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Tome 1, Epilogue « L'après-guerre » Tome 1, Epilogue
Un supérieur ne doit pas consacrer trop de moyens au bien être de ses sujets les plus humbles. Les paysans, artisans, et autres personnes de basses extractions à cause de leur infériorité naturelle, ont une existence relativement courte. Eux-mêmes en ont conscience. Il suffit de voir avec quelle résignation ils réagissent à la mort de l’un des leurs
    
    Extrait de l’art de la gouvernance

    
    
    Ce n’était qu’un régiment de la coalition ou plutôt l’ancienne selon une rumeur. Son passage constituait tout de même un spectacle dans ce village paumé. Donc les habitants sortirent de chez eux, et regardèrent les soldats traverser la rue.
    
    Même si elle était dans la foule, Roxanne ne se faisait aucune illusion. Elle savait que plus de la moitié de l’armée était morte durant la bataille d’Ishtar. Même le légendaire comte Arthéon y avait laissé la vie. Alors comment un simple soldat parmi tant d’autres comme Gernot, aurait-il pu survivre ?
    
    Au fond d’elle-même Roxanne se doutait, qu’il y passerait. Ce qu’ils avaient vécu dans les fourrés était déjà exceptionnel. Tous les gens qu’elle côtoyait, n’avaient même pas eu droit à çà.
    
    Les penseurs du grand ordre racontaient que chacun avait un rôle bien déterminé dans le monde. Roxanne pensait que pour les petites gens comme elle, il se limitait à s’atteler à la tâche. Espérer autre chose était bien naïf.
    
    Si elle observait les soldats, c’était juste parce que la vue de leurs uniformes lui rappelait son cher Gernot.
    
    Soudain il fut là devant elle ! Ce devait être un rêve. Pourtant il semblait si vrai avec son air épuisé, et son uniforme crasseux. Elle tendit le bras, et sentit de la résistance. Gernot était bel et bien réel.
    
    « Comment ? » Parvint-elle seulement à dire.
    
    Le soldat ne dit rien pour la bonne raison, qu’il ignorait lui-même les raisons de sa survie. Son ventre avait arrêté de le torturer juste comme çà. A quoi Gernot devait-il ce miracle ? Ganelon avait peut-être mal confectionné son poison.
    
    A vrai dire Gernot n’eut pas vraiment le temps d’y réfléchir sur le moment. Il dû rejoindre le champ de bataille en vitesse afin de ne pas passer pour un déserteur.
    
    A son arrivée les affrontements étaient presque finis. Il n’eut qu’à achever quelques ennemis récalcitrants, et à se réjouir de la victoire avec ses compagnons.
    
    Échapper à la magie du terrible Ganelon était un exploit, dont peu de personnes pouvaient se vanter. Pourtant Genot renonça vite au fin mot de cette histoire. Il ne songeait qu’à sa future existence avec Roxanne.
    
    L’explication était en fait assez simple. Ganelon connaissait la puissance de la simple persuasion, et préférait éviter de tuer autant que possible. De plus elle ne lui restait plus beaucoup de matériel. Par conséquent l’ancienne sage avait fait avaler de force à son prisonnier une mixture au goût étrange mais parfaitement inoffensive. L’esprit de son cobaye avait fournit le reste.
    
    Gernot songea dans un premier temps à amener Roxanne avec lui à la ville où stationnait sa garnison en tant de paix. On avait toujours besoin d’une lavandière pour laver les uniformes. Ca ajouté à sa solde ils auraient de quoi se payer un logement.
    
    Et si on le mutait ailleurs ? Et si une autre guerre était déclarée ?
    
    Une telle existence n’était plus possible à présent. Il demanderait sa démobilisation et l’obtiendrait sans doute facilement avec l’absence de conflit en court.
    
    Il pourrait toujours faire garde du corps auprès de riches marchands ou être videur dans une auberge. Et pourquoi pas manutentionnaire il était costaud après tout.
    
    Et Roxanne. Voudrait-elle quitter son village ?
    
    En se posant toutes ces questions Gernot se rendit compte, qu’il était libre désormais. Libre jusqu’aux tréfonds de son âme. Son avenir ne se limitait plus à crever sur un champ de bataille sous les ordres d’un quelconque supérieur.
    
    Alors que le couple s’enlaçait sous les quolibets graveleux des soldats et les désapprobations des vieilles bigotes, une autre scène avait lieu à bien des kilomètres de là.
    
    Un gamin recopiait inlassablement les pages d’un livre. Il avait les doigts recouverts d’encre, les yeux rougis, et le dos grinçant. Malgré tout il ne s’octroyait aucune pause au grand étonnement des autres copistes.
    
    Jamais ils n’auraient soupçonné une telle endurance chez lui. Lors de son arrivée il faisait si empoté. De plus ses mains étaient blanches et lisses, comme celles quelqu’un n’ayant jamais travaillé.
    
    Il faut dire que pour Fiona il ne s’agissait pas d’un travail mais d’une quête, celle du serpent. En passant devant cet atelier d’écriture elle réalisa que malgré son enfance oisive elle disposait d’un talent rare, celui de savoir tenir une plume.
    
    Alors elle se consacrait corps et âme à sa nouvelle profession de copiste. A quoi lui servirait l’or qu’elle accumulait ? Acheter une place dans une caravane marchande, se procurer un cheval ou une arme... Quoi qu’il en soit cela faciliterait sa fuite des terres de l’ouest.
    
    Le plus curieux dans tous cela c’est que ces trois personnes à l’avenir incertain et dont plus personne ne se souciait, étaient les véritables vainqueurs de la bataille d’Ishtar.

Texte publié par Jules Famas, 6 août 2017 à 10h37
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