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Tome 1, Chapitre 6 Tome 1, Chapitre 6
Soudain, il y eut un grand craquement. Nicholas détourna la tête. Deux coups de feu partirent dans un éclair blanc qui s’imprima sur sa rétine à travers ses paupières.
    
     L’invocation mourut dans un hoquet de surprise et de douleur. Le commissaire entrouvrit les paupières. Les yeux écarquillés, le baron fixait la tache de sang qui s’élargissait sur sa poitrine. Dans un spasme, il lâcha sa dague. Le verre noir de la lame explosa sur le sol avec un son cristallin. Puis, Thornton s’effondra sur le sol dans un bruit mat.
    
     Un cri inhumain déchira alors le silence irréel qui s’était abattu sur la chapelle. Un nouveau coup de feu partit. Veia le para d’un simple revers de main. La balle alla arracher un morceau de mur dans une explosion de poussière. Au même moment, toutes les flammes qui illuminaient la bâtisse bondirent de leur support et s’élevèrent en colonne de feu autour de la sorcière. La dernière chose que Nicholas vit d’elle fut son regard noir et blanc, posé sur lui avec une haine meurtrière qui hurlait à la vengeance. Quand les flammes disparurent, seules restaient d’elle quelques taches de sang brunes sur le sol.
    
     Le soulagement manqua étouffer le jeune homme. Le cœur au bord des lèvres, il se tourna vers ses sauveurs. Il reconnut les hommes en gris de l’auberge et des halles. Ils le détachèrent et le couvrirent de l’une de leurs capes.
    
     « Qui êtes-vous ? demanda l’un d’eux sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits.
    
     — Ni… Nicholas Asher Coleman, répondit automatiquement le jeune homme. Je suis… J’étais commissionné par le roi afin de trouver des preuves pour incriminer le baron Thornton de sorcellerie. »
    
     L’autre homme, le chauve, acquiesça.
    
     « Et vous ? leur retourna Nicholas.
    
     — Nous sommes de l’Inquisition. Quand nous vous avons vu arriver et commencer à poser des questions à tout va, nous avons cru que vous alliez mettre à bas toute notre opération. Cela fait un long moment que nous surveillons les agissements de Thornton. Mais il savait couvrir ses traces, le bougre. »
    
     Nicholas secoua la tête.
    
     « Ce n’était pas lui. C’était elle. »
    
     Il en avait la certitude, à présent. Veia n’avait jamais fait que manipuler son baron de frère, à supposer qu’il l’ait réellement été, ce que l’on ne saurait sans doute jamais. Il jeta un regard au corps, allongé au milieu du pentacle de suie dans une position grotesque de jouet désarticulé. Il frissonna. Un homme était bien mort, ce soir-là, mais ce n’était pas celui que la sorcière avait eu à l’esprit.
    
     « Maintenant, nous le savons, répondit le chauve. Nous devons l’arrêter.
    
     — La crypte, sous l’abbaye en ruines, renseigna le commissaire. Si vous me donnez un peu de temps, je peux ramener la garnison de Quillburn. »
    
     Et de fait, moins d’une heure plus tard, toute une troupe armée encerclait l’abbaye. Le commandant de la garnison avait fait quelques difficultés, d’autant que Nicholas n’avait plus son ordre de mission, mais avec l’aide des inquisiteurs, le commissaire parvint néanmoins à le mobiliser, lui et prêt de la moitié de ses effectifs.
    
     Prudemment, les uns derrière les autres et en silence, ils descendirent l’étroit escalier à vis qui ouvrait sur la crypte. L’odeur du lieu ramena Nicholas quelques heures à peine en arrière. Une éternité semblait s’être écoulée depuis. En bas, tout était plongé dans les ténèbres. Quand ils poussèrent la porte de la crypte, les flammes de leurs torches ne trouvèrent que le néant. Tout avait disparu. Il ne restait plus une trace de l’endroit que le commissaire avait connu.
    
     Ils investirent les lieux, mais il n’y avait personne à trouver. Mais sur le mur du fond, derrière l’âtre où la sorcière avait installé son foyer, la flamme des torches fit danser un mot. Un seul mot, écrit à la suie en grandes lettres furieuses et vindicatives.
    
     Destin.
    
    

    
     « Si je comprends bien, récapitula Bedford, l’affaire Thornton est réglée, mais ce n’était pas réellement lui le problème. »
    
    Le commissaire qu’il avait envoyé à Thorn acquiesça. Il semblait éprouvé, nota Bedford. Asher Coleman ne lui avait rien caché de la tromperie dont il avait été victime, ni du rituel dont il avait failli être l’offrande. Mais l’épreuve avait dû être plus bouleversante que le jeune homme ne voulait bien le laisser paraître. Il n’y avait qu’à voir ses cheveux soudainement devenus grisonnants et le regard hanté qu’il posait autour de lui. Bedford décida de lui accorder un peu de repos après cette triste affaire.
    
     « C’est elle qu’il faut arrêter, messire. Elle est dangereuse. »
    
     Bedford approuva d’un signe de tête.
    
     « Oui, je ferai passer le mot.
    
     — Non, vous ne comprenez pas. Elle ne joue pas avec les mêmes règles que nous. Elle est dangereuse. Il faut l’arrêter, l’empêcher de nuire. Ou d’autres périront. »
    
     La voix d’Asher Coleman avait pris des accents de terreur et de panique pure.
    
     « Rassurez-vous, le tranquillisa Bedford. Nous l’arrêterons. Elle ne vous menacera plus, ni vous ni personne. »
    

Texte publié par Pixie, 14 août 2017 à 15h33
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