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Tome 1, Chapitre 3 Tome 1, Chapitre 3
Althéa n’osait ouvrir les yeux pour affronter le probable monstre qui se trouvait face à elle. Elle se sentait comme une brebis face à un loup s’apprêtant à la dévorer.
    Était-ce le Comte Black ? Ou l’un de ses sbires venus la récupérer pour la conduire à lui ? Elle n’en avait aucune stricte idée et cela l’angoissait.
    Elle se résolut pourtant à ouvrir ses mirettes et tomba sur le regard vert d’un jeune homme.
    Ses prunelles étaient semblables à deux pierres précieuses, deux émeraudes brillants d’un éclat qui surprit la jeune femme. Elle était hypnotisée par ces yeux et subjuguée par la sensualité et le charme de cet inconnu. Son regard dériva jusqu’à ses lèvres rosés, légèrement entrouvertes et dévoilant deux petites canines. Elle conclut qu’il s’agissait d’un vampire. Quant à son identité, elle lui était encore étrangère.
    Elle vit les yeux de l’homme dériver jusqu’à son cou, puis sa poitrine et elle sentit ses joues s’échauffer. Althéa était troublée, en plus d’être gênée. Elle ressentait quelque chose qu’elle n’avait jusqu’alors jamais ressenti : le désir.
    Lui, comme elle, ressentaient une étrange attraction, tels deux aimants qui s’attirent.
    
    Il était aussi perdu qu’elle.
    
    Depuis l’aube, il avait fait la connaissance de jeunes filles toutes plus belles et savoureuses les unes que les autres, mais jamais il n’avait ressenti une telle fascination, un tel attrait. Perdu était un euphémisme, pour lui. La femme qu’il avait face à lui le troublait comme jamais aucune femme ne l’avait troublé auparavant.
    Le corps dévoilé par la robe légère lui donnait envie de croquer sa chair, de toucher sa peau et, finalement, d’épouser ses lèvres rougies par un peu de maquillage.
    Cette femme ne le laissait pas indifférent et cela l'effrayait.
    Il se demanda alors qui elle était et pourquoi il ressentait une telle chose.
    Il la vit baisser la tête et remarqua que ses mains tremblaient. Son cœur se serra à cette vision, après avoir martelé son thorax de la plus douloureuse des façons. Il prit ses mains dans les siennes, constata la peau délicate et fragile et remarqua combien elles étaient fines.
    Il inspira grandement pour reprendre contenance. Cruelle erreur… Le parfum de rose et de lavande de cette séduisante créature lui titilla les narines. Il avait à la fois chaud et froid et le désir coulait à présent à flot dans ses veines.
    Quelle est cette sorcellerie ? se demanda-t-il en s’efforçant de regarder autre part.
    « M… Monsieur… ? » questionna timidement Althéa.
    Elle n’osait relever la tête, elle ne voulait pas affronter ce regard. Elle n’en avait ni le courage, ni la force.
    Ses jambes tremblaient et menaçaient de la lâcher à tout moment. Les sentiments qui la tiraillaient lui donnaient envie de fuir, de courir et de s’éloigner au plus vite de cet étrange personnage.
    « Drake, la renseigna-t-il, je me nomme Drake. »
    Elle sursauta au son de sa voix. Elle était grave, froide et autoritaire. L’onde sonore se répercuta dans tout son corps et lui donna de violents frissons. Elle en ressentit quelque chose d’indescriptible, quelque chose qui fit battre son cœur plus vite encore qu’il ne le faisait déjà.
    Drake… se répéta-t-elle.
    « Vous n’êtes pas, commença-t-elle avec hésitation, le Comte Black ?
    - Non, je suis… son émissaire, si je puis dire. Il m’a envoyé récupérer les futurs calices. »
    Althéa hocha la tête, suite à cette information. Elle n’osait cependant toujours pas affronter Drake du regard.
    Il lâcha ses mains et pris son menton pour le soulever et la contraindre à le fixer.
    
    
    Il put ainsi découvrir les prunelles sombres de la jeune fille et les comparer à deux obsidiennes, de par leur couleur singulière. Dans l’obscurité, il découvrit que l’on ne percevait que difficilement ses pupilles, ce qui lui donnait un regard particulièrement intense.
    Il se surprit à l’apprécier.
    « Mademoiselle… ? prononça-t-il d’une voix plus douce que précédemment.
    - Althéa. Je m’appelle Althéa. » lui répondit-elle en osant lui sourire.
    Et quel sourire ! Il fit repartir son cœur dans une nouvelle embardée.
    Jamais Drake n’avait connu ni ressenti une avalanche de sentiments aussi déstabilisante. Et il n’en comprenait pas la raison.
    Est-ce cela, le coup de foudre ?
    Il s’empressa de répondre en voyant l’air interrogateur qu’arborait à présent son irrésistible interlocutrice :
    « Je suis… enchanté de faire votre connaissance, mademoiselle Althéa. Vos affaires sont-elles prêtes ? »
    Il devait retrouver la maîtrise de son corps. Il ne devait pas se déconcentrer de sa mission.
    Il se souvint alors que la femme qui se trouvait face à lui était promise au Comte Black et cela eut l’effet d’une douche froide. Son regard se durcit et il recula d’un pas pour mettre de la distance entre eux.
    Il ne pouvait la désirer.
    Il ne devait pas même la regarder.
    Aussi, finit-il par détourner le regard.
    
    
    Althéa sembla alors reprendre ses esprits. Notamment lorsqu’elle entendit un petit raclement de gorge dans son dos. Elle se retourna prestement pour se retrouver face à face avec Judith.
    Cette dernière tenait sa valise d’une main et une paire d’escarpins noirs de l’autre. Elle lui adressait un sourire chaleureux et un regard empli de bienveillance qui donna à Althéa l’envie de pleurer. Elle se réfugia dans ses bras, profitant pour la dernière fois de la chaleur et de l’amour familial. A cette embrassade se rajouta de nouveaux bras, dont ceux de la matriarche.
    La mère captura les joues de sa fille entre ses mains et embrassa son front. Elle se pencha pour lui chuchoter :
    « Ne perdez pas votre objectif de vue, Althéa. Le Comte Black est le seul homme qui doit compter à vos yeux. Devenez son calice… ou ne revenez jamais. »
    Ses paroles étaient dures et prononcées d’une façon si froide qu’elles brisèrent le cœur d’Althéa. Mais ce qui lui fit le plus mal, était leur sens, leur signification.
    « Adieu, mère. » lui dit-elle, blessée par ce douloureux au revoir.
    
    

Texte publié par Fiorthnir, 12 juin 2017 à 13h21
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