à fait un avion.

La Vouivre ignora ses dernières paroles. Elle était donc séquestrée à l’intérieur d’un spatiamachin dans le ciel. Elle pouvait s’enfuir. Il lui fallait juste trouver la sortie...

— Peux-tu répondre à ma question, dragon ?

Outrée, elle heurta avec violence le mur. Elle dut impressionner le bipède, car il recula d’un pas. Malheureusement, ce qu’il ajouta ensuite raviva l’ire qui brûlait en ses entrailles :

— Je t’examinerai avec mes collègues. Tu passeras une série d’expériences.

Des expériences ? Elle ne saisissait pas très bien où il voulait en venir.

— Nous suivons le protocole lambda pour tous les homo sapiens que nous enlevons.

Elle retint un hoquet. Un homo sapiens ? De quelle espèce s’agissait-il encore ?

L’être gris se détourna d’elle et l’abandonna. La Vouivre tapa du pied. Il ne paierait rien pour attendre ! Comment osait-il la traiter aussi mal ? La politesse lui semblait inconnue. En tout cas, elle avait pris conscience qu’il ne s’agissait pas d’un humain. Il se comportait d’une manière beaucoup trop soignée pour cela.

Le triangle de lumière réapparut, avec trois bipèdes. Au même moment, une épaisse fumée blanche jaillit du sol de sa cage pour se répandre autour d’elle. Elle siffla de stupéfaction. Elle inhala par mégarde quelques bouffées de cette brume inquiétante. Aussitôt, ses membres s’engourdirent. Sa respiration ralentit. Ses yeux se fermèrent d’eux-mêmes. La Vouivre lutta avec vaillance.

Pourtant, quand ses paupières se rouvrirent enfin, elle s’aperçut qu’elle n’était plus dans sa prison, mais immobilisée sur une surface gelée. Le plafond immaculé au-dessus d’elle blessa ses rétines. Ah, ils avaient réussi à l’endormir et à la transporter. Que complotaient-ils ? Allaient-ils la palper comme si elle n’était qu’un morceau de viande ? Certainement pas !

La Vouivre essaya de se relever ; elle constata avec stupeur que son corps ne lui obéissait pas. La fumée opalescente qu’ils lui avaient fait respirer en était-elle responsable ? Pourquoi pouvait-elle vociférer alors ? Une saveur douceâtre persistait sur ses pailles et son nez la piquait. Elle risquait d’enflammer le spatiamachin si elle éternuait.

Une tête ovale se pencha vers elle. De nouveau, elle entendit une voix familière au sein de son crâne :

— Détends-toi, petit reptile. Nous allons commencer.

Eh là, non ! Elle était une vouivre, que diable ! Hélas, sa fureur ne suffisait pas à dissiper la torpeur qui l’habitait. Elle en vint à maudire son escarboucle, qui bien entendu ne la transportait pas dans un autre endroit.

Un rayon d’une blancheur éclatante frappa ses rétines. S’ils continuaient, elle finirait aveugle pour toujours. Elle ne pouvait pas fermer les yeux. Un grondement de panique fusa de sa poitrine.

— Arrête de bouger. Sinon, la douleur empirera.

La Vouivre rugit en guise de réponse. Quels vauriens ! Ils la torturaient sans aucun état d’âme. Sa haine envers les êtres gris gonfla en son cœur. Elle se vengerait et les écharperait ! Ils n’étaient même pas dignes de terminer dans son estomac. D’ailleurs, étaient-ils comestibles ? Elle en doutait fortement. Elle risquait plutôt de s’intoxiquer…

Rien que d’y songer, une faim terrible tordit son ventre. Ils ne l’avaient pas nourrie. S’étaient-ils au moins rendu compte qu’elle allait périr de famine ?

Tandis qu’elle souffrait le martyre avec l’abominable lumière qui martelait ses globes oculaires, elle sentit des mains froides se promener sur son abdomen, puis ses ailes, puis sa queue. Ah, si elle pouvait les griffer ! Elle éprouvait une sainte horreur d’être touchée. L’un d’eux eut l’audace d’effleurer son précieux trésor.

Ils n’avaient pas intérêt à le lui voler.

Soudain, un brouhaha désagréable résonna dans son esprit. La Vouivre mit plusieurs secondes à réaliser qu’elle entendait leur « conversation », bien qu’ils ne s’adressent pas à elle :

— Son espèce ne devrait pas avoir de pattes.

— Elle est chétive aussi. Peut-être qu’il s’agit d’un rejeton dégénéré ?

— Toutefois, nous pourrions nous servir de ses cellules.

— En effet.

— Une odeur de menthe imprègne ses écailles, ce n’est pas très normal.

Le vieil homme chez qui elle avait récupéré son escarboucle l’avait lavée avec un produit à base de cette plante, et pas qu’un peu ! La faute aux égouts où elle avait séjourné… Évidemment, ils ne pouvaient pas le savoir.

Elle se concentra pour bouger sa queue. Un frémissement la parcourut. Ah, elle réagissait ! À moins que cela ne soit à cause des êtres gris qui effleuraient des zones sensibles.

Il leur en cuirait, elle se le jura.

— Si seulement nous étions en mesure de provoquer une transformation chez elle.

— Pourquoi ?

— Eh bien, vérifier si elle est capable d’adopter de multiples apparences.

— La métamorphose n’est pas notre priorité pour la survie de notre espèce.

C’en était trop. Ils voyaient en elle une vulgaire bête de foire ! Même les humains montraient plus de décence. D’un mouvement infime, elle parvint à remuer la tête. Bon, c’était mieux que rien…

— Elle n’est pas un peu âgée pour la procréation ?

— Il faudrait tester ses gonades.

La Vouivre hurla de colère. Dans un soubresaut, sa queue se déporta sur le côté et faucha un être gris. Aussitôt, la lourdeur qui emprisonnait ses membres laissa place à une vigueur emplie de rancœur. Aveuglée par la lumière blanche, elle fonça sur un autre bipède et le poussa. Les paupières closes, elle griffa l’air avec une furie qu’elle avait rarement éprouvée. Une voix dénuée d’émotion résonna au sein dans son esprit dans le but de la calmer :

— Peux-tu cesser ? Tu ne peux pas t’échapper du vaisseau de toute façon.

Les yeux douloureux et fermés, la Vouivre se dirigea vers l’être gris restant. Elle siffla à son intention que si, elle se sauverait même si elle devait commettre un massacre.

— Si tu sors, tu mourras. Nous ne sommes pas sur la planète, mais dans l’espace.

Encore des mensonges et des inepties !

— Nous sommes plus évolués que les humains et nous pouvons voyager. Eux en sont incapables.

Elle feula. Peu importe, elle voulait retourner chez elle. Elle voulait toucher terre.

— C’est impossible. Nous avons besoin de toi.

La Vouivre leva une patte. Ooooooh, ils ne la retiendraient pas plus longtemps contre sa volonté ! Elle les forcerait à lui obéir ! S’ils refusaient, elle les dévorerait jusqu’au dernier. L’espèce d’avion-bateau dans lequel elle était détenue la déposerait devant la cathédrale.

— Tu ne sais pas piloter le vaisseau.

Oh, qu’il l’agaçait ! De toute manière, ils ne l’approcheraient plus. Elle leur avait démontré qu’elle pouvait vaincre leur magie. Après tout, c’étaient des sorciers vu la manière dont ils l’avaient immobilisée. Cependant, il y avait un hic : ils n’étaient pas humains. Elle ne comprenait toujours pas leur nature, d’ailleurs.

Elle se risqua à ouvrir les yeux pour toiser d’un air méprisant l’être gris. Il ne bougeait pas, mais elle sentait qu’il paniquait.

— Très bien, petite vouivre.

Elle grogna et lui souffla dessus. De quoi se mêlait-il ? Sa taille ne le regardait pas ! Malheureusement, elle ne réussit pas à le carboniser. Leur magie entravait aussi ses flammes.

— Nous sommes dans une impasse.

La Vouivre secoua la tête. Bien sûr que non, voyons. Il suffisait qu’ils se résignent à l’idée de la relâcher. Sa queue battait le sol avec frénésie. Sa patience déjà inexistante touchait à sa fin !

— Nous ne te voulons aucun mal.

Qu’il cause, elle n’avait pas envie de l’entendre davantage. Sans pitié, elle l’assomma comme ses compagnons. Enfin, elle les contempla, haletante, les crocs luisants. Non. Elle ne souhaitait pas prendre le risque de s’empoisonner avec leur chair à l’aspect dégoûtant. Elle renifla, puis s’efforça de trouver une porte. Elle affronterait les êtres gris qui circulaient dans l’avion-bateau, mais ce ne serait pas un problème.

Elle n’eut pas à chercher bien longtemps ; sitôt qu’elle s’avança vers le mur le plus proche, un pan se déroba. Un couloir aux halos bleus insolites collés au plafond l’y attendait. La Vouivre se faufila dans le passage tout en bénissant sa taille. Si elle avait été plus impressionnante, elle n’aurait pas pu y accéder.

Quand elle arriva au bout du couloir, une nouvelle porte triangulaire disparut devant elle. La Vouivre avisa un être gris marchant en sens inverse. Il se pétrifia en l’apercevant bien que l’expression de son visage demeure stoïque. Sans réfléchir, elle siffla et fonça sur lui. Non ! Elle ne serait pas bernée par son apparence gracile et dénuée de menace !

Il ne fit pas un pli. Elle ne lui laissa pas le temps de prévenir ses congénères. Elle aurait été paralysée par leurs armes invisibles sinon. Il fut plaqué contre le mur, puis étourdi. La Vouivre le considéra avec un reniflement puis se détourna de lui. Tandis que la faim grondait en ses entrailles, elle chemina.

Elle se retrouva dans un autre couloir, puis encore un autre… Cela n’en finirait donc jamais ? Tournait-elle en rond ? Elle tituba ; les lumières lui donnaient un mal de crâne terrible – à moins que ce ne soit à cause des êtres gris et de leur rayon ? Elle franchit un énième passage triangulaire sans prêter attention à son environnement.

Elle aurait dû.

Elle hoqueta lorsqu’elle fut confrontée à la nuit constellée d’étoiles. Non, une mince paroi en verre la séparait de la liberté. La Vouivre avança jusqu’à l’atteindre. Si proche, pourtant si lointaine… Un picotement la saisit entre les deux yeux. Son précieux trésor s’éveillait ! Ah, il la sortirait enfin de l’avion-bateau ! Excitée et soulagée, la Vouivre fixa la silhouette pâle des astres. Bientôt, sa vision se brouillerait ; bientôt, le décor se plisserait jusqu’à ce qu’elle en ait la nausée.

Les secondes s’écoulèrent. Impassible, elle attendait toujours. Le phénomène était-il plus lent que la dernière fois ? Elle effleura son escarboucle et eut la surprise de constater qu’elle était aussi froide que de la glace. D’habitude, seule la fraîcheur s’invitait sur ses facettes étincelantes.

La Vouivre siffla d’horreur. Son joyau parut plus lourd sur son front écailleux. Que se passait-il ? Paniquée, elle cogna le verre qui la séparait du ciel. Non ! Les êtres gris avaient aspiré sa magie ! Elle resterait prisonnière à jamais…

Un son feutré naquit derrière elle. Elle se retourna et rencontra une dizaine de paires d’yeux en amande d’un noir d’obsidienne. Folle de rage et de terreur, elle ne réfléchit pas : elle fonça sur les bipèdes et les projeta contre les parois avec ses pattes et sa queue. Ils ne l’entraveraient pas ! Elle détala dans le vaisseau pour échapper à ceux qui étaient parvenus à se protéger de son attaque.

Une course-poursuite s’engagea entre eux.

La Vouivre se dirigeait avec ses sens olfactifs. Sa migraine avait atteint des sommets, sa vision déjà mauvaise à la base vacillait. Combien de temps tiendrait-elle avant d’être capturée ? Ses ravisseurs paraissaient être des centaines et des centaines – en réalité, elle connaissait de légers soucis de dénombrement au-delà de dix.

Gagnée par l’épuisement et l’hypoglycémie, elle s’effondra en plein milieu d’une salle ovoïde, à peine plus grande que celle où elle avait été enfermée. Dans son mouvement, sa queue percuta un meuble fixé au sol constellé de boutons. Une sonnerie aiguë résonna dans tout l’habitacle et transperça les tympans de la Vouivre, même dans sa semi-inconscience.

Elle sentit des déplacements d’air autour d’elle. Les êtres gris couraient dans tous les sens, mais ne se préoccupaient plus d’elle. Elle réussit à capter des bribes d’échanges au sein de son esprit.

— Il faut atterrir !

— Impossible…

— Nous allons nous écraser !

— Le panneau de commandes…

— La survie de notre espèce est vraiment compromise !

Elle perdit pied avec la réalité. À plusieurs reprises, elle glissa d’un coin à un autre de la pièce à cause de l’avion-bateau qui n’arrêtait pas de tanguer ou de zigzaguer – elle n’en savait trop rien. La nausée secoua son estomac vide et la bile remonta dans sa gorge. Elle s’étouffa et propulsa même un maigre jet de flammes sur un pan de mur lorsqu’elle éternua.

Un horrible bruit de ferraille et de craquements envahit ses oreilles au moment où l’avion-bateau heurta quelque chose de dur. La Vouivre siffla et se cogna contre quatre êtres gris. Ils restèrent étendus au sol lorsqu’elle se redressa en chancelant. Elle entendit distinctement dans sa tête :

— Cette fois, nous sommes en danger.

— Les homo sapiens vont prouver notre existence et nous traquer.

Indifférente aux apitoiements des bipèdes, elle se dirigea vers l’immense rectangle de lumière qui se découpait dans une salle adjacente. Elle reconnut l’éclat familier et chaud du soleil. Elle s’y précipita et se roula avec ravissement dans l’herbe grasse et verte du champ où ils avaient échoué.

La Vouivre finit par se rappeler de la présence des êtres gris, qui s’étaient rassemblés autour de leur avion-bateau. Non. En réalité, leur moyen de locomotion ressemblait à une grosse assiette bombée toute blanche. Pouah !

Tant qu’ils ne lui prêtaient aucune attention, elle devait s’enfuir. Avec toute la rapidité dont elle était capable, elle s’éloigna d’eux.

Elle repéra quelques musaraignes et rongeurs ; sans tarder, elle se jeta dessus et les dévora jusqu’à être rassasiée. Enfin de la nourriture ! Tandis qu’elle suçotait ses griffes, elle se rendit compte qu’elle s’approchait de plus en plus d’un bâtiment. Une cour jouxtée d’arbres l’encerclait. Soudain, son escarboucle pourtant glaciale quelques minutes plus tôt palpita, aussi brûlante que de la lave en fusion. La Vouivre hurla de douleur et d’angoisse ; des vagues lumineuses l’assaillirent et, de nouveau, sa vision en pâtit. Lorsque le phénomène cessa, la première chose qu’elle entendit fut des chuchotis. Certains étaient emplis de stupeur ; d’autres, de peur.

— C’est quoi ça ?

— On dirait un dragon...

— Mais non, ça n’existe pas !

— Où est la maîcresse ?

Son cœur rata un battement. La Vouivre plissa les paupières et avisa de petits bipèdes – bel et bien humains. Ils étaient allongés sur des couchettes dans une pièce aux volets à moitié fermés. Ils la fixaient avec de grands yeux en silence. Elle hoqueta. Elle était pédophobe ! Comment arriverait-elle à se sortir de ce nouveau pétrin ?

L’assiette grotesque des êtres gris avait atterri dans un champ qui bordait une école maternelle, et son stupide joyau l’avait transportée à l’intérieur, dans la « salle du dodo ».


Texte publié par Aislune S., 14 octobre 2017 à 15h08
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