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Tome 1, Chapitre 5 « Roland » Tome 1, Chapitre 5
Arthéon avait un compagnon fidèle parmi les fidèles. Roland était son ami de toujours avec lequel il jouait étant enfant. Conscient du fabuleux destin attendant son camarade de jeu, Roland fit le serment d’être toujours à ses cotés et à le soutenir même dans l’adversité.
    
    Extrait de la première guerre du royaume

    
    
    « C’est toi qui leur a soufflé cette idée hein Ganelon ? » Dit Roland intérieurement.
    
    Après dix années de confidence avec le premier membre de son réseau, Roland ne parvenait pas à se défaire de cette habitude même si l’intéressé était désormais absent.
    
    En effet la tactique employée provenait certainement de Ganelon. Connaissant bien Roland il se doutait, qu’il ne se contenterait pas d’un siège conventionnel. Il trouverait certainement un moyen de s’infiltrer dans la ville. Donc Ganelon avait mis en place des hautes barricades dans les grandes rues. Ces obstacles freinaient la progression de la coalition, et surtout neutralisaient son meilleur atout : sa cavalerie.
    
    La colère se mêlait à l’admiration chez Roland devant ce spectacle. Il était salement coincé. Passer par les petites rues ferait perdre l’avantage numérique et celui des formations de combat. Sans oublier la perte de temps, qui permettrait à leurs ennemis de se réfugier en masse dans la citadelle au centre de la ville.
    
    Roland savait admettre la défaite. Il fit donc sonner le rempli des fantassins. D’ailleurs ils avaient déjà en partie entamés la manœuvre. Les pauvres constituaient des cibles faciles pour les archers à l’autre bout de la rue. Et comme si ça ne suffisait pas ceux ayant échappés aux flèches devaient escalader cette maudite barricade au sommet duquel on les harcelait à coup de lances.
    
    Pourtant Roland les avait couvert avec ses propres archers. Hélas ils étaient trop peu nombreux. Le gros des armées dans les terres de l’ouest se basait sur l’infanterie. De plus on préférait laisser les archers dans les châteaux lors des expéditions afin de contenir d’éventuelles attaques de la part de quelques opportunistes.
    
    Roland fit mettre en place des protections de fortune avec des chariots et d’autres accessoires trouvés çà et là. Une fois cachés derrière les archers recommencèrent à tirer. Parviendraient-ils à triompher de leurs rivaux d’Ishtar ?
    
    Roland décida de ne pas attendre la réponse. Il fit mettre pied à terre sa garde personnelle. Car même si sa lignée était modeste, il disposait de ce privilège du fait de sa place auprès du comte Arthéon.
    
    Roland avait toujours veillé à ce que les membres de sa garde soient compétents à la fois à cheval et à pied. Présentement cela allait le servir.
    
    A l’aide de son épée il força la serrure d’une maison devant l’œil intrigué de ses hommes. Après avoir traversés le bâtiment et pénétrés dans un autre, ils finirent par comprendre.
    
    Ils répétèrent la manœuvre jusqu’à ce qu’ils puissent surprendre les isthariens derrière leur palissade.
    
    Lorsque son père lui mit une épée entre les mains, Roland réalisa rapidement son retard. Jamais sa technique et sa condition physique n’égaliseraient celles des autres supérieurs formés dès l’enfance. Heureusement les mathématiques lui avaient apprit à mettre un problème à plat, à l’analyser, et enfin à le résoudre.
    
    Ne pouvant pas combler suffisamment ses manques, Roland étudia ceux des autres. C’est ainsi qu’il mit au point un style relatif s’adaptant à ses adversaires.
    
    Quand dans la mêlée l’un des archers dégaina une dague et l’attaqua, Roland recula afin de conserver avec son épée l’avantage de la distance. Après lui avoir ouvert le ventre le supérieur dû affronter un homme cuirassé et brandissant une masse d’arme.
    
    Dès que le combattant adverse leva son arme, Roland exécuta un coup d’estoc d’une seule main dans l’aisselle. Cet endroit était toujours dénué de protection. Alors que son ennemi accusait le coup, Roland retira rapidement sa lame, puis l’enfonça dans la feinte du casque.
    
    D’abord surpris les ishtariens finirent par se reprendre. Dommage que cette réaction venait trop tard. Roland avait préalablement ordonné au chef de son régiment d’infanterie de charger dès que les tirs ennemis cesseraient.
    
    Alors que le supérieur et sa garde personnel étaient acculés, les renforts déboulèrent. D’un coté des combattants professionnels avec plusieurs batailles derrière eux. De l’autre des soldats se chargeant habituellement des tire-laines, et des simples civils armés.
    
    La victoire ne fut pas longue à venir.
    
    Roland en rejoignant le point de ralliement convenu avec ses troupes, constata qu’Arthéon en compagnie de son propre groupe l’avait devancé.
    
    Curieusement il était encore à cheval. Cela voulait dire, qu’il était parvenu à gravir au moins une des barricades tout en se maintenant sur son destrier. Décidément les prouesses guerrières du comte défiaient toute logique.
    
    Il s’agitait couvert de sang, et le sourire aux lèvres sous les acclamations. Il était fait pour tuer, et adorait cela.
    
    Une fois le royaume édifié, il risquait de se ramollir. Et c’était tant mieux. Il se contenterait de suivre les directives soufflées par son fidèle et si avisé conseiller.
    
    Ainsi les terres de l’ouest seraient gérées par la science et la logique. On verrait alors apparaitre un âge d’or.
    
    Mais pour l’heure c’était Ortwin, qui apparaissait. Lui et ses hommes sentaient l’usure avec leurs protections cabossés, et leurs visages épuisés.
    
    Ortwin ne disposant ni de l’astuce de Roland, ni du talent d’Arthéon, il avait effectué une charge massive. La manœuvre avait fonctionné au prix de lourds dommages.
    
    Était-ce si grave ? La victoire était à portée de main à présent. Même si des ishtariens étaient parvenus à s’enfermer dans la citadelle, ils ne devaient pas être très nombreux du moins chez les combattants.
    
    « Que croyais-tu Ganelon ? Ishtar n’est pas habité par un peuple de guerre. Même si tes actions nous ont affaiblit, nous ne pouvions que gagner au final.
    Au moins tu te bats pour une bonne cause, tu fais le bien. Tu parles ! Ce qui compte c’est la réalité, le résultat. Et rien d’autre.
    Les orcs tout comme cette ville vont disparaitre. Fiona va de nouveau partager la couche d’Arthéon. Voilà la réalité.
    Tu n'as rien fait d'autre que d'augmenter le nombre prévu de morts pour l'édification du royaume. »
    
    Aucune colère, ni rage ne vint à l’esprit de Roland en prononçant ses mots dans son crâne, seulement de la tristesse face à ce gâchis.
    
    « Oh Roland ! » Répéta un peu plus fort Ortwin. « Tu m’écoutes ? J’ai besoin de tes hommes pour déblayer les rues et faire entrer les engins de siège. Les miens sont à bout. Et ceux d’Arthéon s’occupent d’encercler la citadelle. »
    
    Roland regarda ce supérieur incapable de voir au-delà du bout de sa lame. Heureusement qu’il ne serait bientôt plus qu’un vestige du passé.
    
    « T’es si pressé ! » Répliqua-t-il au vestige en question. « Entre la marche jusqu’à la ville, la prise des remparts, et les combats dans les rues, nos troupes ont bien mérité de souffler un peu. »
    
    Ça c’était faire le bien : laisser les soldats se remettre, afin qu’ils soient plus efficaces et donc moins nombreux à mourir plus tard.

Texte publié par Jules Famas, 23 juillet 2017 à 08h53
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