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PREMIÈRE SORCIÈRE

Trois fois le chat tacheté a miaulé.

DEUXIÈME SORCIÈRE

Trois fois ; et une fois le hérisson a grogné.

TROISIÈME SORCIÈRE

La harpie crie : il est temps ! il est temps !

William Shakespeare, Macbeth

Acte I : L’antre de la sorcière

La clameur, violente, vindicative, s’élevait dans la nuit tombante, plus haute encore que les flammes des torches. Les silhouettes griffues de fourches, de houes, de pioches même se découpaient en noir sur le fond de ciel rougeoyant.

Derrière la fenêtre de sa maisonnette, la tête penchée, la sorcière Lavinia écoutait, distraite, les imprécations de haine qui montaient depuis le bas de la colline. Ce n’était pas la première fois et sans doute pas la dernière non plus.

Pensive, elle gratta du bout de l’index son têtard domestique. Dans son bocal, la petite créature frétilla et sa longue queue vint lui chatouiller la paume de la main.

« Vous croyez qu’ils vont encore essayer de me brûler ? demanda-t-elle à voix haute.

— Il faudrait déjà qu’ils trouvent le courage de monter jusqu’ici, nota Em avec douceur.

— Skouik », approuva Ratus.

Lavinia abandonna Têtard, se retourna et considéra pensivement son intérieur. La grande pièce plongeait dans un joyeux désordre que personnellement, elle trouvait chaleureux. Mais pour une raison qui lui restait abstruse, ses visiteurs ne semblaient pas penser de même et posaient toujours autour d’eux un regard de terreur pure. La faute à la pénombre rougeoyante qui émanait de l’âtre ? Ou aux carcasses sanglantes d’oies et de lapins accrochées aux murs, peut-être ? Mais elle était comme tout le monde, il fallait bien qu’elle se nourrisse. Et honnêtement, la touche macabre qu’elles apportaient était plutôt esthétique. Avec les bouquets d’herbes séchées et odorantes pendus ou éparpillés un peu partout et surtout, les trois crânes alignés sur le manteau de la cheminée, on obtenait une jolie variation sur le thème des vanités. Mais son sens de l’art demeurait dramatiquement incompris.

« Oh, ce ne serait jamais que la troisième fois ces cinquante dernières années, intervint Socrate, nasillard et sarcastique. Et personne n’a oublié comment ça s’est fini la dernière fois.

— Ça a senti le curé grillé pendant trois jours, se souvint Em.

— Skouik skouik », fit Ratus.

Lavinia soupira. Les hommes n’apprenaient jamais rien. Cette fois encore, comme partout ailleurs auparavant, ils allaient essayer de la coller sur un bûcher et d’allumer un grand feu de joie, susceptible de ramener un peu de gaieté dans leurs âmes tristes et étroites. Ça ne les avait pourtant pas dérangés qu’elle soit là pour résoudre leurs petits problèmes triviaux, les hypocrites. Toutes ces femmes éplorées souhaitant se débarrasser du fruit d’amours interdites. Tous ces hommes décidés à évincer un rival trop entreprenant. Tous ses enfants avides de toucher l’héritage de leurs parents avant que l’heure n’en soit venue. Ah, à ce moment-là, oui, on venait la voir, la supplier, l’implorer d’user de sa magie pour leur venir en aide.

« Qu’est-ce qu’ils te reprochent, d’ailleurs, cette fois ? » s’enquit Em.

Lavinia se tourna vers les crânes et suivit du regard la courbe verdâtre de celui d’Em. Il était tout couvert de mousse quand elle l’avait déterré. La coloration n’avait jamais voulu partir, malgré trois ou quatre lessivages intensifs à l’huile de coude. Ça lui donnait un air étrange, mais pas dénué de charme. En plus, il avait une belle voix, grave, caressante et modulée qui lui aurait donné des idées pas très catholiques s’il avait eu un peu plus de chair.

« Il se pourrait que j’ai décimé un troupeau de moutons. Ou deux. Ou trois. »

Socrate eut un ricanement narquois. Celui-là, par contre, elle aurait mieux fait de le laisser dévorer les pissenlits par la racine. Littéralement.

« Faut dire que tu les cherches », se moqua-t-il.

Lavinia haussa les épaules.

« Je suis une sorcière. J’ai une réputation à maintenir. Et d’un point de vue purement pratique… eh bien, je les ai quand même tous sauvés de la peste. Sans moi, ils seraient morts. Ça fait un sacré trou dans le grand dessein cosmique, fallait bien compenser. Et faire mourir des moutons, c’est nettement plus satisfaisant que faire mourir des rats.

— Skouik, confirma Ratus.

— Et voilà, où ça te mène, nargua Socrate. Tu ferais bien de revoir l’ordre de tes priorités. »

La sorcière jeta un regard torve au crâne jaune constellé de taches brunes, posé juste à côté de celui de Ratus.

« Et toi, tu ferais bien de t’inspirer un peu plus de Têtard. Lui au moins sait quand il faut se taire. »

En entendant son nom, la petite créature noirâtre cessa de tourner en rond dans son bocal d’eau croupie pour la regarder de ses yeux noirs et globuleux emplis d’admiration. Elle lui sourit avec affection.

La remarque sembla vexer Socrate, qui lâcha une exclamation dédaigneuse avant de s’enfermer dans un silence boudeur.

Lavinia revint à sa fenêtre. La clameur n’avait pas diminué, mais elle ne semblait pas se rapprocher non plus. Em avait raison. Il faudrait déjà que les villageois trouvent le courage de monter jusqu’en haut de la colline, à l’orée du petit bois où se trouvait sa maison. Mais au nombre qu’ils semblaient être, ils finiraient bien par se décider. Et là…

Tout ça pour de stupides moutons… Ces humains faisaient vraiment une montagne d’un rien. Après tout, ce n’était pas comme si elle avait fait périr tous leurs enfants. Guy l’avait fait lui, après que des villageois avaient refusé de lui payer son dû pour avoir dératisé tout le hameau. Mais son grand frère avait toujours eu la rancune tenace et un sens de la justice assez personnel et, il fallait bien le dire, plutôt effrayant. Sans être une gentille sorcière – Lavinia estimait avoir au moins autant que tout le monde le droit d’être égoïste, fourbe et ivre de pouvoir, si le cœur lui en disait – elle ne prenait pas plaisir à faire souffrir inutilement, même par simple esprit de vengeance. Elle n’avait pas la cruauté gratuite dans le sang. Et ceux qui, malgré tout, la trouvaient cruelle, eh bien… c’étaient qu’ils n’avaient pas connu sa charmante mère.

« Que vas-tu faire ? » demanda Em.

La sorcière regarda les fourches s’agiter au bas de la colline.

« Je ne sais pas encore, répondit-elle.

— Pff, demande à ton batracien de compagnie, lui qui est si sage », maugréa Socrate.

Lavinia esquissa un sourire.

« Allons, allons, pas de mauvaise foi.

— Venant de toi… »

La sorcière l’ignora. Après tout, on ne l’appelait pas la Déloyale pour rien.

Elle pouvait s’enfuir, évidemment. Rien de plus facile. Une petite invocation et les Ombres l’emporteraient là où elle le voudrait. Mais petit a, sa mère se retournerait dans sa tombe jusqu’à faire danser la gigue à tout le cimetière s’il elle s’avisait d’obéir à ce mouvement et petit b, Lavinia ne se le pardonnerait jamais. S’enfuir manquait de classe et quand on avait des pouvoirs comme les siens, on ne faisait jamais rien sans un minimum d’élégance.

Cette alternative écartée, ne restaient que deux solutions : combattre ou se rendre. Et ces deux possibilités ouvraient une infinité de perspectives que ne bornaient que les limites de l’imagination et de la créativité. Une fois, elle avait pris en otage tous les hommes d’un village venus l’arrêter, les avait changés en rats et avait menacé de les donner à dévorer à son serpent apprivoisé – elle n’avait jamais eu de serpent apprivoisé – trop capricieux, cette bête-là – mais elle ne répugnait jamais à une bonne tromperie. On l’avait laissée tranquille pendant quinze ans après cela. La sorcière sourit à ce souvenir. Elle n’habitait pas le même village, alors, mais ç’avait été l’un de ses plus grands coups d’éclat. Cependant, elle répugnait à réutiliser les mêmes recettes. C’était insulter sa vivacité d’esprit.

Il fallait qu’elle trouve quelque chose d’inventif et d’intelligent.

« Tu es inquiète ? s’enquit Em.

— Non, pas trop. Enfin, pour le moment. »

Il faudrait qu’elle commence à s’en faire s’ils décidaient de l’envoyer à la potence. Mais à voir les torches qui dansaient, de plus en plus vives dans le crépuscule, ils en étaient encore à croire que rien ne valait une bonne flambée pour se débarrasser de la vermine. Or, elle était très douée avec le feu.

« Ah, je crois qu’ils ont retrouvé leur courage », remarqua-t-elle.

Une colonne hésitante s’était formée et était en train de se lancer à l’assaut de la colline. Dans la pénombre, Lavinia ne voyait que des silhouettes vaguement humanoïdes prises de frénésie.

« Il faudrait bien que je pense à me rendre présentable », songea-t-elle à voix haute.

Sa mère disait toujours qu’il n’y avait que les mauvaises sorcières pour penser que la saleté et le débraillement ajoutaient quelque chose à l’horreur qu’elles étaient censées inspirer. Socrate émit une remarque sarcastique – pour changer. La sorcière l’ignora. Elle gratifia Têtard d’une nouvelle caresse, puis ôta son chaudron de la crémaillère qui le maintenait au-dessus des flammes de la cheminée. Non sans regrets, d’ailleurs. Son civet de grenouilles promettait d’être délicieux et elle ne pourrait même pas en profiter. Cela fait, Lavinia passa derrière le rideau bariolé qui séparait sa chambre du reste de la pièce.

Elle revint juste à temps pour voir les premiers villageois passer les deux bornes de pierre qui marquaient l’entrée de son domaine. Au premier rang, elle reconnut un gros fermier rougeaud, derrière lequel, sans s’en donner l’air, se planquait le curé. Il y avait aussi le maréchal-ferrant, la femme du boulanger et un homme qu’elle ne connaissait pas, portant casque et hallebarde. Ça, c’était nouveau, par contre.

« Sors de là, sorcière !

— Au bûcher !

— Sorcière !

— Dehors !

— Démon !

— Brûlez-la ! »

Eh bien, c’était encourageant.

« Bon. Souhaitez-moi bonne chance », lança Lavinia aux trois crânes.

Elle lissa son tablier blanc, ajusta son bonnet, s’assura que sa poitrine pigeonnait comme il fallait dans son corsage, vissa son sourire le plus convaincant sur ses lèvres et sortit accueillir la foule vindicative.

« Skouik, entendit-elle avant de paraître sur le pas de sa porte.

— Moi aussi, Ratus. »

Acte II : Le procès

Le trou-à-rat, comme l’avait poétiquement nommé le shérif, ne portait qu’à moitié bien son nom. C’était un trou, indubitablement. Mais pour le reste, un rat n’en aurait pas voulu. Lavinia en était même au point de présenter des excuses mentales à tous les Ratus de la Création pour la mauvaise publicité que cet endroit leur faisait.

Elle y avait passé la nuit et une partie de la matinée, au cours de laquelle il lui avait fallu se contenter d’un quignon de pain moisi et d’un seau d’eau croupie – Têtard aurait adoré – pour tout repas. Cela lui avait fait amèrement regretter son civet, amoureusement mitonné tout l’après-midi. Ce n’était vraiment pas de chance. Avec ça, il faisait plutôt froid et humide, là au fond. Même la petite flamme générée dans le creux de sa paume palliait péniblement à la situation. Quand il s’en était rendu compte, le shérif lui avait lancé toute une aiguière emplie d’eau à la figure. En retour, elle lui avait détaillé et avec force précisions sanglantes, toutes les parties de son anatomie qu’elle allait méthodiquement réduire en bouillie en levant à peine le petit doigt s’il s’avisait de recommencer. Il avait essayé de faire croire qu’il n’en avait rien à faire, mais eh… sa réputation la précédait. Il n’avait pas osé recommencer.

La faim, le froid, l’incommodité, à la rigueur, elle pouvait s’y faire. Mais l’odeur… Elle ignorait qui était passé par là avant elle, mais soit il avait souffert de graves troubles intestinaux, soit il n’avait eu aucune maîtrise sur ses orifices naturels. Ça, où alors le trou-à-rat servait de latrines au shérif.

Dans un cas comme dans l’autre, ce dernier ne l’emporterait pas au paradis. Le shérif était un être vil et mesquin, aux yeux chafouins et couvert de pustules qui semblaient comme l’expression même de sa laideur d’âme. Ce ne serait pas une grande perte. Ça pouvait même se révéler très distrayant.

Cependant, malgré tous ces désagréments, la situation générale avait attisé la curiosité de la sorcière, ce qui faisait qu’elle était prête à endurer l’inconfort pour découvrir où cela allait mener.

Le trou-à-rat était creusé à même le sol du bureau du shérif, dans un coin, à l’opposé des geôles proprement dites. Une grille à gros barreaux fermait le puits hâtivement maçonné et constituait la seule source de lumière. Mais de là, à défaut de tout voir, on pouvait tout entendre.

Ainsi, Lavinia avait appris que l’homme casqué venu l’arrêter au milieu de la foule des villageois constituait l’escorte d’un juge, qu’on avait spécialement fait venir de la ville pour présider son procès. La sorcière trouvait cela plutôt flatteur. C’était la première fois qu’on faisait venir un juge pour elle. D’ailleurs, c’était même la première fois qu’on pensait à lui accorder un procès digne de ce nom. D’ordinaire, on se contentait de la transformer en torche vivante, sur place ou ailleurs, après lui avoir jeté son ignominie à la figure et sans autres palabres.

Ça promettait d’être amusant.

Mais évidemment, on ne pouvait pas tenir un procès au beau milieu de la nuit et apparemment, Son Honneur le juge Waters avait des problèmes de flatulence déplaisants au lever, ce qui avait donc encore repoussé le procès au début de l’après-midi. Ce qui expliquait le petit séjour de Lavinia dans le trou-à-rat. En réalité, ils auraient aussi bien pu avoir la politesse de la prévenir. Elle aurait promis de ne pas s’enfuir et aurait pu passer la nuit bien au chaud dans son lit. Mais sa parole ne semblait pas avoir beaucoup de valeur à leurs yeux et elle ne se demandait pas pourquoi.

A midi, donc, on la tira de son trou, crottée, affamée et, paradoxalement, plutôt de bonne humeur. Le procès devait se tenir sur la place du village, juste en face de la prison locale, parce qu’aucun autre endroit n’était susceptible d’accueillir tout le village. Une estrade avait été dressée sous les halles ouvertes. On y avait placé une table et trois grands sièges. Un banc avait été disposé sur le côté à son intention et d’autres s’alignaient les uns derrière les autres, face au jury. Un grand espace vide avait été ménagé entre l’estrade et les premiers rangs, pour pouvoir s’y faire exprimer les témoins.

Toutes les places assises étaient occupées et ceux qui n’avaient pas pu s’asseoir se tassaient autour, se bousculant et se marchant allègrement sur les pieds. En revanche, tous vociféraient. Et les invectives augmentèrent en volume et en férocité quand elle fit son apparition.

Histoire de ne pas les décevoir – elle détestait décevoir – et malgré sa mise déplorable, Lavinia leur décocha un sourire étincelant assorti d’une œillade aguicheuse et s’installa sur son banc avec la dignité d’une reine. Elle sentit la présence moite et nauséabonde du shérif se positionner derrière elle. Puis, les juges entrèrent. D’abord vint le curé, un gros homme bedonnant qui, tout le monde le savait, ne faisait rien d’autre que se reposer sur son jeune et énergique vicaire, lequel avait davantage le sens pastoral que lui. Le suivit le bourgmestre qui semblait avoir très envie de se trouver ailleurs et enfin, le juge Waters. Ce dernier était quelque peu décevant. Sec comme un coup de trique, il avait de petits yeux jaunes qui disparaissaient derrière une paire de besicles à monture d’or, perchée sur un nez en forme de bec de faucon. Cependant, il n’avait guère d’autre prestance que celle que lui conférait sa lourde robe noire à col d’hermine.

Le juge s’installa au milieu, son garde derrière lui, et le curé et le bourgmestre s’installèrent de chaque côté de lui.

« Lavinia, dite la Déloyale, vous êtes accusée des crimes de sorcellerie et de malfaisance à l’égard de la communauté. Faites venir les témoins. »

La sorcière s’était attendu à quelque chose de trépidant. En fait, c’était plutôt soporifique. On fit venir, les uns derrière les autres, quantité de gens qui avaient tous des griefs plus ou moins fantaisistes à lui reprocher. Elle n’était pas entièrement innocente de certains, il fallait bien l’admettre, n’empêche, les gens étaient vraiment prêts à l’accuser de n’importe quoi.

« Elle passe son temps à mentir, à jouer sur les mots, à tricher avec ses promesses. »

Certes. Et depuis quand était-ce un crime ? La vie avait bien besoin d’un peu de piquant, sinon ça n’avait guère d’intérêt.

« Elle m’a volé mon mari ! »

Bah bien sûr.

« Elle a tué notre chien. Une brave bête, solide, fidèle, intelligente. »

Mais ce qu’on ne disait pas non plus, c’est que ce faisant, elle avait empêché le petit dernier de la famille de mourir de la vérole. Et après, c’était elle qui devait revoir ses priorités, hein ?

« Elle m’a défigurée. Je voulais juste un philtre d’amour et… et elle m’a défigurée. »

Il était où le problème ? Elle s’était mariée avec le fils du médecin du coin, non ? Ça ne suffisait pas comme philtre d’amour ?

« Elle a attiré la maladie sur mes bêtes. »

Sans commentaire.

« Et sur les miennes, aussi. »

Bon, on n’allait pas compter tous les moutons qui avaient attrapé un rhume, non plus.

« Elle parle aux démons. Je l’ai entendue. Ils étaient là, avec elle, mais on ne les voyait pas et ils parlaient. »

Quand elle disait que Socrate devait la mettre en sourdine…

« Elle a… Elle entretient des relations illicites avec… avec… avec des animaux. Je l’ai vue. »

Là, Lavinia ne riait plus. C’était sa réputation qui était en jeu. Et en plus, c’était un mensonge des plus odieux et abject. Elle se leva d’un bond. Les gardes qui l’entourèrent sursautèrent, même le shérif, tandis que le « témoin » se ratatinait sur place. C’était un homme qu’elle n’avait jamais approché, ni même menacé, mais qu’on avait présenté au juge Waters comme étant tisserand. Elle aurait pu comprendre une telle médisance venant de quelqu’un qu’elle avait trompé ou bafoué. Elle ne l’aurait pas pardonnée, mais elle aurait compris. Cependant, ce n’était pas le cas. Et sa dignité ne pouvait pas souffrir une telle atteinte.

« Vous êtes dégoûtant, lâcha-t-elle avec un mépris profond. Ce n’est pas parce que je suis une sorcière que je dois assouvir tous vos fantasmes immondes. »

Le tisserand lâcha un couinement de terreur. Lavinia se vit bien le transformer en scolopendre. Elle le donnerait à manger à Ratus. Il avait un faible pour les petites bêtes grouillantes pleines de pattes. Oh, oui, il ferait une parfaite scolopendre, celui-là.

« Suffit, intervint le juge. Donc, vous ne niez pas les charges portées contre vous.

— A part les allégations fumeuses de ce triste individu ? répliqua sèchement Lavinia. Je ne vois pas pourquoi je les nierai. Je ne m’en suis jamais cachée. Vous auriez mieux fait de me poser la question dès le début, Votre Honneur, on se serait épargné deux heures de jérémiades. »

Waters la fixa d’un regard inquisiteur par-dessus ses besicles.

« Vous reconnaissez, par conséquent, être une sorcière, coupable de commerce avec les forces obscures.

— Obscures, obscures, c’est vite dit. En magie, tout est affaire de perspective, vous savez.

— Le reconnaissez-vous ? »

Lavinia haussa les épaules.

« Que voulez-vous que je vous dise ? Oui, je le reconnais.

— Je vous l’avais dit, Votre Honneur ! » s’écria le curé, triomphant.

La sorcière leva les yeux au ciel. Elle n’aimait pas réitérer ses exploits, mais avec celui-là, elle voulait bien faire une exception. Il ferait un excellent jambon fumé.

« Elle est coupable, ajouta-t-il.

— Brûlez-la ! » s’écria la foule.

Lavinia secoua la tête.

« Je crois qu’on a compris, grogna-t-elle. N’empêche, vous n’êtes qu’une bande d’ingrats. Je vous ai quand même évité la peste, vous pourriez m’être un minimum reconnaissants. C’est vite fait de dire que je suis déloyale.

— C’est le Seigneur qui nous a épargné la peste ! éructa le curé.

Je vous ai épargné la peste. Le bon Dieu, il avait très envie de vous envoyer six pieds sous terre avec de gros et immondes bubons noirs. »

Et elle était en train de se demander pourquoi elle ne l’avait pas laissé faire. Ils commençaient sérieusement à lui courir sur le haricot.

« Blasphème ! explosa le curé.

— Silence ! contra le juge en frappant la table du plat de la main.

Le curé n’osa pas protester. Lavinia lui jeta un regard narquois.

« Dites-nous, poursuivit Waters, si vos affirmations sont vraies, pourquoi auriez-vous sauvé tout ce village de la peste ?

— Quel est l’intérêt de jouer toute seule ? Qui aurais-je pu martyriser ? La magie pour elle-même n’a pas tellement d’intérêt, vous savez. »

Un instant, le juge parut décontenancé. Un murmure ébouriffa la foule. Lavinia releva le menton, pas peu fière de son petit effet. Après un petit moment, il s’éclaircit la gorge et reprit la parole.

« Donc, vous reconnaissez pratiquer la sorcellerie dans le but de nuire aux autres. »

La sorcière croisa les bras. Celui-là avait quelque chose de Socrate dans sa façon de penser. Il ne gardait en tête que ce qui l’arrangeait. Aucune notion de la nuance. Elle leva donc les mains au ciel, puisque son sort était apparemment scellé.

« Oui, je reconnais. Quoique ce ne soit pas spécifiquement pour nuire à autrui. Je dirai qu’il s’agit davantage de servir mes intérêts et mon… bon plaisir. »

A ces mots, s’en fut finit. Une cacophonie indescriptible éclata dans la foule. Le juge se leva, imité par le curé et, à contrecœur, par le bourgmestre.

« Au bûcher ! hurla-t-on.

— Moi, Jeremiah Waters, haut juge de Hautington, vous déclare, vous, Lavinia dite la Déloyale, coupable de tous les crimes dont vous êtes inculpée. En conséquence de quoi, de par la gravité et la nature de vos crimes, je vous condamne…

— Au feu !

— Au bûcher !

— … à périr sur le bûcher. »

Une grande clameur de joie s’éleva dans l’assistance. Le shérif eut un sourire goguenard. Le curé battit des mains, ravi. Le bourgmestre donnait encore davantage l’impression de vouloir être ailleurs. Et Lavinia accueillit la sentence en levant les yeux au ciel.

Les hommes n’apprendraient décidément jamais rien.

Acte III : Au bûcher !

Retour à la case trou-à-rat. On aurait pu croire que la perspective de faire mourir quelqu’un par combustion non spontanée invitait les gens à se montrer compréhensifs, ou au moins, enclins à accorder un lit digne de ce nom au malheureux condamné. Eh bien non. Escortée par la populace en délire, Lavinia avait été remise au trou par un shérif jubilant.

La sorcière aurait pu mettre un terme à cette mascarade et fausser compagnie à ses juges et parties dans un déchaînement de magie pure. Mais même ainsi, cela aurait encore ressemblé un peu trop à une fuite. Ces petites gens avaient besoin d’une bonne leçon et cela impliquait qu’elle se montre patiente.

Tout en méditant sa vengeance, contorsionnée dans son trou, Lavinia n’en restait pas moins attentive à ce qui se passait dans le bureau du shérif. Son exécution fut fixée au lendemain, à la tombée du jour, le temps de construire le bûcher. Ce qui impliquait une nouvelle nuit et une autre journée dans ce puits malodorant.

Ça promettait.

Rencognée contre l’une des parois irrégulières, la sorcière prit son mal en patience. O joie, elle eut encore droit à un vieux quignon de pain pour dîner et à un ricanement du shérif pour faire bonne mesure. Sûr qu’à ce régime, un prisonnier ne coûtait pas cher à la société.

Pour passer le temps – après tout, elle n’avait pas grand-chose d’autre à faire – Lavinia dressa la liste de ceux qui méritaient qu’elle déchaîne son juste courroux. A dire vrai, elle aurait dû les punir tous, mais les châtiments collectifs ne laissaient pas beaucoup de place à la subtilité. En revanche, le contraste que formaient les différents degrés d’intensité de la vengeance… ça, c’était intéressant.

Elle médita donc avec soin les différents châtiments qu’elle envisageait pour les uns et les autres.

Le mince rayon de lumière filtré par la grille s’éteignit peu à peu. En contrepartie, la sorcière eut droit au concert des ronflements sonores et désaccordés du shérif. Elle jeta un sort de silence. Le bonhomme s’étrangla dans son sommeil, chercha l’air, s’agita, puis retourna à ses rêves. En silence, Dieu merci.

Et les heures passèrent. Au plus noir de la nuit, cependant, un léger bruit attira l’attention de Lavinia. Les gonds de la grande porte gémirent. Des bruits de pas glissèrent sur le sol poussiéreux, ténus, mais audible si l’on prenait la peine d’écouter. Elle tendit un peu plus l’oreille. Un corps buta contre une chaise qui racla les pavés. Il y eut un juron étouffé. Le shérif renifla dans son sommeil, grogna, mais l’intrus, qui qu’il soit, n’avait pas réussi à le réveiller. Le silence s’étira. Puis, le bruit de pas reprit, avançant prudemment droit vers le trou-à-rat. Quelques instants plus tard, la sorcière sentit la présence de l’inconnu se pencher au-dessus de son puits.

« Vous êtes là ? demanda une voix masculine.

— Où voulez-vous que je sois », marmonna-t-elle.

Elle se contorsionna, s’égratigna contre les briques et parvint à entrapercevoir l’ombre de son visiteur.

« Ah.

— On n’y voit vraiment rien dans ce trou », grogna-t-elle, agacée.

Lavinia ouvrit la main et une flamme jaillit dans sa paume, vive et chaude. La sorcière leva les yeux. La clarté dansante du feu étirait les ombres sur le visage de l'intrus et creusait profondément ses orbites. Seuls deux points rouges allumées par la flamme y brillaient. Elle lui trouvait un petit air d'Em, comme ça. Ne manquait que la couleur verte. Après un instant d'examen supplémentaire, elle reconnut le vicaire.

Il semblait surpris.

« Mince alors, vous êtes vraiment une sorcière, en fait, murmura-t-il.

— Il me semble qu'on a passé l'après-midi à en décider, fit-elle remarquer. Et aux dernières nouvelles, les opinions étaient plutôt unanimes sur ce point.

— Certes, mais je ne pensais pas que... »

Il paraissait tout troublé, le pauvre garçon.

« Peu importe, se reprit-il. Je vous ai apporté à manger. Je sais que le shérif n'est pas le plus charitable des hommes. »

C'était le moins que l'on puisse dire.

A travers la grille, le vicaire lui tendit une miche de pain blanc, un pilon de poulet, une pomme et un petit flacon de vin. Lavinia haussa un sourcil mais prit tout de même les victuailles.

« Qu'est-ce que vous voulez en échange ? » demanda-t-elle.

Le vicaire la regarda sans comprendre.

« En échange de... Mais... je ne veux rien, bafouilla-t-il.

— D'après mon expérience, quand un homme vous offre quelque chose, c'est qu'il attend quelque chose en retour, objecta Lavinia en mordant dans le morceau de poulet. Mais n'ayez pas peur, je peux tout entendre. Ça fait un moment que je fais ce genre de choses. J'ai l'habitude. Rassurez-vous, personne ne saura rien de notre honteux petit secret. »

Le jeune homme garda un silence hébété. Pendant ce temps, la sorcière dévora le reste du poulet et la moitié du pain.

« Je... »

Il secoua la tête.

« Non, je ne suis pas venu pour ça. Je... Je voulais juste... Eh bien, je me suis dit que vous auriez faim et que... vous voudriez peut-être un peu de compagnie pour… parler. »

Lavinia faillit s'étouffer avec sa bouchée de pain.

« Vous voulez que je me confesse ? »

Alors ça, c'était une première. D'ordinaire, les gens de son espèce essayaient plutôt de l'exorciser.

« Oh, je ne vous oblige à rien. Mais si vous voulez vous confier... »

Pour un peu, elle se serait presque laissé attendrir. Le village était décidément bien mal tombé avec son curé, mais le vicaire rattrapait largement la sauce.

« Écoutez, vous êtes gentil, et notez bien que venant de moi, ce n'est pas forcément un compliment, déclara-t-elle, mais si vous voulez une confession, ça risque d'être long. J'ai quatre siècles de malveillance et de sorcellerie derrière moi et je ne regrette rien.

— Ah quand même, marmonna-t-il. Mais... Je ne crois pas que les hommes soient au-delà de toute rédemption. Vous ne pouvez pas être si mauvaise que ça. Il y a forcément un peu de bon en vous. »

Lavinia croqua dans la pomme. Ce petit jeune homme avait tout d'un idéaliste. C'était adorable. Rare, absurde, mais adorable.

« C'est que vous ne me connaissez pas. Écoutez, ne vous cassez pas la tête avec moi. Je vous jure, ça n'en vaut pas la peine.

— Tous les individus en valent la peine. »

Celui-là n’avait jamais croisé sa tante Janice, à l’évidence. Mais le petit vicaire insista, insista et insista encore, si bien que la sorcière se retrouva à lui raconter sa vie, sans même s'en être rendu compte. Cela dura toute la nuit.

L'aube réveilla le shérif et ils les trouvèrent tous les deux en train de discuter dans le trou-à-rat. Il leur fallut donc couper court. C'était dommage. Lavinia n'en était qu'au milieu de ses premières années comme sorcière indépendante. Enfin bon, il fallut se séparer.

Le shérif ne se montra pas très heureux de ce développement inattendu, mais pour ne pas se mettre en peine avec le Ciel, il se contenta de grommeler. Après cela, de toute façon, des coups de marteau indiquant qu'on commençait à monter le bûcher se mirent à résonner et lui rendirent le sourire.

Enfin, l'heure arriva.

Son geôlier la tira du puits et la conduisit à l'extérieur. Le bûcher s'élevait, triste et noir au milieu de la place, sur un fond de ciel rouge comme l'enfer, traversé de nuages d'un gris de plomb. Une odeur d'ozone et d'électricité flottait dans l'air.

« Il va y avoir de l'orage, prévint-elle.

— C'est une menace ? gronda le shérif.

— Un constat météorologique, plutôt, corrigea-t-elle. Vous voyez vraiment le mal partout. Vous devriez avoir une petite conversation avec le vicaire. Pour travailler sur vous. »

L'autre l'ignora. Voilà ce qu’on gagnait à se montrer altruiste. Ingrat.

La foule amassée autour du sinistre empilement de bois et de fagots s'écarta pour leur livrer passage, bruissant de menace, d’indignation et d’impatience.

« A mort !

— Au bûcher !

— Brûlez-la ! »

C'était fou comme elle se sentait aimée.

Imperturbable, Lavinia escalada le bûcher et se laissa tranquillement ligoter au poteau central. Les imprécations continuaient de fuser. Au premier rang de l'assemblée, elle reconnut le juge Waters, le curé et le tisserand médisant. Ils ne perdaient rien pour attendre ceux-là. Un peu en retrait se tenait le vicaire. Il lui adressa un maigre sourire d'encouragement. Un monde aussi laid ne méritait définitivement pas un homme comme lui, songea-t-elle. Il avait presque réussi à la convertir, le bougre. Cela voulait forcément dire quelque chose.

Son devoir fait, le shérif s'écarta. Quatre hommes munis de torches s'approchèrent alors, sous les encouragements enthousiastes de la populace.

Le juge Waters réclama le silence, ne l'obtint pas et il fallut que le shérif se mette à brailler pour que l'ordre soit suivi d'effet. Néanmoins, le silence se fit.

« Un dernier mot ? » s'enquit le juge.

Lavinia considéra un instant la foule. Tous semblaient retenir leur souffle dans un silence tendu, comme s’ils craignaient que dans un ultime moment de bravade, elle ne leur lance une malédiction sanglante qu’ils auraient bien mérité. Mais elle releva fièrement le menton.

« Qu'on en finisse », lâcha-t-elle.

Elle avait hâte de retrouver son chez elle, son civet, ses crânes et Têtard.

« Soit. »

Un grondement de tonnerre roula dans le ciel. Le juge donna l'ordre. Les torches furent lancées. Le bois s'enflamma. Avec un peu d'aide de la part de Lavinia, tout le bûcher s'embrasa d'un seul coup avec un rugissement féroce. Une épaisse colonne de fumée s'éleva, tandis que le tonnerre grondait de plus en plus fort, de plus en plus proche.

Très dramatique, songea la sorcière. On ne pouvait rêver mieux comme sortie. Ne manquait plus que les éclairs.

La pluie ne tarda pas à s'en mêler. De grosses gouttes tombèrent, grésillant dans les flammes. Ça ne sembla pas déranger l'assistance outre mesure. Fascinés, les villageois regardaient le bûcher. Le feu rugissait, craquait, dévorait à grands coups de dents et de griffes. La bourrasque rabattait la fumée et la cendre dans un tourbillon noirâtre. Un éclair fourchu zébra le ciel, couvrant les crépitements de la pluie d’un claquement déchirant. Le tonnerre gronda aussitôt.

La sorcière se libéra alors de ses liens. Étendant une main devant elle, elle se rendit maîtresse des flammes. Dociles, elles se plièrent à sa volonté, s'étirant et se cabrant pour lui livrer passage. Un chemin de braises incandescentes se déroulait à ses pieds. Elle l'emprunta. Le feu lécha sa peau, sans y laisser de trace. Semant des étincelles dans son sillage, Lavinia émergea du brasier.

La pluie tombait en rideau opaque et rendait les détails indiscernables. Néanmoins, quand elle parut, indemne, dans le pur déchaînement apocalyptique de l'orage et du bûcher enflammé, un sourire aux lèvres et des flammes dans les yeux, l'assistance fut saisie d'une terreur panique incontrôlable.

Avec un rire jubilatoire, la sorcière leva les mains vers le ciel. Les flammes conquérantes grandirent comme pour mieux lutter contre la pluie et incendier les nuages.

Puis, elle baissa les yeux et scruta les ombres mouvantes de la place à travers le masque de l’averse.

Il était temps que certains apprennent qu'on ne se mesurait pas impunément à Lavinia la Déloyale.

*

Les Ombres se dissipèrent dans un soupir, laissant Lavinia sur le plancher reluisant de sa maisonnette. La sorcière roula des épaules et étira sa nuque ankylosée, tout en inspirant à pleins poumons l'odeur d'herbes, de graillon et de vague putréfaction qui régnait là. C'était bon de rentrer chez soi. Têtard fit un saut périlleux au-dessus de son bocal pour marquer sa joie. Lavinia lui sourit.

« Alors, que s'est-il passé ? demanda Em.

— Oh, tout plein de choses intéressantes. »

Elle dénoua son tablier crasseux et commença à fouiller dans ses poches.

« J'ai été enfermée dans un trou, raconta-t-elle, puis j'ai été jugée... Tiens, Ratus, régale-toi, mon grand. »

Elle fit tomber entre les mâchoires pleines de dents du petit crâne de rat une longue scolopendre tout frétillante et visiblement terrorisée. A juste titre. Une série de bruits croustillants et masticatoires se fit entendre. Puis...

« Skouik.

— Mais je t'en prie. »

D’un geste, Lavinia alluma le feu dans la cheminée et mit son chaudron de civet à réchauffer. Ce faisant, elle poursuivit son récit :

« Ils ont fait venir des supposés témoins qui m’ont accusée de tous les maux du monde. On m'a déclarée coupable.

— Etonnant, remarqua sarcastiquement Socrate.

— Je suis donc retournée dans le trou, continua la sorcière sans tenir compte de son intervention. J'ai d’ailleurs eu une conversation fort intéressante avec le vicaire, là-bas. Il me plaît bien ce jeune homme. Et puis, on m'a envoyée me faire brûler vive.

— Bûcher, donc, déduisit Em.

— Aucune imagination », renifla Socrate.

Lavinia alla caresser Têtard, tout en pensant à son exploit du jour, un vague sourire aux lèvres.

Le bûcher avait été un moment grandiose, il fallait bien le dire. Elle avait toujours été douée pour ménager ses effets. Mais ses petites expéditions punitives n'étaient pas pour autant dénuées de sentiment de satisfaction. A l'heure qu'il était, un gros crapaud pustuleux et nauséabond pataugeait dans le trou-à-rat, un petit cochonnet bien dodu s'affolait dans le chœur de l'église, un certain juge rencontrait des problèmes du genre permanent et douloureusement gênants avec ses intestins et on recherchait un tisserand mystérieusement disparu. Avec ça, l'orage particulièrement virulent avait couché toutes les cultures, rendant ainsi les moissons plus qu'incertaines. Le seul qui n'avait aucune raison de se plaindre, en fin de compte, c'était le vicaire. Toute la toiture de l'église avait été impeccablement refaite et brillait dans la lumière humide et voilée de l'aube.

Lavinia chatouilla Têtard, contente d'elle-même.

« Bon, ce n'est pas le tout, mais maintenant, il va falloir qu'on déménage, déclara-t-elle. Une idée ? Il paraît que l'Italie est merveilleuse à cette époque de l'année. »


Texte publié par Pixie, 9 mai 2017 à 14h00
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